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un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Ou l'Accouchée

L'Embarras de Godard

Jean Donneau de Visé· imprimée en 1668· 670 vers· 10 personnages

Personnages

  • MONSIEUR GODARD, père d'Isabelle
  • ISABELLE
  • CLÉANTE, Amant d'Isabelle
  • ORIANE, Voisine de Maître Godard
  • LA SAGE-FEMME
  • PAQUETTE, Domestique de Maître Godard
  • CHAMPAGNE, Domestique de Maître Godard
  • L'ANGEVIN, Domestique de Maître Godard
  • TORINE, Domestique de Maître Godard
  • PICARD, Domestique de Maître Godard
AU LECTEUR

La représentation étant l'âme de la Comédie, je ne sais si celle-ci plaira autant sur le papier, qu'elle a plu sur le théâtre, et surtout à Versailles ; où, sans être sue, elle fut jouée par un Ordre absolu, et ne laissa pas d'être trouvée fort divertissante. Aussi lorsque ces Pièces, qui ne consistent que dans l'action, réussissent, la gloire en étant autant due aux comédiens, qu'à l'auteur. Comme celle-ci est extrêmement risible, une Scène, ou deux, qui auraient pu passer pour les Endroits les plus Comiques, en d'autres furent trouvées un peu sérieuses, quoique fort courtes, et assez fines. Mais étant placées après une autre qui fait beaucoup rire, il semblait qu'on passât du Comique au Sérieux ; c'est pourquoi j'ai cru y devoir ajouter deux Scènes, dont l'une est de la sage-femme, que l'on y souhaitait. Peut-être que l'on dira, en voyant l'autre, qui est celle de Champagne, et du Cocher, que cette Comédie n'étant point une farce, cet endroit en tient un peu, et ne s'accorde pas avec le commencement, que l'on a trouvé représenter naturellement, des choses qui se passent assez souvent parmi les amants. Mais elle est d'autant plus excusable, qu'elle n'est que parmi les valets, qui viennent du cabaret, et même qu'elle est du caractère de Champagne, qui ayant, toujours, fait l'habile, veut se divertir du cocher. D'ailleurs, si tout le Monde pouvait savoir, comme une partie de la Cour, ce qui m'a fourni l'idée de cette scène, je ne serais pas en peine de la justifier ; et peut-être, aussi, que je ne l'aurais pas faite, si elle était sans mystère.

L'EMBARRAS DE GODARD, OU L'ACCOUCHÉE

SCÈNE I. Isabelle, Cléante, Paquette sur une chaise endormie, et ronflant.

On ouvre ici le fonds du Théâtre.

PAQUETTE, après s'être étendue, comme une personne qui s'éveille

Avecque les amants, les gens ne dorment guère ; Passerez-vous, toujours, toutes les nuits entières ?

CLÉANTE

Je sors.

PAQUETTE, vient à eux

Écoutez.

CLÉANTE

Quoi ?

PAQUETTE, en laissant aller sa tête

Moi, je dors !

PAQUETTE, en dormant encore

Quoi ! Je dors ?

PAQUETTE, en le tirant

Tant mieux pour vous, mais...

CLÉANTE

À Paquette.

Çà.

À Isabelle.

Croyez que je vous aime.

CLÉANTE

Pourquoi ?

PAQUETTE

Modérez vos transports ; tout beau, que faites-vous ?

Comme elle est endormie, et qu'en voulant arrêter Cléante, elle ne trouve rien, parce qu'il est à genoux, elle tombe, et la Chandelle s'éteint.

ISABELLE

Il est sage.

Elle passe par derrière Cléante, sans savoir où elle va. Ici, Paquette va à tâtons, du côté qu'était Isabelle, comme pour les empêcher de s'approcher.

PAQUETTE, à part

Si ces jeunes gens-ci...

CLÉANTE, prenant la main de Paquette, et la baisant

Oui, ma chère Isabelle, Je vous aime.

CLÉANTE, sentant que Paquette lui serre la main

Ô transports ! Ô douceurs, qu'on ne peut exprimer !

À Isabelle, qui le tire du côté où était Paquette.

Laisse-moi là, de grâce, et va-t'en rallumer Ta Chandelle.

CLÉANTE, à Paquette

Paquette trouve peu son compte à ne voir goutte.

Paquette lui serrant la main.

Que ne vous dois-je point par mes soins empressés ?

À Isabelle, qui le tire, encore.

Je saurai... Laisse-moi.

PAQUETTE

À peu près.

CLÉANTE

Ô Ciel !

CLÉANTE

Et quoi ?

PAQUETTE

Paix.

CLÉANTE

Je fuis.

SCÈNE II. Cléante, Isabelle, Paquette, Monsieur Godard.

MONSIEUR GODARD, sortant du fonds du théâtre, en robe de chambre, et bonnet de nuit

Crions un peu plus haut, pour nous mieux faire entendre. Champagne, l'Angevin, Isabelle, Picard.

CLÉANTE

Paix.

MONSIEUR GODARD

Torine, Paquette.

MONSIEUR GODARD

Aucun ne vient, encor.

CLÉANTE

Mais...

PAQUETTE

Mais, ne parlons plus.

Cléante se met à un coin, et Isabelle gagne sa Chambre.

PAQUETTE, fait semblant de venir

Que voulez-vous ?

MONSIEUR GODARD

Vite, de la lumière.

SCÈNE III. Monsieur Godard, Paquette, Picard.

PICARD, entrant brusquement, et faisant, presque, tomber Paquette

Qui vient de m'appeler ?

MONSIEUR GODARD

Allez, donc, en chercher, et faites cet effort.

Paquette, et Picard, traversent le Théâtre, à tâtons, et vont à une porte, vis à vis celle d'où Picard est sorti, et se heurtent contre l'Angevin et Torine, qui en sortent avec précipitation.

SCÈNE IV. Monsieur Godard, Paquette, Picard, Torine, L'Angevin.

PAQUETTE, en se cognant contre l'Angevin

Ah ! L'épaule !

PICARD, se cognant contre Torine

Ah ! Les dents !

SCÈNE V. Monsieur Godard, Paquette, Isabelle, L'Angevin, Picard, Torine.

ISABELLE, sortant de la chambre, du fond du Théâtre, d'où est sorti son père

Il tremble, encor, d'effroi.

Ils viennent tous cinq, en tâtonnant, entourer Monsieur Godard, qui met la main sur eux.

L'ANGEVIN

C'est moi.

TORINE

C'est moi.

PICARD

C'est moi.

MONSIEUR GODARD

Ah ! Je veux, à mon gré, Vous battre, mais, allez, que je ne vous assomme. On ne saurait trouver un plus malheureux homme !

Ils se trouvent tous près de la porte, et Cléante parmi eux qui était prêt de sortir. Champagne les fait tomber tous, en arrivant, avec un fusil, et la moitié de ses habits sous son bras, avec un bout de Chandelle.

SCÈNE VI. Monsieur Godard, Isabelle, Paquette, Cléante, L'Angevin, Picard, Torine, Champagne.

PAQUETTE

Prenez garde.

TORINE

Tout beau.

PICARD

Mais, Dieu, je vois Cléante.

L'original porte GERONT comme personnage de la phrase. Ce n'est pas un personnage de la pièce. Nous supposons PICARD.

CLÉANTE

Bas.

Servons-nous d'artifice.

Haut.

Ils n'échapperont pas, Avant que de savoir ce que pèse mon bras.

Chacun s'écarte un peu, et il approche de Monsieur Godard.

Vous verrez...

CLÉANTE

Monsieur Godard remue la tête.

Je revenais du Bal, n'en soyez point en doute.

MONSIEUR GODARD

Mais, encor.

CLÉANTE

C'est...

MONSIEUR GODARD

Qui, donc ?

CHAMPAGNE

Moi ?

SCÈNE VII. Monsieur Godard, Isabelle Paquette, L'Angevin, Torine, Picard, Champagne.

CHAMPAGNE

Mais, Monsieur.

L'ANGEVIN, arrêtant Champagne

Où vas-tu ?

PICARD

Ni moi.

PAQUETTE

Ni moi.

TORINE

Ni moi.

MONSIEUR GODARD

Morbleu !

CHAMPAGNE

Et moi ?

SCÈNE VIII. Champagne, Isabelle.

SCÈNE IX. Monsieur Godard, Isabelle, Champagne.

MONSIEUR GODARD

Ma fille, le mal presse.

CHAMPAGNE

J'y vais.

MONSIEUR GODARD

Comment, j'y vais ?

ISABELLE, à Champagne, en arrêtant son père

Va-t'en, donc, promptement, et ne fait que voler, Qu'aller, et revenir.

MONSIEUR GODARD

Mais, Oriane vient.

SCÈNE X. Monsieur Godard, Oriane, Isabelle.

SCÈNE XI. Monsieur Godard, Isabelle.

SCÈNE XII. Monsieur Godard, Isabelle, Champagne.

MONSIEUR GODARD

Parle, donc ?

CHAMPAGNE

En sortant...

CHAMPAGNE

Mon bon sens est ce qui vous afflige.

Là, Monsieur Godard le menace, encor, du geste, et Champagne poursuit, après.

En sortant d'avec vous, ayant doublé le pas, Je suis allé quérir ma Lanterne là-bas, J'ai pris de la chandelle, et l'ayant allumée, Je l'ai mise dedans, et puis je l'ai fermée.

Monsieur Godard marque, encor, son impatience.

Ayant ouvert, après, la Porte, mais sans bruit, J'ai mis le nez dehors, et trouvé que la nuit Était comme du Gex, et même, encor, plus noire : Et pour vous raconter, par ordre cette histoire, J'ai trouvé qu'il pleuvait assez honnêtement ; Mais, je n'ai pas laissé de marcher, promptement, Et si fort, que j'étais, déjà, tout hors d'haleine, Lorsqu'au bout de la Rue étant, encor, à peine, Un certain bruit confus m'a, d'abord, fait trembler J'entendais force Gens, près de moi, se parler ; Et, soudain, l'on a mis, pour me voir au visage, Et, pour me faire peur, encore, davantage, Une lanterne droit au-devant du nez. Alors, je les ai vus tous, devers moi, tournés ; Et même, à la faveur de leur triste lumière, J'ai trouvé qu'ils étaient, tous, des gens à rapière, Et de plus, aperçu beaucoup de mousquetons, Que portaient, avec eux, des gens à hoquetons. J'ai beaucoup de frayeur, encore, quand j'y songe, Car ce que je vous dis n'est point, du tout, mensonge. Ensuite de cela, j'ai senti de bons coups, Et j'ai bien entendu ; qu'ils s'entredisaient, tous, Il faut, dans la Prison, mener ce galant homme, Et s'il ne veut marcher, il faut que l'on l'assomme ; C'est un voleur, sans doute, il le faut arrêter, Et sa lanterne sourde, empêche d'en douter. Ils me l'ont arrachée, en parlant de la sorte, Vous pouvez bien juger si ma crainte était forte. Je leur ai dit, pourtant, en reprenant du coeur, Qu'ils allaient être, tous, cause d'un grand malheur ; Et que s'ils m'emmenaient, une très bonne Dame Pourrait, peut être, bien mourir sans sage-femme Comme sans nul espoir, j'achevais de parler, Leur Commandant a dit, qu'on me laissât aller.

Jais : Pierre d'une couleur noire. Champagne confond avec la région de l'Ain.

Rapière : Épée longue, vieille et de peu de prix, telles que celles dont l'on arme d'ordinaire les soldats. [F]

Mousqueton : Espèce de fusil dont le calibre est celui d'un mousquet, mais dont le canon a moins de longueur. [L]

Hoqueton : Casaque brodée que portaient les archers du grand prévôt, du chancelier, etc. et aussi les gardes de la manche. [L]

Lanterne sourde : est une lanterne de fer blanc ou noirci, qui n'a qu'une ouverture, qu'on ferme quand on veut cacher la lumière, et qu'on présente au nez de ceux qu'on veut voir, sans qu'on en puisse être aperçu. [F]

CHAMPAGNE

Non, vraiment.

MONSIEUR GODARD

Comment, non ?

MONSIEUR GODARD, le battant

Je te romprai les bras.

SCÈNE XIII. Monsieur Godard, Isabelle, Paquette, Champagne.

MONSIEUR GODARD

Que ferons-nous ?

PAQUETTE

Elle a de très grandes tranchées.

Tranchées : Maladie où l'intestin semble se tourner et où l'on soufre de grandes douleurs, soit à cause des humeurs acres et piquantes, ou des vents qui ne trouvant point d'issue mordent et tourmentent étrangement l'intestin. [R]

SCÈNE XIV. Paquette, Champagne.

SCÈNE XV. Picard, Paquette, Champagne.

CHAMPAGNE

Toi ?

PAQUETTE

Moi.

CHAMPAGNE

Quoi, toi ?

PAQUETTE

Moi.

PICARD

Mais...

PAQUETTE

Laquais.

CHAMPAGNE

Rien.

PAQUETTE

Laisse-moi.

PAQUETTE

Bats, donc.

PICARD, sentant les coups

Ah, ah.

PAQUETTE

Laisse-moi faire, et le dévisager.

Dévisager : Blesser quelqu'un au visage, en sorte qu'il en soit défiguré et gâté. [F]

PICARD

Il suffit.

SCÈNE XVI. Monsieur Godard, Paquette.

SCÈNE XVII. Monsieur Godard, Paquette, Picard, Champagne, la sage-femme.

Picard porte le flambeau devant la sage-femme, et Champagne lui sert d'Écuyer.

MONSIEUR GODARD, lui donnant un soufflet

Tu m'as fait enrager, ôte-toi de ma vue.

À la sage-femme, qu'il embrasse avec joie.

Ma femme, impatiente, attend votre venue, Allons.

SCÈNE XVIII. Monsieur Godard, La sage-femme, Paquette.

MONSIEUR GODARD

Oui.

MONSIEUR GODARD

Oui.

LA SAGE-FEMME

Vous avez du linge.

MONSIEUR GODARD

Oui.

MONSIEUR GODARD

Oui.

MONSIEUR GODARD

Oui.

À part.

Ma peine est extrême !

LA SAGE-FEMME

Avez-vous du sel ?

MONSIEUR GODARD

Oui.

À part.

Si j'en crois mon courroux, Je lui...

LA SAGE-FEMME

Vous me voyez fort jeune, et si, sans vanité, Hier, j'en accouchai six, et de grand' qualité : Je n'ai, jamais, manqué, Dieu merci, de pratique.

Pratique : Méthode, manière de faire les choses. Se dit aussi de la chalandise des marchands et des artisans. [F]

MONSIEUR GODARD

Tant mieux pour vous.

À part.

Eh Ciel !

LA SAGE-FEMME, à Paquette

Ce n'est pas votre affaire.

LA SAGE-FEMME, se tournant vers Paquette

J'y vais, et ce n'est point pour ta sotte menace.

SCÈNE XIX. Isabelle, Monsieur Godard, Paquette.

SCÈNE XX. Isabelle, Paquette.

SCÈNE XXI.

SCÈNE XXII. Champagne, Picard apportant la Layette.

CHAMPAGNE

Ma foi, le vin est bon dedans ce cabaret : Et, pour moi, j'aime bien ce petit vin clairet. Mais, qu'en dis-tu, Picard ?

Clairet : D'un rouge clair, en parlant du vin. [L]

vers 497, l'original pour Hais, nous lui préférons Mais.

CHAMPAGNE

Si tu ne le veux pas, je m'habillerai, moi.

Il prend le béguin, et le met.

Tiens, vois. Ah ! Tu serais bien drôle, sur ma foi.

Béguin : Coiffe de linge pour les enfants, qui s'attache sous le menton avec une petite bride. [FC]

CHAMPAGNE

Et laisse-moi, donc, faire, Et mettre ce béguin. Mais, avant la têtière, La coutume est, je crois, de mettre le bonnet. Que tu serais joli dessus un cabinet ! Car on ne peut douter, qu'avec cet équipage, Tout le Monde n'admire un si charmant visage. Laissons ceci, ce sont les Nagotes, je crois.

Têtière : Petite coiffe de toile, qu'on met aux enfants nouveaux nés. [FC]

Cabinet : Lieu où l'on serre des papiers, des livres, des médailles, etc. [FC]

Nagotes : terme non trouvé. Il s'agit d'une confusion que fait Champagne avec un autre mot.

CHAMPAGNE

Bon, cela va fort bien ; mettons cette aisselière, Puis, nous mettons, après, la chemise à brassière.

Il lui accommode tout cela, en disant les quatre vers suivants.

Il me souvient, encor, des noms de tout cela, Du temps que je logeais chez feu mon grand papa : Le bon Homme m'aimait bien plus que la prunelle De son oeil, et de moi, ne parlait qu'avec zèle.

À Picard, lui ayant attaché la Chemise à brassière, sur l'estomac. Il prend des langes pour l'envelopper.

Oh, voilà quatre bras ! Bon, ces langes sont grands ; Garde-toi bien, au moins, d'aller pisser dedans.

Aisselière : Sans doute un petit vêtement comme le suggère le contexte. Par ailleurs, Jouet d'enfant, hochet. [SP]

CHAMPAGNE

Tu te moques.

PICARD

Ah, ah.

SCÈNE XXIII.

SCÈNE XXIV. Champagne, Picard.

PICARD

Tu ris !

PICARD

Toi ?

CHAMPAGNE

Oui, moi.

Il lui donne de la bouillie.

SCÈNE XXV. Cléante, Isabelle, Picard.

SCÈNE XXVI. Isabelle, Cléante, Picard, Oriane.

ISABELLE, montrant Picard

La voilà.

ORIANE

La voilà.

SCÈNE XXVII. Cléante, Champagne, Isabelle.

SCÈNE XXVIII. Cléante, Isabelle, Champagne, Paquette.

PAQUETTE

Il a voulu sortir aussitôt ; mais, Madame A fait courir après, et juré, hautement, Que s'il ne revenait près d'elle, promptement, Elle ne voulait point accoucher. Sa menace A fait, qu'auprès du lit, il a repris sa place ; Puis, son mal s'augmentant, et la faisant crier, Mon mari, désormais, aura beau me prier, A-t-elle dit, encor, avec quelque autre chose Que je ne veux pas dire, ou, plutôt, que je n'ose. Devers nous tous, après, se retournant, souvent, Que ne me suis-je, hélas ! Mise dans un Couvent, Me disait-elle alors, car, dans ce Lieu, la vie, De pareilles douleurs, ne fut, jamais, suivie. Enfin, de temps, en temps, des élans de douleur, Lui faisaient déplorer le Monde, et son malheur : Et quand elle pouvait dire ses maux extrêmes, Monsieur en recevait des reproches de mêmes. Mais, dès qu'elle sentait, un peu moins, de douleur, C'était son cher mari, son mignon, et son coeur. Enfin, son mal croissant, et trois douleurs de suite, Jusqu'à l'extrémité, l'ayant, presque, réduite, Hélas ! A-t-elle dit, je souffre des tourments Qui m'abattent si fort, et sont si véhéments, Que pour souffrir, encor, cette peine profonde, On m'offrirait, en vain, tous les Trésors du Monde. Pendant qu'elle parlait, avec un air mourant, Monsieur la regardait, toujours, en soupirant : Et ses yeux languissants, faisaient lire en son âme, Qu'il sentait, vivement, les douleurs de sa Femme. Elle n'a pourtant, point fait d'efforts superflus ; Car, comme elle criait, Non, je n'en ferai plus, Elle a, dans cet instant, pour croître sa famille, Avec quelques douleurs, mis au monde, une fille.

ISABELLE

Une fille !

CLÉANTE

Une fille !

CHAMPAGNE

Est-il vrai ?

PAQUETTE

Tout de bon.

SCÈNE XXIX. Cléante, Godard, Isabelle, Paquette, Champagne.

MONSIEUR GODARD

Sans compliment, Nous pouvons passer, tous, dans l'autre appartement.

Ils rentrent, à la réserve de Paquette, et de Champagne.

PAQUETTE

Mais...

PAQUETTE

Tu dois craindre la touche, Et que...

Touche : l'action de frapper, de faire impression violente sur quelque chose. Les gens craintifs craignent la touche. [F]

670 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica