Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Monologue en vers· Comédie en un Acte, en vers

Molière en Prison

Ernest d'Hervilly· imprimée en 1887· 445 vers· 4 personnages

Personnages

  • J-B. POQUELIN ; dit MOLIERE, M. LE BARGY
  • MASCARAT, geôlier-chef du Châtelet, M. LELOIR
  • RAGUENEAU, pâtissier-poète, qui fit partie plus tard de la troupe de Molière... M. DE FERAUDY
  • LUCILE, filleule de Mascarat, MLLE M. DURAND
PRÉFACE

Le nombre des pièces de théâtre dont Molière a été le héros, le sujet ou le prétexte, est cent fois plus considérable que celui de ses chefs-d'oeuvre. Mis à la scène de son vivant par des critiques ou des jaloux, les apothéoses commencèrent au lendemain de sa mort, il y a deux cent quatorze ans. Depuis ce temps, nos grands théâtres littéraires n'ont pas laissé passer une seule fois l'anniversaire de sa naissance, le 15 janvier 1622, sans le célébrer par quelque hommage pieux, pièces de circonstance, compliments en vers, etc.. On en ferait une bibliothèque, qui comprendrait certainement plus de mille compositions diverses. Plusieurs d'entre elles, dues à de jeunes écrivains, qui, au début de leur carrière, se plaçaient sous le patronage du grand poète comique, ne sont pas indignes de survivre à l'occasion qui les vit naître.

Je dis cela particulièrement pour mon ami Ernest d'Hervilly qui, à cinq anniversaires différents, a célébré Molière, partageant le ferveur de son culte entre les deux temples consacrés, la Comédie-Française et l'Odéon.

C'est ainsi que le Malade réel, le Docteur sans pareil, le Magister, Poquelin père et fils et, en dernier lieu, Molière en prison, firent applaudir le nom d'Ernest d'Hervilly, qui d'ailleurs possède tant de titres à l'estime des lettrés. L'auteur de la Belle Saïnara, du Parapluie, et d'autres délicieuses comédies, pleines d'originalité, de grâce et d'esprit, n'a-t-il pas écrit des livres charmants, qui lui ont valu deux fois les palmes de lauréat de l'Académie française ; non moins que le titre, maintenu fort rare, d'officier de l'Instruction publique ? Parmi ces livres d'une lecture attrayante et souriante, il en est deux, les Contes pour les grandes personnes et Mesdames les Parisiennes, que de bons juges n'ont pas craint de comparer aux plus fines Sketches de Charles Dickens.

Il faut beaucoup d'esprit pour louer dignement Molière et aussi beaucoup de tact ; car ce grand génie, fait de haute raison et de bon sens, impose à ses admirateurs, avec le respect de ces qualités maîtresses, le souci de la langue et l'approbation des honnêtes gens.

En réunissant aujourd'hui le faisceau des compositions moliéresques d'Ernest d'Hervilly, son intelligent éditeur rend un véritable service non seulement aux admirateurs de Molière, mais aussi aux bibliothèques scolaires et aux théâtres de salon. Il n'est pas un seul de ces petits poèmes dramatiques qui ne réponde aux sentiments simples et touchants de la morale la plus pure. L'amour paternel et l'amour filial, l'enthousiasme de l'art et de la poésie, mis en lumière et aiguisés par les traits innocents d'un esprit vif et clair, ce sont là des tableaux et des idées qui sont assurés de plaire aux jeunes gens comme aux jeunes filles, à leurs grands parents comme à leurs éducateurs.

Ernest d'Hervilly, dont l'originalité personnelle est très accentuée et qui lui donne une parure sonore de rimes étincelantes, ne se contente pas d'admirer Molière en poète, il s'attache à le faire aimer ; en le montrant dans des situations, quelquefois inventées, il le peint tel qu'il fut réellement, éloquent, généreux, hardi dans ses conceptions, constant dans ses amitiés comme dans ses principes, adorable toujours, et, qu'on me passe le mot qui rend exactement ma pensée par une comparaison familière, bon comme le bon pain.

Auguste Vitu.

4 janvier 1887.

Dédicace

À JULES CLARETTE ADMINISTRATEUR GENERAL DE LA COMEDIE-FRANÇAISE.

À L'AUTEUR DE MOLIÈRE, SA VIE ET SES OEUVRES, À L'ARTISTE, À L'AMI

Souvenir et témoignage

D'une longue, fidèle et inaltérable affection.

MOLIÈRE EN PRISON

Une cellule, assez peu garnie de meubles, dans ce qu'on appelait les PRISONS-HONNÊTES au Grand-Châtelet. - Grabat, escabelles, table. Sur la table, des livres et des papiers. Au fond, une porte à judas grillé, bardée de ferrures à gros clous.

SCÈNE I. Mascarat, Lucile.

MASCARAT, en costume classique de geôlier, un trousseau de clefs pendu à sa ceinture, est assis près de la table.

LUCILE

Elle place sur la table un vase contenant quelques modestes fleurs, et se dispose à s'en aller.

Je vous laisse parrain ?...

LUCILE, riant et s'enfuyant

Gare aux sonnets !

LA VOIX DE RAGUENEAU, en dehors, gaiement

Trop tard !

LA VOIX DE LUCILE, se défendant contre quelque baiser

Laissez-moi !

LA VOIX DE RAGUENEAU, gaie

Non, écoute, Lucile !

Entrant en scène.

Ah ! Bah ! Elle est preste comme un moineau !

Ragueneau porte une manne sur la tête. La manne contient des assiettes, couverts, pâtés, etc.

SCÈNE II. Mascarat, Ragueneau.

MASCARAT, se levant

Le Bonjour, Ragueneau !

MASCARAT, qui a refermé la porte avec soin

Pardon : geôlier. - D'ailleurs de ce qu'on nomme, Poliment, la « Prison Honnête, » au Châtelet, Ce... pourpris... sans luxe... est le meilleur, s'il te plaît ! J'ai logé... ton idole ! Aussi bien que possible. Et c'est là ma façon de me montrer sensible À son sort, sans manquer au devoir. - J'aime aussi Ton cher comédien : la preuve c'est ceci,

Il montre la manne.

Que je laisse passer, - et dont je te soulage... Il prend la manne et la dépose sur une escabelle.

Pourpris : Vieux mot qui signifiait enceinte, clôture de quelque lieu seigneurial, château ou maison noble, ou de l'Eglise. Le terrestre pourpris. Le pourpris d'un camp, etc. On a dit aussi poétiquement, le céleste pourpris.

Escabelle : Synonyme d'escabeau. [L]

Manne : Panier d'osier. Le 1er se dit de celui où l'on met ordinairement le linge, la vaisselle qu'on porte sur la table, et d'un berceau d'osier où l'on met coucher les enfants au maillot. [FC]

RAGUENEAU

Intact.

RAGUENEAU, entre ses dents

Proche l'Ave-Maria...

MASCARAT

Tais-toi, diantre !... Que je lui donne ici pour logement...

Diantre : Terme populaire dont se servent ceux qui font scrupule de nommer le Diable. [F]

RAGUENEAU

Un antre ?...

MASCARAT, avec simplicité

J'en bois moi-même.

RAGUENEAU

Ah !...

RAGUENEAU, lisant

À monsieur le Lieutenant civil en la prévôté et vicomté de Paris, Dreux d'Aubray, seigneur d'Ossémont, Villiers et autres lieux.

« Supplie humblement Jean-Baptiste Poquelin, comédien de l'Illustre-Théâtre, entretenu par Son Altesse royale, disant que, en vertu des sentences données par les Juges-consuls par défaut contre ledit suppliant, qui n'est leur justiciable, au profit de Antoine Fausser, maître chandelier, faute de paiement de la somme de cent quinze livres d'une part, vingt-sept de l'autre, le suppliant a été arrêté et recommandé des prisons du Châtelet, et d'autant qu'il ne doit les sommes, désirerait lui être sur ce pourvu.

- « Ce considéré, monsieur, et attendu ce que dessus, il vous plaise, joint la modicité de la somme, ordonner que ledit suppliant aura provision de sa personne et sera mis hors des dites prisons pour trois mois, joint qu'il ne doit rien, nonobstant opposition ou appellation quelconque, et vous ferez bien. » - « DE LAMARRE. ».

MASCARAT

Plaute ?

LA VOIX DE LUCILE

Coups à la porte.

Parrain ?

MASCARAT

Coups redoublés à la porte.

C'est ma filleule. Eh bien, mais ?...

MASCARAT

Ma foi,

Il ouvre la porte, et cérémonieusement.

J'oubliais mes devoirs. - Entrez, mademoiselle !...

SCÈNE III. Les Mêmes, Lucile, essoufflée, un panier à la main.

LUCILE, baissant les yeux

Plaît-il ?

MASCARAT

Nous verrons !...

Il sort, sans refermer la porte.

SCÈNE IV. Ragueneau, Lucile.

RAGUENEAU, se disposant à débarrasser la table des papiers qui l'encombrent

Moi, je vais déblayer le terrain. Lucile, tout d'abord ! - Car, voyez-vous, ma chère, Le poète peut bien avec la bonne chère... Frayer sans danger, mais le fruit de ses travaux Craint beaucoup le contact du jus des godiveaux. Donc (ô Muse, pardonne à mes mains trop hardies !) Je vais mettre en lieu sûr ces plans de... comédies.

Godiveau : Espèce de pâté qui se fait de veau haché et d'andouillettes avec plusieurs autres ingrédients et ragoûts, comme asperges, culs d'artichauts, palais de boeuf, jaune d'oeufs, champignons, etc. [F]

LUCILE, l'aidant

Ah ! Ce sont ?...

RAGUENEAU, feignant de se méprendre sur le sens du mot

Ma foi, c'est plus dur qu'assassin !

LUCILE, déchiffrant d'autres titres

LE FAGOTEUX... OU TIER ?... - LA... le mot est brouillé... LA JA... LA JALOUSIE...

Fagotier : Fagoteur, bûcheron, homme de peine qui travaille dans les forêts à faire des fagots. Se dit aussi de celui qui fait mal quelque chose, qui s'en acquitte mal. [T]

RAGUENEAU

Il vide la manne et dispose la table.

Après ?

LUCILE

DU... BARBOUILLÉ. Barbouillé ? - Barbouillé !... Le malheureux jeune homme ! Voici ce qu'il écrit, par ordre, hélas ! - Oh ! Comme Il doit souffrir d'avoir, lui, si plein de raison, Si doux, cette besogne à faire en sa prison !... Que dit ce... Barbouillé ?

Elle lit quelques mots.

« SCÈNE PREMIÈRE. - LE BARBOUILLÉ », seul.

« Il faut avouer que je suis le plus malheureux de tous les hommes. J'ai une femme qui me fait enrager. Au lieu de me donner du soulagement, et de faire les choses à mon souhait, elle me fait donner au diable vingt fois le jour ! Au lieu de se tenir à la maison, elle aime la promenade, la bonne chère, et fréquente je ne sais quelle sorte de gens. - Oh ! Pauvre Barbouillé, que tu es misérable !... »

Avec compassion.

... C'est un triste ménage...

Réfléchissant.

Dieu ! Si le pauvre auteur, comme son personnage, Devait trouver plus tard cet enfer à son tour. Quel terrible avenir ! - Ah ! Qu'un fidèle amour L'en préserve à jamais, et que le ciel lui donne L'épouse qu'il mérite !...

RAGUENEAU, passant la tête par la porte entrouverte

Poète en habits blancs, Merci !

SCÈNE V. Les mêmes, Poquelin.

POQUELIN

Mais pourquoi donc ces pudeurs si farouches ? Mais apporte tes vers - avec tes croquembouches. Nous les dégusterons, tour à tour ! - Apollon Lui-même est fort heureux, dans le Sacré Vallon, D'avoir parmi ses fils, le seul homme qui mette En ses gâteaux un miel - récolté sur l'Hymette, Et les Muses, goûtant tes produits, sans façons, Te trouvent le meilleur de tous leurs nourrissons !

Croquembouche : Terme de pâtissier. Toute sorte de pâtisserie croquante, et, particulièrement, certains petits bonbons glacés qu'on met comme ornement sur certaines pâtisseries. [L]

Vallon : Poétiquement. Le sacré vallon, le vallon situé entre les deux croupes du Parnasse, et qui, selon la Fable, était le séjour des Muses. [L]

Hymette : Montagne de l'Attique. Les poètes en ont fort parlé ; on y trouvait d'excellent miel. [T]

Nourrissons : On appelle figurément Les Poëtes, Les nourrissons des Muses. [Acad 1762]

RAGUENEAU

Va, ma belle !

Lucile sort.

SCÈNE VI. Ragueneau, Poquelin.

RAGUENEAU, changeant de ton, avec empressement

Eh bien ?

POQUELIN

Après

POQUELIN

Oh ! Oh !

SCÈNE VII. Les mêmes, Mascarat.

MASCARAT, frappant sur sa ceinture

Victoire ! Amis, victoire !

POQUELIN, choquant son verre contre le sien

Eh ! Quoi ! Vous hésitez devant un rouge-bord ?

Rouge-bord : Verre tout plein de vin. [R]

RAGUENEAU, avec dédain

Bah ! C'est de la piquette !...

Piquette : Méchant vin qu'on donne aux valets. [F]

POQUELIN, avec mépris

C'est du « chasse-cousins » !

Chasse-cousins : On appelle ainsi le méchant vin, qui fait que les cousins, parents et amis ne fréquentent pas en une maison, de peur d'y faire un mauvais repas. [F]

MASCARAT

Eh ! Oui, corbleu ! Ce n'est point une affaire Laissez-moi vous apprendre...

Corbleu : Sorte de juron. Corbleu, corbieu ; altération de prononciation pour corps Dieu, c'est-à-dire corps de Dieu, Dieu en personne ; altération suggérée par le désir de ne pas mettre le nom de Dieu dans des locutions irrévérencieuses. [L]

MASCARAT

Oui, mais...

POQUELIN, le pressant

Buvons à ton pays !

POQUELIN, trinquant avec lui

Ce n'est point eau de Loire Que ceci : c'est julep du divin médecin !

Julep : C'est une potion douce et agréable qu'on donne aux malades, composée d'eaux distillées ou de légères décoctions, qu'on cuit avec une once de sucre sur 7. ou 8. onces de liqueur, ou de sucs clarifiés. [F]

Divin médecin : Dieu.

POQUELIN

Il dort !

Mascarat ronfle.

POQUELIN, tirant les habits de la manne

La veste ? Le bonnet ?

Il se déguise.

RAGUENEAU, essayant de détacher le trousseau de clefs

Ronfle sans amertume, Mon pauvre ami ! - Parfait.

MASCARAT, il s'éveille à demi, et regarde les deux amis avec stupeur

Mes clefs ! - Deux Ragueneaux ? Que vois-je ! - Je vois double.

RAGUENEAU, les clefs en main

Embrassons-nous !

Après l'embrassade, il se dirige vers la porte.

POQUELIN

Adieu !

Poquelin aperçoit par terre et ramasse le papier plié qui est tombé du ceinturon de Mascarat quand on le lui a enlevé.

Tiens ! Qu'est-ce ceci ?

On frappe à la porte.

LA VOIX DE LUCILE

Parrain ?

LA VOIX DE LUCILE

Coups à la porte.

Êtes-vous mort, Parrain ? Allons ! Allons !

POQUELIN

Terrible coup du sort !

Il ouvre et lit machinalement le papier qu'il a ramassé.

RAGUENEAU, qui a ouvert la porte

Entrez, Lucile... et chut !

POQUELIN, poussant un long cri de joie

Ah !

LUCILE, le regardant

Quelle mascarade ?

POQUELIN, tombant sur un siège

Mes amis ! Mes amis !...

RAGUENEAU

De l'eau !

On s'empresse autour de lui.

RAGUENEAU, à Poquelin qui s'est levé brusquement et danse de joie

Mais qu'as-tu, Poquelin ?

POQUELIN

Oh ! Libre ! Libre ! Libre ! Lis plutôt !

Il donne le papier à Ragueneau.

RAGUENEAU, lisant rapidement

... Caution ! ... Et mise en liberté !

RAGUENEAU, buvant

Enfin ! Il est dompté, le marchand de chandelles !

Poquelin se dépouille de ses vêtements d'emprunt. Ragueneau, l'aide.

LUCILE, tristement

Voilà vos clefs, parrain...

LUCILE

Hélas !

POQUELIN, à part, affectueusement

Pauvre enfant ! On dirait une veuve...

POQUELIN

Ah ! Lucile ! Le ciel puisse exaucer tes voeux ! Mais t'oublier ? Jamais ! - T'oublier ! Non, je veux, Ta chère image là, dans le fond de mon âme, N'avoir pour Muse et pour étude que la femme ! Et c'est en comparant, oui, ta simplicité Et ta chaste franchise à la duplicité Des coquettes, au faux bel esprit des pédantes, Que tes grâces toujours me seront évidentes ! Mais le sort qui m'appelle et m'entraîne éperdu Ne veux pas que j'écoute un mot trop entendu Déjà - Je dois partir seul, poursuivre la lutte, Seul encore, et, vaincu, tomber seul dans la chute. Mais je vaincrai ! - Je suis de ce Paris léger, Que rien n'abat jamais, que rien ne peut changer Et qui, voilant de rire et d'esprit sa souffrance, Seul, ranime ta flamme inextinguible, ô France ! Et pourtant, Femme ! Femme ! Ô Sphinx au front charmant ! Je t'interrogerai dans mon coeur constamment, Et tu seras toujours présente à ma pensée. Oui, dussé-je en souffrir, l'âme à jamais blessée, Toi seule inspireras mon labeur soucieux, Ingénue et perfide, ô Femme, avec tes yeux ! Quels que soient tes décrets, je m'y soumets d'avance !

Mélancoliquement.

Aurai-je seulement, suprême récompense, Lorsque les battements de mon coeur cesseront, La douceur de sentir tes doigts frais sur mon front ?

Avec force.

Mais il n'importe ! - Ô Femme indomptée ou docile, Muse éternelle, à toi ma vie ! - Adieu, Lucile ! Adieu, coeur délicat dont je sens tout le prix !

RAGUENEAU, vivement, à Poquelin

Viens ! - Et levons l'écrou de nos chers manuscrits !

Il ramasse les manuscrits épars.

LUCILE, à Poquelin

Adieu, Molière !

Elle défaille dans les bras de son parrain.

POQUELIN, après un dernier regard à Lucile, résolu

Partons.

445 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica