Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Opéra comique en vers et en prose· Opéra-Comique en un Acte

Momus à Paris

Barthélemy-Christophe Fagan· imprimée en 1770· 480 vers· 15 personnages

Personnages

  • MOMUS
  • LA GIROUETTE
  • ADRASTE
  • MARTON
  • FRONTIN
  • LE CHEVALIER
  • BROCHURE
  • BAROCO
  • ARMIDON
  • MONSIEUR BOBINET
  • MADAME BOBINET
  • LISETTE
  • DEUX LAQUAIS
  • TROUPE DE MASQUES
  • SUITE DE MOMUS

MOMUS À PARIS

SCÈNE PREMIÈRE. Momus, La Girouette.

LA GIROUETTE

AIR : Réveillez-vous, belle endormie.

Chacun comme vous, le souhaite Tout le monde est de votre avis.

SCÈNE II. Momus, Corinthien, La Frise.

LA GIROUETTE

Quelqu'un paraît.

SCÈNE III. Adraste, Frontin.

FRONTIN dit à son maître qu'il a toutes les peines du monde à tirer de l'argent de Monsieur Simon son usurier ordinaire mais qu'à la fin il lui a donné deux mille livres, après avoir rempli son blanc-seing de quatre mille livres. Ce sont deux mille livres qu'il m'en coûte, répond Adraste mais que ne ferait-on pas pour se tirer d'affaire avec honneur ? Va ajoûte-t-il à Frontin, assemble mes créanciers chez moi : je vais t'y joindre, et les payer.

SCÈNE IV. Adraste, Marton.

MARTON, après avoir assuré Adraste que la comédienne Doris n'aime que lui, lui insinue adroitement que sa maîtresse est au défefpoir d'un vol que lui a fait un Laquais qui lui a enlevé habits et diamants. Adraste lui donne les deux mille livres qu'il vient de recevoir, en lui disant :

ADRASTE

AIR : Je veux boire à ma Lisette.

Prends Marton cette ressource Adoucira fon malheur. Peut-on ménager fa bourbe Quand on a donné son coeur

Il la prie d'écarter Doris certain nouvel auteur qui lui adresse ses poésies.

ADRASTE

Va, Marton.

AIR : C'est un excellent élixir.

De cet objet plein de douceur Tâche de calmer la douleur.

SCÈNE V.

ADRASTE

Je n'ai pu faire autrement. Il faudra que je me retourne d'un autre côté.

SCÈNE VI. Adraste, Frontin.

ADRASTE

Ils m'y peuvent attendre ; Ils attendront longtemps.

Il lui avoue l'emploi qu'il a fait de son argent.

SCÈNE VII. Adraste, Le chevalier, Frontin.

LE CHEVALIER raconte à Adraste, comme une chose fort plasante, que Doris lui a donné une somme de deux mille livres, dont il avait besoin, que sa suivante a adroitement tirée d'un jeune innocent qui croit en être aimé.

SCÈNE VIII. Adraste, Frontin.

Adraste déclame contre la perfidie de sa maîtresse.

SCÈNE IX. Momus, La Girouette.

SCÈNE X. Brochure, Armidon, Baroco.

BROCHURE

Quoi toujours me persécuter ! Messieurs, souffrez que je respire.

Me suivre depuis la rue Saint-Jacques qu'au carrefour de Bussy ? Je n'y puis plus tenir.

BAROCO

Quoi ! Vous ne convenez pas de l'excellence de mes ouvrages ?

ARMIDON

Vous n'êtes pas frappé de la beauté du mien ?

ARMIDON

Je ne veux point de vos cantates en prose, ni de vos harangues en vers.

BAROCO

AIR : Changement pique l'appétit.

Les vers valent mieux que la prose.

BAROCO

Réfuter une harangue, que j'ai pris plaisir à composer en vers en décasyllabes imitée de Demostènes ! Procté ! Siphoué !

ARMIDON

Vous ne remarquez pas quelle noble simplicité règne dans ma cantate.

Tircis pour Daphné avait de l'inclination. Dans la prairie les deux amants S'amusaient ensemble... C'est pourquoi...

BROCHURE

C'est pourquoi !

ARMIDON

C'est pourquoi.

BROCHURE

Cela est détestable.

BAROCO

Savez-vous lire, mon ami ?

BROCHURE

Belle demande un libraire !

BAROCO

Vous allez convenir... Où sont donc mes harangues ?

AIR : Diogene.

Le déluge, la foudre, Qui réduit tout en poudre Les vents impétueux, La grêle, la tempête, Tout tombe sur ma tête En ce moment affreux.

Quel téméraire a osé porter sa main profane sur mon bien, ma vie, mes trésors, l'ouvrage de vingt ans ! On me vole ! O Jupeter altitonans ! Souffrirez-vous ce nefandum facinus. Il faut les que je les aye perdus dans ce maudit café.

ARMIDON

AIR : Vivons pour le sfillettes.

De désespoir, il est saisi.

bis.

SCÈNE XI.

SCÈNE XII. Monsieur et Madame Bobinet, Lisette.

Madame Bobinet se plaint de sottes façons d'agir les habitants du Faubourg Saint-Germain, où se trouvent [...]

Dans l'édition des oeuvres, la scène est numérotée VII au lieu de XII.

[LISETTE]

AIR : Cordon bleu.

Un Plaisant qui récite des vers ; Un Abbé qui sans cesses ricane ; Un sot qui parle à tort et à travers, Et qui gesticule avec sa canne ; Deux précieuses sur un sofa, D'un air d'indolence, Gardant le silence ; Trois Anglais, un acteur d'opéra, Le bel assemblage de gens que voilà !

Elle parle surtout d'une certaine Clorinde, qui ne l'a reconduite qu'à la porte de sa chambre. Monsieur Bobinet trouve fort ridicule que pendant tout le temps de la visite, on ne l'ait pas prié de mettre son chapeau.

Cette réplique ne comporte aucune entête de personnage.

La Fontaine de l'échaudé, rue Vieille du Temple, à l'angle de la rue du Poitou. Datée de 1671, c'est la plus ancienne fontaine de ce quartier.

ROBINET

Moi, sur un mot de compliment, Qu'à Clorinde j'ai voulu dire, Tout le monde s'est mis à rire.

Retournons, dit Monsieur Robinet, dans notre quartier de la fontaine de l'échaudé.

MONSIEUR BOBINET

AIR : Agréable espérance.

Depuis chère Poulette, Que je suis marié, De moi vous devez être satisfaite. Je vous ai toujours mis sur le bon pied.

Madame Bobinet demande son équipage. Un laquais lui dit que ne donnant que vingt écus de gages de son cocher, il allé faire une course pour son compte.

SCENE XIII et dernière. Momus, La Girouette.

MOMUS

Oui, pour examiner ce qui s'y passera, Tous deux, incognito, nous y tiendrons séance.

AIR : Le bon branle.

Terpsichore dans ce séjour, Met tout Paris en branle. C'est à qui lui fera sa cour. On y voit jusqu'au point du jour, Danser un joli branle. Souvent même, après le retour On est encore en branle.

Terpsichore : Nymphe de la mythologie grecque qui préside à la danse.

Branle : Espèce de danse. Le branle ou branle gai est le nom générique de toutes les danses où un ou deux danseurs conduisent tous les autres, qui répètent ce qu'ont fait les premiers. [L]

LA GIROUETTE

Même air.

Savez-vous quel est ce coureur ?

LA GIROUETTE

AIR.

Il accoste une Espagnolette. La Belle me paraît écouter la fleurette.

Espagnolette : Il s'est dit quelquefois pour jeune fille espagnole. [L]

MOMUS

Il lui promet une ambulance Que son époux aura demain.

Ambulance : Vendeur en ambulance, homme qui établit son échoppe, son lieu de vente, dans les passages, dans les marchés. [L]

MOMUS

AIR : Il n'est plus temps.

C'est un époux sexagénaire, Et sa moitié n'a pas vingt ans : Tens tens, tens. Il s'adonise, il tache encor de plaire.

S'adoniser : S'ajuster avec un trop grand soin. [L]

COMPLIMENT Fait à la Clôture de la Foire Saint-Laurent au mois d'octobre 1731.

480 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0