Opéra comique en vers et en prose· Opéra-Comique en un Acte en un Acte
Le Sylphe Supposé
Personnages
- CLÉANTE
- ISABELLE
- URANIE
- LA SYLPHIDE
- LE ROI DES SYLPHES
- UN GASCON
- PIERROT
- TOURBILLON
LE SYLPHE SUPPOSÉ.
SCÈNE PREMIÈRE. Isabelle, Cléante.
ISABELLE
AIR : Non, vous ne m'aimez pas.
Non, vous ne m'aimez pas, Cléante ; Non, non, vous ne m'aimez pas.CLÉANTE
Si je courtise votre tante, C'est dans une plus douce attente ; Je n'en veux point à ses appas.Vous savez combien elle est ennemie du commerce des hommes, et si, en la flattant, je ne m'étais établi un espèce de crédit auprès d'elle, je n'aurais pas la liberté de vous voir.
ISABELLE
Il est vrai qu'une lecture mal entendue a fait sur elle un prodigieux effet.
AIR : Par nature.
Et le Sylphe et Guliver Lui font voir un Monde en l'air ; Bergerac et Gabalis, Et toute la séquelle Des chimériques esprits, Ont brouillé sa cervelle.CLÉANTE
Je veux mettre tout en usage pour la tirer de des entêtements, et tâcher de vous obtenir.
ISABELLE
J'y consens, si votre ardeur est sincère.
CLÉANTE
En pouvez-vous douter ?
AIR : Ton petit minois.
Par vos beaux yeux vous me charmez Vous m'enflammez Isabelle ; Je languis pour vous nuit et jour, Et mon amour Est fidèle. Peut-on, sans s'émouvoir, Voir De si doux charmes Le plus indifférent Rend Bientôt les armes.Je ne suis pas le seul qui en soit épris et le Marquis de Craquillac, entre autres, ne laisse pas de m'inquiéter.
ISABELLE
Vous avez tort ; pour moi, tout ce qui m'inquiète, c'est que vous ne m'aimiez pas toujours.
AIR De la Ceinture.
Vous êtes né dans ce climat. On dit que l'Amour n'y peut croître, Et que cet enfant délicat Y meurt, sitôt qu'on l'a vu naitre.CLÉANTE
Non, ma chère Isabelle, ne craignez point que mon et feu puisse s'éteindre.
AIR Réveillez-vous.
Sans le secours de l'espérance, Vos attraits le font substituer. Quelle serait sa violence, Si l'espoir venait le flatter !SCÈNE II. Pierrot, Isabelle, Cléante.
PIERROT
Je suis vraiment bien aise de vous trouver ensemble. Que les entretiens sont aimables, quand l'Amour est de la partie. Cependant mes enfants, méfiez-vous de ce Dieu.
AIR : Je suis un bon Jardinier.
Car le petit scélérat Est aussi traître qu'un chat. Il est séduisant, Doux et caressant ; Dans l'abord il nous flatte : Mais le jeu tourne dans l'instant ; Gare le coup de patte, Lonla, Gare le coup de patte.CLÉANTE
Laisse-là tes leçons et dis nous ce que fait Uranie.
PIERROT
Elle est à présent dans une guérite au-dessus des gouttières, environnée de grandes lunettes et de mille brimborions que je ne saurais vous nommer. Tantôt elle prend un livre, tantôt elle prend l'autre qui tous ne parlent que de magie. Elle n'a de correspondance qu'avec les habitants de l'air ; elle ne contemple que les planètes, et elle cherchait tout-à-1'heure les moyens de se transporter dans une île volante qu'elle prétend avoir découverte.
ISABELLE
Quelle pitié !
PIERROT
Toujours de mal en pis il va, Comme notre Opéra.bis.
Sa folie ne se peut exprimer et devient insupportable dans le domestique.
AIR : De tous les capucins du monde.
Si par hasard on effarouche Le moindre oiseau, la moindre mouche, Il faut voir le beau carillon ; Enfin cette tête débile Ne se coiffe qu'en papillon, Et ne vit que de volatile.AIR : Ton humeur est, Catherine.
Elle a six sa demeure Dans un donjon tout ouvert, Pour y sentir à toute heure Les influences de l'air ; De Sylphes peints les images Ornent ce comique hôtel ; Son plafond est en nuages Son alcôve en arc-en-ciel.CLÉANTE
Il faut absolument travailler à la guérir de ces erreurs.
ISABELLE
Que je vous aurais d'obligation, si vous pouviez imaginer quelque moyen...
CLÉANTE
Je crains que nous ne puissions jamais en venir à bout par des raisonnements et des prières. Vous savez que la plupart du temps elle ne croit et n'écoute personne ; on lui dit d'une façon, elle répond de l'autre.
ISABELLE
Cela est vrai.
CLÉANTE
Elle ne voudrait point parler à tout ce qui a figure d'homme.
PIERROT
AIR Quand le péril est agréable.
De son corps s'il faut se défaire, Pour fléchir ce coeur inhumain, Je connais plus à un Médecin Qui fera votre affaire.CLÉANTE
J'avais pensé à milles choses extravagantes à la vérité, mais qui pourraient avoir un effet salutaire pour elle et favorable à mon amour : tu sais de quoi il s'agit ?
PIERRROT
Oui, Monsieur j'ai déjà fait avertir une éveillée de ma connaissance, et pour moi je suis prêt à me mettre en quatre.
CLÉANTE
Je te promets... mais Uranie vient...
SCÈNE III. Isabelle, Pierrot, Cléante, Uranie, un livre à la main.
URANIE
Sylphonet, ayez soin d'aller chez Monsieur Pédantin ; qu'il m'envoie son Traité des Corpuscules et chez Monsieur Tourbillon, ses observations sur la nature des Esprits Aériens.
ISABELLE
Eh ! Quoi ! Toujours dans la lecture De vos infiniment petits. Le beau sujet pour tant écrire ? Tala leri tala lerire.URANIE
Vous êtes bien à plaindre, Isabelle, de ne point donner dans système qui conduit aux pensées sublimes : c'est une faiblesse inséparable de votre jeune âge ; mais j'espère que vous vous formerez.
PIERROT, à part
La belle espérance !
ISABELLE
J'en serais bien cachée.
AIR : J'aime le mot pour rire.
Reprenez votre raison, Souffrez qu'elle vous guide. Ce système n'est pas bon, Et j'y vois trop de vide. Je suis pour le solide, Moi, Je suis pour le solide.CLÉANTE
Je vous conjure, Madame, de songer que votre sexe ne doit point avoir d'autre étude que celle de plaire.
AIR Je ne point troubler.
Des beaux esprits vous êtes le modèle ; Par vos discours vous savez tout charmer. Il ne vous faut, pour être universelle, Que de savoir ce que c'est que d'aimer.URANIE
Je sais, Cléante, la passion que vous avez pour moi mais n'attendez pas que j'aime un composé d'atomes grossiers.
AIR : Ce qui n'est enflure.
De si bas attachements Sont dignes de blâme. De plus nobles sentiments Élèvent mon âme.ISABELLE
Pour moi, Madame, je ne crois point que l'Univers soit rempli de tous ces êtres invisibles dont vous parlez à chaque instant.
PIERROT
Il faut distinguer Mademoiselle, par exemple.
AIR : Ce n'est pas de même.
Des époux tendres et galants, De jeunes veuves insensibles, Du vrai parmi les Bas-Normands, Dans les Fermes des coeurs flexibles, Chez les Gascons, De l'espèce et des fonds, Sont des êtres invisibles.URANIE
Tout est rempli, la terre, l'air, les eaux, le feu ; et les habitants de l'air surtout, mènent une vie si délicieuse, que je souhaiterais fort que nous puisons vous et moi en mener une pareille.
ISABELLE
Je suis votre servante.
AIR : Amis, sans regretter Paris.
Nos corps ont besoin que souvent On pense à les refaire. Dans les airs il n'est que du vent ; Ce n'est pas votre affaire.URANIE
AIR : Du Confiteor.
À votre corps toujours songer, Ah ! Que votre erreur est grossière ? Vous mettez l'esprit en danger.PIERROT
Pour moi, je pense le contraire, Et que l'esprit se porte bien, Quand au corps il ne manque rien.URANIE
Que vous pensez vulgairement.
PIERROT
Et nous-mêmes que ferions-nous ? À l'esprit seul si votre mère Eût occupé sa vie entière, Que seriez-vous ?URANIE
Retirez-vous, mes enfants votre conversation est pour moi d'une pesanteur insupportable.
Elle lit.
CLÉANTE, bas
Puisque de l'erreur qui l'obsède Rien n'arrête le cours fatal, Il faut chercher notre remède Dans la source même du mal.PIERROT
C'est bien dit.
CLÉANTE
Flattons-la dans les visions, et rendons-les, s'il se peut, utiles à notre amour.
PIERROT
Nos batteries sont toutes prêtes ; je vais lui amener une visite qui le confirmera dans ses idées.
SCÈNE IV.
URANIE, seule
Que je les plains ! Peut-on douter de choses aussi claires ? Pour peu que l'on ait vécu, n'a-t-on pas eu des occasions de s'en convaincre ? Combien ai-je vu dans la moyenne région, de combats d'ennemis remarquables ? Combien de fois ai-je entendu les tendres concerts des Sylphes amoureux ?
AIR : Ami quand j'ai bien bu.
Si, par quelque métamorphe, Je pouvais vivre dans les airs, D'un coup d'oeil voir tout l'Univers, Ô Dieux pour moi l'aimable chose ! Ah ! Quel plaisir ! Je crois Déjà voir toute la terre, Voir toute la terre et sous moibis
SCÈNE V. Uranie, Pierrot.
PIERROT, à part
Hanneton vole, vole, vole.
AIR : Le moulin de la meunière.
À Uranie.
Pierrot vient en diligence Vous faire savoir, Qu'une Sylphide s'avance. Exprès pour vous voir.URANIE
Une Sylphide !
Allons, vite, que l'on pense À la bien recevoir.AIR : Non, non.
La gloire la plus parfaite. Comble aujourd'hui tous mes voeux Que l'Hisloire et la Gazette Célèbrent ce jour heureux. Non, non, Rien n'est comparable au renom Que sa visite m'apprête. Non, non, Rien n'est comparable au renom Qu'elle assure à ma maison.Sylphe : Fem. Sylphide. Nom que les cabalistes donnaient aux prétendus génies élémentaires de l'air. [L]
SCÈNE VI. Uranie, La Sylphide, accompagnée ~MJC~MrM.
URANIE
AIR : Turlutaine.
Eh ! Quel bon vent vous amène ? Que mon coeur est réjoui ! Vous même prendre la peine Turlutaine De nous venir voirie !~ Turlutu tantalariLA SYLPHIDE
Je vous entends parler si avantageusement de mon espèce, que vous m'attirez ici.
AIR : Tu croyais, en aimant Colette.
En moi voyez ce nouvel être, Ce tendre esprit aérien Que tous les soirs on voit paraître Sur le Théâtre Italien..AIR : Il est arrivé querelle.
Je vais au plutôt m'y rendre ; Toute la ville m'attend. De partout on vient m'entendre Je vous quitte dans l'instant.L'ÎLE DU DIVORCE, et LA FOIRE DES POÈTES
Nous sommes du rendez-vous.URANIE
Comment ?
LA SYLPHIDE
Oui, Madame, elles viennent avec moi.
URANIE
Je crains fort qu'elles ne puissent vous suivre au moins, elles ne paraissent pas bien sur leurs jambes.
LA SYLPHIDE
Je les aide à marcher au surplus.
AIR : De tous les Capucins du monde.
Entre nous quelque dissemblance Donne à mes deux soeurs à leur licence. De ne venir que pas à pas ; La chose est peu de conséquence ; Le Public ne les attend pas Avec beaucoup d'impatience ?URANIE
Ne puis-je ravoir leurs noms ?
L'ÎLE DU DIVORCE
Je suis l'île du Divorce.
LA FOIRE DES POÈTES
Je suis la Foire des Poètes.
URANIE
AIR : J'espérais que ma flamme.
En vérité, ma mie, Vous me paraissez là En très mauvaise compagnie.LA SYLPHIDE
On a ses raisons pour cela.URANIE
Des raisons !
LA SYLPHIDE
De très bonnes.
URANIE
Tout ce que je puis vous dire, c'est que si tes deux individus qui vous accompagnaient aux Tuileries ressemblaient à ceux-ci, Eraste n'a point eu de peine à vous donner, ta préférence.
LA SYLPHIDE
On a cru devoir agir de la sorte.
AIR : Ton humeur indifférente.
Près d'une laide compagne, Toujours une Beauté gagne. Si ces Dames que l'on voit N'ont rien qui rappelle, Sachez que c'est un tour adroit, Pour me rendre plus belle.URANIE
Ces justifications me paraissent raisonnées, et vous remplissez la sphère de mon imagination par des riens qui sont séduisants mais recevez un petit avis qui vous regarde personnellement.
AIR Du nouveau Monde.
De votre amoureux apprécie L'idée est à mon sens grossière Il n'est pas joli qu'un Esprit S'engage ainsi dans la matière.Pourrez-vous vous abaisser jusqu'à devenir amoureuse d'un homme ?
LA SYLPHIDE
Si cela vous paraît une faute. Madame, je la répare, et je m'en retourne bientôt dans les espaces imaginaires avec celui que j'aime.
URANIE
Il devient donc Esprit aérien comme vous ?
LA SYLPHIDE
Assurément ; n'avez vous pas vu ma belle décoration, ce Palais enchanté ou je le transporte ?
URANIE
Qu'il est heureux, d'être ainsi transporté !
LA SYLPHIDE
AIR : Je ne sais pas.
Un spectacle agréable Éclate dans ces lieux. Cette imposture aimable Éblouit tous les yeux. D'un brillant raisonnable Se pique qui voudra, Suivons le vraisemblable De l'Opéra.Et que dites-vous de notre Procureur qui vole ?
URANIE
L'idée est jolie : cependant, je crains que votre Empire ne se trouve pas bien de ce nouvel hôte.
LA SYLPHIDE
Mais, adieu, Madame, je n'y pense pas, je m'amuse à babiller ; en vérité, je suis ridicule.
Elle s'éloigne.
URANIE
Ah ! Par grâce un instant encore, je vous prie. Il y a longtemps que je souhaite d'être instruite des merveilles de votre séjour.
LA SYLPHIDE
AIR.
Il n'est point de Pays au Monde Si fertile en agrément. Tout ce qu'on voie de charmant Dans ce lieu délectable abonde. Ah qu'il est beau, qu'il est brillant ! Le Ciel même ne l'est pas tant.URANIE
Où est-il situé !
LA SYLPHIDE
Dans la moyenne région.
AIR : De la Palisse.
Non, rien n'est si glorieux Que d'être comme nous sommes. Entre la Terre et les Cieux, Entre les Dieux et les hommes.Nous sommes, pour ainsi dire, Médiateurs, et c'est à nous que les Dieux ont confié les instruments de leurs bontés et de leur colère.
URANIE
Comment cela ?
LA SYLPHIDE
N'avons-nous pas a notre disposition les pluies douces, la rosée, les chaleurs fécondes, les influences bénignes, la foudre, les éclairs, la grêle, les tempêtes et les ouragans ?
URANIE
Je ne savais pas cela. Qu'y a-t-il de curieux là-haut ?
LA SYLPHIDE
Mille choses ; entre autres, l'Arbre d'Oreste et de Pylade, et le Vallon, des choses perdues.
URANIE
Je n'ai pas encore entendu parler de cet arbre.
LA SYLPHIDE
Il a la vertu de réconcilier les plus grands ennemis. Imaginez-vouS que quand on est sous ses branches...
AIR : Du Coucou.
Toutes les querelles finissent ; On pardonne au plus grand délit : Les Marbres même chérissent Les enfants nés d'un premier lit.URANIE
Sur ce pied-là, l'antipathie d'un Picard contre un Normand n'y tiendrait pas.
LA SYLPHIDE
À l'égard du Vallon des choses perdues, on y trouve les leçons des Pères, les remontrances des Mamans, les plaisirs qu'on fait aux ingrats, l'argent qu'on prête aux Gascons, les conseils que l'on donne aux jeunes gens et tout ce que la Morale débite depuis un temps infinis pour corriger les hommes.
URANIE
Ce Magasin doit regorger, s'il renferme toutes les choses perdues. Paris seul suffit pour le remplir.
LA SYLPHIDE
À quelques distances de là, sont les Espaces imaginaires, (Pays immense,) où nous trouvons grande compagnie.
URANIE
Comment allez-vous dans toutes ces Régions ?
LA SYLPHIDE
Plus commodément que vous ne voyagez ici bas.
AIR : Ne v'la-t-i1 pas que j'aime ?
Mieux que vous, dans nos chars ailés Nous faisons notre ronde. De ville en ville vous allez, Et nous de Monde en Monde.Les Mondes sont aussi fréquents là-haut que les villages sur la terre. Nous en parcourons quelqueFois cinq ou six par jour.
URANIE
Cela m'étonne.
LA SYLPHIDE
Bon ! Quand on est assis sur un nuage ? Et qu'on a le vent du Nord pour postillon, on fait cinq cents lieues par heure.
URANIE
Et votre table comment va-t-elle ?
LA SYLPHIDE
AIR.
Nous faisons une chère accomplie, Rien n'est tel que nos repas. Les meilleurs de France et d'Italie Des nôtres n'approchent pas. On ne voit rien d'égal en Allemagne. Gens délicats, Ne cherchez pas Ailleurs qu'en nos climats Le vrai pays de Cocagne.URANIE
Vous avez donc des prairies, des jardins, des vergers ?
LA SYLPHIDE
Non, nous vivons de vos fleurs et de vos fruits. Les parties les plus subtiles de leur suc nourricier s'évaporent dans la moyenne région ; tout cela, cuit aux rayons du soleil, forme un caramel plus délicieux cent fois que le miel du Mont Hymette.
Mont Hymette : Massif de l''Attique en Grèce au sud d'Athènes.
URANIE
Vous me donnez envie d'y goûter.
LA SYLPHIDE
Il en est de même de nos vins dans le temps qu'on y travaille chez vous.
AIR : Ma femme est femme.
Il nous vient à choisir, Et nous voyons l'élixir De la mère goutte Prendre ici sa route.URANIE
C'est à dire que cela monte chez vous comme des colonnes d'air. C'est quelque chose de curieux qu'une colonne d'esprit de vin ! Des danses, en voit-on là-haut ?
LA SYLPHIDE
AIR : Des fraises.
Sans doute nous en avons De meilleures qu'en France. Chacun faute en nos cantons Et jusques à nos maisons Tout danse.Ter.
L'autre jour il y eut un bal au palais des Chimères j'ai eu le plaisir d'y voir danser ; devinez qui ?
URANIE
Les Faiseurs de mémoires, les Inventeurs de projets, de systèmes.
LA SYLPHIDE
Non les Nombres de Pythagore, les Catégories d'Aristore, les Idées de Platon, les Atomes d'Epicure : ils firent différents pas, et le bal fut terminé par un branle général qui fut exécuté sous l'arbre de Porphyre.
URANIE
Cela devait faire un bon effet ! Une idée et un atome sont de jolis figurants ; il me semble que je les vois se regarder amoureusement en tournant l'épaule, balancer, couper, assembler. Ah ! La jolie chose ! Vos concerts, comment font-ils ?
LA SYLPHIDE
Charmants.
URANIE
Vous avez donc des Musiciens ?
LA SYLPHIDE
Plus que nous ne voulons. Nous avons au-dessus de nos têtes la lyre d'Orphée, que les Dieux, comme vous savez, ont changée en astres. La plupart des compositeurs modernes, pour y pouvoir atteindre, sont continuellement guindés dans les nues, où ils se perdent le plus souvent.
URANIE
Cela vous procure de la musique ?
LA SYLPHIDE
En abondance mais je n'en ai point entendu de meilleure que dans la grotte d'Éole.
AIR : Que faites-vous, Marguerite.
Cette musque surpasse Vos morceaux les mieux reçus. Les Aquilons sont la basse, Et les Zéphirs le dessus.Éole : Terme de mythologie. Dieu qui préside aux vents. [L]
URANIE
Vous m'enchantez par toutes ces merveilles ; elles excitent ma curiosité au point que je ne suis plus maîtresse de moi-même.
LA SYLPHIDE
Il y en a bien d'autres dont je vous parlerai dans une autre visite ; il saut que j'aille rendre compte à notre Roi de quelques ordres qu'il m'a donnés.
URANIE
Que ne m'est-il permis de vous suivre ?
AIR : Dieu charmant.
S'il ne dépendait que de moi, Belle Sylphide, Je serons déjà sous la loi De votre aimable Roi. Pour lui mon coeur décide. S'il veut bien y consentir, Je suis prête à partir.Dites le lui, je vous en conjure.
LA SYLPHIDE
Vous pouvez bien compter que je lui ferai bien votre cour. Adieu savante Uranie.
URANIE
Adieu charmante Aérienne.
URANIE
La plaisante accolade !URANIE, seule
Cette Sylphide m'enchante : : ses discours ont rempli la sphère de mon imagination d'idées plus séduisantes les unes que les autres. La douceur de son langage est une rosée qui instruit ce qui nourrit le coeur.
SCÈNE VII. Uranie, Isabelle, Pierrot.
PIERROT
Ah ! Malheur inouï accident terrible !
URANIE
Et de quoi ?URANIE
Expliquez-vous.
ISABELLE
Cléante n'est plus.
PIERROT
Non Madame ; désespère de vos rigueurs il a imploré toutes les puissances de l'air, pour obtenir une métamorphose qui peut vous être agréable, il est devenu Sylphe.
URANIE
Est-il possible ?
PIERROT
Ah ! De quoi s'est-il avisé de vous aimer ?
AIR : Le long de là.
Le nom charmant d'Uranie, Par lui répété souvent, Attire un certain Génie Qui d'un nuage l'entend : Vite il descend, Obligeamment Comble son envie, Et le sylphide à l'instant.On lit "sylphise" au vers 243, nous corrigeons en "sylphide".
ISABELLE
Le pauvre garçon !
URANIE
Consolez-vous ? Il ne saurait avoir jamais un sort plus glorieux. Au reste, ce que vous me dites ne laisse pas que de me surprendre.
PIERROT
À regarder la chose d'un certain côté.
AIR : Oh ! vraiment.
Je ne vois rien dans cela. Qui doive paraître étrange, Et de cette façon-là Souvent Cupidon se venge. Oh vraiment nous en voyons bien Que l'Amour, comme lui, change. Oh ! Vraiment nous en voyons bien Que l'Amour réduit à rien.ISABELLE
AIR : Si la Belle.
Depuis l'instant de l'aventure, On le cherche, on ne le voit pas Une voix seulement murmure Et semble se plaindre tout bas.PIERROT
AIR : Du Confiteor.
En esprit Cléante changé A perdu l'humaine apparence Hélas ! Que j'en suis affligé ; Que deviendra ma récompense ? Il m'a promis son pesant d'or ; N'aurai-je pas un beau trésor ?La monnaie des Sylphes est bien légère.
CLÉANTE, caché
Hélas !
ISABELLE
Ah ! Grands Dieux je l'entends.
URANIE
Ceci mérite attention.
ISABELLE
Nous ne le verrons plus.
ISABELLE
Où vas-tu ?ISABELLE
Cléante a sans doute, Madame, quelque chose à vous dire ; j'abandonne la place.
PIERROT
Oui : ne troublons point le tête-à-tête.
SCÈNE VIII. Uranie, Cléante caché.
CLÉANTE
AIR : Les coeurs donnent troc pour troc.
Le changement que je reçois Ne peut nuire à ma flamme extrême ; Il me reste encore la voix, Pour vous dire que je vous aime.URANIE
Il me semble qu'à présent ces expressions sont cent fois plus délicates.
AIR : Quand le péril est agréable.
Console toi d'être invisible, Si de moi ton coeur est épris ; Pour tout ce qu'un appelle Esprits, Uranie est sensible.AIR : Amis, sans regretter.
Oui, dégagé d'un corps pesant, Cléante a de quoi plaire Tu sais m'inspirer à présent L'ardeur la plus sincère.CLÉANTE
Puis-je me flatter de devenir heureux dans l'état de disproportion où je suis ?
URANIE
Je te promets d'espérer ; mais on nous interrompt ; fâcheux contretemps !
SCÈNE IX. Uranie, Le Gascon.
LE GASCON
Bonjour à la charmante Uranie ; je suis parbleu, ravi de vous trouver seule Madame ; j'ai quelque chose à vous communiquer.
URANIE
Ah ! Que son aspect me choque !
LE GASCON
Il y a longtemps que je vous ai demandé Isabelle en mariage.
AIR : Oh ! Reguingué.
Contentez mon désir ardent, Faites son bien en l'accordant Aux voeux du plus fidèle amante : Elle est dûe au feu qui m'exctte, Et plus encore à mon mérite.URANIE
La proportion est absurde.
LE GASCON
Je ne crois pas franchement que vous trouviez beaucoup de partis plus avantageux pour elle.
AIR : Va-t-en voir.
De bons ducats tous les ans De mes biens proviennent ; Pour rendre mes voeux contents, Tous les jours je les attends.LE GASCON
Plait-il ?... Voilà l'utile et pour l'agréable j'en vaux bien, je pense, un autre.
AIR : On voit en ratisse.
Aimable, jeune et bienfait, En trois mots c'est mon portrait : Jamais dans la tendre lice, En vain mon coeur n'entrera.Lice : Fig. Il se dit en parlant de discussions publiques, soit de vive voix, soit par écrit, ou de contestations publiques. [L]
LE GASCON
Par la tandis ! Qu'est-ce donc que j'entends ? J'ai peine à comprendre ce que ceci veut dire... Mais, Madame... ?
AIR : C'est ce qui vous enrhume.
D'Isabelle enfin serai-je l'époux ? Le feu que m'inspire un objet si doux De plus en plus s'allume : Oui, je l'obtiendrai malgré les jaloux.CLÉANTE, caché
C'est ce qui vous enrhume.LE GASCON
Oh ! Pour le coup, ceci passe la raillerie : par la mort, je saurai quel est ces insolent.
URANIE
AIR : Mais.
Si je pouvais contenter votre envie, Ma nièce, à vous, pourrait bien être unie ; Mais Vous entendez un Génie Qui s'oppose à vos souhaits.LE GASCON
À d'autres, Madame ; je ne donne pas dans les chimères.
URANIE
Qu'appelez-vous chimère ?
LE GASCON
Je sais, Madame, comme je dois recevoir vos refus : mais ce n'est point avec le Marquis de Craquillac qu'il faut en agir de la sorte.
AIR : Oh ! que si.
Je crois qu'il n'est point ici De rival assez téméraire Pour irriter ma colère ?CLÉANTE
Oh ! que si.CLÉANTE
Oh ! Que nenni.LE GASCON
C'en est trop ; je crève, j'enrage et fut-ce le Diable, je le ferai capot.
SCÈNE X. Uranie, Cléante, caché.
URANIE
Enfin je puis donc, cher Invisible, me livrer à l'amour que tu m'inspires, et continuer un entretien dont j'ai senti la douceur ?
CLÉANTE
Oui, sublime Uranie ; le commerce épuré que je compte avoir avec vous désormais me ~acce extrêmement mais j'exige une chose de vous, à quoi je sais de bonne part que les Sylphes et les Génies ne s'opposeront point.
URANIE
Et quelle est-elle ?
CLÉANTE
De nous marier spirituellement ensemble.
URANIE
Nous marier !
On entend une symphonie vive.
AIR : Soit sait ainsi.
Non, le mot seul de mariage Offre à mes yeux une importune image. Quel bruit soudain vient frapper mes esprits ? Des Sylphes ce sont-là les cris. Ils souhaitent que je m'engage ; Soit fait ainsi qu'il est requis.On entend une symphonie douce.
Attendez... Cependant.
AIR : De la Baronne.
L'incertitude Suspend l'usage de mes sens : Il n'est point de tourment plus rude ; Garderai-je encore longtemps L'Incertitude ?La symphonie vive recommence.
Ce courroux est trop marqué ! Cléatce, nos âmes vont s'unir.
La symphonie douce recommence.
AIR.
Les doux accords que l'on entend Me sont un sûr présage De l'heureux destin qui m'attend Si cet hymen m'engage. C'en est fait je n'hésite plus, Et dans le moment je conclus.CLÉANTE
Je vois, Madame, descendre ici bas un Notaire Royal de l'Empire des Sylphes, qui vient, sans doute, vous offrir son ministère.
SCÈNE XI. Pierrot, en être aérien, Uranie, Cléante, toujours caché.
PIERROT
AIR : La cheminée du haut en bas.
Garde-note élémentaire, Je viens exprès sur la terre Finir votre célibat ; Prenez ceci, signez cela, la, la la, Engagez-vous par ce contrat.Garde-note : Qualité qui se joignait autrefois à celle de notaire. Notaire garde-note du roi au Châtelet de Paris. Aujourd'hui, dans le langage familier et par pure plaisanterie, notaire. Anciennement, titre d'office. Espèce de conseillers. [L]
URANIE
AIR : Attendez-moi sous l'orme.
Pour le rendre authentique, Je veux que mes parents, Et tout mon Domestique, Dans ce lieu soient présents.SCÈNE XII. Isabelle Pierrot, Uranie, Le Gascon, Cléante, toujours caché
URANIE
Suite de l'air précédent.
Que mon âme est contente Ils préviennent mes soins ; De ma gloire éclatante Soyez tous les témoins. Elle signe.PIERROT
Bon ! Uranie de Belveder. Voilà qui est en forme ; je suis votre serviteur... Ah ! J'oubliais le principal de ma commission ; le Génie...
URANIE
Eh ! Bien ?
PIERROT
AIR : Lere la.
Veut de vous un dernier effort Je sais que votre coffre fort Est plein d'une lourde matière, Songez à Vous en défaire, Lere la ; Laissez cela.La clef, Madame ; j'en serai gardien.
À part.
Elle a peine à mordre.
CLÉANTE, paraissant
Ce coquin met ici du sien, il passe mon ordre.
URANIE
AIR : Un petit moment.
Quel objet s'offre à mes yeux ! La substance est étendue. Si je ne suis de ces lieux, Je fuis... je suis perdue.CLÉANTE
AIR : Folies d'Espagne.
Votre froideur avait détruit mon être, Je puis, enfin, me flatter d'être aimé. Un tendre amant se sent toujours renaître Quand il obtient 1'objet qui l'a charmé.LE GASCON
Je sais quelle injure On vous a faite, et je jure Que vous en aurez raison. Par la mort ! Dans mon fier transport, Fussent-ils quarante, Je les diligente. Palsembleu ! Palsembleu ! L'on verra dans peu Beau jeu.CLÉANTE
Nous verrons.
LE GASCON
On m'a parlé d'un certain Cléante.
AIR : Les filles de Montpellier.
Montrez-moi ce faquin-là. Dans le courroux qui m'enflamme, Je l'immole sous cela.CLÉANTE
Le voici.LE GASCON, mettant l'épée à la main
Sortez ma lame. Haye ! haye ! haye ! Haye baye ! Madame, Madame, haye ! haye !ISABELLE
Nous allons vair un Gascon.
LE GASCON, se débattant
Cap de bious ; ce trait est noir ! Ce n'est pas, Diou me damne, le procédé d'un homme de c[oe]ur. Traître ! Attends. Laisse-moi, maudit Lutin ! Que l'enfer te confonde !
URANIE
Contre qui vous fâchez vous-là ?
LE GASCON
Contre un Esprit, un Diable, un enragé qui tient ma valeur en écharpe.
AIR : Ne m'entendez vous pas.
Ne l'entendez-vous pas ? C'est un Sylphe, sans doute, Qui des airs prit la route Pour m'arrêter le bras.CLÉANTE
Eh ! Bien, Monsieur de Craquillac.
LE GASCON
Vous êtes sur votre paille ; nous nous reverrons Madame, on nous trahit tous deux, consolons-nous ensemble venez dans mon domaine, par la sandis vous y serez à portée des Astres ! Le donjon de Craquillac touche l'Olympe.
PIERROT
Je le crois tous ses châteaux sont en l'air.
URANIE
Allons, mon cher ; allons.
LE GASCON
Je vais faire atteler mon vis-à-vis. N'oubliez pas, je vous prie, votre or et vos diamants. Vous pouvez laisser la grosse matière à ces indivisions terrestres.
URANIE
Je vous suis, pour m'éloigner à jamais d'un lieu...
SCÈNE XIII. Tourbillon, et les acteurs précédents.
TOURBILLON
Demeurez, Madame ; le Souverain des airs m'envoie pour vous en donner ordre et il viendra lui-même dans un moment le confirmer.
URANIE
Le Roi des Sylphes ! Puis-je me flatter de cette gloire ! Ma joie ne se peut contenir !
CLÉANTE à Isabelle
C'est un de mes amis qui a bien voulu se charger de ce personnage pour favoriser nos projets.
On prélude.
TOURBILLON
Cette symphonie nous annonce l'arrivée de mon maître.
URANIE
AIR : Ton humeur est Catherine.
Ah ! Que je me félicite ! Dieux quel bonheur est le mien, De recevoir la visite Du Monarque aérien !SCÈNE XIV. Le Roi des Sylphes, les acteurs précédents.
LE ROI DES SYLPHES
Suite de l'air.
Madame, pour vous la rendre Sans vous causer d'embarras, Ici près j'ai su descendre Mon nuage est à deux pas.Charmante Uranie soyez attentive à ma voix l'accueil favorable dont vous avez tantôt honoré la Sylphide ma parente, mérite une récompense. La voici.
Montrant Cléante.
URANIE
Pour moi, Seigneur, il me semble qu'Isabelle...
LE ROI DES SYLPHES
Je sais votre délicatesse, et j'y ai pourvu par le contrat que vous venez de signer.
AIR : Landerirette.
Nous l'avons conçu de façon Que, sans nul blâme, ce garçon, Landerirette, Avec vous deux peut être uni, Landeriri.URANIE
Quoi ! Seigneur, le même époux appartiendrait à la tante et à la nièce ! Cela est-il possible ?
LE ROI DES SYLPHES
Oui, et sans blesser les lois. Vous l'allez entendre. Notaire, lisez haut.
PIERROT, lisant
Par devant etc. furent présents en leurs personnes tels et : tels, etc. lesquels sont convenus de ce qui suit :
Primo.
Pour courtiser la tante et la nièce à leur guise, Il est dit qu'en deux parts Cléante se divise ; Ce partage saura prévenir tous discords. La tante aura l'esprit, et la nièce le corps.CLÉANTE
La décision est juste.
PIERROT
À l'effet de quoi il a été convenu : Que Cléante à la nièce donne Ce qui compose sa personne, Pour vivre avec ce jeune objet, Ainsi que l'hymen le perme[t].Se réservant ledit époux d'avoir pour la tante des sentiments purement spirituels, du respect, de l'estime de la reconnaissance. liaison d'esprit, commerce de lettres, communication d'idées, de système et autres témoignages de bienveillance.
CLÉANTE
Mon devoir et mon coeur sont d'accord sur cet article.
PIERROT
Secundo. En faveur dudit mariage et pour engager Isabelle à l'aimer fidèlement, ledit Cléante lui fait par le présent donation pleine et entière de tous ses biens meubles et immeubles, acquêts et conquêts.
ISABELLE
Je ne mérite point cette générosité.
PIERROT
AIR : De tous les Capucins du Monde.
Quant à la sublime Uranie, En faveur de son grand génie, On lui doit de certains égards. Elle aura, sans réserve aucune, Son douaire sur les brouillards, Et son préciput dans la Lune.LE ROI DES SYLPHES
Une hypothèque sur les nues : il n'y a point de saisie à craindre. Qu'en dites-vous, Madame ?
URANIE
Tout cela me paraît au mieux. Mais, encore une fois, rien de matériel. C'est une grâce que je demande à sa Majesté aérienne.
LE ROI DES SYLPHES
Vous serez contente. Notaire, lisez cet article à Madame.
PIERROT
Tertio. Le devoir et l'intention de Cléante étant de se rendre agréable aux deux épouses susnommées.
AIR : Quand le péril est agréable.
Pour avoir l'âme plus légère, Quand à la Céleste il ira, Chez la Terrestre il laissera Toute vapeur grossière ;Soins, inquiétude, souci du ménage, et ccetera.
CLÉANTE
Je le trouve charmant.ISABELLE
Comptez sur un tendre retour.Ensemble.
Puissent les doux plaisirs resserrant notre chaîne, Accorder l'Hymen et l'Amour.LE ROI DES SYLPHES
La célébration de votre hymen doit être précédée d'une fête. C'est une cérémonie que mes sujets ont toujours observée.
URANIE
Vos usages sont respectables pour vous.
LE ROI DES SYLPHES
AIR : Quand je bois de ce jus d'octobre.
Si les Danseurs et prêts, qu'ils viennent, Nous aimons ce peuple léger.DIVERTISSEMENT.
[CHANTEURS DU DIVERTISSEMENT]
MARCHE de Sylphes, de Zéphirs et de Tourbillons.
On danse.
AIR.
CANTATILLE.
Petits oiseaux, que votre sort est doux ! Et que mon coeur en est jaloux ! Votre élément flatteur est l'objet de mon zèle. Que n'ai-je en ce moment des ailes comme vous ? Vous me verriez voler où le plaisir m'appelle,On danse.
AIR LÉGER.
On danse.
Cantatille : Petite cantate. [L]
VAUDEVILLE.
Ce Vaudeville peut se chanter sur L'AIR : Un jour que j'avais mal dansé.
CHANTEURS DU VAUDEVILLE
518 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0