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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

La Comédie de Francion

Gillet de La Tessonerie· imprimée en 1642· 5 actes· 1 865 vers· 15 personnages

Personnages

  • VALANTIN, Seigneur du Bourg
  • FRANCION, Seigneur Français
  • ANSELME, Parasite et confident de Francion
  • LAURETTE, Femme de Valantin
  • CATHERINE, Servante et Garçon déguisé
  • L'HOTESSE, Du logis où demeurait Francion
  • LA SERVANTE, De l'hôtellerie
  • OLIVIER, Gentilhomme pillé par les Voleurs
  • PETIT JACQUES, Capitaine des Voleurs
  • MARSAULT, Voleur
  • LE PRÉVÔT, Du Bourg
  • LE PROCUREUR, Fiscal
  • LUBIN, Paysan
  • LÉONARD, Paysan
  • BERTRAND, Paysan
MONSIEUR,

À MONSIEUR PRIEUR, PROCUREUR AU PARLEMENT de Paris, et Contrôleur Tiers Référendaire.

Je présente un ouvrage d'un bel esprit à celui dont la suffisance est capable de l'estimer, comme il faut et de lui donner le prix qu'il mérite. L'Auteur m'a permis d'en disposer, et j'ai cru que je ne pouvais mieux présenter cette pièce qu'à vous, puisque vous savez connaître parfaitement l'excellence des belles choses. On croira peut-être que c'est le ressentiment des obligations que je vous ai qui me porte à vous rendre cet hommage, mais encor que je sois parfaitement reconnaissant, je vous prie de croire que je ne le rends pas tant à vos bienfaits qu'à vous-même. Cette rare probité qui vous fait paraître incorruptible dans une profession où la corruption est si commune : cette belle affabilité qui vous fait estimer dans les plus belles compagnies, comme votre intelligence aux affaires, vous fait considérer aux Cours souveraines ; enfin cette grande étendue de coeur qui vous fait aimer tout le monde et moi en particulier, sont les motifs qui m'ont excité à déclarer au public, que les plus rares productions peuvent recevoir un nouveau caractère de mérite paraissant sous votre nom, et que la plus glorieuse qualité que je porte c'est celle de

MONSIEUR,

Votre très humble très obéissant et obligé serviteur,

QUINET.

ACTE I

SCÈNE I.

VALANTIN

Amour ne puis-je pas me dire misérable Puisque tu m'es contraire en m'étant favorable, Et que je puis ici justement t'accuser De me donner des biens dont je ne puis user, Depuis plus de deux mois je possède une femme Dont l'aimable beauté lance des traits de flamme. Et dont je reconnais que les puissants efforts Peuvent tout sur mon âme et rien dessus mon corps, Sitôt que je la vois ou lorsque je l'embrasse Mon ardeur s'alentit je me trouve de glace, Je ne puis savoir quel étrange malheur Change si promptement ma bouillante chaleur, Je me trouve immobile et plus froid qu'une souche Je baise ses beaux yeux je pâme sur sa bouche, Et lors que je devrais m'enivrer de plaisirs C'est quand je suis réduit à faire des désirs, Car loin de contenter mon amoureuse envie Je meurs du déplaisir de conserver la vie, Et de ne pouvoir pas faire ce que je veux Lorsque l'occasion se présente aux cheveux, Car sans dompter enfin l'ennui qui me surmonte Je blêmis de colère et je rougis de honte, De ne pas contenter mes brûlantes amours Lorsque je suis encore aux plus forts de mes jours, Et que je ne connais aucune défaillance Qui doive autoriser une telle impuissance, Puisque je suis pourvu de tout ce qui me faut Que la nature en moi n'a point fait de défaut, Que je me vois aimé de ma chère Laurette Autant comme je l'aime et que je le souhaite, Et qu'un hymen sacré me rendant son époux Me permet de cueillir ce qu'il a de plus doux, Ha Dieux ! À ce penser mon mal se rend extrême Et je souffre un tourment pire que la mort même, Malheureux Valantin quel crime as-tu commis Pour te rendre l'amour et le Ciel ennemis, Et toi chère beauté mon unique pensée Rendrai-je ton amour si mal récompensée, Et que je ne puis pas te faire bientôt voir Qu'ayant la volonté je manque de pouvoir, Encore ce qui m'attriste et tout ce qui me fâche, C'est la crainte que j'ai que quelqu'un ne le sache, Puisque si je pouvais découvrir mon tourment J'en pourrais espérer un prompt allégement

Laurette paraît.

Mais j'aperçois Laurette : ah Dieux qu'elle est aimable Que son aspect m'est rude et qu'il m'est agréable.

Occasion : Prendre l'occasion aux cheveux, saisir rapidement le moment favorable de faire quelque chose. [L]

SCÈNE II. Valantin, Laurette, Catherine.

LAURETTE, à l'écart

Le beau nom.

VALANTIN en soupirant

Il n'est que trop visible.

LAURETTE

Oui : mais.

LAURETTE

Allez ne tardez point faites peu de demeure.

Demeure : retard, délai [L]

SCÈNE III. Laurette, Catherine.

SCÈNE IV. Petit Jacques, Marsault, Olivier, et leur suite.

OLIVIER, bas

Les belles actions.

OLIVIER

Pourquoi.

OLIVIER

Comment.

MARSAULT, feignant d'être en colère

Que dis-je.

MARSAULT

Réponds.

SCÈNE V. Catherine, Petit Jacques, Olivier, Marsault.

PETIT JACQUES

Sera-ce sur le soir.

CATHERINE

Tu le seras.

PETIT JACQUES

Peut-être.

OLIVIER

Que si vous en doutez L'effet quand vous voudrez pleigera ma parole.

Pleiger : Cautionner en Justice, répondre pour quelqu'un, et s'obliger de payer le jugé. [F]

PETIT JACQUES

Jusqu'au revoir.

CATHERINE

Adieu.

SCÈNE VI. Francion, Anselme.

FRANCION

Oui.

ANSELME

Bref.

SCÈNE VII. Francion, Anselme, L'Hôtesse.

L'HOTESSE

Non.

ACTE II

SCÈNE I. L'Hôtesse, La Servante.

L'HOTESSE

Il est vrai.

SCÈNE II. Valantin, Francion, Anselme, en habits d'Opérateur.

ANSELME, bas

Il me souvient encore que depuis dans Mycènes Il guérit un pourceau d'une grande migraine, Qu'il pansa pour le moins dix chevaux du farcin Et qu'il remit aussi la cuisse d'un poussin.

Farcin : Maladie des chevaux, ou des boeufs. Le farcin se gagne aisément, et est une vraie peste pour les chevaux. [F]

SCÈNE III. Valantin, Francion, Anselme, Laurette.

LAURETTE

Là.

LAURETTE

Et là.

LAURETTE

Ici.

LAURETTE

En ce coin.

LAURETTE

Et là.

LAURETTE

Là.

SCÈNE IV. Laurette, Francion, Anselme.

FRANCION

Je suis.

LAURETTE

Qui.

FRANCION

Francion.

ANSELME

Ah !

FRANCION

Qu'as-tu ?

SCÈNE V. Laurette, Francion, Anselme, Catherine.

CATHERINE

Que Monsieur vous attend, [Le dîner est servi.]

Il semble qu'ici il manque un demi vers, car il y a une virgule à la fin du vers précédent et le demi vers suivant qui contient la rime est décalé. Nous proposons :

CATHERINE

Voire.

ACTE III

SCÈNE I. Valantin, Francion, Anselme.

FRANCION

Taisez-vous.

FRANCION

Quand je l'ai commandé l'on brûle sous l'Arctique Et l'on tremble de froid sous la ligne écliptique, Le clair astre du jour se lève en Occident Perd toute sa lumière et cesse d'être ardent, Sans crainte et sans danger l'on marche dessus l'onde, La terre se va mettre hors du centre du monde, Le feu n'est plus subtil, l'air produit des poissons Et le sein de Neptune est couvert de moissons, Je fais d'une vallée une haute montagne Et d'un mont orgueilleux une rase campagne, J'arrache d'un seul mot les étoiles des Cieux Et je suis obéi des Démons et des Dieux, Mais pour vous témoigner que je suis véritable Je vais vous raconter une histoire notable, Qui vous fera savoir qu'il n'est rien ici-bas Qui puisse résister quand je ne le veux pas. Comme nous traversions l'Empire du Mexique Je vis à l'impourvu la femme du Cacique Et je conçus pour elle un feu si violent Que celui du Vésuve est beaucoup moins brûlant, De toutes les beautés c'était le prototype Et la mer est plus calme à l'endroit de l'Euripe, Que n'était mon esprit lorsque son oeil divin Porta le trait d'amour jusqu'au fond de mon sein. Je vous dirais plutôt le nombre des areines Qui flottent sur les bords des marinières pleines, Et le nombre des pleurs que versent les amants Que de vous raconter celui de mes tourments, Je devins tout pensif et tout mélancolique Je parus aussi sec qu'un mort ou qu'un étique, Sans m'anatomiser on eût compté mes Os Et de nuit et de jour je vivais sans repos, Mais lassé de pousser des soupirs et des larmes. Enfin je fus contraint de courir à mes charmes, Et ce divin objet d'amour et de beauté Perdit en moins d'un jour toute sa cruauté, Par leur secret pouvoir elle finit ma peine Elle fut mon esclave au lieu d'être ma Reine, Et quand j'en eus tiré ce que je désirais Je croyais la quitter comme je l'espérais, Mais elle abandonna le Sceptre et la Couronne Pour jouir de ma vue et servir ma personne, Elle me voulut suivre et quittant ses habits Courut avecque moi les plus lointains pays, Suivi de cette belle et charmante compagne J'exerçai ma science en la nouvelle Espagne, Province en mille endroits pleine de mines d'or, Et dont chaque habitant possède un grand trésor, Ensuite je passai dans la Californie Delà dans la Floride, et dans la Virginie, Et voulant retourner en ces aimables lieux, Où je vis en naissant la lumière des Cieux, Je me mis sur la mer mais quittant le rivage Le Ciel nous menaça d'un violent orage, Un soudain tourbillon s'élève dessus l'eau Et jusqu'en Danemark emporta mon vaisseau, J'allai de ce pays dedans la Moscovie Après je visitai la Cour de Cracovie, Celle de l'Archiduc et de ce grand Seigneur Qui remplit quand il veut l'Europe de frayeur, Partout où je passais cette amante idolâtre Sans songer à son rang montait sur mon Théâtre, Et sans aucun dessein ses beautés enchantaient Et le coeur et les yeux de ceux qui m'écoutaient, Plus que je ne voulais j'avais de la pratique Chacun de tous côtés courait à ma boutique, Et je débitais seul plus de médicaments Que cent Opérateurs, et que cent Charlatans, Une fois le Sultan la vit dedans Byzance Aussitôt il l'aima, mais avec véhémence, Pour apaiser sa flamme il la voulut avoir Et pour la conserver je manquai de pouvoir, Le cruel me l'ôta de puissance absolue Et causa son trépas en l'ôtant de ma vue.

Écliptique : Terme d'astronomie ancienne. Orbite que le soleil paraît décrire annuellement autour de la terre. [L]

Impourvu : Terme vieilli. Non prévu. [L]

Cacique : C'est le nom général que les Espagnols ont donné à tous les Princes, Seigneurs, et petits Rois de toutes les terres de l'Amérique. [F]

Euripe : Détroit de mer entre la Béotie et l'Ile d'Euboée, ou Nègrepont, où les courans sont si violents, qu'on dit que la mer y flue et reflue sept fois par jour. [T]

SCÈNE II. Valantin, Francion, Laurette, Anselme.

VALANTIN

Je m'y rends.

FRANCION

Je vous prie.

SCÈNE III. Laurette, Francion, Anselme.

LAURETTE

Comment.

LAURETTE

La ruse.

FRANCION

Davantage Il m'a voulu donner quelque cent écus d'or Pour les erres d'un cent qu'il me promet encor, Si bien que cette nuit pour gagner ce salaire Il faut que mon valet sache ce qu'il sait faire Et puis quand il sera près de ce vieux jaloux Je veux prendre mon temps pour m'approcher de vous.

Erre : (arrhes) C'est un gage qu'on donne pour sûreté de l'entretenement de quelque petit marché qu'on a fait verbalement, et qui est ordinairement une avance d'une partie du prix convenu. [F]

SCÈNE IV. Francion, Anselme.

FRANCION

Non.

FRANCION

Mais encor.

FRANCION

Viens.

SCÈNE V. Petit Jacques, Marsault, Olivier, Catherine.

ACTE IV

SCÈNE I. Francion, Anselme.

SCÈNE II.

ANSELME, en montrant les étoiles au doigt

Mais tandis qu'il viendra le Ciel en ce beau voile S'offre de m'exhiber jusqu'à la moindre étoile Je vois vers le milieu le vaillant Orion La pertuisane au poing attaquer le Lion, Là le bouvier monté dessus le dos de l'Ourse Alentour de l'essieu fait sa tardive course, Ici paraît le Signe avec le Violon Dont se servait jadis mon cousin Apollon, En ce lieu Cassiopée et la triste Andromède Du fils de Danaé semble implorer l'aide, Tout contre est la Couronne un peu plus haut l'Archer Veut contre les poissons ses flèches décocher, Ah ! Voici le Serpent que combattit Hercule Le Lièvre qui s'enfuit devant la Canicule, Le vaisseau qui vogua le premier sur les eaux Et la Vierge qui joue avecque les Jumeaux, Mais trêve à ces beaux mots car si quelqu'un m'écoute Trompé par ce beau style, il pensera sans doute, Que je suis mieux versé dans l'art des Orémus Que défunt Jean Petit ou que Nostradamus. Que d'Eustache Noël ses secrets je possède Que le jeune Troyen en doctrine me cède, Et que j'ai mille fois pratiqué les leçons Du Célèbre Belot Curé de Millemonts, J'ai servi quelques mois un pédant d'importance C'est lui qui m'a montré cette haute science, Ce ne fut pas gratis je le payai fort bien Car pour tout mon service il ne me donna rien Mais j'entends quelque bruit dans ce feuillage sombre, Et j'aperçois quelqu'un s'avancer parmi l'ombre, Je ne suis point trompé c'est notre Valantin Qui vient pour terminer son malheureux destin.

Danaé : Fille d'Acrisius, Roi d'Argos, fut enfermée fort jeune dans une tour d'airain. Jupiter devenu amoureux de cette Princesse, se changea en pluie d'or, et la rendit mère de Persée. [T]

Pédant : Terme de mépris. Celui qui enseigne les enfants. [L]

SCÈNE III. Valantin, Anselme.

VALANTIN

Commençons donc ici le cerne qui me reste Démons qui gouvernez la famine et la peste, Noires divinités de ce sombre séjour Où jamais le soleil ne va porter le jour Hôtes de l'Achéron du Styx et de l'Averne Qui logez les fureurs dedans votre caverne, Et qui tenez captifs en des fers éternels Les malheureux esprits des hommes criminels, Et vous errants Démons Lutins larves lémures Qui nous épouvantez par d'horribles murmures, Vous qui nous faites voir dans le vaste des airs Des bataillons armés des feux et des éclairs. Vous aussi qui gardez au profond de la terre Avec beaucoup de soin les trésors qu'elle enserre, Vous qui durant la nuit courez par les Forêts Ou qu'on trouve cachés en des antres secrets, Silènes Agypans Satyres Orcades Bassarides Silvains Faunes Hamadriades, Vous qu'on tient enfermés sous des pierres d'anneaux Vous qui calmez l'orage et qui troublez les eaux, Amphitrite Thétis Protune Néréides Lemniades Tritons Naïades Exphrocides. Vous qui nous incitez à faire tant de mal Et qui nous paraissez au travers d'un cristal Enfin vous qui hantez dedans les cimetières, Et qui cherchez les morts jusques dedans leurs bières, Auteurs de la Magie esprits pernicieux Qu'un orgueil effroyable a fait tomber des Cieux Si je me sui lavé d'une eau sale et bourbeuse Si j'ai versé le sang d'une brebis galeuse, Si je me suis tourné trois fois vers le matin Et trois fois vers l'endroit où les jours prennent fin, Si j'ai frappé la terre avec un pied superbe Si je trace à propos ces cernes dessus l'herbe Et si de tous mes voeux je me suis acquitté Guérissez-moi bientôt de mon infirmité Et m'accordez bientôt la libre jouissance De ce bien sans pareil que j'ai sous ma puissance.

Achéron : C'est le nom de plusieurs fleuves. [T]

Styx : C'était anciennement une fontaine de l'Arcadie, qui avait sa source au pied du mont Nonacris, près du lac Pénée. [T]

Larve : Nom propre d'une Déesse des anciens Romains. C'était la Déesse des larrons, qui étaient sous sa protection. [T]

Lemures : Voyez LARVES. Ces deux mots avaient la même signification chez les Anciens. [T]

ANSELME

La peur qui le saisit lui trouble ainsi la vue Et fait qu'il pense voir des Démons dans la nue, Mais je gagerais bien qu'en cet étonnement Son ponant fait décharge en son appartement.

Ponant : Ce mot est un Terme de Géographie qui signifie Occident, mais il ne se dit pas présentement par ceux qui écrivent bien, on dit Occident.

SCÈNE IV. Petit Jacques, Marsault, Olivier.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Laurette, Olivier, Marsault, Petit Jacques.

LAURETTE

Hep.

OLIVIER

Mais.

LAURETTE

Où fuis-tu.

SCÈNE VII. Petit Jacques, Marsault, Olivier.

SCÈNE VIII. Catherine, Francion.

FRANCION

Quoi.

FRANCION

Oui.

SCÈNE IX. Laurette, Olivier.

SCÈNE X. Laurette, Catherine, Olivier.

LAURETTE

Parle.

LAURETTE

Quoi donc.

CATHERINE, en lui montrant son sein

Que je n'ai pas le sexe égal à vous.

ACTE V

SCÈNE I. Lubin, Léonard, Bertrand.

BERTRAND

Du Meilleur.

LÉONARD

Du Meilleur.

BERTRAND

Jures-en.

LÉONARD

Par ma foi.

SCÈNE II. L'Hôtesse, Francion.

SCÈNE III.

VALANTIN, attaché à l'arbre

Enfin le nouveau jour tout brillant de clarté. De l'effroyable nuit perce l'obscurité, Et chasse devant lui des forêts les plus sombres L'horreur et le silence aussi bien que les ombres, Depuis qu'un noir Démon malgré tous mes efforts Au tronc de cet ormeau m'a lié par le corps, Agréable Soleil, Planète toujours claire, Que je t'ai souhaité dessus notre hémisphère, De qui me dois-je plaindre en mon affliction. Si ce n'est du sorcier et damné Francion, Horreur de ma mémoire, homme plein d'artifice Qui sous un front serein déguisais ta malice, Et qui faisais semblant de vouloir m'assister Pour accroître mon mal et me mieux tourmenter, Si je sors quelque jour de ta cruelle chaîne Il n'est point dans l'Enfer de tourment ni de gêne, Qui ne soit employé à ta punition Par ma seule puissance et mon invention, Mais que dis-je bons Dieux et quelle frénésie A mes sens occupés et mon âme saisie, Imprudent que je suis je menace celui Qui peur m'ôter la vie et me perdre aujourd'hui. Lui qui fait remonter des ruisseaux à leurs sources Qui retient des torrents l'impétueuse course, Qui donne de la crainte au souverain des Dieux Qui tire le Soleil et la Lune des Cieux, Et change quand il veut avec une figure Cet ordre merveilleux qu'on voit en la nature, J'implore Francion, j'implore ta bonté Donc loin de me punir comme j'ai mérité, Et comment sont traités ceux qui t'osent déplaire Éteins dedans mes pleurs ta haine et ta colère.

v. 15520, l'original porte Géhenne, remplacé par gêne pour obtenir 12 pieds.

SCÈNE IV. Valantin, Lubin, Bertrand.

SCÈNE V. Laurette, Le Prévôt, et quelques Paysans.

SCÈNE VI. Laurette, Valantin, Le Prévôt, Le Procureur.

VALANTIN

Oui.

SCÈNE VII. Valantin, Le Prévôt, Le Procureur.

SCÈNE VIII. Laurette, Francion, Anselme.

LAURETTE

Je n'ose.

SCÈNE IX. Francion, Laurette, Anselme, Valantin, LePrévôt, Le Procureur, L'Hôtesse, La Servante, et quelques habitants.

VALANTIN

Ma femme.

1 865 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica