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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragi-comédie en vers· Ou la Conclusion de Cassandre

Le Mariage d'Oroondate et de Statira

Jean Magnon· créée en 1644, imprimée en 1648· 5 actes· 1 878 vers· 9 personnages

Personnages

  • ROXANE, veuve d'Alexandre
  • STATIRA, veuve d'Alexandre
  • OROONDATE, Prince de Scythie
  • PERDICAS, successeur d'Alexandre
  • CASSANDER, successeur d'Alexandre
  • SELEUCUS, successeur d'Alexandre
  • ARBATE, confident de Roxane
  • HEZIONNE, confidente de Roxane
  • GARDES
MONSIEUR,

À MONSIEUR DE CHABENAT, VICOMTE DE SAVIGNY, D'HIERRY, Dupréau, Baron de Noüan, Conseiller du Roi en ses Conseils, etc.

Mon âme n'est point née à la servitude, et j'abhorre naturellement ces complaisances excessives dont quelques-uns de nos Écrivains sont corrompus, et qui à force d'ajouter du fard sur des beautés naturelles, enlaidissent ce qu'elles prétendent d'embellir. Pour moi je ne veux employer à la composition de votre image que la matière que j'y rencontrerai, et non pas ces faux ornements qui pour représenter une personne avec qui la vôtre n'eut aucune ressemblance n'en pourraient former une qui eût du rapport avec vous : ainsi (Monsieur) sans vous donner ce que vous n'avez pas, ou sans accroître ce que vous possédez, je ne feindrai point que vous tiriez votre naissance des anciennes familles du Royaume, ni aussi sans vous attribuer une naissance moderne, je ne tairai point des vérités que vous persuadez assez puissamment par vos actions sans que je craigne en les disant de trouver des incrédules : Oui (Monsieur) quand toute la France ignorerait que vous êtes né Gentilhomme, votre façon de vivre est si conforme à la condition des hommes illustres, que ceux qui se mettent d'étudier les sentiments les plus cachés de l'âme en trouveraient de si beaux et de si relevés dans la vôtre qu'ils s'y laisseraient surprendre et jureraient en votre faveur ou que leur art est trompeur ou que vous agissez tout noblement. Faut-il des preuves plus éclatantes de cette vérité que vos glorieux emplois dans l'Italie, où vous avez rendu tant de témoignages de votre vertu et de la vivacité de votre esprit, que le feu Duc de Mantoue, fut surpris de voir un jeune homme consommé dans la connaissance des affaires, à l'âge de vingt-deux ans, et si prudemment agir dans les intérêts du Roi que vous aviez à démêler avec lui : il fut comme étonné de tant de conduite et de raisonnements, et ne vit, qu'avec admiration une si judicieuse politique. Combien ensuite de l'estime qu'il fit de votre personne est-ce que la Cour de Savoie vous rendit d'honneurs, l'accueil et les caresses que vous y trouvâtes accompagnés de l'estime et de la bienveillance publique que vous vous acquittez sur tous ceux qui serviront dans les armées du Piémont, pendant le séjour que y fîtes portent un témoignage avantageux de ce que vous valez : Je ne dirai rien ici (Monsieur) à la gloire de vos prédécesseurs, suffit que votre maison ait produit des hommes très considérables, et sans les faire entrer en comparaison avec vous, ou vous avec eux, je me contenterai d'avancer pour complaire à votre modestie, que le noble sang des Gannay duquel vous êtes sorti, n'a rien perdu de son lustre en votre personne, et que le ruisseau vaut bien la source, (mais Monsieur) il m'est ici impossible de satisfaire pleinement à votre modestie, puisqu'elle ne me veut pas permettre de louer vos autres vertus, je la veux louer elle-même, toutefois je lui ferais trop de violence, et comme cette belle ennemie des louanges ne veut pas même que l'on lui en donne, je la contenterai avec le reproche que je lui fais d'être trop sévère aussi bien à elle-même qu'à ses compagnes, je lui demande seulement cette dernière liberté de dire à votre gloire que vous soutenez tant de belles qualités qui sont en vous par une générosité connue de tous ceux qui vous approchent, c'est votre réputation qui m'a fait ardemment désirer l'honneur d'être connu d'une personne comme la vôtre, j'ai cherché les moyens de me contracter une si noble habitude, je pense y réussir dans l'ouvrage que je vous offre, je ne crois pas que vous me refusiez une faveur, dont vous êtes si prodigue, je m'en glorifierai donc (Monsieur) et je mettrai entre mes plus beaux souhaits le voeu d'être agréé

MONSIEUR,

Votre très humble et très obéissant serviteur

MAGNON.

ACTE I

SCÈNE I. Roxane, Hézionne.

SCÈNE II. Roxane, Hézionne, Arbate.

ROXANE

Quel.

SCÈNE III. Roxane, Hézionne.

SCÈNE IV. Roxane, Hézionne, Perdicas.

ROXANE

Je vous défends sa vue il est des généreux, De ne point insulter au sort d'un malheureux. Vous vous échapperiez contre un homme que j'aime, Il est votre rival.

Echapper : Céder à son emportement, se laisser aller à des paroles ou à des actions inconsidérées, légères, condamnables. [L]

PERDICAS

Avec Néarchus, Il vient pour vous parler.

Néarchus : Lieutenant d'Alexandre . Il en hérita La Lycie et le Pampjilie.

PERDICAS

Le voici, Cassander vous l'amène.

Cassander : Roi de Macédoine fit tuer la mère, la femme Roxane et le fils d'Alexandre le Grand . Il en hérita la plus grande partie de la Grèce. Le nom est tantôt Cassander tantôt Cassandre, selon les besoins de la rime.

SCÈNE V. Roxane, Hézionne, Perdicas, Cassander, Séleucus.

SÉLEUCUS

Une importante affaire.

vers 194, l'original porte "un important affaire", le féminin d'affaire n'est pas attesté dans Furetière ou Littré. Toutefois, dans le Féraud critique, on lit "Affaire était autrefois masculin, et Regnard a encore dit dans la Sérénade ; ce n'est pas un petit affaire."

SCÈNE VI. Roxane, Hézionne, Perdicas, Cassander.

SCÈNE VII. Roxane, Cassander.

SCÈNE VIII.

ACTE II

SCÈNE I. Oroondate, Hézionne, Perdicas.

HEZIONNE

Ici Seigneur.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Oroondate, Cassander.

SCÈNE IV. Oroondate, Cassander, Roxane.

SCÈNE V. Roxane, Oroondate.

SCÈNE VI. Roxane, Hézionne.

SCÈNE VII. Roxane, Hézionne, Perdicas.

PERDICAS

Ma Princesse.

ROXANE

Achevez.

ROXANE

Qui.

SCÈNE VIII. Perdicas, Statira, Hézionne.

PERDICAS

Rien ne peut échapper à la longueur du temps Je pourrai parvenir au but où je prétends, Que si le désespoir m'en ouvre le passage.

Dans l'original, le vers 655 et joint au vers 654, le mention de Perdicas est absente.

PERDICAS

Il mourra.

ACTE III

SCÈNE I. Oroondate, Hézionne.

OROONDATE

Je verrai ma Princesse Ah ! Mon âme conçoit une entière allégresse, Ne mêlez rien de triste à mon contentement Oublions tous nos maux en cet heureux moment Et décevant mes sens par un si beau mensonge, Croyons-nous fortunés pendant le cours d'un songe, Quoi je la reverrai l'aimable Statira Je sens que vers mes yeux toute mon âme ira, Ou que par un excès du plaisir qui la noie, Elle s'en va sortir par un soupir de joie, Quoi je lui parlerai j'aurai ce second bien J'aurai pour un moment son divin entretien, Mon âme en cet instant conçoit de belles choses Esprit trop orgueilleux qu'est-ce que tu proposes, Ah ! Ne te vante pas de pouvoir t'exprimer, La grandeur du sujet aura beau t'animer De ma divinité l'adorable présence T'imposera bientôt un éternel silence, Si mes yeux prennent part dans ta témérité Ils demanderont grâce avec humilité, Ces tristes criminels dénués de refuge N'oseront regarder la face de leur juge Ils n'en pourront souffrir un regard irrité Ni l'indignation de leur divinité, Tu les verras mourants attachés contre terre Se préparer sans force à l'éclat d'un tonnerre, Et mon coeur tout tremblant prêt à s'évanouir Écouter un Arrêt qu'il ne veut pas ouïr, Elle m'a déjà dit cette horrible sentence, Va traître me dit-elle ôte-moi ta présence, Ah ! Ma Reine rompez ce cruel jugement Et daignez révoquer un long bannissement J'ai repris dans l'exil ma première innocence Donnez-moi le pardon après la pénitence, Si les termes suivants m'en donnent un espoir Mets-toi m'avez-vous dit en état de me voir J'y suis de mon côté rendez-vous y du vôtre J'ai pleinement souffert pour les crimes d'un autre Votre Alexandre est mort et je suis innocent, Perdicas y remet et Roxane y consent, Ainsi rien ne rompra notre belle entrevue.

SCÈNE II. Oroondate, Statira, Hézionne.

OROONDATE

Hélas.

STATIRA

Orondate.

OROONDATE

Madame.

ARBATE, entrant

Seigneur il faut finir.

SCÈNE III. Oroondate, Statira, Roxane, Perdicas, Arbate, Hézionne.

OROONDATE

Ah plutôt.

PERDICAS, tirant l'épée de son côté, et la pointant contre Oroondate

Plutôt par son trépas, J'ai trouvé le secret par qui je vous sépare Je t'ai trop épargné meurs scythe meurs barbare, Et me rends le repos, que tu m'avais ôté.

Vers 1090, l'original porte scite au lieu de scythe.

STATIRA, à Roxane

Fille de Cohortan perds dedans ta furie La femme d'Alexandre et le sang de Darie, Et portant dans ton sein ta dernière vigueur Viens frapper Orondate au travers de mon coeur Et nous sacrifiant au démon de la rage Renverse tout ensemble et l'autel et l'image.

Darie : Statira était la fille de Datius Codoman, qui fut vaincu par Alexandre le Grand. Celui-ci fit prisonnière toute sa famille dont Statira.

ROXANE, se mettant devant lui

Non tu ne mourras pas je défendrai ta vie.

STATIRA, en sortant

Plutôt cent fois mourir.

ACTE IV

SCÈNE I. Roxane, Hézionne, Arbate.

ARBATE

J'obéis.

SCÈNE II. Roxane, Hézionne.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Roxane, Arbate.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Roxane, Hézionne.

SCÈNE VII. Roxane, Hézionne, Arbate.

ROXANE

[Le]quel si dans l'état où mon amour est mis Mon malheur s'est acquis cent sortes d'ennemis.

vers 1305, l'original pour "Quel" ce qui ne fait que 11 pieds. Nous proposonsons "Le" qui complète sans trahir.

SCÈNE VIII.

SCÈNE IX. Roxane, Hézionne, Oroondate.

SCÈNE X. Roxane, Oroondate, Hézionne.

SCÈNE XI. Roxane, Oroondate, Arbate, Hézionne.

SCÈNE X.I. Roxane, Oroondate.

ROXANE

Faut-il enfin céder Je ne puis te quitter et ne puis te garder, Fatale extrémité.

Vers 1487, "fatal" est au masculin dans l'original.

OROONDATE

Si les Dieux.

SCÈNE XIII. Roxane, Hézionne.

ROXANE

Si peu de combattants ne peut m'envelopper Et d'ailleurs mes soldats sont encore en défense Pour les fortifier donnons-leur ma présence, Et si quelque chemin se présente à nos yeux Allons, allons porter la guerre en d'autres lieux.

Vers 1534, Si "si" est un adverbe diminituf de aussi, il ets normal que le verbe pouvoir soit au singulier. Dans le cas d'un conjonction d esubordination, le pluriel seraint plus vraisemblable.

ACTE V

SCÈNE I. Roxane, Hézionne.

SCÈNE II. Roxane, Hézionne, Cassander, Gardes.

SCÈNE III. Roxane, Hézionne, un Garde.

SCÈNE IV. Roxane, Hézionne, Statira, Séleucus, Garde.

SCÈNE V. Statira, Séleucus, Roxane, Oroondate.

SCÈNE VI. Statira, Séleucus, Roxane, Oroondate.

STATIRA

Je le veux.

OROONDATE

Un pardon.

OROONDATE

Le voulez-vous.

SÉLEUCUS

C'est vous ?

1 878 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica