Comédie en prose· Pièce d'un Acte
Les Mariages de Canada
Personnages
- DAMIS, Amant de Lucile
- CLITANDRE
- LE CHEVALIER
- MADAME BOURDON, Directrice
- LUCILE, Amante de Damis
- CLARISSE, Maîtresse du Chevalier
- COLOMBINE
- MEZZETIN, époux de Colombine
- BONIFACE, Portier de Madame Bourdon
- UN NOTAIRE
LES MARIAGES DE CANADA.
Le théâtre représente la Ville de Québec. On voit dans le fond un grand hôtel dont la mer bat les murs, et des maisons dans les ailes.
SCÈNE PREMIÈRE. Damis, Mezzetin.
MEZZETIN
AIR. [Voulez-vous savoir qui des deux ?]
Malgré tous les périls divers. Que l'on peut courir dans les mers, Par une divine assistance De tout accident préservés Enfin, dans la Nouvelle France Nous voici tous deux arrivés.DAMIS
AIR. ( Du Cap de Bonne Espérance. )
Tu sais bien ce qui m'amène À Québec, cher Mezzetin ; De mon amoureuse peine Je viens y chercher la fin. Mais, hélas ! Sur ce rivage, Triste fruit de mon voyage, Je crains de trouver un sort Plus malheureux que la mort.MEZZETIN
Je suis votre valet. Il n'y a point de plus grand malheur que celui de mourir.
DAMIS
Si tu étais dans la situation violente où je me vois...
MEZZETIN
AIR 105. ( Nos plaisirs seront peu durables. )
Devenez, Monsieur, plus tranquille. Dans ces lieux vous allez revoir Aujourd'hui l'aimable Lucile ; Flattez-vous de ce doux espoir.DAMIS
Quand Lucile serait à Québec, qui m'assurera qu'on ne l'a point encore mariée.
MEZZETIN
C'est ce que nous saurons bientôt. Adressons-nous à quelque domestique de cette grande maison, où sont logées les personnes que l'on envoyé de France en Canada.
DAMIS
J'en vois un à la porte.
MEZZETIN
Il faut lui parler.
SCÈNE II. Damis, Mezzetin, Boniface.
MEZZETIN, à Boniface
AIR 79. (Faites boire à triple mesure.)
N'êtes-vous point par aventure De cet hôtel un officier ? ; À votre grassette encolure Je vous en crois le cuisinier.DAMIS
N'est-ce pas chez vous que demeurent les personnes qui arrivent de Paris ?
BONIFACE
Oui.
AIR 106. ( Un jour dans un plein repos. )
Toute fille de Paris, Ou laide ou jolie, Qu'on amène en ce pays, Pour la colonie, On la fait loger céans ; Et puis, sans perdre de temps, On vous la, Talera, lera, Lera tala, talera lala, On vous la marie.MEZZETIN
Au premier venu sans doute ?
BONIFACE
Non pas, s'il vous plaît. C'est à celui que veut lui donner Madame Bourdon, la Directrice de cet hôtel.
DAMIS
AIR. ( Amis, sans regretter Paris. )
Si cette Madame Bourdon Fait d'heureux mariages, Je crois qu'elle fait pour un bon Mille mauvais ménages.BONIFACE
Oh, que non ! Diable ! C'est une femme d'un grand discernement.
AIR 107. [C'est à boire qu'il nous faut.]
À la laide, à la gentille Elle trouve leur ballot : Qu'elle envisage une fille, Ho ! La bonne Dame aussitôt Sait le Drille, Drill, Drille, Sait le Drille qu'il lui faut.DAMIS
Elle est donc bien pénétrante cette Madame Bourdon ,
BONIFACE
Cela n'est pas concevable.
AIR. [ Comme un coucou que l'amour presse. ]
En regardant une Mignonne, Elle sait s'il faut lui donner Un épouseur qui la bâtonne Ou qui s'en laisse bâtonner.MEZZETIN
Quelle connaisseuse !
DAMIS
Mais Monsieur Boniface.
AIR. [ Pour passer doucement la vie. ]
Parmi ces filles malheureuses Que l'on envoie en Canada, On en peut voir de vertueuses.BONIFACE
J'en ai vu peu de celles-là.MEZZETIN
Il y en a pourtant. À telles enseignes que nous venons ici en réclamer une, et une fille de Paris encore.
BONIFACE
Les méchantes femmes que les belles-mères ! Il y en a qui font capables de tout. Comment appelez-vous votre innocente parisienne ?
DAMIS
Lucile.
AIR. [ J'entends déjà le bruit des Armes. ]
De cette dame infortunée Le déplorable sort est tel, Que j'ai grand-peur que l'hyménée N'ait, dans ce redoutable Hôtel, Déjà lié sa destinée Au sort d'une indigne mortel.BONIFACE
Et c'est apparemment ce que vous souhaitez de savoir.
DAMIS
Oui, Monsieur Boniface. Je vous prie de vous en informer.
AIR. [ Pour faire honneur à la noce. ]
Tirez-moi d'inquiétude ; Que je vous doive mon repos : Vous savez que de tous les maux Le plus grand est l'incertitude, Tirez-moi d'inquiétude. Que je vous doive mon repos.BONIFACE, froidement
Volontiers.
MEZZETIN
Faites ce plaisir, de grâce, à Monsieur Damis.
BONIFACE
Ouida, je ferai ce que je pourrai pour le contenter.
DAMIS, lui présentant une bourse
Ne rejetez point ma prière.
BONIFACE
Je ne rejette rien.
AIR 38. [ Le vin a des charmes puissants. ]
Monsieur, je trouve en vérité Vos manières trop engageantes : J'aurais grand tort de mon côté De n'en avoir pas d'obligeantes.Je vais tout à l'heure découvrir ce qu'est devenue votre Lucile ; et il y aura bien du malheur, si je n'y puis réussir.
DAMIS
Vous me rendrez la vie.
BONIFACE
AIR 19. ( Vive Michel Nostradamus. )
Je vous en promets des nouvelles ; Comptez sur ce que je vous dis. J'en vais demander au commis Qui tient registre de nos belles. Attendez un moment ici, De tout vous serez éclairci.[ Boniface s'en va. ]
SCÈNE III. Damis, Mezzetin,
MEZZETIN, déclamant à son exemple
Seigneur, point de faiblesse. II vous faut préparer à tout événement.AIR. ( Quand on a prononcé ce malheureux oui. )
Je veux qu'en pareil cas un amant s'évertue, Boniface dit que Lucile est pourvue, Au lieu d'en concevoir une forte douleur, Il faut en philosophe apprendre ce malheur.SCÈNE IV. Damis, Mezzetin, Le Chevalier.
LE CHEVALIER, chantant et dansant,
Ton relon ton ton, Tontaine la fontaine ; Ton relon ton ton, Tontaine la tonton.DAMIS, à part
Ho, ho ! Quel homme est-ce que j'aperçois ?
LE CHEVALIER, à part
Qui sont ces gens-ci ? Il me semble que je les connais.
MEZZETIN
AIR. ( Attende-moi sous l'Orme. )
Ah ! Que vois-je paraître ! Quel est cet homme-là ; Je crois le reconnaître ; Oui, ma foi, le voilà. C'est ce fils de Libraire, Qui, quoique roturier, Prend d'un air Mousquetaire Le nom de Chevalier.DAMIS
Justement, je me le remets. C'est un original.
MEZZETIN
Qui n'est pas sans copie.
LE CHEVALIER, après avoir envisagé Damis et son valet
Je ne me trompe point. C'est Damis. C'est Mezzetin.
Ils s'embrassent.
MEZZETIN
AIR 108. [ Ô turlutaine ! ]
Bonjour mon beau Capitaine ! De vous revoir je suis ravi Si loin des bords de la Seine, Ô turlutaine ! Le Chevalier Moreri, Turlutu tantaleri.LE CHEVALIER
Par quel hasard vous trouvez-vous a Québec ? Pour moi, si j'en ai fait le voyage,
AIR. [ Belle Brune. ]
C'est mon père,Bis.
Qui, dans fa mauvaise humeur, Malgré moi, me l'a fait faire.LE CHEVALIER
Oui ; mais je me suis bien vengé de sa tyrannie....
Il rit de toute sa force.
DAMIS
Comment cela ?
LE CHEVALIER
La veille de mon départ de Paris je me glissai la nuit dans fa bibliothèque, où je fis un désordre effroyable.
AIR 109. ( Sans-dessus dessous. )
Les plus célèbres écrivains,Bis.
Ma foi, passèrent par mes mains.bis.
MEZZETIN
Je vois bien de quelle manière, Sans-dessus-dessous, Sans devant derrière, Vous mîtes les volumes tous Sans devant derrière Sans-dessus dessous.LE CHEVALIER
Ho ! vous n'y êtes pas. J'ôtai de chaque tome vingt ou trente feuilles, sans respect pour aucun auteur ancien ou moderne, profane ou sacré. Je couvris le plancher de leurs dépouilles.
DAMIS
Quelle vengeance !
MEZZETIN
Malepeste !
LE CHEVALIER
AIR. ( Des Trembleurs. )
Sans façon je fis main-basse Sur Denis d'Halicarnasse , Sur Plutarque, sur le Tasse ; Je les mis tous en lambeaux.MEZZETIN
Ah ! Quel horrible carnage !MEZZETIN
Ventrebleu !
LE CHEVALIER
AIR. ( J'ai fait souvent raisonner ma Musette.)
Je déchirai Cléopâtre et Clélie, Je n'épargnai pas même le Sethos ; Et dans l'excès de ma juste furie Du grand Cyrus je troublai le repos.MEZZETIN
Quel dommage !
DAMIS
AIR. ( De la Besogne. )
Ceux dont vous n'avez seulement Ôté que l'avertissement Ils n'ont reçu, je vous assure, Qu'une très légère blessure.MEZZETIN
Non, ma foi ; ils en font quittes à bon marché.
LE CHEVALIER
AIR. ( Le savant Diogenes. )
Orateurs, et Poètes, Voyageurs, Interprètes, Savants Commentateurs, Tous les Dictionnaires, Et même les Grammaires Ont senti mes fureurs.MEZZETIN
Quel enragé !
LE CHEVALIER
AIR. ( Je ne suis né ni Roi ni Prince. )
Ravi d'avoir dans ma colère Joué ce beau tour à mon père, Avant l'Aurore je partis. Ainsi mes mains autoricides En une nuit de son logis Firent un Hôtel d'Invalides.Il se remet à rire.
Je ne puis m'empêcher de rire quand je songe aux grimaces que mon père a dû faire après mon départ, en considérant les blessés.
MEZZETIN
Et en calculant ce qu'il lui en coûtera pour leur guérison.
DAMIS
Mais, Chevalier, pourquoi votre père vous-a-t-il éloigné de lui si désagréablement ?
LE CHEVALIER
AIR 110. ( Quitte ta houlette. )
J'aimais une fille Fort sage et fort gentille, J'aimais une fille Du Faubourg Saint-Germain, J'étais fidèle À cette Belle, J'allais chez elle Soir et matin : Je voulais l'épouser enfin.DAMIS
AIR 41. ( Que je regrette mon amant. )
Mais cette personne avait donc Une humeur bien réjouissante ?MEZZETIN
C'était donc un ravissement.LE CHEVALIER
Je me proposais d'en faire ma femme ; mais...
DAMIS
Mais le Papa n'y voulut pas consentir apparemment.
LE CHEVALIER
Il fit plus. Le cruel me défendit de fréquenter Clarice. C'est le nom de ma Princesse.
MEZZETIN
Vous ne laissâtes pas de continuer à la voir malgré sa défense.
LE CHEVALIER
Belle demande !
DAMIS
Votre père perdit patience.
LE CHEVALIER
Vous y voilà. Et pour me séparer de Clarice, il m'a brusquement envoyé dans ce pays-ci.
MEZZETIN
Il y a des pères bien malins.
LE CHEVALIER
Tout ce que je crains, c'est que Clarice est une orpheline sans bien et sans appui...
AIR. ( Ahi, ahi, ahi ! Jeannette. }
Mon père la gâtera Dans l'esprit de la Police. Il est bien homme à oela ; Car je connais sa malice.LE CHEVALIER
À cela près, je me console d'être hors de Paris. Je suis bien aise de voir le monde. Les voyages font bien les gens.
MEZZETIN
Et particulièrement les Parisiens.
DAMIS
Chevalier, je vous conseille de faire tous vos efforts pour oublier Clarice.
LE CHEVALIER
C'est mon dessein.
MEZZETIN
Vous en viendrez à bout.
LE CHEVALIER
Je n'en désespère pas.
MEZZETIN
Je vous en réponds.
AIR 9. (Voyelles Modernes.)
Les enfants de familles Sont envoyés ici i, i, i, Pour oublier les filles. L'eau de Mississipi, i, i, i, En fait perdre la mémoire : C'est un fleuve d'Oubli.LE CHEVALIER
Biribi, ... J'en veux boire ! J'en veux boire !Pour bannir plus facilement Clarice de mon souvenir, je me suis déterminée à prendre pour femme une fille que Madame Bourdon me destine.
DAMIS
C'est fort bien fait.
LE CHEVALIER
Je ne l'ai pas vue ; mais c'est un joli sujet, à ce que m'a dit la Directrice.
AIR 111. ( Changement pique l'appétit. )
C'est une fille appétissante, Qui danse, qui saute et qui chante D'une manière qui ravit.MEZZETIN
Changement pique l'appétit.LE CHEVALIER
Jusqu'au revoir, Messieurs.
AIR. ( Quand ìe péril est agréable. )
Je vais prier la Directrice De vouloir hâter cet hymen. Je crois qu'un tendron de sa main Vaudra bien ma Clarice.DAMIS
Je n'en doute nullement.
LE CHEVALIER
Je me sens par avance de l'amour pour ce tendron.
Il s'en va en dansant et en chantant.
Fin de l'AIR 87. ( Turlurette, turluron.)
Pour ce Tendron, Turelurette, Pour ce Tendron, Tureluron.SCÈNE V. Damis, Mezzetin.
DAMIS
AIR 34. ( Baise-moi donc me disait Biaise. )
Si nous jugeons sur l'étiquette, Je croisBis.
Clarice une coquette, Qui devrait être dans ces lieux.SCÈNE VI. Damis, Mezzetin, Boniface.
DAMIS
Ah ! voici Monsieur Boniface.
AIR. (Adieu paniers. Vendanges sont faites. )
Hé bien, dites-nous si vous êtes Du sort de Lucile éclairci.MEZZETIN
Ouf !
DAMIS
Ô Ciel !
BONIFACE
AIR. ( L'autre nuit j'aperçus en songe. }
Voici ce que je viens d'apprendre : Lucile, m'a dit le Commis, Est venue ici de Paris Avec un appellé Clitandre. Ils disent qu'ils sont sous les lois. Du Dieu d'hymen depuis six mois.DAMIS, étonné
Mezzetin !
MEZZETIN, étonné
Monsieur !
DAMIS
Lucile mariée depuis six mois ! Il n'y a pas d'apparence à cela.
MEZZETIN
Avec un Homme que nous ne connaissons point ! Il y a de l'impossibilité là dedans.
DAMIS
AIR 17. (Vaudeville du Nouveau-Monde. )
Cette Lucile n'est donc pas Celle dont nous suivons les pas.MEZZETIN
Ce ne saurait être la nôtre.MEZZETIN
Encore une fois c'est une autre.DAMIS
J'en suis persuadé. Cependant je serais curieux de voir cette Lucile qui se dit femme de Clitandre.
BONIFACE
Je l'ai vue un moment. Le Commis me l'a montrée comme elle passait avec son mari.
BONIFACE
Elle est grande, menue, Étroite comme un jonc : Elle est toute charmante, Elle a les traits mignons, Une gorge naissante, Deux yeux des plus fripons.MEZZETIN, à Damis
Monsieur, voilà une Lucile qui ressemble diablement à la vôtre.
DAMIS
D'accord ; mais je £uk sûr que ce n'est pas elle.
MEZZETIN
Je le crois comme vous ; mais...
AIR. ( Le Cabaret est mon réduit. )
Pour un moment dépouillons-nous De tout préjugé l'un et l'autre. Peut-être, que savez-vous, Cette Lucile est la nôtre. Cette Lucile est... Cette Lucile est... Cette Lucile est la nôtre.DAMIS
Je gagerais bien que non. Monsieur Boniface, procurez-moi le plaisir de voir un instant cette Dame.
BONIFACE
Ne vous éloignez pas d'ici. Je contenterai votre curiosité, sitôt que j'en trouverai l'occasion.
Damis et Mezzetin s'en vont.
SCÈNE VII.
BONIFACE, seul
Est-ce qu'il y aurait effectivement ici une autre Lucile que celle qui se dit femme de Clitandre. Je ne le crois pas.
AIR 112. ( Pendant que nous sommes. )
Il n'en est aucune Dans cette Maison ; Ou s'il s'en trouve quelqu'une, Elle a donc changé de nom.Mais voici celle que j'ai vue. Courons en avertir Damis.
SCÈNE VIII. Lucile, Clitandre.
CLITANDRE
AIR. (On n'aime point dans nos Forêts.)
En nous disant unis tous deux. Par les liens du mariage, Nous évitons le sort affreux, Qui fait l'infaillible partage Des Français par force amenés Dans ces climats infortunés.LUCILE
AIR 113 (L'autre jour dessous un Ormeau. )
Nous avons tous deux le bonheur, Par cette fable, D'avoir paré la rigueur L'éternelle douleur, Le désespoir, l'horreur D'un hymen effroyable ; D'accord : Mais je suis, hélas ! Dans un autre embarras !CLITANDRE
Dans quel embarras ?
LUCILE d'un air embarrassé
Je crains...
LUCILE
Vous passant pour mon époux, Il faudra, par politique, Que je demeure avec vous. J'en frémis, lorsque j'y pense.CLITANDRE
Votre crainte, en vérité, Lucile, sait une offense À ma générosité.Je suis honnête-homme. Ne craignez pas que j'abuse jamais de la situation fâcheuse où vous êtes réduite.
AIR. ( Le Démon malicieux et fin. )
Vous avez de quoi tout enflammer, On ne peut vous voir sans vous aimer ; Mais soyez cependant sans alarmes. Malgré les dons que vous ont fait les cieux, Mon respect sans cesse sur vos charmes S'efforcera de me fermer les yeux.LUCILE
AIR 13. ( Ho, que si ! Ho, que nenni ! )
En vain vous parlez ainsi, De troubler mon repos, Clitandre, Vous ne pourrez vous défendre.CLITANDRE
Ho, que fi !CLITANDRE
Ho, que nenni !AIR. ( Quand je tiens de ce jus d'octobre. )
D'une amitié pure et parfaite Goûtant avec vous la douceur, Je vivrai dans notre retraite Comme un bon Frère avec sa soeur.LUCILE
AIR 24. ( Je le crois bien, je n'en crois rien. )
Près d'une fille de mon âge Qu'un Garçon soit quelque-temps sage, Je le crois bien ; Mais qu'il puisse avoir la constance De garder toujours le silence, Je n'en crois rien.SCÈNE IX. Lucile, Clitandre, Damis, Mezzetin, Boniface.
BONIFACE, montrant Lucile à Damis
Tenez, regardez. Est-ce-là vous Lucile ?
DAMIS
AIR 18. ( Menuet de Grandval. )
Oui, juste Ciel ! C'est elle-même !
LUCILE, apercevant Damis
Ah ! quel objet s'offre à mes yeux ! Damis ! Ma surprise est-extrême ! Damis, vous êtes dans ces lieux !DAMIS
AIR. ( Je me ris de qui fait le brave. )
Ah ! Lucile, Ingrate, Traîtresse, Vous avez donc trompé mes feux ! Quand vous écoutiez ma tendresse, Quoi ? J'avais un rival heureux ! Ah ! Lucile, Ingrate, Traîtresse, Vous avez.donc trompé mes feux !DAMIS
Serait-il possible ?
LUCILE
Je suis venue ici de Paris avec Clitandre qui comme moi a été injustement envoyé en Canada. Nous nous sommes fait une mutuelle confidence de nos affaires ; et nous avons jugé à propos de nous dire mariés ensemble. Sans ce mensonge favorable,
AIR. ( Qu'on apporte bouteille. )
Pour vous j'étais perdue ; Et Madame Bourdon Peut-être m'eût déjà pourvue De quelque époux de sa façon.Mais le Ciel m'a du moins sauvée de ce malheur.
DAMIS
Jugez de ma joie par la vôtre.
AIR. ( Vous brillez seule en ces retraites. )
Je suis venu dans ces retraites Plus que jamais épris de vos appas. Damis ne se plaît qu'où vous êtes ; Et partout il suivra vos pas.Sitôt que j'ai su l'injustice de vos parents, à votre égard, j'ai vendu à Paris tous mes effets, pour venir vous épouser en Canada, et passer mes jours avec vous dans une agréable habitation que je suis en état d'acheter.
AIR 74. ( Viens, charmante Anette.}
C'est dans cet asile, Ma chère Lucile, Que mille plaisirs Combleront vos désirs.CLITANDRE
AIR. ( Ma raison s'en va beau train. )
De votre époux il faut donc Que j'abandonne le nom ?CLITANDRE
Damis, il n'appartient qu'à vous : C'est à vous de le prendre, Lonla , C'est à vous de le prendre.Voilà Lucile hors d'affaire : mais je ne le fuis pas encore, moi. Quand Madame Bourdon saura que je ne suis point marié, elle voudra que je le sois. Heureusement, je connais le Secrétaire du Gouverneur. Je vais le trouver. Je crois qu'il voudra bien entrer dans mes intérêts.
LUCILE
N'en doutez pas ; et il aura du moins le crédit de vous préserver du malheur de recevoir une Belle des mains de la Directrice.
DAMIS
Oh, qu'oui !
CLITANDRE
AIR 114. ( Vaudeville des Fétes du Cours. )
J'aime mieux sur mon âme Rester toujours garçon, Que d'avoir une femme Marquée à son poinçon. Si jamais je faisais un pareil mariage J'aurais peu d'agrément, Vraiment ; On n'en a même pas, Hélas ! Dans le meilleur ménage,Il s'en va.
SCÈNE X. Lucile, Damis, Mezzetin.
LUCILE
AIR. { Quand on a prononcé ce malheureux oui. )
Pour nous, qui souhaitons que l'hymen nous unisse, Allons sans différer chercher la Directrice.DAMIS
Contons-lui nos amours , et la pressons tous deux D'achever dès ce jour le bonheur de nos feux.Lucile et Damis sortent.
SCÈNE XI.
MEZZETIN seul, rêvant
Les voilà qui vont se marier. Le Ciel en soit loué ! Je meurs d'envie d'en faire autant... Mais doucement, Monsieur Mezzetin, vous oubliez que vous avez une femme à Paris.
AIR 57. ( Perrette étant dessus l'herbette. )
Ah ! morbleu, cela me chagrine ! Je suis époux de Colombine ; Mais personne ici ne le sait. D'ailleurs, d'un Garçon j'ai la mine, Sur ma foi, risquons le paquet.Pourquoi non ? Je ne reverrai jamais mon épouse, trop de mers nous séparent. Rien ne doit m'arrêter. Au reste,
AIR (Je ne suis né ni Roi ni Prince.)
Je crois que cette bonne Dame. Mérite un Mari polygame. Ma foi, de notre éloignement Je jurerais que la volage De son coté dans ce moment Fait à peu près le même usage.Il sort.
Le fond du théâtre s'ouvre, et représente une Salle en forme de Temple. On voit comme dans une Chaire de Régent un Notaire bizarrement vêtu, qui écrit sur un Regître, et Madame Bourdon habillée d'une maniéré modeste.
SCÈNE XII. Madame Bourdon, Lucile, Damis , Le Notaire.
MADAME BOURDON, à Damis
AIR. ( Ma pinte et ma mie ô gué. )
Pour Lucile, enfin, Monsieur, L'amour vous enflamme.MADAME BOURDON, à Damis
Votre main.DAMIS, la donnant
La voilà.MADAME BOURDON, à Lucile
Et la vôtre, ma mie.LUCILE, la donnant
La voici.
MADAME BOURDON la mettant dans celle de Damis
Touchez-là. Allons gay, D'un air gay, etc.AIR 115. ( Ah ! que j'étais insensée. )
Allez, votre affaire est faite ; Enfants, vous pouvez sortir De cet hôtel, et partir Tous deux pour votre retraite. Vous êtes, tendres époux, Unis des noeuds les plus doux.DAMIS
AIR. ( Bergères de Maintenon. )
Madame, adieu. Je vais avec Lucile Dans un séjour agréable et tranquille.MADAME BOURDON
Mais aimez-vous toujours dans votre asile.AIR. ( Ce sont les amours qui font les beaux jours. )
D'un amour sincère Sans cesse enflammés, Soyez animés Du soin de vous plaire. Ce sont les amours Qui font les beaux jours.Damis et Lucile saluent Madame Bourdon, et se retirent.
SCÈNE XIII. Madame Bourdon, Mezzetin.
MEZZETIN
AIR 12. ( Voyelles anciennes. )
Pendant que vous êtes en train D'aparier, ma bonne Dame, Je veux aussi de votre main Avoir, s'il vous plaît, une femme. Faites-moi cette grêce Ilà ; Je me sens une forte envi, i i i i i i e De demeurer en Canada, Pour renforcer la Coloni i i i i i i e.MADAME BOURDON
Ouidà, mon ami, il faut te satisfaire, puisque tu es de si bonne volonté. Mais quel talent as-tu pour subsister ici ; car tu n'es pas riche apparemment ?
MEZZETIN
AIR. ( Je suis la fleur des Garçons du Village.)
J'ai pour tout bien deux bons bras en partage ; Je bêcherai, je piocherai : Pour faire aller rondement mon ménage Jour et nuit je travaillerai.MADAME BOURDON
Cela suffira.
AIR. ( Je n'en veux pas davantage. )
Avoir le coeur à l'ouvrage, C'est tout ce qu'il faut ici.MEZZETIN
J'entends bien le Jardinage, Et le Labourage aussi. Pour vivre en ce lieu sauvage Faut-il que j'en sache plus long ?MEZZETIN
Mezzetin.
MADAME BOURDON, au Notaire
Écrivez ce nom, Monsieur Griffon.
MEZZETIN, à Madame Bourdon
AIR. (Je ne suis né ni Roi ni Prince.)
Oui ; mais donnez-moi, je vous prie, Pour ragoûter ma Seigneurie Quelque minois qui soit mignons Une fille de riche taille ; En un mot, Madame Bourdon, Distinguez-moi de la canaille.Canaille : Vile populace. [L]
MADAME BOURDON
Cela est juste. Tu me parais mériter cette distinction.
AIR 85. ( Commer', j'ai un bon Mari. )
Je vais à mon magasinBis.
Moi-même chercher du fin, Une fille de mise : Je vais ramener enfin, De bonne marchandise.Elle r'etttre.
SCÈNE XIV.
MEZZETIN, seul
AIR. ( Amis, sans regretter Paris. )
Que cette Madame Bourdon À l'humeur obligeante ! De sa main j'attends un trognon D'une beauté charmante.Cela m'est hoc.
AIR 51. ( Allons voir, trois fois. )
Je vais voir, je vais voir, je vais voir Dans un moment ma future ; Je vais voir, je vais voir, je vais voir Quell'mine elle peut avoir.Ha ! La voici.
Fin de l'AIR. (J'entends le moulin taqueter. )
Ah ! Déja je sens, tique, tique , taque, Oui, je sens mon coeur taqueter.Hoc : Fig. Ce qui est assuré à quelqu'un. [L]
SCENE XV. Mezzetin, Madame Bourdon, Colombine voilée.
MADAME BOURDON
AIR 6. ( Vous avez bien de la bonté. )
Tiens, je t'amène, mon Poulet Une aimable Poulette.MADAME BOURDON
Je vous crois tous deux bien assortis.
MEZZETIN
Ah ! Pour cela oui.
AIR 116. ( Un certain je ne sais qu'est-ce. }
Par ía jarni ! plus je la vois, Plus elle m'intéresse ! Je frémis déjà de tendresse ; À sa vue, en dépit de moi, Je sens un certain je ne sais qu'est-ce, Je sens un certain je ne sais quoi.MADAME BOURDON
Çà, donnez-vous 1a main... Découvrez-vous , Mademoiselle, vous êtes mariée.
Colombine ôte son voile.
MEZZETIN, reconnaissant sa femme
Hoï-mé !
MADAME BOURDON
AIR 17. ( Diablezot. )
Vois-tu ce petit air mutin.
MADAME BOURDON
Mais qu'as-tu donc, cher Mezzetin ? Tu me parais faire la mine. Rends grâce au Ciel de ton destin. Cette fille a de quoi te plaire, Il vient de t'échoir un bon lot. Te voilà bien en Ménagère.MEZZETIN
Diablezot !MADAME BOURDON
Mais qu'avez-vous donc tous deux ? Vous changez, de visage l'un et l'autre !
MADAME BOURDON
Le compliment me paraît doux.MEZZETIN
C'est vous, Madame la Carogne ?MADAME BOURDON
Ce font sans doute deux époux,MEZZETIN, la menaçant
Sans Madame que voilà...MEZZETIN
Je le crois. Je juge de vous par moi-même.
MADAME BOURDON
AIR. ( Quand Iris prend plaisir à boire. )
Laissez-là ces paroles vives, Ces fureurs et ces invectives ; Parlez-vous d'un air plus poli.À Colombine.
Même dessein vous tenait en cervelle, Vous vouliez un nouveau mari, Et le drôle voulait aussi Prendre aujourd'huiBis.
Femme nouvelle.Vous n'avez rien à vous reprocher. Croyez-moi, mes amis, faites de nécessité vertu. Réconciliez-vous de bonne foi.
MEZZETIN
J'y consens.
MADAME BOURDON, Colombine
Et vous ?
COLOMBINE, d'un air froid
Je ne m'y oppose pas ; mais...
MEZZETIN, d'un air brusque
Quoi, mais ?... Il n'y a rien encore de fait.
COLOMBINE, à Madame Bourdon
AIR 117. (Hé, mariez-vous donc ?)
Vous voulez que je me remette Avec cette tête malfaite, Pleine de souris et de rats ?MEZZETIN
Ne vous remettez pas.COLOMBINE
Malgré pourtant ma répugnance, Je veux enfin, par complaisance, Me raccommoder tout de bon.MEZZETIN
Raccommodons-nous donc ?MADAME BOURDON
Embrassez-vous tous deux sans rancune.
MEZZETIN
Soit. Je ne veux plus me ressouvenus du passé.
COLOMBINE
Ni moi non plus.
COLOMBINE
Tu viens d'apaiser mon courroux.
MEZZETIN
Tu r'allume mes feux, Coquine.SCÈNE XVI. Madame Bourdon, Mezzetin, Colombine, Le Chevalier.
LE CHEVALIER
AIR. (Pierre Bagnolet. )
Vous m'avez promis une femme, Sans délai, livrez-la-moi donc. Vous m'avez assuré, Madame, Que c'est un objet tout mignon,, Un beau tendron, Un blanc chignon. Vous m'avez promis une femme, Sans délai livrez-la-moi donc.MADAME BOURDON
AIR 53. ( Je suis un Précepteur d'amour. )
À servir votre empressement, Chevalier, je suis toute prête ; Vous allez voir, dans un moment L'objet dont je vous ai fait fête.Attendez ici. Je suis à vous dans un instant.
Elle rentre.
SCÈNE XVII. Le Chevalier, Mezzetin, Colombine.
LE CHEVALIER
J'ai un pressentiment que je vais voir une belle personne.
MEZZETIN
J'en suis persuadé. Oh, MadameBourdon sert bien les jolis Hommes.
Lui montrant Colombine...
Par exemple...
AIR 97. (J'ai bien la plus sobre femme.)
Cette belle est mon partage.SCÈNE XVIII. Le Chevalier, Mezzetin, Colombine, Madame Bourdon, Clarice voilée.
MEZZETIN
Vous ferez aussi bien partagé que moi.
LE CHEVALIER
Je le souhaite.
MEZZETIN, lui montrant Clarice
Je vous en réponds. Tenez, regardez.
AIR. (Ha, vous avez bon aire ! )
Voyez cette Pouponne.LE CHEVALIER
La gentille personne ! Tudieu ! qu'elle est mignonne ! Quelle grâce elle a !À Clarice
Plus on vous considère, Plus vous plaisez, ma Chère. Ha ! vous avez bon aire !CLARICE
Vous m'aimez déjà !LE CHEVALIER
AIR. ( Ma belle Diguedon. )
Vous avez un port de Reine, Belle Diguedi, diguedon dondaine. Je rends grâce à Madame Bourdon, Ma belle Diguedi, ma belle Diguedon, Du Tendron qu'elle m'améne, Belle Diguedi, diguedon , dondaine.MADAME BOURDON
AIR. ( Je ne vous ai vu qu'un seul petit moment. )
Vous applaudissez, Chevalier, à mon choix Vos yeux sont satisfaits, je le vois.LE CHEVALIER, considérant Clarice
Quelle vive allure ! L'aimable figure ! Parbleu, je m'enflamme à la voir seulement, Et je me sens tout je ne sais comment.LE CHEVALIER
Oui, déjà je lui rends les armes.MADAME BOURDON
Vraiment, ce sera bien pis, Quand vous verrez tous ses charmes, Quand vous verrez tousTrois fois.
Ses charmes.LE CHEVALIER
Vous irritez l'envie que j'ai de les voir.
MADAME BOURDON
e vais vous contenter.
Elle prend les mains de Clarice et du Chevalier, en disant à la Dame :
AIR. (La mirtamplain.)
Pour époux ce jouvenceau À vous se présente ; Je vous joins d'un noeud si beau.LE CHEVALIER
AIR. ( N'y a pas d'mal à ça. )
Ma chère Clarice, Hé quoi, vous voilà. Ciel ! Quelle injustice ! Vous en Canada !LE CHEVALIER
AIR 76. ( Ha, qui vous a, qui vous ai qui vous a. )
Vous Clarice, dans ces lieux ! Hélas ! ce triste voyage De mon Père furieux Ne serait-il point l'ouvrage ? Ha ! Qui vous a , qui vous a, qui vous a, Qui vous a donc fait cet outrage ?CLARICE
Oui, c'est le Papa Moreri, dont vous n'avez pas moins que moi sujet de vous plaindre.
AIR ( Tu croyais en aimant Colette. )
Mais le Dieu puissant de Cithère, L'appui des amants malheureux, Pour nous venger de votre père Nous a rejoints ici tous deux.LE CHEVALIER
Mon Père est assez puni.
AIR ( Je vous avais cru belle. )
Pardonnez-lui, Clarice, Son injuste rigueur. Perdons le souvenir de sa malice, Puisqu'elle fait enfin notre bonheur. Ne nous occupons ici que de notre tendresse.CLARICE
Ne songeons qu'à nous aimer.
AIR. ( Ha ! Phylis, je vous aimerai tant. )
C'est un emploi fort amusant, Cher époux, je vous aimerai tant !ENSEMBLE
Cher époux, je vous vois, je vous aime, Clarice, je vous vois, je vous aime, Ah ! Je vous ai, je vous aimerai tant !MADAME BOURDON
Ho-çà, mes amis, apprenez votre destination. Il vous est ordonné de vous établir sur les bords du fleuve Saint-Laurent avec ceux qui ont été mariés dans cette maison depuis trois jours. Partez tous ensemble. Vous trouverez près de rivage le vaisseau qui doit vous porter au Canton où vous ferez votre demeure.
AIR. ( Tout le long de la rivière. )
Vite qu'on s'assemble. Adieu, mes enfants ; Allez tous ensemble Joyeux et contents Tout le long de la Rivière, Laire, Lonlanla, Tout le long de la Rivière, Ah ! qu'il fait bon là iSCÈNE XIX ET DERNIÈRE. Mezzetin, Colombine, Le Chevalier, Clarice, Troupe d'hommes et de femmes mariés.
On danse, et la danse est coupée par ces deux couplets.
MEZZETIN
AIR 151. ( De Monsieur Gillier. )
Éloignons-nous gaîment du port ; S'affliger est une faiblesse : Mes amis, allons, sans tristesse Où nous appelle notre sort. Par toute la terre habitable, Lorsque l'on a l'esprit joyeux, On est toujours moins misérable, Si l'on ne saurait être heureux.COLOMBINE
AIR 152. (De Monsieur Gillier.)
N'appréhendons pas des Hurons Les farouches visages : Ou nous les apprivoiserons, Par nos plus doux usages ; Ou plus heureux, nous deviendrons Peut-être aussi Sauvages.On reprend la danse, et l'on chante le Vaudeville.
VAUDEVILLE.
AIR 153. De Monsieur Gillier.
PREMIER COUPLET.
MEZZETIN
Dans un désert, où la Nature Ne fournirait pour nourriture Que de l'eau claire et du pain, Un amant avec sa maîtresse Oublierait le genre humain : Contentement passe richesse.II. COUPLET.
COLOMBINE
Nous aurons dans notre chaumière Une liberté toute entière ; Dans nos bois le long du jour. Ne respirant que la tendresse, Nous pourrons faire l'amour : Contentement passe richesse.III. COUPLET.
UN ÉPOUX
Là, soutenant avec constance Une supportable indigence, Suivis des Ris et des Jeux, Nous nous divertirons sans cesse ; Est-il des jours plus heureux ? Contentement passe richesse.IV. COUPLET.
UN AUTRE ÉPOUX
Dans une honorable famille, J'ai vu marier une fille À certain riche Barbon. L'épouse eût péri de tristesse i Sans le secours d'un Gascon : Contentement passe richesse.V. COUPLET.
UNE FEMME
Certaine fille, dans l'attente D'hériter, vivait chez sa tante ; La Tante était un dragon. La Nièce a de cette diablesse Abandonné la Maison : Contentement passe richesse,VI. COUPLET.
Aux spectateurs.
615 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica