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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Piéce en un Acte et en Vers

Alzate ou Le Préjugé Détruit

Sébastien-Marie-Mathurin Gazon-Doruxigné· créée en 1749, imprimée en 1752· 713 vers· 6 personnages

Cet Ouvrage fut composé et joué dans une société en 1749

Personnages

  • ORONTE, père de Valère
  • EGLÉ, femme d'Oronte
  • VALÈRE, leur Fils
  • ALZATE, épouse de Valère, sous le nom de Lisette, suivante d'Eglé
  • ARISTE, ami de Valère
  • UN VALET
À MONSIEUR FREZON Moderne Photius, ami dont les Écrits Instruisent à la fois et charment nos Esprits, Daigne souffrir que je t'adresse Ce faible fruit de ma jeunesse, Ouvrage de l'Esprit moins que du sentiment. Je connais de ton goût la sévère justesse Et n'ose me flatter que sa délicatesse Puisse en ce coup d'essai trouver quelque agrément ; Mais si de cette bagatelle L'hommage te parait une preuve fidèle De l'amitié d'un coeur à te plaire empressé, Je croirai mon travail assez récompensé.

SCÈNE PREMIÈRE. Ariste, Ooronte.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Ariste, Un Valet.

SCÈNE IV. Ariste, Valère.

SCÈNE V. Ariste, Eglé, Lisette.

SCÈNE VI.

SCÈNE VI.. Ariste, Lisette.

ARISTE

Parlez.

LISETTE

Il est vrai.

ALZATE

Ce que j'ai fait pour lui prouve à quel point je l'aime. J'ai cru de ses parents excitant la pitié Sous ce déguisement gagner leur amitié. Mais j'ouvre enfin les yeux ; mon espérance est vaine : Ils ne verront en moi qu'une comédienne, Qui d'un rebelle fils a causé les malheurs : Et la prévention renaissant en leurs c ?urs ; Leur persuadera, que j'ai su d'une actrice, Pour séduire Valère , employer l'artifice. Cependant le Çiel sait que, malgré mon penchant, J'ai longtemps combattu les voeux de mon amant ; Je l'ai fui : j'ai cent fois dit moi-même à Valère, Que cette passion irriterait son père, À ses sens égarés j'ai rappelle cent fois L'obstacle rigoureux qui reprouvait son choix ? Mais qu'il est mal aisé d'arrêter dans une âme Les rapides progrès d'une innocente flamme ! La raison parle en vain ; l'amour brave ses traits ; Et sans cesse on combat, pour ne vaincre jamais. Valère à mes discours fut toujours indocile ; Et pour tout fruit enfin d'un effort inutile, À l'épouser, Monsieur, il fallut consentir, Depuis ce temps, nos feux, loin de se ralentir, S'augmentaient chaque jour dans une paix profonde. Satisfaits l'un de l'autre, oubliant tout le monde Nous nous croyions heureux, lorsqu'un père en fureur D'un préjugé cruel écoutant la rigueur Priva de tous ses biens l'infortuné Valère. Cet arrêt commença notre longue misère. Quels maux, depuis ce jour, n'avons nous pas soufferts ? L'indigence bientôt combla tous nos revers. Ce fut alors, Monsieur, qu'au désespoir réduite Je formai le projet d'une imprudente fuite. Pour mieux l'exécuter, je crus devoir partir Sans consulter Valère, et sans l'en avertir. Je vins donc en ces lieux, où, par un sort propice, Eglé, sous un faux nom, me prit à son service. Ainsi, sans me connaître, utile à ses parents, J'ai su gagner leur coeur par mes foins vigilants. Déjà mes discours même avaient, de ma maîtresse Pour un fils innocent réveillé la tendresse ; Mais son père qu'en vain j'ai tâché d'émouvoir Laisse à peine à mon coeur un seul rayon d'espoir, D'ailleurs un juste effroi rend mon âme interdite ; Valère ne sait pas le motif de ma fuite ; Il ignore où je fuis : il peut me soupçonner D'avoir honteusement voulu l'abandonner ; Et maintenant peut-être il me traite en son âme, D'ingrate, de parjure...

SCÈNE VIII. Ariste, Valère, Alzate.

VALÈRE

Et moi, jusqu'au tombeau je jure de vous suivre. Alzate, votre époux sans vous pourrait-il vivre ? Le pouvez-vous penser, cruelle épouse, hélas ! Loin de moi vous iriez attendre un prompt trépas ! Croyez-vous que mon coeur approuvant votre envie Aux dépens de vos jours veuille assurer sa vie ? Que m'importent les biens, les plaisirs les plus doux, Si je ne les peux pas partager avec vous ? Je trouve tout en vous, rang , dignité, richesse : Seule de mon destin vous calmez la tristesse : Vous seule, de mes maux adoucissez l'aigreur : Vous seule remplissez le vide de mom coeur. Je borne tous mes voeux, à vous voir, à vous plaire : Rien, sans vous, en un mot, ne peut me satisfaire. Si pour s'unir à vous par de sacrés liens, Mon coeur de la fortune a dédaigné les biens., Ce que j'ai déjà fait, je veux le faire encore. N'en es-tu pas le prix, cher objet que j'adore ? Tes grâces, tes vertus, ce sont là tes trésors ; Et pour les conserver, Alzate, quels efforts N'oserait point tenter le zèle qui m'anime ? C'est peu que de braver le sort qui nous opprime, ( Je te le jure ici dans le sein d'un ami ; ) Si de mon père encor le courroux ennemi À mes soumissions refusant de se rendre Nous prive de la grâce où nous devons prétendre, Si d'un oeil inflexible il me voit à ses pieds, Sans terminer le cours de ses inimitiés ; Il faudra , pour briser le saint noeud qui nous lie. Qu'il commence d'abord par m'arracher la vie ; Je vivrai pour toi seule ; et j'en saisie serment : Chère épouse, ton coeur m'en jure-t-il autant ?

SCÈNE IX.

SCÈNE X. Ariste, Eglé, Liseette, Alzate.

SCÈNE XI. Eglé, Valère, Ariste, Alzate.

SCÈNE XII. Eglé, Ariste, Oronte, Alzate.

SCÈNE XIII. Eglé, Oronte , Alzate.

SCÈNE XIV ET DERNIÈRE. Eglé, Oronte, Valère, Ariste, Alzate.

713 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica