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un seul est le mot juste.

Tragédie en vers· Tragédie en Cinq Actes et en Vers

Agis

Joseph-François Laignelot· imprimée en 1782· 5 actes· 1 316 vers· 12 personnages

Personnages

  • AGIS, Roi de Sparte. M. DELARIVE
  • LÉONIDAS, beau-père d'Agis, M. VANHOVE
  • AGÉSISTRATE, mère d'Agis. Mlle THÉNARD
  • CHÉLONIS, fille de Léonidas, femme d'Agis. Mlle. SAINVAL
  • LYSANDER, ancien Ephore, ami d'Agis. M. BRIZARD
  • EMPHARÈS, Éphore. M. DORIVAL
  • QUATRE AUTRES ÉPHORES ET SÉNATEURS, du parti d'Argis. M. MARSY
  • TROUPE DE RICHES ET DE GRANDS, du parti de Léonidas. M. GRAMMONT, M. FLORENCE
  • TROUPE DE PEUPLE, du parti d'Argis
  • UN CHEF DE SOLDATS, M. GARNIER
  • UN SOLDAT, M. DUNAN
  • TROUPES DU SOLDATS ÉTRANGERS

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE.

SCENE II. Agésistrate, Lysander.

LYSANDER

Nos ennemis sur nous du nombre ont l'avantage ; Mais le parti d'Agis les surpasse en courage : Par l'amitié, l'honneur, attachés à son sort, Tous ont juré de vaincre ou de trouver la mort. Pour moi, que la vieillesse appesantit et glace , Me flattant d'entraîner le Peuple sur leur trace, Devant lui j'ai paru ; mais, ne l'ébranlant pas. Vers le Sénat soudain j'ai dirigé mes pas : Là, si toute vertu n'est pas encor bannie, De Sparte je verrai triompher le génie, Me disais-je ; le Peuple, imitateur des Grands. Encense à leur exemple ou proscrit les Tyrans. Un Dieu semblait presser ma démarche trop lente. J'arrive : on s'assemblait. À mes yeux se présente Un Sénat où régnaient l'épouvante et le deuil : J'y cherche vainement ces monstres dont l'orgueil Et le luxe insultaient aux moeurs de nos ancêtres ; La dissolution fait aisément des traîtres : Près de Léonidas tous s'étaient retirés. Alors, en m'adressant aux Ministres sacrés, Aux vieillards qui formaient ce Conseil vénérable, J'accuse leur effroi ; d'un Sénat équitable Je trace les devoirs et les mâles vertus. Les Éphores surtout paraissant abattus, J'expose en peu de mots leur terrible puissance ; J'ajoute : Si l'État doit son obéissance Aux deux Rois qu'il élève à cet illustre rang, Contre ces demi-Dieux orgueilleux de leur sang, (Mère d'un de nos Rois, excusez ma franchise ) Du Peuple à votre emploi la défense est commise, Éphores : en Tyrans s'ils osent s'ériger, L'État vous a créés pour oser les juger. Puis, cédant au transport du zèle qui m'entraîne, Je peins un Magistrat qui descend dans l'arène, Digne Athlète des Lois, les venge du mépris, Ou périt en héros sous leurs nobles débris ; Ce fier mortel enfin, je l'égale aux Dieux même. Chacun d'eux aspirant à cet honneur suprême, Un saint enthousiasme enflamme tous les coeurs. Dans ce Palais, bientôt Éphores, Sénateurs , Viendront vous conjurer de leur servir de guide : Montrez-vous à leur tête ; allez, mère intrépide, De ce Peuple glacé ressuscitez l'amour : Si votre fils succombe en ce funeste jour, Que mille bras, armés pour protéger sa vie, Lui soient un sûr rempart contre la tyrannie... Mais le Sénat s'avance.

Éphore : Terme d'antiquité grecque. Magistrats lacédémoniens au nombre de cinq établis pour contre-balancer l'autorité des rois et du Sénat et qu'on renouvelait tous les ans. Ils étaient élus par le peuple ; le premier d'entre eux donnait son nom à l'année. [L]

Athlète : Fig. Adversaire, émule. [L]

SCÈNE III. Agésistrate, Lysander, quatre Éphores, Sénateurs.

AGÉSISTRATE

Un instant vous a donc ravi votre constance ! Dans les plus grands périls un vertueux Séuat Doit-il jamais douter du salut de l'Etat ? Quand de Léonidas la chiite encor nouvelle Des Riches et des Grands épouvantait le zèle, Et que, de sa défaite étourdis et tremblants Ils ne pouvaient former que des voeux impuissants ; Parlez, si le Sénat, sans tarder davantage, Faisant de tous les biens un généreux partage, Eût couronné l'espoir de ce Peuple emporté, Qui chassait le Tyran, pour voir l'égalité, De ce Peuple aujourd'hui craindrait-il la colère ? Tous regardaient Agis comme un Dieu tutélaire ; Et, dans ce jeune Roi trouvant un bienfaiteur, L'appelaient et leur père et leur libérateur. Les Dieux étaient pour nous : quelques brigues secrètes S'élèvent, et l'on croit qu'abolissant les dettes, Avant d'exécuter le partage juré, C'est s'ouvrir au succès un chemin assuré ; Et que l'égalité, mûrissant en silence, Triomphera bientôt de l'altière opulence. Le Peuple vainement sollicite à grands cris De l'exil du Tyran le digne et juste prix ; Les Rois pressent en vain ; le Sénat persévère, Et, pensant le servir, prolonge sa misère. Voilà votre conduite : et vous êtes surpris Que ce Peuple au combat ne suive pas mon fils ? Ah ! Peut-être les maux que le Ciel nous envoie, Son indignation les contemple avec joie ! D'un Roi, qu'il juge ingrat, détournant son amour, De l'Oppresseur peut-être il bénit le retour, Et, Tyran pour Tyran, préfère qui le venge ! Ce discours peu fardé vous doit paraître étrange. Le repentir est peint sur vos fronts consternés ; J'y lis votre douleur. Sénateurs, pardonnez : L'auguste vérité, quoique souvent cruelle, Aime à se faire entendre aux coeurs aussi purs qu'elle.

SCÈNE IV. Les précédents, Ampharès.

LYSANDER

Ô Ciel !

LYSANDER

Allons dans tous les coeurs réveiller le devoir.

Tous les Sénateurs sortent.

SCÈNE V. Lysander, Ampharès.

AMPHARÈS

Comment ?

SCÈNE VI.

ACTE II

SCÈNE PREMIERE. Agis, et quelques amis blessés, qui le couvrent de leurs boucliers.

SCÈNE II. Agis, Chélonis.

SCÈNE III. Agis, Chélonis, Léonidas, Troupe de Soldats étrangers.

CHÉLONIS

Mon père !

SCÈNE IV. Agis, Chélonis, Léonidas, Agésistrate.

AGÉSISTRATE

Il est mon fils !

AGÉSISTRATE

Barbare !

CHÉLONIS, sortant avec son père

Partout mon désespoir ira vous assiéger.

SCÈNE V. Agis, Agésistrate.

AGIS

Ce fer.

AGÉSISTRATE

Comment ?

SCÈNE VI. Agis, Agésistrate, Lysander.

SCÈNE VII.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Léonidas, Ampharès, Gardes.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Léonidas, Chélonis.

SCÈNE IV. Léonidas, Chélonis, Agis, Agésistrate, Lysander, Ampharès, anciens Éphores et Sénateurs ; Peuple du côté d'Agis ; Riches et Grands, du côté de Léonidas, avec Ampharès ; chaque Parti entrantparle côté opposé à l'autre.

LÉONIDAS

À moi, Soldats !

Une troupe de Soldats parait ; le peuple frémit et fait quelques pas contre le Tyran.

AGÉSISTRATE

Ô Ciel !

CHÉLONIS, à son père

M'auriez-vous abusée ?

LÉONIDAS, à Ampharès, à part

Assemble le Sénat : mon triomphe est certain.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Agis enchaîné, Léonidas, Gardes.

SCÈNE I. Léonidas, Ampharès, quatre Éphores, Sénateurs.

SCÈNE III. Les mêmes, Agis, au milieu des Soldats.

Personne ne se lève lorsqu'il entre.

LÉONIDAS

Prononcez.

SCÈNE IV. Les mêmes, le Chef de Soldats.

SCÈNE V. Les précédents, Lysander.

AGIS ;

À la mort.

AGIS, montrant Léonidas

Il a tout violé.

LÉONIDAS

Comment ?

LYSANDER

Sénateur.

AGIS

Montrant les Sénateurs.

Et trop pur pour siéger avec eux.

LÉONIDAS

Tremble.

LÉONIDAS, à part

Tu seras satisfait.

LÉONIDAS, courant à ses Soldats

Point de pitié.

SCÈNE VI. Les précédents, un SOLDAT.

SCÈNE VII. Lysander, Agis.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Chélonis, Lysander, Troupe de Citoyens.

LYSANDER

Hélas !

CHÉLONIS

Je succombe.

LYSANDER

Vous frémirez d'horreur. J'ai vu, dans ce lieu même, Aux pieds d'un vil Sénat votre époux enchaîné, Sous le fer des bourreaux à périr condamné ; Je le défends en vain : tous deux on nous entraîne ; De l'horrible prison la porte s'ouvre à peine , Qu'accourant sur nos pas, soudain le Peuple armé Y fond de toutes parts de courroux enflammé : Léonidas le joint, J'attaque ; on nous enferme. Là j'ai vu d'un Héros le caractère ferme ; Des vertus de nos Rois là j'ai vu l'héritier : Sa mère, son pays, l'occupaient tout entier. Comme je l'admirais, l'âme d'effroi troublée, Ampharès s'échappant de l'horrible mêlée, L'oeil hagard, et le bras tout dégouttant de sang, Entre avec ses bourreaux, marchant au premier rang. Je pâlis : d'un front calme Agis attend le traître : La troupe impie approche ; et moi, couvrant mon Maître De ce corps épuisé, que j'offre aux assassins, Un instant je retiens leurs parricides mains. Leur Chef impatient s'emporte et les menace : Sa voix les enhardit ; mon désespoir les glace : Quand votre époux, bravant leurs desseins criminels, S'avance au milieu d'eux, semblable aux immortels. Tandis que ces brigands reculent à sa vue, On enfonce la porte : une femme éperdue (C'était Agésistrate) arme Agis. Le Héros, Libre à peine, a déjà vu fuir tous ses bourreaux : La terreur les poursuit ; et le fils et la mère Triomphent fans obstacle aux yeux de votre père, Qui, retrouvant vainqueur l'ennemi qu'il croit mort, Ose, quoique défait, tenter encore le sort : Le combat recommence avec plus de furie ; Chacun des deux côtés vend chèrement sa vie. Par combien de détours le destin rigoureux, Pour le livrer au crime, entraîne un malheureux ! Agis s'était vengé par plus d'un sacrifice : Un cri le frappe ; il voit sur sa libératrice Votre père égaré lever un bras sanglant : II s'élance aussitôt, l'arrête en l'immolant, À force de vertu contraint d'être coupable.

LYSANDER, apercevant Agis soutenu par les siens

Que vois-je ! Ô nuit pleine d'horreur !

SCÈNE III. Lysander, Chélonis, Agis, soutenu par une Troupe de Citoyens armés ; l'ancien Sénat.

LYSANDER

Mon Roi !

SCÈNE IV et DERNIÈRE. Les Précédents, Agésistrate armée.

CHÉLONIS, se précipitant sur Agis

Il expire !

1 316 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0