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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Comédie en un Acte, et en Vers

Le Français en Huronie

Dumaniant· imprimée en 1778· 653 vers· 6 personnages

Personnages

  • VALCOUR, jeune Officier Français
  • FRONTIN, Valet de Valcour
  • LA FLEUR, Valet de Dorval. Boucher
  • DORVAL, ami de Valcour
  • UN SAUVAGE
  • ZAMIRE, jeune Sauvage, Amante de Valcour

SCÈNE PREMIÈRE. Valcour, Frontin.

VALCOUR, sans écouter Frontin

Zamire ne vient point.

VALCOUR

Poltron !

VALCOUR

Reste ici.

SCÈNE II. Valcour, Frontin, Dorval, La Fleur.

VALCOUR

Dorval !

VALCOUR

Hélas !

VALCOUR

Zamire ! ce qu'elle est ? il n'est point de louange, Aucune expression, aucun mot... c'est un ange... Un ange de lumière, elle est belle sans art. Son âme, en ses discours, paraît toujours sans fard, Sur son front ingénu brille une candeur pure, C'est le riant tableau de la belle nature... Je sortis de Québec pour chasser dans ses bois, Je m'égara[i] bientôt, et réduit aux abois, Après trois jours entiers d'une marche inutile, J'attendais le trépas comme mon seul asile. Un matin qu'accablé de peines, de douleurs, Couché sur le gazon je le mouillais de pleurs, J'attendis tout d'un coup du bruit dans le feuillage, Je me levai rempli de dépit et de rage. Qui que tu sois, viens, dis-je, et perce-moi le coeur : Je suis ton ennemi, crains tout de ma fureur, Préviens mes coups : j'allais dans mon délire extrême Hors de moi, massacrer tout ce que mon coeur aime. Mon bras était levé, je veux donner la mort : Mais je trouve un vainqueur plus puissant et plus fort. Un coup d'oeil me désarme ; étranger me dit-elle, Que t'a donc fait Zamire et quelle ardeur cruelle Te portait à vouloir lui déchirer le flanc ? Parle, qui t'a donné cette soif de mon sang ? Interdit, étonné, je ne sais que répondre. Tout, dis-je, en cet instant, tout sert à me confondre. Zamire, pardonnez, je suis un malheureux ; Mais je vais m'en punir. Ce fer... « Vis, je le veux », Dit-elle avec douceur, « dans ce climat horrible Étranger crois qu'on peut trouver un coeur sensible. Née au milieu des bois, et sur ces bords lointains Je connais le premier des devoirs des humains, La sensibilité, l'amour de son semblable ». Je tombe à ses genoux. Ô femme respectable ! M'écriai-je ! reçois l'hommage d'un mortel « Est-on si généreux pour n'être point cruel », Dit-elle ? « Lève-toi. Trop heureuse sans doute Si j'adoucis ces maux que ton malheur te coute ». Que te-dirai-je encor. Je sentis dans mes sens Naître un amour vainqueur de l'absence et du temps. Je sentis qu'à jamais je lui serai fidèle, Pour moi dans l'univers tout disparut hors elle, L'aimer est mon seul bien. Depuis cet heureux jour, Tout raffermit, redouble et nourrit mon amour

VALCOUR

Hélas !

SCÈNE III. Frontin, La Fleur.

LA FLEUR

De quoi ?

FRONTIN

Regarde.

LA FLEUR

Qui ?

SCÈNE IV. Zamire, Frontin et La Fleur, sur l'arbre.

FRONTIN, à La Fleur

Montrons-nous.

LA FLEUR

Attends.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Zamire, Frontin.

FRONTIN, se réfugiant aux pieds de Zamire

Daignez me protéger, me défendre ou j'expire.

SCÈNE VII. Zamire, Frontin, Le Sauvage.

ZAMIRE, naïvement

Ce n'est point mon amant.

LE SAUVAGE

Qu'importe ?

LE SAUVAGE, d'un ton menaçant

Tu l'oses dire ?

LE SAUVAGE

Il reviendra ?

LE SAUVAGE, à Zamire

Oublie un scélérat

À Frontin.

et toi fuis loin d'ici.

SCÈNE VIII. Zamire, Le Sauvage.

SCÈNE IX.

SCÈNE X. Valcour, Zamire.

SCÈNE DERNIÈRE. Valcour, Zamire, Dorval, Frontin.

653 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0