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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Proverbe en prose· Drame

L'Epreuve

Charles-Georges-Thomas Garnier· imprimée en 1785· 5 personnages

Personnages

  • DAMON père
  • DAMON fils, amant de Lucile
  • ORONTE
  • LUCILE, fille d'Oronte
  • LA BRANCHE, valet de Damon fils

L'ÉPREUVE.

Le Théâtre représente un appartement de la maison de Damon père.

SCÈNE PREMIÈRE. Damon fils, La Branche.

Damon fils entre le premier, il est en habit de chasse ; la Branche le suit portant deux fusils. Damon est plongé dans la plus profonde rêverie et fait plusieurs tours sur le théâtre sans rien dire.

LA BRANCHE

Monsieur, voilà votre fusil.

DAMON fils, brusquement

Mon fusil ; pourquoi faire ? Qui te l'a demandé ?

LA BRANCHE

Vous, monsieur, à l'instant.

DAMON fils

Moi ? Je t'ai demandé mon fusil ?

LA BRANCHE

Oui, Monsieur ; dès le matin vous m'avez réveillé pour une partie de chasse...

DAMON fils, le regarde et revient à soi

Tu as raison, donne ; va-t-en.

Il retombe dans sa rêverie.

LA BRANCHE

Monsieur ?

DAMON fils

Va-t-en, te dis-je.

LA BRANCHE

Mais, monsieur ; au moins faut-il que je sache de quel côté vous chasserez aujourd'hui.

DAMON fils, toujours rêveur

Eh ! Que t'importe ; va toujours.

LA BRANCHE, riant

Comment, Monsieur, que m'importe ?

DAMON fils, à part

Je ne fais où je suis, ni ce que je dis, ni ce que je fais.

Haut.

Va m'attendre aux environs de ce grand bois où nous chassâmes hier.

La Branche sort.

SCÈNE II.

DAMON fils, seul

Quel état cruel ? Juste Ciel, aide-moi à calmer les transports qui m'animent. J'ai méprisé jusqu'à présent les coups redoublés dont la fortune n'a cesse d'accabler ma malheureuse famille ; mais depuis que j'ai vu l'aimable Lucile, depuis que je fais que le plus avare des hommes met à prix la possession de cette fille adorable ; Dieux, que ne ferais-je pas pour sortir de la situation où je fuis ? Ah, malheureux Damon !

SCÈNE III. Damon père, Damon fils.

DAMON père, surprenant son fils

Mon fils...

DAMON fils, embarrassé

Mon père !

DAMON PÈRE

Vous me paraissez bien agité.

DAMON FILS

Mon père... Non pas autrement... J'ai peu dormi cette nuit...

DAMON PÈRE

L'ardeur de la chasse vous transporte ; vous parliez seul à l'instant.

DAMON FILS

Mon père, il est vrai ; la chasse...

DAMON PÈRE

La chasse est un divertissement honnête ; mais, mon fils, ce n'ewt qu'un divertissement qui ne doit pas vous occuper tout entier, et devenir chez vous une passion. Comme vous voilà agité ! Que les hommes sont ingénieux à se tourmenter !

DAMON FILS

Mon père, j'envie votre sang-froid et votre tranquillité.

DAMON PÈRE

Et vous avez raison. Il n'est point d'état plus heureux.

DAMON FILS

Je le crois, mon père ; mais c'est un bonheur qui n'est pas fait pour moi.

DAMON PÈRE

Vous vous abusez, mon fils ; il ne s'agit que de savoir résister à l'attrait du plaisir. On se précipite dans un abîme de maux pour courir après je ne fais quelle séduisante image de volupté... Tiens, cette maison, ce potager, ce verger, cet enclos qui suffifsnt à mes besoins, malgré leur petitesse, bornent tous mes voeux : je les préfère aux palais que j'habitais dans ma jeunesse. - Si tu pensais comme moi, mon fils, je t'apprendrais sans crainte une nouvelle.

DAMON FILS

Mon père...

DAMON PÈRE

Les richesses ne te tourneraient-elles point la tête ?

DAMON FILS

Comment, mon père !

DAMON PÈRE

Oui, si la fortune se montrait moins sévère, n'oublierais-tu pas bientôt les vertus de la médiocrité ?

DAMON FILS

Ah ! Mon père apprenez-moi... de grâce... je vous en conjure.

DAMON PÈRE

Quelle vivacité ! J'aurais dû me taire ; mais puisque je me suis si imprudemment avancé, apprenez donc qu'un nouveau coup du sort nous remet à la place d'où nous étions tombés. Votre oncle est mort à Pondichery, et vous laisse sa fortune, qui se monte à plus de cent mille écus.

DAMON fils, avec transport

Juste Ciel ! Quel heureux événement !

DAMON PÈRE

Voilà une joie bien vive. Mon fils, cet attachement excessif aux richesses vous perd à mes yeux.

DAMON FILS

Mon père, pardonnez-moi... mais est-il bien vrai ?

DAMON PÈRE

Trop vrai pour votre malheur et pour le mien. Lorsqu'on attache aussi fortement son bonheur aux biens de la fortune, on est prêt à tout faire pour les acquérir, et à tout perdre pour les conserver.

DAMON FILS

Mon père ; ne m'humiliez pas davantage, je suis plus digne de vous que vous ne pensez. Vous savez combien j'aime Lucile, vous avez agréé mon amour ; vous n'ignorez pas ce qui m'a fait essuyer le plus cruel des refus. Ah, mon père, pouvez-vous ne pas excuser mes transports ?

DAMON PÈRE

Oh ! Tu es actuellement dans le cas de faire désirer cet établissement au bonhomme Oronte.

DAMON FILS

Permettez que j'y coure, mon père ; je vole lui annoncer...

DAMON PÈRE

Qu'allez-vous faire ? Quoi ! Après les plus insultants refus !

DAMON FILS

Ah, mon père, oublions tout.

DAMON PÈRE

Quel aveuglement !

SCÈNE IV.

DAMON père, seul

Est-il possible de prodiguer ainsi à de viles passions des emportements réservés pour la vertu. Ô mon fils ! Rendrais-tu inutiles les soins que je prends depuis vingt ans pour former ton jeune coeur ; es-tu digne encore d'entendre la voix de l'honneur ? Je te prépare une épreuve terrible ; si tu succombes, je suis le plus malheureux des pères.

SCÈNE V. Damon père, Oronte.

ORONTE, accourant les bras ouverts

Ah, bonjour, mon vieil ami, mon cher voisin. Que j'ai de plaisir à vous embrasser.

DAMON père, froidement

Je suis votre serviteur.

ORONTE

Eh bien, qu'est-ce ? Vous êtes bien joyeux, n'est-ce pas ? Comme j'ai pris part à votre bonheur ! Ma foi, vous avez en moi un véritable ami.

DAMON PÈRE

Je vous suis obligé.

ORONTE

Comment ; quel air froid ! Est-ce que vous ne me reconnaissez pas ? C'est Oronte, votre meilleur ami, qui vous parle.

DAMON PÈRE

Vous me surprenez, Monfieur ; je fuis ce même homme, à qui vous fîtes refuser l'entrée de votre maison il y a quelques jours.

ORONTE

Qui, moi ? À mon ami Damon ? Qui sont les impertinents...

DAMON PÈRE

Ne vous fâchez pas, et n'accusez personne ; c'est vous-même qui prîtes à insulte la proposition que je vous fis de marier mon fils à Lucile.

ORONTE, éclatant de rire

Ah, ah, ah ; cette bagatelle-là vous occupe. Eh, mon cher ami, point de rancune. Je fuis vif, emporté ; cette sotte de Lucile me faisait tourner la tête avec ses visions de couvent et de célibat... Morbleu, que j'étais fâché ! Mais, entre nous, je crois que votre égrillard de fils lui a fait changer ses résolutions.

DAMON PÈRE

Comment ?

ORONTE

Oui, parbleu ; la petite en tient. Je ne m'en serais jamais douté... Ces filles font d'une dissimulation ; mais je suis un fin compère... Oh, je suis d'une joie... Touchez là, mon vieil ami, j'accepte votre fils pour gendre.

DAMON PÈRE

J'ai tout lieu d'être surpris, après l'accueil...

ORONTE

Eh ! Que diable, vous en revenez toujours là. Je vous l'ai déjà dit : d'un côté, Lucile me paraissait avoir un éloignement invincible pour le mariage ; d'un autre côté, je me voyais proposer un aimable jeune homme, vif, bien planté, le fils de mon meilleur ami... Morbleu, que j'étais impatienté !

DAMON père, fouriant

Et puis les cent mille écus dont mon fils vient d'hériter.

ORONTE

Ah, mon ami, que dites- vous là ? Se peut-il que vous me connaissiez si peu. La fortune est pour moi peu de chose. Je ne songe qu'au bonheur de ma Lucile, cette chère enfant que j'aime de tout mon coeur. Votre fils est bien né, ils s'aiment, que faut-il davantage ? Vous êtes bien injuste, mon ami ; eh bien, tenez, je suis meilleur ami que vous, je parierais que quand je ne pourrais donner à ma Lucile qu'un bien médiocre, vous ne vous prêteriez pas à ce mariage avec moins de joie. Est-ce bien penser de ses amis cela ?

DAMON PÈRE

Je vous suis bien obligé, vous me rendez justice. Ainsi donc la fortune n'entre pour rien dans votre résolution ?

ORONTE

Non, parbleu ; je ne consulte que ma tendresse pour ma fille...

DAMON PÈRE

Je me plais à vous voir dans ces généreux sentiments.

ORONTE, intrigué

En doutez-vous, mon ami. Mais pourquoi ces réflexions ?

DAMON père

C'est que je suis enchanté. Vous rassurez mon coeur alarmé, et je ne crains plus de vous apprendre que...

ORONTE, l'interrompt avec vivacité

Comment, est-ce que votre frère de Pondichery ne serait pas mort ?

DAMON PÈRE

Non pas cela ; mais....

ORONTE

Ah, je conçois ; il aura déshérité votre fils.

DAMON PÈRE

Point du tout, daignez m'entendre.

ORONTE

Morbleu ! Vous verrez qu'il ne s'est rien trouvé après sa mort.

DAMON PÈRE

Pardonnez-moi, on a trouvé cent mille écus en or dans ses coffres ; mais...

ORONTE, avec brusquerie

Mais, quoi, mais ; expliquez donc ce mais.

DAMON PÈRE

Quel homme ! Laissez-moi parler, je vous l'expliquerai ; ces cent mille écus n'appartenaient point à mon frère ; c'était un dépôt qu'on lui a voit confié.

ORONTE, consterné

Un dépôt !

DAMON père

Hélas, oui ; il nous en instruit lui-même par un écrit que l'on a trouvé dans ses papiers et que j'ai entre les mains.

ORONTE

Et que comptez-vous faire de ce bel écrit ?

DAMON PÈRE

Je pourrais le supprimer ; mais l'honneur, mon cher Monsieur Oronte, l'honneur me fait un devoir de le rendre public.

ORONTE, avec un soupir

L'honneur, oui ; c'est une belle chose que l'honneur.

DAMON PÈRE

Après les beaux sentiments que vous venez de faire paraître, je ne doute point que vous ne pensiez comme moi, et que vous n'approuviez la résolution que j'ai prise de restituer cette somme à ses légitimes maîtres. Cela ne vous empêchera pas de donner les mains au bonheur de nos enfants ; quelques médiocres que soient leurs biens, ils leur suffiront, s'ils savent s'en contenter. Mais fussent-ils dans la plus cruelle indigence, je ne voudrais pas les en tirer par une injustice.

ORONTE, qui a paru rêveur pendant cette tirade, dit brusquement

Serviteur, serviteur.

Il sort.

SCÈNE VI. Damon père, Damon fils, Lucile.

DAMON fils

Souffrez, mon père, que je vous présente Lucile ; son père consent à notre union ; je fuis le plus heureux des hommes.

DAMON PÈRE

Mon fils, modérez ces transports ; il y a bien du changement.

DAMON FILS

Ah ciel , que dites-vous !

LUCILE

Quel nouveau malheur nous menace ?

DAMON père, tirant un papier

Tenez, lisez.

DAMON fils, prend le papier et le parcourt

Tout est perdu !

LUCILE

Ah, Damon !

DAMON FILS

Aimable Lucile, je vous perds une seconde fois ; hélas ! Mon bonheur n'a été qu'un songe.

DAMON PÈRE

Mes chers enfants, votre douleur me perce l'âme.

DAMON fils

Ah ! Si par un heureux retour ; mais le plus dur des hommes n'y consentira jamais. Pardon, belle Lucile, c'est votre père.

LUCILE

Oui, Damon, je dois lui obéir, et me taire.

DAMON FILS

Malheureux que je fuis ! Mais peut-être ignore-t-il... Oui, sans doute... Ah ! Mon père, si vous vouliez.

DAMON PÈRE

Quoi ! Mon fils.

DAMON FILS

Pardonnez à mes transports, mon père ; excusez mon amour. Monsieur Oronte fait ma fortune ; il n'est pas instruit de ce fatal revers... Profitons de cette erreur... Mais je m'égare, mon père, je lis dans vos yeux ma faute.

DAMON père, froidement

Consultez-vous bien, mon fils, quant à moi, je n'ai rien à vous dire.

DAMON FILS

Eh ! Quel crime de tromper son insatiable avarice, d'éviter d'en devenir la victime ? N'a-t-il pas consenti à notre bonheur ?

DAMON PÈRE

C'est donc là votre avis, mon fils.

DAMON FILS

Oui, mon père ; si c'est le vôtre.

DAMON PÈRE

J'en suis fâché ; mais un obstacle s'oppose à ce beau projet : je quitte Monsieur Oronte ; il sait tout.

DAMON fils

Ah, je suis perdu !

SCENE VII et dernière. Damon père, Damon fils, Lucile, Oronte.

ORONTE

Je vous trouve tous rassemblés fort à propos. Oh ça, mon vieil ami, je vous ai quitté tantôt un peu brusquement, n'est-il pas vrai ? Mais passons, j'avais de bonnes raisons pour cela.

DAMON PÈRE

Je les soupçonne.

ORONTE

Vous pouvez bien ne vous pas tromper. Au lieu de perdre le temps, ainsi que vous, en de vaines lamentations, j'ai fait quelques réflexions dont je vais vous dire le résultat.

DAMON PÈRE

Voyons.

ORONTE

Écoutez-moi, je vous préviens d'abord que sans biens on n'aura pas ma fille ; je voulais un gendre riche de cent mille écus ; mais je vous passe à cinquante ; voilà ce qui s'appelle être raisonnable cela.

DAMON PÈRE

Et où voulez- vous que je les prenne ?

ORONTE

Patience ; laissez-moi faire ; mais il faudra en passer par tout ce que je dirai.

DAMON PÈRE

Nous verrons.

ORONTE, à Damon fils

J'examine que d'un côté, votre oncle vous fait son légataire universel ; il vous laisse ses meubles et son argent comptant ; il se trouve dans ses coffres cent mille écus en or ; donc ces cent mille écus vous appartiennent.

DAMON père, souriant

Voilà un fort beau raisonnement ; mais le dépôt.

ORONTE

Bon ! Ce dépôt, il n'en reste aucune trace que ce petit morceau de papier qu'on peut mettre au feu.

DAMON PÈRE

L'expédient est merveilleux. Votre avis serait donc, Monsieur, de vous approprier cet or et d'en dépouiller les légitimes propriétaires.

ORONTE

Non pas, morbleu, non pas ; vous ne connaissez pas Oronte. L'honneur, la probité ! Eh, je crois que nous en avons au tant qu'un autre. Je disais donc que d'un autre côté, il fallait rendre quelque justice aux propriétaires du dépôt ; ainsi on peut leur donner cinquante mille écus, et les autres cinquante mille écus demeureront à mon gendre pour lui tenir lieu du legs et lui faire épouser ma fille. Eh bien ! Que dites-vous de cet arrangement-là ? Hein.

DAMON PÈRE

Vous me voyez interdit d'admiration et d'étonnement.

ORONTE

Je le savais bien, moi, que je vous surprendrais.

DAMON PÈRE

Oh, on ne peut pas davantage.

ORONTE

Eh bien, vous approuvez mon projet, n'est-il pas vrai ? Répondez donc.

DAMON PÈRE

Je ne puis rien vous dire, interrogez mon fils.

ORONTE

Qui ? Mon gendre futur ; oh, je réponds de lui.

DAMON PÈRE

Non, monsieur, cette affaire-ci le regarde, il faut qu'il s'explique.

DAMON fils, paraît dans le plus grand accablement

Doutez-vous de ma réponse, mon père ; je préfère de mériter la charmante Lucile, au bonheur de la posséder.

LUCILE

Ah ! Damon , cet aveu m'enchante , il m'arrache celui de vous assurer que fi Lucile ne peut être à vous, elle renonce éternellement à tout autre.

ORONTE

Ouais , que veut donc dire ceci ? Et quel rôle me fait-on jouer ?

DAMON PÈRE

Celui que vous méritez, mon cher Monsieur Oronte ; pouvez-vous vous laisser aveugler ainsi par votre avarice ?

ORONTE, furieux

Allez, vous êtes un vieux fou.

À Lucile.

Et vous, Mademoiselle l'impertinente, je vous défends de jamais penser à ce jeune sot. Partons.

DAMON père

Arrêtez, un moment, je suis peu ému de vos injures ; mais avant que de sortir, je veux vous faire une nouvelle confidence qui vous plaira plus que la première. Ce dépôt est un jeu de mon imagination ; j'ai effectivement chez moi les cent mille écus pour marier mon fils à Lucile.

ORONTE, avec une extrême surprise

Oh ! oh !

LUCILE

Ah, ciel !

DAMON fils, se jette aux pieds de son père

Ah, mon père.

DAMON PÈRE

Relevez-vous, mon fils, et embrassez-moi. L'inquiétude et l'agitation que j'ai remarquées en vous, m'ont alarmé, mon fils ; j'ai craint de vous voir dédaigner les douceurs de la médiocrité. Mes craintes sont heureusement dissipées : jouissez du fruit de la libéralité de votre oncle : on confie sans crainte des richesses à ceux qui savent les mépriser. Recevez pour récompense la main de l'aimable Lucile.

À Oronte.

N'y consentez-vous pas ?

ORONTE

De tout mon coeur ; je suis trop confus de ce qui vient de se passer... Mais ces cent mille écus...

DAMON PÈRE

Je vous ai tant de fois trompé, que vous n'osez plus me croire ; mais passez dans mon cabinet, et je ne tarderai pas à vous convaincre.

texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0