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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragi-comédie en vers

Clitophon

Pierre Du Ryer· créée en 1629, imprimée en 1632· 5 actes· 1 870 vers· 26 personnages

Représenté pour la première fois en 1629. (date hypothétique)

Personnages

  • HIDASPE
  • TIRSIS, ami de Calistène
  • CALISTÈNE, amant de Lucipe
  • CLITOPHON, amant aimé de Lucipe
  • CLINIAS, confident de Clitophon
  • LUCIPE, amante de Clitophon
  • SATIRE, domestique de Lucipe
  • HIPPIAS, Père de Clitophon
  • CALLIGONNE, fille de Panthie
  • PANTHIE, Dame de Tyr
  • MÉNÉLAS, Père de Satire sacrificateur
  • BUSIRE, Tyran
  • LÉONTE, son confident
  • TIMANDRE, confident de Charmide
  • CHARMIDE, Roi d'Alexandrie
  • CHÉRÉE, l'un des siens ravisseur de Lucipe
  • ÉRIPHILE, suivante de Mélite
  • MÉLITE, femme de Tersandre
  • TERSANDRE, amoureux de Lucipe
  • POLÉMON, ami de Tersandre
  • LE JUGE
  • SOSTRATE
  • TROUPE DE SOLDATS
  • UN HÉRAUT
  • UN PRISONNIER
  • LE GEÔLIER
AVERTISSEMENT

Arétaphile et Clitophon sont les deux premières pièces de Théâtre par qui M. Du Ryer s'y est fait admirer : bien qu'elles ne soient pas comparables à tant d'autres qu'il a faites depuis, elles furent reçues toutefois avec un applaudissement universel du peuple et de la Cour ; et particulièrement Arétaphile, que Monsieur_le_Duc d'Orléans appelait sa pièce. L'une et l'autre sont irrégulières, comme toutes les autres qui parurent en ce temps, mais Clitophon a cet avantage qu'il l'est beaucoup moins ; les changements de scène, et la trop longue durée de temps nécessaire à le conduite de la fable y sont entre les actes ; en sorte que chaque acte séparément est dans l'étroite rigueur des règles ; bien que pris ensemble ils soient irréguliers. Cette nouvelle méthode fut admirée des doctes, qui témoignèrent que s'il était permis de faire des Poèmes Dramatiques contre les lois de la scène, ce devait être de cette sorte ; aussi ce fut un acheminement à les observer et comme un avant-coureur de tant d'autres ouvrages accomplis qui suivirent Clitophon, entre lesquels l'Alcimédon, de notre auteur fut le premier.

ACTE I

SCÈNE I. Hidaspe, Tirsis.

HIDASPE

Jamais.

SCÈNE II. Hidaspe, Tirsis, Calistène.

SCÈNE III. Clitophon, Clinias.

SCÈNE IV. Clitophon, Clinias, Lucipe.

SCÈNE V. Clitophon, Lucipe.

SCÈNE VI. Hippias, Calistène, Calligonne, Hidaspe, Tirsis.

SCÈNE VII. Lucipe, Clitophon.

SCÈNE VIII. Lucipe, Clitophon, Satire.

SCÈNE IX. Clinias, Clitophon, Lucipe, Satire.

CLITOPHON

Qui l'a dit ?

ACTE II

SCÈNE I.

SCÈNE II. Ménélas, Satire.

SCÈNE III. Ménélas, Satire, Soldat.

MÉNÉLAS

Quel ?

SATIRE

Hélas…

SCÈNE IV. Satire, Ménélas.

SCÈNE V. Soldat, Ménélas, Satire.

SCÈNE VI. Clitophon, Lucipe.

SCÈNE VII. Soldat, Clitophon, Lucipe.

SCÈNE VIII. Busire, Léonte.

SCÈNE IX. Busire, Léonte, Soldat.

SOLDAT

Le garçon s'est sauvé durant cette mêlée Mais nous avons retint la fille désolée Et le prêtre attendant votre commandement La retient en prison dedans son logement.

La français moderne, utilise RETENU pour participe passé de RETENIR. Nous conservons RETINT pour obtenir 12 pieds au vers.

SCÈNE X. Timandre, Clitophon.

ACTE III

SCÈNE I.

CLITOPHON

Malgré leur violence, hors de toute contrainte Je puis en liberté recommencer ma plainte. La nuit et le sommeil ont fermé tous les yeux Qui pouvaient m'empêcher de venir en ces lieux. Tout le monde insensible au soin qui le consomme, Demeure captivé dans les charmes du somme Et ce Dieu du repos tout rempli de douceur M'ouvre ainsi le chemin pour aller à sa soeur. Allons donc au tombeau qui tient dans son espace Tout ce que l'univers a jamais eu de grâce Et pour mieux exprimer l'excès de tes douleurs Mêle un ruisseau de sang au torrent de tes pleurs. Enfin, chère Lucipe, après tant de supplices Du plus grand de mes maux je ferai mes délices Et puisque le destin contraire à nos accords Défend à mon amour d'embrasser ton beau corps Malgré ses cruautés où ma force succombe Pour le moins aujourd'hui j'embrasserai son ombre. Si tu voulus quitter tous tes parents pour moi, Je suis prêt à quitter tout le monde pour toi Et je vais témoigner par ma douleur extrême Qu'ayant vécu pour toi je sais mourir de même. Comme un tyran t'a fait la victime des Dieux, Mon deuil me fait la tienne en ces funestes lieux. Ton cercueil est l'autel où je vois ton idole Et l'amour tout en pleurs est celui qui m'immole. Que mon sort est étrange ! En causant mes regrets Mon âme est dans la tombe et mon corps est auprès. N'ai-je nourri pour toi cette amour invincible Que pour trouver un jour ta perte plus sensible ? N'ai-je brûlé pour toi d'un feu qui fut si fort Que pour donner un jour plus de pleurs à ta mort ? Ô maudite cent fois la triste destinée Qui rend de nos amours la course infortunée ! Nature peu soigneuse, et vous Dieux ennemis, Pleurez cet accident que vous avez permis ! Vous, astres, qui veillez à la garde du monde Tandis que le soleil sommeille dedans l'onde, Si vous êtes de feu connaissant mess malheurs, Quittez votre nature et vous changez en pleurs ! Et vous, affreux rochers dont les masses chenues Semblent charger la terre et soutenir les nues, Conservez mes regrets et mes derniers accents Et redites ma perte et ma mort aux passants Afin que quelque jour la fortune meilleure Venge sur un tyran les grâces que je pleure ! Cependant que l'enfer et toutes ses fureurs Remplissent ce pays d'éternelles horreurs, Qu'un air tout corrompu des vapeurs de la peste Rende éternellement cette terre funeste, Que la flamme du foudre y luise incessamment, Que la seule discorde y règne absolument Et que par les effets d'une ruine extrême L'on cherche ce pays dedans ce pays même ! Mais qui pourrait penser que selon mes désirs Ce pays détesté doive être sans plaisirs, Puisque malgré les maux dont mon esprit abonde Il tient dans ce cercueil le plus grand bien du monde ? Tombeau de mon bonheur, ouvre-moi ton séjour Et prends un misérable ou rends-moi mon amour !

SCÈNE II. Clitophon, Ménélas, Satire.

SATIRE

Levons !

CLITOPHON

Lucipe !

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Timandre, Héraut.

SCÈNE V. Charmide, Chérée, Clitophon, Lucipe, Ménélas, Satire.

SCÈNE VI. Charmide, Clitophon.

SCÈNE VII. Timandre, Charmide, Héraut, Clitophon.

SCÈNE VIII. Héraut, Charmide, Timandre.

SCÈNE IX. Timandre, Charmide.

SCÈNE X.

SCÈNE XI. Chérée, Lucipe.

CHÉRÉE

Voyez !

SCÈNE XII. Charmide, Busire, Timandre, Clitophon.

SCÈNE XIII. Satire, Clitophon, Timandre.

ACTE IV

SCÈNE I. Satire, Clitophon.

SCÈNE II. Clinias, Clitophon.

SCÈNE III. Ériphile, Clitophon.

SCÈNE IV. Clinias, Clitophon.

SCÈNE V. Clinias, Satire.

CLINIAS

Celui qui l'enleva l'épousa du depuis Et cet heureux hymen termina mille ennuis.

Du depuis : Du depuis est une locution qui est tout à fait tombée en désuétude, et hors du bon usage. On la trouve dans des auteurs de la première moitié du XVIIe siècle. [L]

SCÈNE VI. Mélite, Clitophon.

SCÈNE VII. Mélite, Clitophon, Lucipe.

SCÈNE VIII.

LUCIPE, seule

Il n'en faut plus douter, perfide, tu me laisses Et tu portes ailleurs tes feux et tes caresses. Tu crois que mon esprit soit aussi loin de toi Que ton coeur inconstant s'est éloigné de moi. Mais que fais-je, insensée ? Alors que je l'accuse Je trouve que ma mort lui fournit une excuse Et qu'il a pu sortir de ses premiers transports Puisque c'est vainement que l'on aime les morts. Si j'allais le trouver, un reste de mes charmes L'obligerait sans doute à répandre des larmes, Mais hélas ! Ma misère a terni les attraits Dont l'amour, disait-il, se faisait tant de traits. Ainsi Lucipe 'est morte auprès de l'infidèle Puisqu'une fille meurt en cessant d'être belle. N'importe, il faut le voir et lui faire des voeux ; Peut-être que mes pleurs rallumeront ses feux. Qu'ai-je dit ? Il m'a vue, il m'a parlé, le traître, Et toutefois il feint de ne me pas connaître. L'infidèle qu'il est, me pouvant secourir, Me voit bien dans les fers et m'y laisse périr. Et pour combler mes maux à qui rien ne s'égale, Je viens à mon secours implorer ma rivale. Traître, ai-je donc sans crainte accompagné tes pas Afin que ton mépris me livrât au trépas ? Perfide, j'ai donc vu tant de peuples sauvages Pour savoir qu'ils n'ont rien d'égal à tes outrages Et j'éprouve aujourd'hui qu'en mon adversité Le plus grand de mes maux c'est la déloyauté. Je t'aime toutefois et mon âme charmée. Ne peut quitter le feu dont elle est enflammée. Je voudrais étouffer ma flamme et mes soupirs Mais, hélas ! Sans pouvoir, que servent les désirs ? Je suis comme une esclave au milieu des gênes Qui peut et ne peut pas abandonner ses chaînes.

SCÈNE IX. Satire, Clinias, Lucipe.

SATIRE

Lucipe !

SCÈNE X. Clitophon, Clinias, Satire, Lucipe.

CLITOPHON

Est-ce vous ?

SCÈNE XI. Clitophon, Satire, Clinias.

SCÈNE XII. Mélite, Lucipe.

MÉLITE

Nullement.

SCÈNE XIII. Ériphile, Mélite.

ACTE V

SCÈNE I. Clinias, Satire.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Clinias, Satire, Clitophon.

SCÈNE IV. Prisonnier, Clinias, Satire, Clitophon.

CLITOPHON

Il semble que ces lieux qui tourmentent nos sens Ne soyent faits aujourd'hui que pour les innocents.

Le mot est conservé soyent au lieu de soient pour bien marquer qu'il a deux pieds.

SCÈNE V. Le Geôlier, Clitophon.

SCÈNE VI. Tersandre, Mélite.

TERSANDRE

Ainsi que ton esprit tes paroles confuses Pour un crime si grand ne savent pas d'excuses. Quoi que le repentir te fasse dire ici, Le bruit commun t'accuse et te condamne aussi.

L'original porte ne sait pas au lieu de ne savent pas. Alors que le sujet des paroles est au pluriel et au lieu des excuses je mets d'excuses.

SCÈNE VII. Tersandre, Polémon, Mélite.

POLÉMON

De Lucipe.

SCÈNE VIII. Clitophon, le Juge.

SCÈNE IX. Sostrate, Clitophon, le Juge.

SCÈNE X. Sostrate, Clitophon, Satire, le Juge.

SOSTRATE

Ma fille !

CLITOPHON

Ma Lucipe !

SCÈNE XI. Satire, Clitophon, Sostrate, le Juge.

SCÈNE XII. Prisonnier, le Juge.

SCÈNE XIII. Tersandre, le Juge.

1 870 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica