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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Parodie en vers et en prose

L'Enfer Galant

Louis Fuzelier· imprimée en 1729· 382 vers· 10 personnages

Personnages

  • DIANE
  • PLUTON
  • ENDYMION
  • VÉNUS
  • MELPOMÈNE
  • HÉBÉ
  • BACCHUS
  • APOLLON
  • MARS
  • PAN

L'ENFER GALANT

SCÈNE I. Bacchus, Pan.

BACCHUS

Quoi, le dieu Pan ! Le dieu des forêts ne sait pas ce qui se passe ici dans le sein de son empire ?

PAN

C'est que depuis un mois ou deux je me trouve souvent à Paris.

BACCHUS

Quoi ! Vous ignorez encore que Pluton est amoureux dans ces bois ?

PAN

Pluton amoureux ! Cela ne lui sied pas, il ferait bien mieux d'aller chercher l'Indifférence à l'Opéra !

PAN

Eh ! Quelle est, s'il vous plaît, l'enchanteresse qui a métamorphosé Pluton si prodigieusement ?

BACCHUS

Vous ne le devineriez jamais : c'est la régulière Diane.

PAN

Comment le savez-vous ?

BACCHUS ;

La découverte de ce secret ne nous a pas beaucoup coûté : un faune curieux l'a surpris en rodant sous cet ombrage, ce faune l'a dit à Cérès, la maman Cérès n'a pas manqué de le rapporter à sa fille Proserpine qui a eu la discrétion de ne s'en plaindre qu'à Mercure dans le temps qu'il conduisait la dernière caravane des trépassés et Mercure à son retour n'en a fait confidence qu'à tous les dieux.

PAN

Cette nouvelle n'a pas dû les ennuyer, Pluton amoureux ! Je n'en reviens pas.

BACCHUS

AIR : J'en avons tant ri

Tout l'Olympe en est réjoui J'en avons tant ri

PAN

Ma foi Pluton pour ce coup-ci Mérite l'ellébore

Ellébore : Plante médicinale.

PAN

J'approuve vos bonnes intentions.

BACCHUS

Et pour les bien remplir presque tous les dieux se sont donné aujourd'hui un rendez-vous général sur le Mont Latmos ; nous savons que Pluton doit y chercher Diane, nous avons formé le dessein de les surprendre et de les régaler d'une espèce de charivari.

Mont Latmos : Montagne d'Asie Mineure, sur les confins de l'Ionie et de la Carie, près de la côte. Etait célèbre dans la mythologie par le visites que Diane venait y faire au berger Endymion. [B]

PAN

AIR : Landeriri.

Oh ! Que vous êtes pointilleux !

Est-ce que je n'ai pas de la voix ? Est-ce que Doris ne chante pas joliment ?

BACCHUS

Ma foi sans L'Avare amoureux. Landeritte Pan vous auriez en vérité Bien déchanté.

Avare amoureux (l') : Comédie en un acte et en prose de Jean du Mas d'Aigueberre (1692,1755), représentée pour le première fois le 6 juillet 1729 au théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain. Fait partie de Trois spectacles avec "Polyxène" et "Pan et Doris".

PAN

Vous ne vous connaissez pas qu'en gosiers de buveurs. Adieu, je vais chercher Doris, je veux qu'elle ait sa part dans la fête d'aujourd'hui.

SCÈNE II.

BACCHUS, seul

Ceci ne commence pas mal ; Pan se mêle de vouloir faire le goguenard

AIR : j'ai fait à ma maîtresse

On peut juger du reste Par cet échantillon. Je prévois, malepeste, Qu'il viendra sur ce mont Bien des dieux sans cervelle, Et de qui sans façon On peut dire la pelle Se moque du fourgon.

Exemplum ut talpa, j'aperçois la Muse de la tragédie.

Exemplum ut talpa : Citation de dictionnaire latin : Par exemple comme la taupe pour signifier qu'on prend un exemple parmi d'autres. Voir aussi La Fontaine Fable XUII, 1.

SCÈNE III. Bacchus, Melpomène.

BACCHUS

Eh bien ! Grave Melpomène, vous venez donc en cothurne à une partie bouffonne ? Mais...

AIR : Lon lan la deriri.

Comment gouvernez-vous Linus, Ce digne fils du blond Phébus ? D'une humeur si doucette, Je crois que cet amant chéri Doit être un bon mari !

Cothurne : C'est une espèce de soulier fort haut, ou une espèce de patin élevé sur des semelles de liège dont se servaient les anciens tragédiens sur le scène pour paraître de plus belle taille. Se dit figurément du style pompeux et tragique. [F]

MELPOMÈNE

Aussi l'est-il.

BACCHUS

Et bien lui en prend, car je ne vous trouve pas aisée à vivre ! Le pauvre Linus saurait bien qu'en dire.

AIR : le joli jeu d'amour.

Vous lui fîtes une avanie Sur le chapitre d'Uranie

BACCHUS

Vous êtes un peu trop prompte à soupçonner les bonnes gens.

MELPOMÈNE

Comment ? Je verrais de loin mon amant aux genoux d'une belle et ne soufflerais pas !

BACCHUS

Mais ! Ce que vous preniez pour un rendez-vous n'était qu'une consultation. Linus interrogeait Uranie sur votre mariage !

MELPOMÈNE

AIR : la bonne aventure ô gué

Il prenait là trop de soin !

BACCHUS

Au fond, vous n'avez pas absolument tort.

AIR : tu croyais en aimant Colette

Linus parlait d'astrologie Mais qui diantre devinerait Que seul avec fille jolie Des astres on s'entretiendrait ?

Uranie est la muse de l'Astrologie.

MELPOMÈNE

Oublions cela Je sens que ce discours rallumerait ma colère. Mais plus de querelle, je vais rejoindre mon tendre Linus qui s'est écarté un moment dans ce bois pour me composer une élégie.

BACCHUS

Une élégie !

AIR : Aïe ! Aïe ! Aïe ! Jeannette

Par vous en fut-il prié ? Son refus devrait vous plaire ! Lorsqu'un nouveau marié S'amuse à rimer ma chère Aïe, aïe, aïe Il pourrait mieux faire Ma chère, aïe, aïe, aïe.

Elegie : Espèce de poésie qui s'emploie dans les sujets tristes et plaintifs. [F]

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Bacchus, Apollon, Hébé.

BACCHUS

À propos de poètes, voici leur beau directeur, d'où vient que la jeune Hébé l'accompagne ?

APOLLON

Elle m'a prié de la conduire dans ce bois ; il est question de turlupiner un vieux galant, ceci est de sa compétence

BACCHUS

Passe pour vous, folâtre Hébé, mais Apollon ne devrait pas46, lui, être si enclin à dauber sur les amants malheureux ; ne se souvient-il déjà plus de Daphné et de Coronis ?

AIR : Ton humeur est Cateraine.

Jamais il n'a fait fortune Dans l'empire de Vénus.

Dauber : signifie figurément, Médire de quelqu'un, le railler en son absence. [F]

APOLLON

Non assurément je ne prétends pas cela. Je conviens que tout cède aujourd'hui à Pluton en fait de galanterie.

AIR : on n'aime point dans nos forêts.

En aimant Diane il surprend, Sur les sentiments il raffine.

HÉBÉ

Oh ! Qu'il était bien différent Quand il enleva Proserpine ! C'était un amant très mal né, Il s'est depuis façonné

Venez blond Phébus, il me tarde de voir Pluton faire l'amour en berger, cela doit être drôle.

SCÈNE VI. Bacchus, Vénus.

BACCHUS

La petite a raison, il est temps que j'aille me cacher dans les bois ainsi que font tous les dieux qui s'y rendent Mais quelle est cette venue ? Eh ! C'est Vénus en grand deuil ! Ceci mérite attention.

À Vénus.

Bonjour aimable souveraine de Paphos . Êtes-vous en noir par affliction ou par coquetterie ?

VÉNUS

Hélas !

BACCHUS

Eh ! Tant mieux, vous aurez le temps de vous retourner !

VÉNUS

Perfide Mars, quelle indignité ! Avoir fait tuer par un vilain sanglier un des plus jolis hommes du monde.

VÉNUS

Eh ! L'on ne l'oubliera jamais Et j'en ferai les frais.

Oui, je vais instituer des jeux funèbres en l'honneur d'Adonis qui seront célébrés dans la Grèce, dans l'Egypte, dans la Syrie.

BACCHUS

En attendant ces anniversaires-là

AIR : Amis sans regretter Paris

Mettez, pour augmenter encor Vos pompes douloureuses, Les Grâces en ras de Saint-Maur Et l'Amour en pleureuses.

VÉNUS

Ce qui me pique le plus, c'est que cette funeste mort est l'ouvrage de mon imprudence. Je savais que Mars venait pour me surprendre clandestinement avec son rival.

AIR : ces filles sont si sottes

Ah ! Je devais plus promptement Envoyer chasser mon amant Le congédier brusquement. Mais quand on nous cajole Nous perdons bientôt le jugement. Une femme est si folle Vraiment Une femme est si folle.

BACCHUS

Il le faut avouer, le retardement d'Adonis n'était pas trop sage et ses chasseurs n'étaient pas plus raisonnables que lui, de s'amuser à danser quand ils avaient un sanglier furieux à courir. Avaient-ils peur de n'être pas assez fatigués ?

AIR des sept sauts.

Il faut qu'Adonis soit en délire, Ce qu'il fait peut-il se concevoir ? Mortel qu'un dieu veut occire Doit-il s'amuser à voir

Il saute.

Un saut, deux sauts, trois sauts, quatre sauts, cinq sauts, six sauts ?

VÉNUS, riant

Halte-là, Bacchus, vous me feriez étouffer de rire.

AIR : je ne suis né ni roi ni prince.

Votre danse est par trop comique

VÉNUS

C'est une inattention qui est échappée à mon désespoir.

BACCHUS

Les veuves sont fort sujettes à ces inattentions-là ; mais où vous conduit à présent votre désespoir inattentif ?

VÉNUS

Je viens sur le mont Latmos chercher à me dissiper un peu, il faut bien suivre le torrent.

SCÈNE VII. Bacchus, Mars.

BACCHUS, seul

Je sais que Mars est admirable pour consoler les belles affligées Eh ! Le voilà ! D'abord, le torrent opère.

BACCHUS, ironiquement

Rien n'est égal à sa tristesse

SCÈNE VIII. Bacchus, Pluton.

BACCHUS

Mars se tire d'affaire en petit-maître. Sans doute le monarque des enfers n'est pas encore ici. Allons prendre notre poste avant qu'il arrive. Morbleu le voici, il m'a aperçu, je ne peux me dispenser de le saluer.

À Pluton.

AIR : Lon la

Pluton sans bruit infernal ! Que vous vous annoncez mal ! Quoi tranquillement.

Petit maître : Fig. et familièrement. Petit-maître, jeune homme qui a de la recherche dans sa parure, et un ton avantageux avec les femmes. [L]

BACCHUS

Que vous quittez docilement dès qu'elle vous congédie.

AIR de Julien l'hospitalier.

Vous faites gémir les campagnes Vous faites mugir les montagnes Et puis aussi doux qu'un mouton Vous endurez tout sans vergogne. On dira ma foi que Pluton Fait plus de bruit que de besogne.

Adieu beau ténébreux, je ne veux pas vous gêner.

À part.

Allons informer les dieux de l'arrivée de Pluton, ils comptaient d'en être avertis par un tremblement de terre ; ce petit signal leur a manqué, c'est à moi d'y suppléer.

SCÈNE IX.

PLUTON, seul

Enfin le mont Latmos est paisible, je ne rencontre plus de bergers téméraires qui osent y chanter des airs nouveaux pendant que Diane s'y promène.

AIR : Ô gué lon la bergère

Ils me cèdent la place, Et sans souffler, D'abord qu'ils ont l'audace d'y flageoler. Diane se plaît fort vraiment A les voir jouer de leur instrument ! Oh ma foi ! Je les chasse Bien promptement.

Elle vient cette déesse de mauvais exemple qui s'avise d'être prude quand la mode en est passée dès le déluge !

Mont Latmos : Montagne d'Asie Mineure, sur les confins de l'Ioni et de la Carie, près de la côte, entre Millet et Héraclée, était célèbre dans la mythologie par les visites que Diane venait y faire au berger Endymion.

FLageoler : Jouer du flageolet qui est une petite flûte.

SCÈNE X. Pluton, Diane, boudant.

PLUTON

Vous m'avez cette obligation-là, j'ai écanillé tous ces bergers chantants qui vous étourdissaient.

Ecaniller : Eveiller, exciter.

DIANE

AIR : De quoi vous plaignez-vous

De quoi vous mêlez-vous D'épouvanter leurs musettes ?

PLUTON

AIR : Eh zon, zon, zon, Lisette.

Si Diane souffrait L'amour sous ces ombrages Mon coeur me conduirait Toujours dans ce bocage.

Riant.

Et zon zon zon.

Sérieux.

Mais Diane est trop sage Et zon zon zon C'est un petit Caton.

Caton [-234 - -149] : surnommé l'Ancien ou le Censeur, romain célèbre par ses vertus, né à Tusculum, l'an 234 av. J.-C. d'une famille obscure. Il mourut l'an 149 après J.-C. à 85 ans. Censeur, il exerça ses fonctions avec une sévérité qui passa en proverbe.

DIANE

Que vous sert de m'aimer ?

PLUTON

La belle demande !

DIANE

AIR : Ô Reguingué.

Oui car je n'aimerai jamais.

DIANE, ironiquement

Comment donc ? Je ne vous reconnais plus.

AIR : Branle de Metz.

Ce style galant et rare Est-il du dieu des enfers ? Vous ferez bientôt des vers Sous les cyprès du Tenare89

DIANE

Je conviendrai que Pluton Ne fut jamais si mignon.

Oh çà ! J'ai affaire au ciel et vous en enfer !

Ce n'est pas tout à fait le même chemin, quittons-nous sans cérémonie.

PLUTON

Oh ! Je ne vous laisserai pas là toute seule !

DIANE

Vous avez une fureur de politesse qui assomme ! On ne saurait sortir de chez vous que vous ne fassiez atteler votre char et que vous ne vous campiez vous-même dedans pour ramener...

Bas.

des gens qui ne vous tiennent pas grand compte de vos honnêtetés.

PLUTON, à part

Je n'ai garde de faire une... pareille sortie... Demeurons plutôt pour examiner la conduite de Diane, son empressement à me chasser doit m'être suspect.

AIR : J'ai fait à ma maîtresse

Cachons-nous pour apprendre Ce qu'elle deviendra.

Il sort.

DIANE, seule

Le sot va redescendre Sur son char sonica.

Riant.

Ah ! Pour faire une scène Toujours le pied en l'air, Ce n'était pas la peine De sortir de l'enfer.

Mais Endymion se montre à mes yeux ! Qu'il paraît inquiet ! Il n'ose m'aborder, il est un peu honteux, il a besoin qu'on le mette en train.

Sonica : À point nommé, justement, précisément. [F]

SCÈNE XI. Diane, Endymion.

ENDYMION

Ah déesse, laissez-moi mon secret !

AIR : Tique tique taque lon lan la.

N'allez pas me l'arracher. On ne saurait trop cacher Un amour trop téméraire.

Lazzi du bâtonnement.

Tique tique taque et lon lan la, L'amant ne peut trop se taire Quand il en est logé là.

DIANE

Ne craignez rien.

AIR : Pierre Bagnolet

Quel est ce feu qui vous anime ? Il ne paraît pas fort pressant. Parlez.

ENDYMION

Oh ! Je devine l'enclouure !

Enclouure : Terme de vétérinaire. Blessure d'un cheval qui s'est encloué. Fig. Empêchement, noeud d'une difficulté. [L]

DIANE

Enfin vous y êtes ; oui, c'est un mortel qui me charme.

AIR de la serrure.

Au dieu du ténébreux empire Je le préfère.

ENDYMION, à part

Aveu maudit.

Comment nommez-vous ce fortuné là ?

Eh bien ?

DIANE

Il faut tout vous dire à vous ! Il faut tout vous dire !

N'approchez pas de ce bocage, plaisirs indiscrets et causeurs ! Restez à Paris, et vous qui savez parfaitement bien vous taire, venez bergers, accourez troupe prudente.

AIR : Flon flon.

Soyez ma confidente Et célébrez mon choix, Ici Diane chante Pour la première fois

AIR : tout comme il vous plaira

Tout comme il vous plaira, Larira Tout comme il vous plaira.

ENDYMION, inquiet

Ouais, les bergers ne viennent pas.

DIANE

Nous nous en passerons bien.

AIR : Fi donc Julien.

Il me suffit de mon berger

DIANE

Endymion ! Songez-y donc ! Est-ce que cela se demande ?

Serez-vous toujours aussi neuf ?

SCÈNE XII. Diane, Endymion, tous les Dieux.

DIANE

Vous n'avez que trop bien deviné. J'aperçois dans le bois votre rival qui fulmine et tous les dieux qui se moquent de lui. Hélas, je vais avoir mon tour.

CHOEUR DES DIEUX, qui arrivent formant un branle avec Pluton qu'ils entraînent malgré lui, ils environnent Diane et Endymion en chantant

Endymion. Songez-y donc Est-ce que cela se demande ?

Pluton se débarrasse des dieux qui l'arrêtaient. Diane et Endymion entourés tâchent de s'échapper.

PLUTON, à Diane

Je vous prends donc sur le fait, Madame la sévère.

AIR : Tu croyais en aimant Colette.

Vous faisiez la prude, déesse ? Vous faisiez la Lucrèce, enfin ?

BACCHUS, retournant Endymion qui s'était toujours caché avec son chapeau

Sachons du moins quel dieu est le galant de notre chère soeur. Quelle chute ! Ce n'est qu'un simple berger !

ENDYMION, tremblant

Fort à votre service.

APOLLON

L'effronté ! Avoir perverti ma chaste jumelle ! Ceci mérite un châtiment exemplaire !

ENDYMION

AIR : des fraises.

Ah ! Messieurs les dieux, pardon !

BACCHUS

Oh ça ! Pluton, vous êtes juge et partie dans cette affaire-ci ; voyons un peu ce que vous ferez de votre criminel !

PLUTON

Moi ? Je ne prétends rien innover ; je me copierai sur l'arrêt rendu par mon frère Jupiter en cas pareil ; vous devez vous souvenir tous que ce même Endymion a eu jadis l'audace de s'attaquer à la reine des cieux et que son époux condamna le téméraire à un sommeil de plusieurs années, je lui impose encore ce supplice.

ENDYMION

Miséricorde !

DIANE

Quelle barbarie !

VÉNUS

En vérité, Pluton, vous êtes trop cruel !

PLUTON

En vérité, Vénus, vous ne l'êtes pas assez !

VÉNUS, à Diane

AIR : Va t'en voir s'ils viennent Jean.

Chère Diane aujourd'hui Vous faites des vôtres ! Vénus prend votre parti !

PLUTON

Vous allez voir le cas que je fais de votre protection ! Holà suivant de Morphée !

Il arrive deux songes.

Emparez-vous de ce galant et endormez-le très profondément pour deux ou trois siècles, car il n'est que trop éveillé.

HÉBÉ à Endymion qui baille

J'endors le petit Mon fils, J'endors le petit.

DIANE, tiraillant Endymion

AIR : Bonsoir la compagnie.

Remuez-vous, Endymion ? La...

ENDYMION, baillant

C'en est fait ma mie !

DIANE, désespérée tenant Endymion

Le voilà dans un engourdissement épouvantable.

AIR

Adieu paniers [vendanges sont faites] Que ferai-je dans ces retraites, Sans mon berger, Sans mes amours ? Hélas ! Il dormira toujours. Adieu Paniers, Vendanges sont faites.

Les suivants de Morphée emportent Endymion endormi, Diane désespérée le suit, et tous les dieux lui font cortège en chantant.

382 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0