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Tragédie en vers

Médée

Hilaire-Bernard de Longepierre· créée en 1694· 5 actes· 1 360 vers· 10 personnages

Représenté pour la première fois 13 février 1694 au Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain par la troupe de la Comédie française.

Personnages

  • MÉDÉE
  • JASON
  • CRÉUSE
  • IPHITE
  • CYDIPPE
  • RHODOPE
  • CRÉON
  • Premier enfant de Médée
  • Second enfant de Médée
  • Suite

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Jason, Iphite.

JASON

Non, la raison ici, d'accord avec mon coeur, Autorise ma flamme et soutient mon ardeur. Exilés, fugitifs, le trépas de Pélie Soulève contre nous toute la Thessalie. Ce tyran, de mon trône injuste usurpateur, De ses crimes enfin a lavé la noirceur. Tu sais comme Médée, ardente à la vengeance, Sur le flatteur appas d'une vaine espérance, De ses propres enfants en a fait ses bourreaux. Ses filles, à l'envi, le mirent par morceaux ; Et leur crédule amour armant leur bras timide, Commit par pitié cet affreux parricide. Son fils Acaste, armant, pour venger son trépas, J'obéis au destin, je quittai ses États ; Et Créon seul osant plaindre notre disgrâce, Lorsque d'un fier Tyran la haine nous menace, M'a reçu dans son sein, moi, Médée et mes fils, D'une triste maison infortunés débris. Seul, il pouvait me tendre une main salutaire ; Et le Ciel de mon sort le rend dépositaire. En vain je chercherais en de nouveaux climats, L'asile et le repos qu'il m'offre en ses États. Pour moi son amour brille et son estime éclate. Il me regarde en père ; il m'applaudit, me flatte. Cependant, trop instruit par mes malheurs divers, Toujours du sort jaloux je crains quelques revers. Mon ennemi demande et Médée, et ma tête : Irrité d'un refus, à la guerre il s'apprête. Créon m'aime, il est vrai : Créon est généreux ; Mais on porte à regret le poids des malheureux : Quelque noble penchant qui pousse à les défendre, Iphite, on craint de voir ses États mis en cendre, Ses peuples asservis, et son trône ébranlé. Souvent même Créon flotte et paraît troublé. D'ailleurs, trop prévenu d'une haine secrète, À Médée, à regret, il donne une retraite ; Et contr'elle avec peine il retient un courroux Qui pourrait retomber jusques sur son époux. Je dois donc, profitant d'un rayon favorable, M'assurer en Créon un appui ferme et stable ; Et, l'attachant à moi par le noeud le plus fort, Prévenir et fixer l'inconstance du sort. Pour sa fille, avec joie il voit briller ma flamme ; Elle règle ses voeux, et peut tout sur son âme : Créüse seule, enfin, peut m'assurer Créon... Eh bien ! L'amour, Iphite, aveugle-t-il Jason ?

SCÈNE II. Jason, Créuse, Iphite, Cydippe.

SCÈNE III. Jason, Créuse, Créon, Suite.

CRÉON

En faveur de vos fils et de vous, Je ne veux point livrer Médée à son courroux. Mais est-il juste, aussi, Jason, que de ses crimes, Mes sujets innocents deviennent les victimes ; Et que d'une étrangère appuyant les forfaits, De mes heureux États je trouble ainsi la paix ? Non ; il faut qu'elle parte, et qu'une prompte fuite Nous délivre des maux qu'elle traîne à sa suite : Je le veux. Cet exil est nécessaire à tous ; Pour Acaste, pour moi, pour ma fille, pour vous, Pour Médée elle même. Il faut purger Corinthe De ce funeste objet qui la glace de crainte. Il faut nous épargner ses cris et sa fureur. Je hais jusqu'à sa vue ; elle me fait horreur. Des songes effrayants, des présages sinistres, Des redoutables Dieux les augustes ministres, M'annoncent de leur part le plus affreux malheur, Si je ne l'abandonne à leur courroux vengeur. Rompez avec éclat le charme qui vous lie : Expiez un hymen qui tache votre vie. Assez et trop longtemps ces liens mal tissus Ternissent votre gloire et souillent vos vertus. Assez et trop longtemps, avec douleur, la Grèce Voit gémir, sous le joug de cette enchanteresse, Le plus grand des Héros qu'elle conçut jamais. Séparez vos vertus d'elle et de ses forfaits. Justifiez ainsi l'appui que je vous donne. Possédez à ce prix ma fille et ma couronne. Je veux que dès demain l'astre brillant du jour, Ait vu partir Médée en commençant son tour ; Et que Corinthe ainsi n'étant plus profanée, Il se prête avec joie à ce doux hyménée.

ACTE II

SCÈNE I.

MÉDÉE, seule

Où suis-je malheureuse ? Où portai-je mes pas ? Qu'ai-je vu ? Qu'ai-je ouï ? Je ne me connais pas. Furieuse, je cours, et doute si je veille. Quel bruit, quels chants d'hymen ont frappé mon oreille ? Corinthe retentit de cris et de concerts. Ses autels sont parés ; ses temples sont ouverts. Tout à l'envi prépare une odieuse pompe. Tout vante ma rivale, et l'ingrat qui me trompe. Jason, il est donc vrai, jusque-là me trahit ! Jason honteusement me chasse de son lit ! Il m'ôte tout espoir ! Épouse infortunée ! Que dis-je, épouse ? Hélas ! Pour nous plus d'hyménée ! L'ingrat en rompt les noeuds ... Dieux justes, Dieux vengeurs ! De la loi conjugale augustes protecteurs, Garants de ses serments, témoins de ses parjures, Punissez son forfait, et vengez nos injures ! Toi surtout, ô Soleil ! J'implore ton secours ! Toi, qui donnas naissance à l'auteur de mes jours ; Tu vois, du haut des Cieux, l'affront qu'on me destine ! Et Corinthe jouit de ta clarté divine ! Retourne sur tes pas, et dans l'obscurité Plonge tout l'univers privé de ta clarté ; Ou plutôt, donne-moi tes chevaux à conduire. En poudre dans ces lieux je saurai tout réduire. Je tomberai sur l'isthme avec ton char brûlant. J'abîmerai Corinthe et son peuple insolent. J'écraserai ses Rois ; et ma fureur barbare Unira les deux mers que Corinthe sépare... Mais où vont mes transports ! Est-ce donc dans les cieux, Que j'espère trouver du secours et des Dieux ? Déités de Médée, affreuses Euménides, Venez laver ma honte et me servir de guides. Armons-nous. De notre art déployons la noirceur. Que toute pitié meure et s'éteigne en mon coeur. Que de sang altéré, que de meurtres avide, À l'isthme il fasse voir ce qu'a vu la Colchide. Que dis-je ! De bien loin surpassons ces forfaits ; De ma tendre jeunesse il furent les essais. J'étais et faible et simple, et de plus innocente. L'amour seul animait ma main encore tremblante. La haine avec l'amour, le courroux, la douleur, M'embrasent à présent d'une juste fureur. Que n'enfantera point cette fureur barbare ? Le crime nous unit ; il faut qu'il nous sépare.

SCÈNE II. Médée, Rhodope.

SCÈNE III. Médée, Créon, Rhodope, Suite.

MÉDÉE

A-t-on, pour m'opprimer, quelques droits légitimes ? Un Tyran, par la force, agit dans ses États ; Un Roi juste, au coupable apprend ses attentats. Parlez donc ; ou du moins forcez-vous à m'entendre, Si jusqu'à m'accuser vous ne daignez descendre. J'ignore quel forfait vers vous peut me noircir : Voici les miens, Créon. Vous n'avez qu'à choisir. J'ai sauvé ces héros que vous vantez sans cesse, Le plus pur sang des Dieux, et la fleur de la Grèce. Sans moi, pour conquérir la superbe toison, Qu'auraient pu ces héros, et ce fameux Jason ? Leur bouche a-t-elle osé m'en dérober la gloire ? S'ils vous l'ont déguisé, apprenez-en l'histoire. Dans une forêt sombre, un dragon furieux Conservait du Dieu Mars le dépôt précieux. Ses yeux étincelaient d'une affreuse lumière ; Jamais le doux sommeil ne charma leur paupière ; Et veillant nuit et jour, ses terribles regards Portaient l'effroi, l'horreur, la mort de toutes parts. Farouches défenseurs de la forêt sacrée, Deux Taureaux menaçants en occupaient l'entrée. Il fallait mettre au joug ces Taureaux indomptés. Des fureurs de Vulcain ministres redoutés, Ils vomissaient au loin une brûlante haleine, Et de torrents de flamme ils inondaient la plaine. Il fallait à leur aide ouvrir d'affreux sillons ; Voir des dents de serpent naître des bataillons ; Et vaincre ces soldats, enfantés de la Terre, Qui tous ne respiraient que le sang et la guerre. Parmi tant de périls, quel Dieu, sans mon secours, De vos tristes Héros eût conservé les jours ? Sur le destin jaloux j'emportai la victoire : J'empêchai leur trépas ; je les couvris de gloire ; Et leur sacrifiai, remords, crainte, pudeur, Mon père, mon pays, ma gloire, mon bonheur. Je n'ai voulu qu'un d'eux pour toute récompense. Vous jouissez du reste, et par mon assistance. Pour les avoir sauvés, je ne demande rien. Je vous les laisse tous ; mais laissez-moi mon bien.

SCÈNE IV. Médée, Rhodope.

SCÈNE V. Médée, Jason, Rhodope.

SCÈNE VI. Médée, Rhodope.

ACTE III

SCÈNE I. Jason, Créuse, Iphite.

SCÈNE II. Jason, Iphite.

SCÈNE III. Jason, Médée, Iphite, Rhodope.

SCÈNE IV. Médée, Rhodope.

MÉDÉE

Va, quand tu le voudrais, il y va de ma gloire ; Je t'empêcherai bien d'en perdre la mémoire. Je sais, quand il me plaît, dans l'âme des ingrats, Graver des souvenirs qui ne s'effacent pas. Que j'ai souffert, Rhodope, à cacher ma colère ! Quelle horrible contrainte il a fallu me faire ! Ma rage en est accrue ; et ce torrent fougueux Va plus rapidement se déborder contre eux. Il ne me reste plus que d'évoquer Hécate, Et tous ces Dieux cruels dont la fureur me flatte. Mes plus mortels poisons, mes charmes sont tous prêts. Hâtons-nous de lancer nos redoutables traits. Rhodope, tu connais cette robe éclatante, De rubis lumineuse et d'or étincelante, Parure inestimable, ornement précieux, Où l'art et la richesse éblouissent les yeux. Le Soleil, mon aïeul, favorisant mon père, Pour présent nuptial en fit don à ma mère ; Et semble avoir mêlé, pour enrichir ses dons, Le feu de sa lumière à l'or de ses rayons. C'est de tous les trésors où je pouvais prétendre, L'unique qu'en fuyant Médée ait daigné prendre. Tu sais qu'en arrivant en ces funestes lieux, De Créüse éblouie elle enchanta les yeux. Admirant son éclat, et vantant sa richesse, Elle a tout employé, prières, dons, promesses, Pour pouvoir posséder ce superbe ornement. Il faut qu'à ma vengeance il serve d'instrument. Je vais l'empoisonner, et, par mon art funeste, Mêler un prompt venin à son éclat céleste ; Mille sucs empestés, mille charmes divers, Et la rage et la mort, et l'horreur des Enfers. Je veux que mes enfants, pour cacher ma vengeance, En feignant d'implorer ses soins et sa clémence, Ministres non suspects de mon courroux affreux, Portent à leur Marâtre un don si dangereux. Mais allons engager mes Dieux dans ma querelle. J'entends déjà leur voix qui m'anime et m'appelle. Terribles Dieux du Styx, je marche sur vos pas : Dans ce pressant besoin, ne m'abandonnez pas.

ACTE IV

SCÈNE I. Médée, Rhodope.

SCÈNE II. Médée, seule.

MÉDÉE

Ministres rigoureux de mon courroux fatal, Redoutables Tyrans de l'Empire infernal, Dieux ! Ô terribles Dieux du trépas et des ombres ; Et vous, Peuple cruel de ces royaumes sombres, Noirs enfants de la Nuit, Mânes infortunés, Criminels, sans relâche, à souffrir condamnés, Barbare Trisiphore, implacable Mégère ; Nuit, Discorde, Fureur, Parques, Monstres, Cerbère ; Reconnaissez ma voix et servez mon courroux ! Dieux cruels ! Dieux vengeurs ! Je vous évoque tous. Venez semer ici l'horreur et les alarmes. Venez remplir ces lieux et de sang et de larmes. Rassemblez, déchaînez tous vos tourments divers ; Et, s'il se peut, ici transportez les Enfers... On m'exauce. Le Ciel se couvre de ténèbres. L'air au loin retentit de hurlements funèbres. Tout redouble en ces lieux le silence et l'horreur. Tout répand dans mon âme une affreuse terreur. Ce Palais va tomber. La terre mugit, s'ouvre ; Son sein vomit des feux, et l'enfer se découvre. Quel est ce criminel qui cherche à se cacher ? Je reconnais Sisyphe à ce fatal rocher. Témoin des maux cruels qu'on prépare à sa race, Il se cache de honte, et pleure sa disgrâce. Son désespoir commence à soulager le mien. Le crime de ta race est plus noir que le tien, Audacieux Sisyphe, et le Roi du Tartare Ne saurait vous trouver de peine assez barbare. Mais quels fantômes vains sortent de toutes parts ? Que de spectres affreux s'offrent à mes regards ? Quelle ombre vient à moi ? Que vois-je ? C'est mon père ! Quel coup a pu si tôt lui ravir la lumière ? Chère ombre apprends-le moi ? Ma fuite et ma fureur, Hélas ! T'ont fait sans doute expirer de douleur. Tends-moi les bras du moins... Mais quelle ombre sanglante Se jette entre nous deux, terrible et menaçante ? De blessures, de sang, couvert, défiguré, Ce spectre furieux paraît tout déchiré. C'est mon frère. Oui, c'est lui ; je le connais à peine. Ah ! Pardonne, chère ombre, à ma rage inhumaine. Pardonne ! L'amour seul a causé ma fureur. Il fut ton assassin ; il sera ton vengeur, Et saura t'immoler de si grandes victimes, Qu'il obtiendra de toi le pardon de ses crimes. Le sang ... Tout disparaît ; tout fuit devant mes yeux. Tisiphone avec moi reste seule en ces lieux. Noire fille du Styx, Furie impitoyable, Ah ! Cesse d'attiser mon courroux effroyable ; Calme de tes serpents les affreux sifflements. Tu ne peux ajouter à mes ressentiments. Ne songe qu'à servir une fureur si grande. Hécate le désire, et je te le commande ! Nuit, Styx, Hécate, Enfers, terribles Déités J'ordonne. Obéissez, sourdes Divinités !... Le charme a réussi, poursuivons ma vengeance.

SCÈNE III. Médée, Rhodope.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Médée, ses enfants, Rhodope.

MÉDÉE

Approchez, approchez, jeunes infortunés. Qu'aux maux presqu'en naissant le Ciel a condamnés. On va nous séparer, par une loi sévère. C'en est fait, mes enfants, vous n'avez lus de mère. Je ne jouirai plus de vos transports charmants. Le sort cruel m'arrache à vos embrassements. Votre vue est un bien que sa rigueur m'envie. Vous n'adoucirez point les malheurs de ma vie ; Et mes yeux, loin de vous, aux pleurs accoutumés Par vos mains, en mourant, ne seront point fermés. Il vous est interdit d'accompagner ma fuite. Sous un joug étranger le Ciel vous précipite ; Et vous asservissant à de cruelles lois, Il vous donne des fers dont je sens tout le poids. Soumettons-nous, mes fils ; cédons à la Fortune. Quittez cette fierté près des Rois importune : Votre sort a changé ; changez aussi de voeux : L'abaissement, mes fils, convient aux malheureux. Oubliez votre sang ; oubliez vos ancêtres ; Esclaves, apprenez à ménager vos Maîtres, Et leur immolant tout, ainsi qu'à vos vrais Dieux, Essayez de trouver grâce devant leurs yeux. Portez, pour commencer, ma robe à la Princesse. Offrez-la de ma part ; peignez-lui ma tristesse ; Qu'un juste repentir surmonte ma fureur : Que j'implore pour vous ses bontés, sa faveur. Allez ; de vos destins à présent souveraine, Mes fils, c'est votre mère, et, de plus, votre Reine. Sans rougir, à ses pieds, d'abord prosternez-vous. Baisez avec respect sa robe et ses genoux ; Et par vos soins flatteurs, par vos tendres caresses, Appuyez vivement la foi de mes promesses. Qui peut vous retenir ? Mes fils vous soupirez ; Et vous n'osez lever vos yeux mal assurés. Je le vois. Votre sang répugne à ces faiblesses. Les neveux du Soleil ont horreur des bassesses. Mais c'est l'arrêt du sort. Vous pouvez, sans rougir, Imiter mon exemple, à mes lois obéir.

À Rhodope.

Tu pourras au besoin leur servir d'interprète, Rhodope ; conduis-les : fais ce que je souhaite ; Et reviens avec eux m'informer promptement, Comme on aura reçu ce fatal vêtement.

Rhodope et les enfants sortent.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Médée, ses enfants, Rhodope.

MÉDÉE

Hélas !

MÉDÉE

Quelque vive douceur qu'ait pour moi la vengeance, Un trouble violent en secret la balance. Je pleure avec raison ces enfants malheureux. Quel crime les condamne, et qu'ont-ils fait aux Dieux ? Dans un âge si tendre ils vont perdre leur mère ; Et les infortunés n'ont déjà plus de père. Esclaves, étrangers, sans appui, sans secours, Quelle suite de maux va marquer tous leurs jours ! C'est en vain que je vais leur ravir leur marâtre ; De quelque objet nouveau mon perfide idolâtre, Les remettra bientôt sous un joug odieux, Et les accablera d'un poids injurieux. Quel astre empoisonnant votre triste naissance, Mes fils, versa sur vous sa cruelle influence ? Languissant sous le joug, gémissant dans les fers, Le destin vous condamne à cent malheurs divers. Vous vous consumerez dans un vil esclavage, Essuyant chaque jour quelque nouvel outrage. Quel sort ! ... Ah ! Cette idée irrite ma douleur, Et l'amour maternel redouble ma fureur ! Pour les fils du Soleil, quel indigne partage ! Quel coup ! Mon amour meurt, et se transforme en rage. C'en est fait ... Innocents vous me tendez les bras. Ces regards caressants, ce souris plein d'appas, Réveillant la nature, augmentant ma faiblesse, Jusqu'au fond de mon coeur vont chercher la tendresse. Hélas ! En souriant vous répandez des pleurs. Infortunés ! Déjà sentez-vous vos malheurs ? Que voulez-vous de moi par ces douces caresses ? Il nous faut renoncer à toutes ces tendresses. De votre triste mère il faut vous détacher ; À de si doux plaisirs il faut nous arracher. En vain j'avais sur vous fondé mon espérance. En vain je me flattais d'élever votre enfance ; Il nous est interdit de nous voir désormais ; Ô mes fils ! Il nous faut séparer pour jamais.

SCÈNE VIII.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Médée, Rhodope.

SCÈNE II. Jason, Iphite.

SCÈNE III. Jason, Iphite, Créuse, Cydippe.

SCÈNE IV. Jason, Médée, Iphite.

MÉDÉE, le frappant de sa baguette

Arrête, ingrat ! Et connais mon pouvoir.

SCÈNE DERNIÈRE. Jason, Iphite.

1 360 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0