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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Scène comique en vers et en prose

Janot le Finaud

F. Lamy, Frédéric Barbier· imprimée en 1894· 38 vers· 1 personnages

Personnages

  • JANOT

JANOT LE FINAUD

J'suis flâneur, ce n'est pas ma faute : Puisque c'est pas moi qui m'a fait. Faut toujours que j'danse ou j'saute Ou qu'je m'promène dans le forêt.

Aussi on m'appelle paresseux ;ou bien on me d'mande comme ça : c'est y vrai Janot on dit qu'si l'travail était enfermé dans une lanterne, tu n'cass'rais pas les verres pour en prendre ?

J'sais la sourde oreille, et j'les laisse d'échiner à travailler.

Il mime sur le musique qu'il aime mieux se promener.

REFRAIN.

Mais j'vas, à l'école ; seulement, l'monte jamais à la classe. Dam ! C'est pas amusant d'chanter tout la journée.

Il chante.

B avec un A Ba B avec un E Be B avec un I Bi Bi ba be bi ; B avec un O Ba be bi bo B avec un U Bu Bu ba be bi bo bu.

Et l'on continue : C avec un a, ça, et ainsi de suite jusqu'à Z. J'aime mieux m'cacher dans l'préau ; là je fouille dans les paniers, je prends les confitures, les gâteaux, enfin toutes les chatterie, et j'leur dis : chantez.

AU REFRAIN.

Il mime qu'il mange d'une façon gloutonne.

L'autre jour, su'l'bord de la mare J'pos' mes effet pour me baigner. Mais on m'les cach' sans crier gare. Si bien que j'ai pas pu les r'trouver.

Quoi faire sans effets ? J'me r'mats dans l'eau, je m'disais : quand j'verrai passer quelqu'un. J'lui dirai qu'il passe chez nous, et qu'il dise qu'on m'envoie des effets ; mais, pour comble de malheur, il ne passe personne : puis v'là l'eau qui diminue, qui diminue, on v'nait d'ouvrir la vanne, en rien d'temps j'étais à sec, puis v'là le vent qui s'met à souffler, ça me coupait le figue et, j'me disais maintenant chez nous tout le monde est à table, et ....

AU REFRAIN.

Il mime qu'il a froid.

L'mois passe, faut il que j'suis bête ! Dans l'milieu d'la ville, à minuit, Je m'prom'nais, chantant à tue-tête, Quand, tout à coup, sur mon habit.

Je r'çois j'suis pas bien sûr de c'que c'était, mais j'aurais mieux aimé d'l'eau d'Botos, au moins, à la porte du théâtre où l'on donnait Bal, on n'm'aurait pas empêché d'entrer, vous pensez si j'rageais d'voir mes camarades qui m'narguait, j'les voyais s'amuser, et..

AU REFRAIN.

Il mime qu'il essaie son habit, son chapeau.

Monsieur l'mair' me dit dans la rue : Demain nous chassons l'sanglier, J'comt' sur toi pour faire un' battue, J'pens' que tu n'te f'ras pas prier.

Comm' il n'y avait pas moyen de r'fuser j'accepte ; le lend'main, tous les chasseurs et les rabatteurs étaient au rendez-vous. Monsieur_le_maire me place au coin d'un sentier et m'a dit : si l'sanglier vient d'un côté, tu feras beaucoup de bruit et tu tireras d'sus pour le faire revenir sur nous, ouvre l'oeil, t'auras une gratification. Oui, Monsieur_le_Maire ! Au bout d'une heure, j'entends crier ; à toi, Janot ! Alors je n'fait ni_une_ni_deux, j'empoigne mon fusil je... le jette dans le tailles, je l'cache derrière un gros arbre... Ah !... Ils avaient beau crier.

AU REFRAIN.

Il mime qu'il a peur.

Je m'souviens qu'un jour en Afrique, On m'plac' en faction dans un coin, Tout à coup il m'pouss un' panique En apercevant un bédouin.

Je pousse un cri, mais voilà une tripotée de bédouins qui arrivent en poussant des cris intempestifs et nauséabonds ! Alors la bataille s'engage ... Ah ! Malheureux ! Si vous aviez vu et entendu, le bruit du canon, le roulement des caissons, les feux de peloton, les charges des escadrons, la mitraille... Tout le monde se précipite...

AU REFRAIN.

Pendant le 1ère partie du refrain retrousse ses manches comme s'il allait s'élancer puis au moment ou il chante ; "Je vous dit qu'ça" Il mime qu'il se sauve.

38 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica