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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

Les Vendanges de Suresnes

Pierre Du Ryer· créée en 1636· 5 actes· 1 838 vers· 11 personnages

Représenté pour la première fois en 1636.

Personnages

  • TIRSIS, amoureux de Dorimène
  • PHILÉMON, ami de Tirsis
  • POLIDOR, amoureux de Dorimène
  • DORIMÈNE, amoureuse de Polidor
  • FLORICE, bourgeoise de Paris
  • LISETTE, villageoise de Suresnes, confidente de Florice
  • GUILLAUME, vigneron de Polidor
  • OLÉNIE, bourgeoise de Paris, amie de Dorimène
  • CRISÈRE, bourgeois de Paris, Père de Dorimène
  • DORIPE, mère de Dorimène
  • ORMIN, villageois
MONSEIGNEUR,

À TRÈS HAUT ET TRÈS PUISSANT PRINCE CÉSAR DUC DE VENDÔME, DE MERCOEUR, PENTHIÈVRE, de Beaufort et d'Étampes, Prince d'Anet et de Martigues, etc. Pair de France.

J'aurai fait de bonnes vendanges si vous en pouvez seulement supporter l'odeur, et mes vendangeurs seront trop bien récompensés de leur travail si vous leur permettez de prendre un peu de repos auprès de votre grandeur. Il est vrai que j'ai peu de jugement alors que je vous demande tant d'honneur pour des si basses. Et l'on dira sans doute que cette passion qui me presse de vous faire une demande si présomptueuse est encore un reste des maladies qui m'ont persécuté depuis cinq mois entiers. Mais quand l'on considèrera que les vendangeurs pour qui je parle sont sortis de moi je m'imagine facilement que l'on excusera l'ambition d'un père qui veut avancer ses enfants et après tout, Monseigneur, puisqu'ils sont frères de cet Alcimédon qui reçut il n'y a pas longtemps un si glorieux accueil de votre grandeur, je crois que vous ne les rejetterez pas, et que la fortune de l'aîné sera cause de celle des cadets. Vous les avez déjà regardés d'une façon qui me fait dire à leur avantage qu'ils auront bientôt des envieux, et que toute basse que soit leur condition, les plus honnêtes gens la choisiraient bientôt s'ils croyaient qu'elle leur dût faire obtenir les mêmes honneurs. Et véritablement ce ne serait pas sans raison qu'ils feraient ce choix puis qu'il est assuré qu'en quelque qualité que ce soit, il y a plus de gloire à servir un Prince vertueux qu'à commander autre part. Ainsi des personnes de peu que j'ose vous adresser se relèveront et deviendront illustres, ceux qui les eussent méprisées à cause de leur bassesse, les respecteront comme vos créatures et pour moi je n'aurai point de honte d'avouer des vendangeurs pour mes enfants. Enfin Monseigneur cet ouvrage est un divertissement que j'ai tâché de vous préparer durant ces fâcheuses journées où la fièvre me rendait inutile au service de votre grandeur. Je sais qu'il est de peu de conséquence, aussi n'eussé-je eu garde de vous le présenter, si je n'eusse en même temps su que des petites choses, les plus grands hommes font quelquefois leurs divertissements. Sur cette assurance j'ai fondé mon dessein, et je veux croire que s'il ne réussit pas entièrement, vous le considérerez au moins comme un effet de cette passion qui me fera toujours moins chérir la vie, que les occasions de paraître,

MONSEIGNEUR, DE VOTRE GRANDEUR, Le très humble, très obéissant, et très fidèle serviteur.

DU RYER.

ACTE I

SCÈNE I. Philémon, Tirsis.

SCÈNE II. Polidor, Tirsis.

POLIDOR

Oui.

TIRSIS

De qui.

SCÈNE III.

DORIMÈNE seule

Que je reconnais bien en l'ardeur qui m'enflamme, Que ce qui plaît à l'oeil ne déplaît pas à l'âme ; Polidor à mes yeux s'est montré si parfait Que mon coeur en ressent le merveilleux effet. C'est à lui seulement que toutes mes pensées, Comme au bien que j'attends sont toujours adressées : C'est pour lui que l'amour a changé mes humeurs, C'est pour lui que je vis, c'est pour lui que je meurs, Partout où me conduit ma fortune amoureuse Si je ne pense à lui je ne suis pas heureuse, Et j'ai beaucoup de peine à croire que les Cieux Donnent de plus grands biens que j'en trouve en ses yeux. Je souffre toutefois et mon plus grand martyre Me vient de trop aimer, et de ne l'oser dire, Hélas que c'est un mal bien digne de pitié Que de n'oser montrer une ardente amitié. Quand je veux découvrir une amitié si ferme L'Amour ouvre ma bouche et la honte la ferme : L'une et l'autre à son tour, l'amour et la pudeur Me brûlent tous les jours d'une contraire ardeur, Et dans ce triste état où je suis en servage L'un m'enflamme le coeur, et l'autre le visage, Si bien que pour me perdre et l'esprit et le corps L'un me brûle au-dedans et l'autre par dehors. Hélas que cet amour dont la force me dompte, N'est-il dessus mon front aussi bien que la honte, Pour le moins Polidor, mon aimable vainqueur, Y lirait aisément ce qu'il fait dans mon coeur. Triste condition d'une fille amoureuse Qui pour n'oser le dire est souvent malheureuse ! Dieux qui m'avez conduite en ce triste séjour Permettez que je sois sans honte ou sans Amour.

SCÈNE IV. Tirsis, Polidor, Dorimène.

SCÈNE V. Philémon, Tirsis.

PHILÉMON

De qui.

SCÈNE VI. Lisette, Florice.

FLORICE

Quel.

SCÈNE VII. Lisette, Guillaume.

ACTE II

SCÈNE I. Polidor, Guillaume.

SCÈNE II. Florice, Olénie, Polidor.

SCÈNE III. Olénie, Doripe, Dorimène, Florice, Polidor.

SCÈNE IV. Florice, Lisette.

SCÈNE V. Crisère, Doripe.

SCÈNE VI. Dorimène, Crisère, Doripe.

DORIMÈNE

Hé Dieux !

SCÈNE VII. Polidor, Dorimène, Crisère.

ACTE III

SCÈNE I. Tirsis, Philémon.

SCÈNE II. Polidor, Guillaume, Tirsis, Philémon.

PHILÉMON

Dorimène.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Tirsis, Guillaume, Polidor.

SCÈNE V. Polidor, Guillaume.

POLIDOR

Des vers.

ACTE IV

SCÈNE I. Lisette, Florice.

SCÈNE II. Tirsis, Lisette, Florice.

SCÈNE III. Guillaume, Polidor.

SCÈNE IV. Dorimène, Polidor.

SCÈNE V. Tirsis, Dorimène, Polidor.

SCÈNE VI. Crisère, Doripe.

SCÈNE VII. Dorimène, Olénie.

SCÈNE VIII. Dorimène, Guillaume, Olénie.

SCÈNE IX. Dorimène, Guillaume, Crisère, Doripe, Olénie.

CRISÈRE

Il se meurt.

OLÉNIE, à Guillaume

Va-t-en.

ACTE V

SCÈNE I. Florice, Dorimène, Lisette.

SCÈNE II. Tirsis, Guillaume.

SCÈNE III. Polidor, Tirisi, Guillaume, Philémon.

SCÈNE IV. Crisère, Doripe, Lisette.

SCÈNE V. Lisette, Doripe, Crisère.

DORIPE

Hélas !

SCÈNE VI. Polidor, Tirsis, Florice, Dorimène.

POLIDOR

Polidor tient Tirsis renversé dessous lui.

Confesse maintenant que tu me dois la vie.

SCÈNE VII. Philémon, Polidor, Tirsis, Guillaume.

SCÈNE DERNIÈRE. Doripe, Crisère, Polidor, Dorimène, Tirsis, Lisette, Ormin, Guillaume.

DORIPE

Doripe et Crisère, Lisette et Ormin arrivent au même temps que Polidor commence à suivre Palmédor.

Ha ma fille !

POLIDOR

Polidor après avoir fait un tour derrière le théâtre revient avec Tirsis et Guillaume, et ramène Dorimène.

Enfin nous apprenons que des esprits si vains Ont plus de force aux pieds qu'ils n'en ont dans leurs mains

1 838 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica