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un seul est le mot juste.

Tragédie en vers· Tragédie Nouvelle, en Cinq Actes

Alexandre

Francois-Louis de Salignac de La Mothe de Fénelon· imprimée en 1754· 5 actes· 1 366 vers· 14 personnages

Personnages

  • ALEXANDRE, Roi de Macédoine
  • SYSIGAMBIS, mère de Darius, Roi de Perse
  • STATIRA, fille aînée de Darius, prisonnière d'Alexandre
  • SITALCE, Prince de Thrace, un des Conjurés. Alexandre avait conquis les États de son père
  • NICANDRE, mari d'Ophis, parent de Darius. Ses états relevaient de la Perse, Prisonnier
  • OPHIS, femme de Nicandre, prisonnière aimée d'Alexandre
  • ÉPHESTION, Officier général, Favori d'Alexandre
  • PHILOTAS, Officier général, un des Conjurés
  • ZAMINTE, confidente de Sysigambis
  • ZONIME, confidente d'Ophis
  • UN CAPITAINE, des Gardes d'Alexandre
  • GARDES
  • UN SOLDAT, parlant
  • LES ENFANTS DE DARIUS, au nombre de deux, en bas âge
ANALYSE

L'Action principale de cette pièce est une Conjuration contre Alexandre. La Princesse, Ophis, dont ce Monarque est amoureux, entre innocemment dans ce complot, par la subtilité des Chefs de l'entreprise.

Les Conjurés ne pouvaient faire sûrement leur coup que chez elle , où Alexandre se rendait ordinairement tous les soirs accompagné seulement : d'Ephestion. Il s'agissait donc de la gagner ; mais ; persuadé qu'elle ne favoriserait jamais un tel attentat , ils lui font accroire qu'ils ont découvert une conjuration contre Alexandre, dont Éphestion est le chef. Ils la paient en même-temps de permettre qu'ils se rendent chez elle, si-tôt que le Roi y fera arrivé. C'est alors que ces scélérats, en feignant de venir découvrir cette prétendue conjuration voulaient exécuter là leur. La princesse qui avait toujours eu lieu de les croire honnêtes gens , et extrêmement attachés au Roi , donne dans le piège. Elle aurait même crû se rendre complice si elle eût hésité un moment à prendre le parti qu'on lui proposait. Peu de temps après elle envoie un billet aux Conjurés, par lequel elle leur marque de faire diligence, que le Monarque va venir la voir. Ce billet est intercepté , et tombe entre les mains d'Alexandre ; il se trouve équivoque étant conçu en ces termes :

Le Roi dans un moment va se rendre à ma tente, Suivez-le de bien près ; je suis impatiente De voir exécuter le projet convenu, Et qui par un délai peut être prévenu.

C'est en vain qu'Ophis veut se justifier devant Alexandre ; il l'accable de reproches, la fait arrêter, et ordonne qu'on lui fasse son procès.

Ce même jour , dans le cours duquel la conjuration devait avoir son effet, ce Roi est obligé de donner une bataille, qui est celle d'Arbelles, apprenant que Darius venait sur lui. La mère, la femme , les filles de ce Roi avaient été faite les prisonnières d'Alexandre à celle d'Iffus, elles sont par conséquent liées à son char. Le Prince Sitalce un des Conjurées à qui Alexandre vient de rendre ses États, le détermine à découvrir la conjuration. Voilà pourquoi le billet de la Princesse Ophis a été intercepté, parce qu'on avoir, l'oeil à tout, Sitalce fait connaître au Roi l'innocence de cette Princesse. Le monarque se repent de l'avoir outragée. Sur ces entrefaites, la Princesse Ophis retrouve parmi les prisonniers qu'on vient de faire le Roi Nicandre son époux, qu'elle croyait mort. Elle veut se sauver avec lui ; mais on les arrête, Alexandre qui l'apprend , juge par cette fuite que tentait Ophis, qu'elle est criminelle. Il entre dans une furieuse colère contre elle, et surtout contre le Prisonnier inconnu qui voulait la sauver, et il jure sa perte. Ophis à qui l'on apprend la résolution du Monarque se trouve dans un cruel embarras. Si elle cache que Nicandre est son époux, il ne peut éviter la mort, et si elle découvre ce qu'il lui est , elle a peur que le Roi ne l'immole à son amour. Mais comme il sait se vaincre lui-même, après quelques petits reproches qu'il fait à l'un et à l'autre, leur rend leur Royaume et les y renvoyé.

Le Prince Sitalce en proie à ses remords, et honteux du généreux procédé d'Alexandre , se poignarde devant Éphestion, qui en vient faire le récit. Il annonce en même temps le châtiment de Philotas et des autres complices.

Alexandre qui par rapport à l'intérêt des Grecs de qui il est allié , et qui l'ont nommé Général de leur Armée contre la Perse , ne pouvant rétablir la famille de Darius dans son premier état lui fait entendre qu'il en est fâché, et dit particulièrement à Statira que dans un temps plus favorable il saura concilier tous ces différents intérêts, et qu'il lui réserve un prix digne de ses vertus, voulant dire par-là qu'il l'épousera un jour comme il est arrivé suivant l'histoire.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Sitalce, Philotas.

SCÈNE II. Alexandre, Éphestion, Philotas.

SCÈNE III. Alexandre, Éphestion, Philotas, un capitaine des Gardes.

SCÈNE IV. Éphestion, Philotas.

SCÈNE V. Philotas, Sitalce.

SCÈNE VI. Philotas, Ophis, Zonime.

SCÈNE VII. Ophis, Zonime.

SCÈNE VIII. Sitalce, Ophis, Zonime.

SCÈNE IX.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Sysigambis, Ophis, Statira, Zaminte.

SCÈNE II. Sysigambis, Ophis, Sitalce, Statira, Zaminte, Zonime.

SCÈNE III. Sysigambis, Statira, Philotas, Zaminte.

SYSIGAMBIS

Qu'il entre.

SCÈNE IV. Sysigambis, Statira, Philotas, Zaminte, Un Soldat.

SCÈNE V. Sysigambis, Statira, Zaminte.

SCÈNE VI. Sysigambis, Statira, Éphestion, Zaminte.

SCÈNE VII. Alexandre, Sysigambis, Statira, Philotas, Éphestion, Zonime.

SCÈNE VIII. Alexandre, Éphestion, Philotas.

ALEXANDRE

Quelqu'un jusqu'à leur tente aurait pû pénétrer ; Sans leur ordre aurait-il osé se présenter ? C'est un temple sacré, séjour de l'innocence ; Tout doit le révérer jusques à ma puissance. Tout dans un camp vainqueur peut blesser leurs regards : Qu'une garde nombreuse y forme des remparts. Si de quelques exploits nous célébrons la gloire, Écartons de leurs yeux l'éclat de la victoire. Je dois tous ces égards à leur auguste rang, Eussent-elles des Grecs épuisé tout le sang. Mais non, elles ne sont que d'illustres victimes, Ayant part aux malheurs, sans en avoir aux crimes. Un sort si rigoureux a su toucher mon coeur, Jusques à dédaigner le titre de vainqueur. Je voudrais l'oublier, ô Ciel, s'il est possible ! À leur malheur présent qui ne serait sensible ? Donnons de la douceur à leur captivité, Si l'on peut en jouir dans la calamité. Que l'éclat des grandeurs toujours les environne, Ainsi qu'elles étaient ceintes de leur couronne. Offrez-leur ce respect, et les mêmes honneurs Qu'ici vous pourriez rendre à ma mère, à mes soeurs. Après tant de travaux présents à ma mémoire, Nous sommes parvenus au comblé de la gloire. Chacun en a sa part jusqu'au dernier soldat ; Je n'en prétends pas plus dans un jour de combat. Quel moyen de ravir celle qui vous est due ! Ma valeur sans la vôtre eût été superflue. Ayant toujours ensemble affronté le dangers Les fruits de nos exploits doivent se partager. Si la Perse par eux nous ouvre son Empire, Si son farouche orgueil sous ma puissance expire, Si l'Asie à genoux reçoit partout mes lois, Si je vois à ma fuite une foule de Rois ; J'ai trop payé l'honneur du progrès de mes armes, Par un sang qui me coûte aujourd'hui tant de larmes. Allons, amis, allons dans ce terrible jour, Voir ceux qu'un tendre soin peut rendre à mon amour ; Sachons si dans l'instant tout le monde s'empresse Auprès de ces blessés objets de ma tendresse. Allons que je me rende à l'instant en ces lieux : Que ces chers compagnons soient pansés sous mes yeux.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Alexandre, Ophis, Éphestion, Zonime.

SCÈNE II. Alexandre, Éphestion.

SCÈNE III. Sitalce, Alexandre, Éphestion.

SCÈNE IV. Alexandre, Sitalce, Éphestion, Philotas, un capitaine des Gardes.

SCÈNE V. Sitalce, Philotas, regardent partout.

PHILOTAS

À la gloire.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Sitalce, Ophis, Zonime.

SCÈNE VIII. Ophis, Nicandre, Zonime.

SCÈNE IX. Ophis, Statira, Zonime.

SCÈNE X. Ophis, Statira, Zonime, Zaminte.

SCÈNE XI. Ophis, Statira, Zaminte, Zonime, un capitaine des Gardes, gardes.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Sysigambis, Alexandre, Éphestion, Zaminte.

SCÈNE II. Alexandre, Éphestion.

SCÈNE III. Alexandre, Ophis, les fers aux mains, un capitaine des Gardes, Gardes.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Alexandre, Sitalce.

SITALCE

SEIGNEUR, je n'eusse osé m'offrir à votre vue. Si d'Ophis l'innoncence eût été reconnue, Jugeant sur l'apparence, on s'est souvent trompé : Dans notre noir complot elle n'a point trempé. En se joignant à nous, bien loin d'être coupable, Son dessein n'avait rien en lui que de louable ; Et c'est par l'intérêt qu'elle prend en vos jours, Qu'elle vouloir, Seigneur, nous prêter son secours. Pour la déterminer nous lui dîmes qu'un traître Vouloit ôter la vie et le sceptre à son maître : Que celui qui tramait la conspiration, ( Qui l'en eût cru capable ; ) était Ephestion. Ephestion, dit-elle, Ah ! que du parricide Ne vois-je en ce moment couler le sang perfide ! Courons sans différer en informer le Roi. Non, Madame, lui dit Philotas. Croyez-moi, Ne faisons point d'éclat ; la trame découverte, Du Monarque pourrait précipiter la perte. D'un parti trop nombreux redoutons le pouvoir : Craignons des scélérats armés du désespoir, Il faut une conduite en ceci plus prudente. Sitôt qu'avec le Roi ce soir en votre tente Le traître arrivera, vous nous introduirez. Alors d'Éphestion et de ses Conjurés Nous donnerons au Roi la liste criminelle, Surprise adroitement par un sujet fidèle. Vous verrez l'un et l'autre étrangement surpris. Le traître convaincu par ses propres écrits, À ces preuves troublé, que pourra-t-il répondre ? En agissant ainsi, nous allons le confondre. Dans le piège aisément nous la fîmes donner ; Mais avait-elle aussi lieu de nous soupçonner ?

SCÈNE VI. Alexandre, un capitaine des Gardes.

SCÈNE VII. Alexandre, Éphestion.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Alexandre, Sysigambis, Statira, Zaminte.

SCÈNE II. Sysigambis, Statira, Zaminte.

SCÈNE III. Ophis, Sysigambis, Statira, Zaminte, Zonime.

SYSIGAMBIS

Rien du tout.

STATIRA

Sa justice.

SCÈNE IV. Éphestion, Ophis, Statira, Zonime.

SCÈNE V. Ophis, Statira, Zonime.

SCÈNE VI. Alexandre, Sysigambis, Ophis, Statira, Nicandre, Éphestion, Zaminte, Zonime.

1 366 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica