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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

L'Ecole des Femmes

Molière· créée en 1661, imprimée en 1663· 5 actes· 1 779 vers· 8 personnages

Réprésentée sur le Théâtre du Palais-Royal le 26 décembre 1661

Personnages

  • ARNOLPHE, autrement Monsieur de la Souche
  • AGNÈS, Jeune fille innocente élevée par Arnolphe
  • HORACE, amant d'Agnès
  • ALAIN, paysan, valet d'Arnolphe
  • GEORGETTE, paysanne, servante d'Arnolphe
  • CHRYSALDE, ami d'Arnolphe
  • ENRIQUE, beau-frère de Chrysalde
  • ORONTE, père d'Horace et ami d'Arnolphe
Madame,

À MADAME.

Je suis le plus embarrassé homme du monde lorsqu'il me faut dédier un livre ; et je me trouve si peu fait au style d'épître dédicatoire, que je ne sais par où sortir de celle-ci. Un autre auteur qui serait à la place trouverait d'abord cent belles choses à dire de VOTRE ALTESSE ROYALE sur le titre de L'ÉCOLE DES FEMMES, et l'offre qu'il vous en ferait. Mais, pour moi, MADAME, je vous avoue mon faible : je ne sais point cet art de trouver des rapports entre des choses si peu proportionnées ; et quelques belles lumières, que mes confrères les auteurs me donnent tous les jours sur de pareils sujets, je ne vois point ce que VOTRE ALTESSE ROYALE pourrait avoir à démêler avec la comédie que je lui présente. On n'est pas en peine, sans doute, comme il faut faire pour vous louer : la matière, MADAME, ne saute que trop aux yeux, et de quelque côté qu'on vous regarde, on rencontre gloire sur gloire et qualités sur qualités. Vous en avez, MADAME, du côté du rang, et de la naissance, qui vous font respecter de toute la terre. Vous en avez du côté des grâces et de l'esprit et du corps, qui vous font admirer de toutes les personnes qui vous voient. Vous en avez du côté de l'âme, qui, si l'on ose parler ainsi, vous font aimer de tous ceux qui ont l'honneur d'approcher de vous : je veux dire cette douceur pleine de charmes dont vous daignez tempérer la fierté des grands titres que vous portez ; cette bonté tout obligeante, cette affabilité généreuse que vous faîtes paraître pour tout le monde. Et ce sont particulièrement ces dernières pour qui je suis, et dont je sens fort bien que je ne me pourrai taire quelque jour. Mais encore une fois, MADAME, je ne sais point le biais de faire entrer ici des vérités si éclatantes ; et ce sont choses, à mon avis, et d'une trop vaste étendue, et d'un mérite trop relevé, pour le vouloir renfermer dans une épître et les mêler avec ces bagatelles. Tout bien considéré, MADAME, je ne vois rien à faire ici pour moi que de vous dédier simplement ma comédie, et de vous assurer avec tout le respect, qu'il m'est possible, que je suis de VOTRE ALTESSE ROYALE,

MADAME,

Le très humble et très obéissant serviteur,

J.B. MOLIÈRE.

PRÉFACE

Bien des gens ont frondé d'abord cette comédie : mais les rieurs ont été pour elle, et tout le mal qu'on en a pu dire n'a pu faire qu'elle n'ait eu un succès, dont je me contente. Je sais qu'on attend de moi, dans cette impression, quelque préface, qui réponde aux censeurs, et rende raison de mon ouvrage ; et sans doute que je suis assez redevable à toutes les personnes qui lui ont donné leur approbation, pour me croire obligé de défendre leur jugement, contre celui des autres ; mais il se trouve qu'une grande partie des choses que j'aurais à dire sur ce sujet est déjà dans une dissertation, que j'ai faite en dialogue, et dont je ne sais encore ce que je ferai. L'idée de ce dialogue, ou si l'on veut, de cette petite comédie, me vint après les deux ou trois premières représentations de ma pièce ; je la dis cette idée dans une maison où je me trouvai un soir, et d'abord une personne de qualité, dont l'esprit est assez connu dans le monde, et qui me fait l'honneur de m'aimer, trouva le projet assez à son gré non seulement pour me solliciter d'y mettre la main, mais encore pour l'y mettre lui-même ; et je fus étonné que, deux jours après, il me montra toute l'affaire exécutée d'une manière, à la vérité, beaucoup plus galante et plus spirituelle que je ne puis faire, mais où je trouvais des choses trop avantageuses pour moi ; et j'eus peur que, si je produisais cet ouvrage sur notre théâtre, on ne m'accusât d'avoir mendié les louanges qu'on m'y donnait. Cependant cela m'empêcha, par quelque considération, d'achever ce que j'avais commencé ; mais tant de gens me pressent tous les jours de le faire, que je ne sais ce qui en sera, et cette incertitude est cause que je ne mets point dans cette préface, ce qu'on verra dans la Critique, en cas que je me résolve à la faire paraître. S'il faut que cela soit, je le dis encore, ce sera seulement pour venger le public du chagrin délicat de certaines gens ; car pour moi je m'en tiens assez vengé par la réussite de ma comédie, et je souhaite que toutes celles que je pourrai faire, soient traitées par eux, comme celle-ci, pourvu que le reste soit de même.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Chrysalde, Arnolphe.

CHRYSALDE

Oui : mais qui rit d'autrui, Doit craindre, qu'en revanche, on rie aussi de lui. J'entends parler le monde, et des gens se délassent À venir débiter les choses qui se passent : Mais quoi que l'on divulgue aux endroits où je suis, Jamais on ne m'a vu triompher de ces bruits ; J'y suis assez modeste ; et bien qu'aux occurrences Je puisse condamner certaines tolérances ; Que mon dessein ne soit de souffrir nullement, Ce que d'aucuns maris souffrent paisiblement, Pourtant je n'ai jamais affecté de le dire ; Car enfin il faut craindre un revers de satire, Et l'on ne doit jamais jurer, sur de tels cas, De ce qu'on pourra faire, ou bien ne faire pas. Ainsi quand à mon front, par un sort qui tout mène, Il serait arrivé quelque disgrâce humaine : Après mon procédé, je suis presque certain Qu'on se contentera de s'en rire sous main ; Et peut-être qu'encore j'aurai cet avantage, Que quelques bonnes gens diront, que c'est dommage ! Mais de vous, cher Compère, il en est autrement ; Je vous le dis encore, vous risquez diablement. Comme sur les maris accusés de souffrance, De tout temps votre langue a daubé d'importance, Qu'on vous a vu contre eux un diable déchaîné ; Vous devez marcher droit, pour n'être point berné ; Et s'il faut que sur vous on ait la moindre prise, Gare qu'aux carrefours on ne vous tympanise, Et...

Dauber ; Signifie figurément, Médire de quelqu'un, le railler, le jouer. [F]

Tympaniser : signifie crier hautement et publiquement contre quelqu'un. Voir "La Fausse antipathie" de Nivelle la Chaussée (1734).

CHRYSALDE

Une femme stupide est donc votre marotte ?

Marotte : Espèce de sceptre qui est surmonté d'une tête coiffée d'un capuchon bigarré de différentes couleurs, et garnie de grelots ; c'est l'attribut de la Folie, et c'était celui des fous des rois. Fig. et familièrement. Objet de quelque affection folle et déréglée. [L]

ARNOLPHE

Chacun a sa méthode. En femme, comme en tout, je veux suivre ma mode ; Je me vois riche assez, pour pouvoir, que je crois, Choisir une moitié, qui tienne tout de moi, Et de qui la soumise, et pleine dépendance, N'ait à me reprocher aucun bien, ni naissance. Un air doux, et posé, parmi d'autres enfants, M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans : Sa mère se trouvant de pauvreté pressée, De la lui demander il me vint la pensée, Et la bonne paysanne, apprenant mon désir, À s'ôter cette charge eut beaucoup de plaisir. Dans un petit couvent, loin de toute pratique, Je la fis élever, selon ma politique, C'est-à-dire ordonnant quels soins on emploierait, Pour la rendre idiote autant qu'il se pourrait. Dieu merci, le succès a suivi mon attente, Et grande, je l'ai vue à tel point innocente, Que j'ai béni le Ciel d'avoir trouvé mon fait, Pour me faire une femme au gré de mon souhait. Je l'ai donc retirée ; et comme ma demeure À cent sortes de monde est ouverte à toute heure, Je l'ai mise à l'écart, comme il faut tout prévoir, Dans cette autre maison, où nul ne me vient voir ; Et pour ne point gâter sa bonté naturelle, Je n'y tiens que des gens tout aussi simples qu'elle. Vous me direz pourquoi cette narration ? C'est pour vous rendre instruit de ma précaution. Le résultat de tout, est qu'en ami fidèle, Ce soir, je vous invite à souper avec elle : Je veux que vous puissiez un peu l'examiner, Et voir, si de mon choix on me doit condamner.

CHRYSALDE

J'y consens.

SCÈNE II. Alain, Georgette, Arnolphe.

ARNOLPHE

Moi.

GEORGETTE

Hé bien ?

GEORGETTE

Vas-y toi.

GEORGETTE

Qui frappe ?

GEORGETTE

Alain ?

ALAIN

Quoi ?

ALAIN

Pourquoi plutôt que moi ? Le plaisant strodagème !

Strodagème : galimatias, stratagème.

GEORGETTE

Ni toi.

ARNOLPHE, recevant un coup d'Alain

Peste.

ALAIN

Pardon.

ALAIN

Monsieur, nous nous... Monsieur, nous nous por... Dieu merci ; Nous nous...

Arnolphe ôte par trois fois le chapeau de dessus la tête d'Alain.

GEORGETTE

Triste ! Non.

ARNOLPHE

Non !

GEORGETTE

Si fait.

SCÈNE III. Agnès, Alain, Georgette, Arnolphe.

AGNÈS

Je me fais des cornettes, Vos chemises de nuit, et vos coiffes sont faites.

Cornette : Sorte de coiffure de femme en déshabillé. [L]

SCÈNE IV. Horace, Arnolphe.

ARNOLPHE

Horace.

HORACE

Arnolphe.

ARNOLPHE

Vraiment.

HORACE

Enrique.

ARNOLPHE

Non.

HORACE

Il faut...

ARNOLPHE

Oh.

ARNOLPHE, riant

Et c'est ?

ARNOLPHE, à part

Ah ! Je crève.

ARNOLPHE, à part

La fâcheuse pilule !

ARNOLPHE

Eh...

ARNOLPHE, se croyant seul

Que je sens dans mon âme...

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Alain, Gorgette, Arnolphe.

ALAIN et GEORGETTE

Ah, ah.

ALAIN

Je meurs.

SCÈNE III. Alain, Georgette.

SCÈNE IV. Arnolphe, Agnès, Alain, Georgette.

SCÈNE V. Arnolphe, Agnès, Alain, Georgette.

AGNÈS

Fort beau.

AGNÈS

Non.

ARNOLPHE

Fort bien.

ARNOLPHE, bas

Tout cela n'est parti que d'une âme innocente : Et j'en dois accuser mon absence imprudente, Qui sans guide a laissé cette bonté de moeurs Exposée aux aguets des rusés séducteurs. Je crains que le pendard, dans ses voeux téméraires, Un peu plus fort que jeu n'ait poussé les affaires.

Aguets : Embuscade. Être aux aguets, se tenir aux aguets, épier pour surprendre ou pour éviter d'être surpris. [L]

Pendard : Par exagération, celui, celle qui est digne de pendaison, qui ne vaut rien du tout. [F]

ARNOLPHE

Quoi ?

AGNÈS

Pris...

ARNOLPHE

Euh !

AGNÈS

Le...

Voir le commentaire du « Le » dans le portrait du Peintre de Bousault, v.228-257.

ARNOLPHE

Plaît-il ?

ARNOLPHE

Non.

AGNÈS

Si fait.

ARNOLPHE

Ma foi, soit.

ARNOLPHE

Non.

AGNÈS

Si.

AGNÈS

Il...

ARNOLPHE, à part

Je souffre en damné.

ARNOLPHE

Ah ! Vous ne savez pas ce que c'est que sa foi. Mais enfin apprenez qu'accepter des cassettes, Et de ces beaux blondins écouter les sornettes : Que se laisser par eux, à force de langueur Baiser ainsi les mains et chatouiller le coeur : Est un péché mortel des plus gros qu'il se fasse.

Sornettes : Discours vain et vague qui ne persuade point, ou qui choque, et importune. [F]

Blondin : Fig. et familièrement, un jeune homme qui fait le beau, qui courtise le beau sexe. [L]

ARNOLPHE

Non.

ARNOLPHE

Oui.

ARNOLPHE

Oui.

ARNOLPHE

Dès ce soir.

AGNÈS, riant

Dès ce soir.

AGNÈS

Oui.

ARNOLPHE

Avec qui ?

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Arnolphe, Agnès, Alain, Georgette.

SCÈNE II. Arnolphe, Agnès.

ARNOLPHE, assis

Agnès, pour m'écouter, laissez là votre ouvrage. Levez un peu la tête et tournez le visage. Là, regardez-moi là durant cet entretien : Et jusqu'au moindre mot imprimez-le vous bien. Je vous épouse, Agnès, et cent fois la journée Vous devez bénir l'heur de votre destinée : Contempler la bassesse où vous avez été, Et dans le même temps admirer ma bonté, Qui de ce vil état de pauvre villageoise, Vous fait monter au rang d'honorable bourgeoise : Et jouir de la couche et des embrassements, D'un homme qui fuyait tous ces engagements ; Et dont à vingt partis, fort capables de plaire, Le coeur a refusé l'honneur qu'il vous veut faire. Vous devez toujours, dis-je, avoir devant les yeux Le peu que vous étiez sans ce noeud glorieux, Afin que cet objet d'autant mieux vous instruise, À mériter l'état où je vous aurai mise, À toujours vous connaître, et faire qu'à jamais Je puisse me louer de l'acte que je fais. Le mariage, Agnès, n'est pas un badinage. À d'austères devoirs le rang de femme engage : Et vous n'y montez pas, à ce que je prétends, Pour être libertine et prendre du bon temps. Votre sexe n'est là que pour la dépendance. Du côté de la barbe est la toute-puissance. Bien qu'on soit deux moitiés de la société, Ces deux moitiés pourtant n'ont point d'égalité : L'une est moitié suprême, et l'autre subalterne ; L'une en tout est soumise à l'autre qui gouverne. Et ce que le soldat dans son devoir instruit Montre d'obéissance au chef qui le conduit, Le valet à son maître, un enfant à son père, À son supérieur le moindre petit frère, N'approche point encore de la docilité, Et de l'obéissance, et de l'humilité, Et du profond respect, où la femme doit être Pour son mari, son chef, son seigneur et son maître. Lorsqu'il jette sur elle un regard sérieux, Son devoir aussitôt est de baisser les yeux, Et de n'oser jamais le regarder en face Que quand d'un doux regard il lui veut faire grâce. C'est ce qu'entendent mal les femmes d'aujourd'hui : Mais ne vous gâtez pas sur l'exemple d'autrui. Gardez-vous d'imiter ces coquettes vilaines, Dont par toute la ville on chante les fredaines : Et de vous laisser prendre aux assauts du malin, C'est-à-dire d'ouïr aucun jeune blondin. Songez qu'en vous faisant moitié de ma personne ; C'est mon honneur, Agnès, que je vous abandonne : Que cet honneur est tendre, et se blesse de peu ; Que sur un tel sujet il ne faut point de jeu : Et qu'il est aux enfers des chaudières bouillantes, Où l'on plonge à jamais les femmes mal vivantes. Ce que je vous dis là ne sont pas des chansons : Et vous devez du coeur dévorer ces leçons. Si votre âme les suit et fuit d'être coquette, Elle sera toujours, comme un lis, blanche et nette ; Mais s'il faut qu'à l'honneur elle fasse un faux bond, Elle deviendra lors noire comme un charbon. Vous paraîtrez à tous un objet effroyable, Et vous irez un jour, vrai partage du diable, Bouillir dans les enfers à toute éternité : Dont vous veuille garder la céleste bonté. Faites la révérence. Ainsi qu'une novice Par coeur dans le couvent doit savoir son office, Entrant au mariage il en faut faire autant : Et voici dans ma poche un écrit important

Il se lève.

Qui vous enseignera l'office de la femme. J'en ignore l'auteur, mais c'est quelque bonne âme. Et je veux que ce soit votre unique entretien. Tenez : voyons un peu si vous le lirez bien.

AGNÈS, lit

Les maximes du mariage ou les devoirs de la femme mariée, avec son exercice journalier.

I. MAXIME.

Celle qu'un lien honnête, Fait entrer au lit d'autrui : Doit se mettre dans la tête, Malgré le train d'aujourd'hui, Que l'homme qui la prend, ne la prend que pour lui.

AGNÈS, poursuit

II. MAXIME.

Elle ne se doit parer ? Qu'autant que peut désirer Le mari qui la possède. C'est lui que touche seul le soin de sa beauté ; Et pour rien doit être compté : Que les autres la trouvent laide.

III. MAXIME.

Loin ces études d'oeillades, Ces eaux, ces blancs, ces pommades, Et mille ingrédients qui font des teints fleuris. À l'honneur tous les jours ce sont drogues mortelles ; Et les soins de paraître belles Se prennent peu pour les maris.

IV. MAXIME.

Sous sa coiffe en sortant, comme l'honneur l'ordonne, Il faut que de ses yeux elle étouffe les coups Car pour bien plaire à son époux, Elle ne doit plaire à personne.

V. MAXIME.

Hors ceux dont au mari la visite se rend, La bonne règle défend De recevoir aucune âme. Ceux qui, de galante humeur, N'ont affaire qu'à Madame, N'accommodent pas Monsieur.

VI. MAXIME.

Il faut des présents des hommes Qu'elle se défende bien. Car dans le siècle où nous sommes On ne donne rien pour rien.

VII. MAXIME.

Dans ses meubles, dût-elle en avoir de l'ennui, Il ne faut écritoire, encre, papier, ni plumes. Le mari doit, dans les bonnes coutumes, Écrire tout ce qui s'écrit chez lui.

VIII. MAXIME.

Ces sociétés déréglées, Qu'on nomme belles assemblées, Des femmes tous les jours corrompent les esprits. En bonne politique on les doit interdire ; Car c'est là, que l'on conspire Contre les pauvres maris.

IX. MAXIME.

Toute femme qui veut à l'honneur se vouer Doit se défendre de jouer, Comme d'une chose funeste. Car le jeu fort décevant, Pousse une femme souvent À jouer de tout son reste.

X. MAXIME.

Des promenades du temps, Ou repas qu'on donne aux champs Il ne faut point qu'elle essaye. Selon les prudents cerveaux, Le mari dans ces cadeaux, Est toujours celui qui paye.

XI. MAXIME...

SCÈNE III.

ARNOLPHE

Je ne puis faire mieux que d'en faire ma femme. Ainsi que je voudrai, je tournerai cette âme. Comme un morceau de cire entre mes mains elle est, Et je lui puis donner la forme qui me plaît. Il s'en est peu fallu que, durant mon absence, On ne m'ait attrapé par son trop d'innocence, Mais il vaut beaucoup mieux, à dire vérité, Que la femme qu'on a pèche de ce côté. De ces sortes d'erreurs le remède est facile. Toute personne simple aux leçons est docile : Et si du bon chemin on l'a fait écarter Deux mots incontinent l'y peuvent rejeter. Mais une femme habile est bien une autre bête. Notre sort ne dépend que de sa seule tête : De ce qu'elle s'y met, rien ne la fait gauchir, Et nos enseignements ne font là que blanchir. Son bel esprit lui sert à railler nos maximes, À se faire souvent des vertus de ses crimes ; Et trouver, pour venir à ses coupables fins, Des détours à duper l'adresse des plus fins. Pour se parer du coup en vain on se fatigue. Une femme d'esprit est un diable en intrigue : Et dès que son caprice a prononcé tout bas L'arrêt de notre honneur, il faut passer le pas. Beaucoup d'honnêtes gens en pourraient bien que dire. Enfin mon étourdi n'aura pas lieu d'en rire. Par son trop de caquet il a ce qu'il lui faut. Voilà de nos Français l'ordinaire défaut. Dans la possession d'une bonne fortune, Le secret est toujours ce qui les importune ; Et la vanité sotte a pour eux tant d'appas, Qu'ils se pendraient plutôt que de ne causer pas. Ô que les femmes sont du diable bien tentées, Lorsqu'elles vont choisir ces têtes éventées ! Et que... Mais le voici : cachons-nous toujours bien, Et découvrons un peu quel chagrin est le sien.

SCÈNE IV. Horace, Arnolphe.

HORACE

Au nez.

HORACE

Sans doute, Et j'ai compris d'abord que mon homme était là, Qui sans se faire voir conduisait tout cela : Mais ce qui m'a surpris et qui va vous surprendre, C'est un autre incident que vous allez entendre, Un trait hardi qu'a fait cette jeune beauté, Et qu'on n'attendrait point de sa simplicité ; Il le faut avouer, l'amour est un grand maître, Ce qu'on ne fut jamais il nous enseigne à l'être, Et souvent de nos moeurs l'absolu changement Devient par ses leçons l'ouvrage d'un moment. De la nature en nous il force les obstacles, Et ses effets soudains ont de l'air des miracles, D'un avare à l'instant il fait un libéral : Un vaillant d'un poltron, un civil d'un brutal. Il rend agile à tout l'âme la plus pesante, Et donne de l'esprit à la plus innocente : Oui, ce dernier miracle éclate dans Agnès, Car tranchant avec moi par ces termes exprès, « Retirez-vous : mon âme aux visites renonce ; Je sais tous vos discours : Et voilà ma réponse. » Cette pierre ou ce grès dont vous vous étonniez, Avec un mot de lettre est tombée à mes pieds, Et j'admire de voir cette lettre ajustée, Avec le sens des mots ; et la pierre jetée ; D'une telle action n'êtes-vous pas surpris ? L'amour sait-il pas l'art d'aiguiser les esprits ? Et peut-on me nier que ses flammes puissantes, Ne fassent dans un coeur des choses étonnantes ? Que dites-vous du tour, et de ce mot d'écrit ? Euh ! N'admirez-vous point cette adresse d'esprit ? Trouvez-vous pas plaisant de voir quel personnage A joué mon jaloux dans tout ce badinage. Dites.

HORACE lit

« Je veux vous écrire, et je suis bien en peine par où je m'y prendrai. J'ai des pensées que je désirerais que vous sussiez ; mais je ne sais comment faire pour vous les dire, et je me défie de mes paroles. Comme je commence à connaître qu'on m'a toujours tenue dans l'ignorance, j'ai peur de mettre quelque chose qui ne soit pas bien, et d'en dire plus que je ne devrais. En vérité, je ne sais ce que vous m'avez fait ; mais je sens que je suis fâchée à mourir de ce qu'on me fait faire contre vous, que j'aurai toutes les peines du monde à me passer de vous, et que je serais bien aise d'être à vous. Peut-être qu'il y a du mal à dire cela ; mais enfin je ne puis m'empêcher de le dire, et je voudrais que cela se pût faire sans qu'il y en eût. On me dit fort, que tous les jeunes hommes sont des trompeurs ; qu'il ne les faut point écouter, et que tout ce que vous me dites n'est que pour m'abuser ; mais je vous assure que je n'ai pu encore me figurer cela de vous, et je suis si touchée de vos paroles, que je ne saurais croire qu'elles soient menteuses. Dites-moi franchement ce qui en est : car enfin, comme je suis sans malice, vous auriez le plus grand tort du monde, si vous me trompiez. Et je pense que j'en mourrais de déplaisir. »

ARNOLPHE

Adieu.

SCÈNE V.

ARNOLPHE

Comme il faut devant lui que je me mortifie, Quelle peine à cacher mon déplaisir cuisant. Quoi pour une innocente, un esprit si présent ? Elle a feint d'être telle à mes yeux, la traîtresse, Ou le diable à son âme a soufflé cette adresse : Enfin me voilà mort par ce funeste écrit. Je vois qu'il a le traître empaumé son esprit, Qu'à ma suppression il s'est ancré chez elle, Et c'est mon désespoir, et ma peine mortelle, Je souffre doublement dans le vol de son coeur, Et l'amour y pâtit aussi bien que l'honneur. J'enrage de trouver cette place usurpée, Et j'enrage de voir ma prudence trompée. Je sais que pour punir son amour libertin Je n'ai qu'à laisser faire à son mauvais destin, Que je serai vengé d'elle par elle-même : Mais il est bien fâcheux de perdre ce qu'on aime. Ciel ! Puisque pour un choix j'ai tant philosophé, Faut-il de ses appas m'être si fort coiffé ? Elle n'a ni parents, ni support, ni richesse, Elle trahit mes soins, mes bontés, ma tendresse, Et cependant je l'aime, après ce lâche tour, Jusqu'à ne me pouvoir passer de cet amour. Sot, n'as-tu point de honte, ah je crève, j'enrage, Et je souffletterais mille fois mon visage, Je veux entrer un peu, mais seulement pour voir Quelle est sa contenance après un trait si noir. Ciel ! faites que mon front soit exempt de disgrâce, Ou bien, s'il est écrit qu'il faille que j'y passe, Donnez-moi tout au moins pour de tels accidents, La constance qu'on voit à de certaines gens.

Empaumer : empaumer quelqu'un, se rendre maître de son esprit. Je vois qu'il a, le traître, empaumé son esprit, voir Corneille T. Don Bertran de Cigarral. [L]

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Un Notaire, Arnolphe.

ARNOLPHE, sans le voir

Comment faire ?

ARNOLPHE, sans le voir

Si...

Arnolphe l'apercevant.

ARNOLPHE, l'ayant aperçu

Euh ?

SCÈNE III. Le Notaire, Alain, Georgette.

LE NOTAIRE, allant au-devant d'Alain et de Georgette

M'êtes-vous pas venu quérir pour votre maître ?

ALAIN

Oui.

SCÈNE IV. Arnolphe, Alain, Georgette.

GEORGETTE, le poussant

À d'autres.

ARNOLPHE

Bon cela.

ALAIN, le poussant

Hors d'ici.

ARNOLPHE

Bon.

GEORGETTE, le poussant

Mais tôt.

ALAIN

Voulez-vous qu'à l'instant nous recommencions ?

Le vers 1127 se termine pas une virgule.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Horace, Arnolphe.

HORACE

La place m'est heureuse à vous y rencontrer, Je viens de l'échapper bien belle je vous jure. Au sortir d'avec vous sans prévoir l'aventure, Seule dans son balcon j'ai vu paraître Agnès, Qui des arbres prochains prenait un peu le frais, Après m'avoir fait signe, elle a su faire en sorte Descendant au jardin, de m'en ouvrir la porte : Mais à peine tous deux dans sa chambre étions-nous, Qu'elle a sur les degrés entendu son jaloux, Et tout ce qu'elle a pu dans un tel accessoire, C'est de me renfermer dans une grande armoire, Il est entré d'abord : je ne le voyais pas, Mais je l'oyais marcher sans rien dire à grands pas ; Poussant de temps en temps des soupirs pitoyables, Et donnant quelquefois de grands coups sur les tables, Frappant un petit chien qui pour lui s'émouvait, Et jetant brusquement les hardes qu'il trouvait, Il a même cassé d'une main mutinée, Des vases dont la belle ornait sa cheminée, Et sans doute il faut bien qu'à ce becque-cornu, Du trait qu'elle a joué quelque jour soit venu, Enfin après cent tours ayant de la manière, Sur ce qui n'en peut mais déchargé sa colère, Mon jaloux inquiet sans dire son ennui, Est sorti de la chambre, et moi de mon étui. Nous n'avons point voulu de peur du personnage, Risquer à nous tenir ensemble davantage, C'était trop hasarder ; mais je dois, cette nuit, Dans sa chambre un peu tard m'introduire sans bruit, En toussant par trois fois je me ferai connaître, Et je dois au signal voir ouvrir la fenêtre, Dont, avec une échelle, et secondé d'Agnès, Mon amour tâchera de me gagner l'accès, Comme à mon seul ami je veux bien vous l'apprendre, L'allégresse du coeur s'augmente à la répandre, Et, goûtât-on cent fois un bonheur trop parfait, On n'en est pas content si quelqu'un ne le sait, Vous prendrez part je pense à l'heur de mes affaires Adieu je vais songer aux choses nécessaires.

Cor-cornu : Sot, imbécile. [L]

SCÈNE VII.

ARNOLPHE

Quoi ? L'astre qui s'obstine à me désespérer, Ne me donnera pas le temps de respirer, Coup sur coup je verrai par leur intelligence, De mes soins vigilants confondre la prudence, Et je serai la dupe en ma maturité, D'une jeune innocente, et d'un jeune éventé, En sage philosophe on m'a vu, vingt années, Contempler des maris les tristes destinées, Et m'instruire avec soin de tous les accidents, Qui font dans le malheur tomber les plus prudents, Des disgrâces d'autrui profitant dans mon âme, J'ai cherché les moyens, voulant prendre une femme, De pouvoir garantir mon front de tous affronts, Et le tirer de pair d'avec les autres fronts, Pour ce noble dessein, j'ai cru mettre en pratique, Tout ce que peut trouver l'humaine politique, Et comme si du sort il était arrêté, Que nul homme ici-bas n'en serait exempté, Après l'expérience, et toutes les lumières, Que j'ai pu m'acquérir sur de telles matières, Après vingt ans et plus, de méditation, Pour me conduire en tout avec précaution, De tant d'autres maris j'aurais quitté la trace, Pour me trouver après dans la même disgrâce. Ah bourreau de destin vous en aurez menti, De l'objet qu'on poursuit, je suis encor nanti, Si son coeur m'est volé par ce blondin funeste, J'empêcherai du moins qu'on s'empare du reste, Et cette nuit qu'on prend pour le galant exploit, Ne se passera pas si doucement qu'on croit, Ce m'est quelque plaisir parmi tant de tristesse, Que l'on me donne avis du piège qu'on me dresse, Et que cet étourdi qui veut m'être fatal, Fasse son confident de son propre rival.

Blondin : Fig. et familièrement, un jeune homme qui fait le beau, qui courtise le beau sexe. [L]

SCÈNE VIII. Chrysalde, Arnolphe.

CHRYSALDE

C'est un étrange fait, qu'avec tant de lumières. Vous vous effarouchiez toujours sur ces matières, Qu'en cela vous mettiez le souverain bonheur, Et ne conceviez point au monde d'autre honneur, Être avare, brutal, fourbe, méchant, et lâche, N'est rien à votre avis auprès de cette tache, Et de quelque façon qu'on puisse avoir vécu, On est homme d'honneur quand on n'est point cocu. À le bien prendre au fond, pourquoi voulez-vous croire, Que de ce cas fortuit dépende notre gloire ? Et qu'une âme bien née ait à se reprocher, L'injustice d'un mal qu'on ne peut empêcher ? Pourquoi voulez-vous, dis-je en prenant une femme, Qu'on soit digne à son choix de louange ou de blâme, Et qu'on s'aille former un monstre plein d'effroi, De l'affront que nous fait son manquement de foi ? Mettez-vous dans l'esprit qu'on peut du cocuage, Se faire en galant homme une plus douce image, Que des coups du hasard aucun n'étant garant, Cet accident de soi doit être indifférent, Et qu'enfin tout le mal quoi que le monde glose, N'est que dans la façon de recevoir la chose Car pour se bien conduire en ces difficultés, Il y faut comme en tout fuir les extrémités, N'imiter pas ces gens un peu trop débonnaires, Qui tirent vanité de ces sortes d'affaires ; De leurs femmes toujours vont citant les galants, En font partout l'éloge, et prônent leurs talents, Témoignent avec eux d'étroites sympathies, Sont de tous leurs cadeaux, de toutes leurs parties : Et font qu'avec raison les gens sont étonnés De voir leur hardiesse à montrer là leur nez. Ce procédé sans doute est tout à fait blâmable : Mais l'autre extrémité n'est pas moins condamnable, Si je n'approuve pas ces amis des galants, Je ne suis pas aussi pour ces gens turbulents, Dont l'imprudent chagrin qui tempête et qui gronde, Attire au bruit qu'il fait les yeux de tout le monde ; Et qui par cet éclat semblent ne pas vouloir Qu'aucun puisse ignorer ce qu'ils peuvent avoir. Entre ces deux partis il en est un honnête, Où dans l'occasion l'homme prudent s'arrête, Et quand on le sait prendre on n'a point à rougir, Du pis dont une femme avec nous puisse agir. Quoi qu'on en puisse dire, enfin le cocuage Sous des traits moins affreux aisément s'envisage : Et comme je vous dis, toute l'habileté, Ne va qu'à le savoir tourner du bon côté.

SCÈNE IX. Alain, Georgette, Arnolphe.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Alain, Georgette, Arnolphe.

SCÈNE II. Horace, Arnolphe.

HORACE

J'étais, à dire vrai, dans une grande peine ; Et je bénis du ciel la bonté souveraine, Qui fait qu'à point nommé je vous rencontre ainsi. Je viens vous avertir que tout a réussi, Et même beaucoup plus que je n'eusse osé dire ; Et par un incident qui devait tout détruire. Je ne sais point par où l'on a pu soupçonner Cette assignation qu'on m'avait su donner : Mais étant sur le point d'atteindre à la fenêtre J'ai, contre mon espoir, vu quelques gens paraître, Qui sur moi brusquement levant chacun le bras M'ont fait manquer le pied et tomber jusqu'en bas ; Et ma chute aux dépens de quelque meurtrissure, De vingt coups de bâton m'a sauvé l'aventure. Ces gens-là, dont était je pense mon jaloux, Ont imputé ma chute à l'effort de leurs coups, Et comme la douleur un assez long espace M'a fait sans remuer demeurer sur la place, Ils ont cru tout de bon qu'ils m'avaient assommé, Et chacun d'eux s'en est aussitôt alarmé. J'entendais tout leur bruit dans le profond silence, L'un l'autre ils s'accusaient de cette violence, Et sans lumière aucune en querellant le sort, Sont venus doucement tâter si j'étais mort. Je vous laisse à penser si dans la nuit obscure, J'ai d'un vrai trépassé su tenir la figure. Ils se sont retirés avec beaucoup d'effroi, Et comme je songeais à me retirer moi, De cette feinte mort la jeune Agnès émue Avec empressement est devers moi venue : Car les discours qu'entre eux ces gens avaient tenus, Jusques à son oreille étaient d'abord venus, Et pendant tout ce trouble étant moins observée, Du logis aisément elle s'était sauvée. Mais me trouvant sans mal elle a fait éclater Un transport difficile à bien représenter. Que vous dirai-je ? Enfin cette aimable personne A suivi les conseils que son amour lui donne, N'a plus voulu songer à retourner chez soi, Et de tout son destin s'est commise à ma foi. Considérez un peu, par ce trait d'innocence, Où l'expose d'un fou la haute impertinence, Et quels fâcheux périls elle pourrait courir, Si j'étais maintenant homme à la moins chérir. Mais d'un trop pur amour mon âme est embrasée : J'aimerais mieux mourir que l'avoir abusée ; Je lui vois des appas dignes d'un autre sort, Et rien ne m'en saurait séparer que la mort. Je prévois là-dessus l'emportement d'un père ; Mais nous prendrons le temps d'apaiser sa colère. À des charmes si doux je me laisse emporter, Et dans la vie enfin il se faut contenter. Ce que je veux de vous, sous un secret fidèle, C'est que je puisse mettre en vos mains cette belle, Que dans votre maison, en faveur de mes feux, Vous lui donniez retraite au moins un jour ou deux. Outre qu'aux yeux du monde il faut cacher sa fuite, Et qu'on en pourra faire une exacte poursuite, Vous savez qu'une fille aussi de sa façon Donne avec un jeune homme un étrange soupçon ; Et comme c'est à vous, sûr de votre prudence, Que j'ai fait de mes feux entière confidence, C'est à vous seul aussi, comme ami généreux, Que je puis confier ce dépit amoureux.

SCÈNE III. Agnès, Horace, Arnolphe.

AGNÈS, à celui qui la tient

Attendez.

SCÈNE IV. Arnolphe, Agnès.

AGNÈS, le reconnaissant

Hay !

AGNÈS

Vous.

ARNOLPHE

Oui.

SCÈNE V. Alain, Arnolphe.

SCÈNE VI. Horace, Arnolphe.

ARNOLPHE

Oui dà.

ARNOLPHE

Fort bien.

SCÈNE VII. Enrique, Oronte, Chrysalde, Horace, Arnolphe.

HORACE, à part, à Arnolphe

Gardez, encore un coup...

ARNOLPHE, à Horace

N'ayez aucun soupçon.

ARNOLPHE

Oui.

HORACE, à part

Ah traître !

ARNOLPHE

Il n'importe.

HORACE, à part

Qu'entends-je ?

HORACE, à part

En quel trouble...

SCÈNE VIII. Georgette, Enrique, Oronte, Chrysalde, Horace, Arnolphe.

SCÈNE IX. Agnès, Alain, Georgette, Oronte, Enrique, Arnolphe, Horace, Crhysalde.

ARNOLPHE

Quoi...

ARNOLPHE, s'en allant tout transporté, et ne pouvant parler

Oh !

Voir le Portrait du Peintre d'Edme Boursault, discussion sur la catastrophe, Le Comte v. 149-154. Il est question d'un "ouf" alors qu'on lit un "oh".

1 779 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica