Pièce en prose
Les Deux Gougnottes
Personnages
- MADAME DU CROISY, châtelaine
- MADAME LOUISE DE LAVENEUR
- MADAME HENRIETTE DE FRÉMICOURT
- JULIE, femme de chambre
LES DEUX GOUGNOTTES
SCÈNE PREMIÈRE. Madame du Croisy, Madame de Frémicourt, Madame de Laveneur, Julie.
Madame du Croisy introduit ses deux amies dans l'appartement qui leur est destiné ; Julie va et vient pour s'assurer que rien ne manque des choses indispensables dans une chambre à coucher.
MADAME DU CROISY
Vous serez très mal ici, Mesdames, et j'en souffre vraiment... Mais c'est vous qui l'avez voulu...
MADAME DE LAVENEUR
Au contraire, chère madame, nous serons on ne peut mieux ici, je vous jure ; on ne peut mieux.
MADAME DE FRÉMICOURT
Certainement .
MADAME DU CROISY
Vous aussi, Madame, vous pensez être bien dans ce grand appartement ?
MADAME DE FRÉMICOURT
Il est charmant, et nous y serons admirablement.
MADAME DU CROISY
Alors, souffrez que Julie reste dans l'antichambre, pour le cas où vous auriez besoin d'elle ; je serais plus rassurée sur votre compte...
MADAME LAVENEUR, vivement
Non, non.. Nous ne redoutons rien... Du moins je n'ai pas peur...
MADAME DE FRÉMICOURT
Comment aurions nous peur dans un château-fort comme celui-ci ? Car ce n'est pas dans une de ces maisons de campagne comme on en voit tant, si légères qu'un coup de vent les renverse... Nous sommes à l'abri de tout, ici, certainement.
MADAME DE LAVENEUR
Mais ce château n'a-t-il pas soutenu plusieurs sièges ?
MADAME DE FRÉMICOURT
Je l'ai entendu dire, en effet.
MADAME DU CROISY
Pas du temps de Monsieur_du_Croisy, que je sache... - Julie.
JULIE
Madame ?
MADAME DU CROISY
Avez-vous fait ce que je vous avais recommandé ?
JULIE
Oui, Madame.
MADAME DU CROISY
Je vous abandonne donc, Mesdames, à votre malheureux sort.
MADAME DE LAVENEUR
C'est cela, plaignez-nous ....
MADAME DU CROISY
À demain donc.
MADAME DE FRÉMICOURT
À demain, chère madame.
MADAME DU CROISY
À demain.
MADAME DE LAVENEUR
Et bonne nuit.
MADAME DU CROISY
Bonne nuit.
Madame du Croisy sort avec Julie, laissant Mesdames Laveneur et de Frémicourt seules dans leur appartement.
SCÈNE DEUXIÈME. Louise de Laveneur et Henriette.
Seules. Tout en causant, elles se déshabillent et se mettent au lit.
MADAME DE FRÉMICOURT
Il est certain, chère Madame, que nous serons ici, on ne peut mieux ; n'est-ce pas ?
LOUISE DE LAVENEUR
J'ai toujours adoré les grands appartements.
HENRIETTE
On a de l'air dans un grand appartement, on a de l'espace, on respire, on vit. - Vous avez à Paris, m'a-t-on dit, Madame, une délicieuse habitation ?
LOUISE
Pour Paris .
HENRIETTE
Plusieurs dames de mes amies ont été de cet avis .
HENRIETTE
Quelle place au lit préférez-vous, dites-moi ?
LOUISE
Aucune, je les trouve toutes bonnes .
HENRIETTE
Bien vrai ?
LOUISE
Je vous jure.
HENRIETTE
J'aime à croire que vous ne faites point de cérémonies ?
LOUISE
Je n'en fais jamais .
HENRIETTE
J'avais une frayeur.... mais une frayeur atroce, que cette fille restât ici.
LOUISE
Toutes les fois qu'il m'est arrivé de faire coucher, ma femme_de_chambre dans mon voisinage, toujours il m'a été impossible de dormir.
HENRIETTE
Elle ronflait, peut-être ?
LOUISE
Comme un soufflet de forge. C'était odieux !
HENRIETTE
Ne puis-je vous être d'aucune utilité ?
LOUISE
Mille fois trop bonne, en vérité !
HENRIETTE
Je me mets entièrement à votre disposition.
LOUISE
À charge de revanche, je vous en prie.
HENRIETTE
Vous aviez une toilette charmante.
LOUISE
Oh ! Bien simple, bien simple ....
HENRIETTE
Excessivement distinguée.
LOUISE
Que j'aime cette bonne Madame_du_Croisy !
HENRIETTE
Je l'aime beaucoup aussi.
LOUISE
Ma tante l'adorait. - Vos cheveux sont magnifiques ! ....
HENRIETTE
Vous me flattez.
LOUISE
Pas le moins du monde. Jamais je n'en ai vu de plus beaux. J'en suis jalouse .
HENRIETTE
J'en ai beaucoup perdu, et cependant j'en ai toujours eu grand soin.
LOUISE
On le voit .
HENRIETTE, se mettant au lit
Je me mets au lit.
LOUISE
Je ne vais pas tarder à vous rejoindre. - Étiez-vous déjà venue à Lusignan ?
Lusignan : Commune du département de la Vienne au sud-ouest de Poitiers.
HENRIETTE
Une fois, avec ma tante ; j'étais petite fille, c'est à peine si je me le rappelle. - Pauvre tante ! - Le croirez vous, je suis si souffrante ! Tantôt en descendant de voiture...
LOUISE
Vraiment ?
HENRIETTE
Je me demandais si [j]e me mettrais à table. Tout à fait mal à mon aise.
LOUISE
Pourquoi m'en avoir rien dit ?
HENRIETTE
Je n'ai point osé.
LOUISE
Vous avez eu tort.
HENRIETTE
J'ai su peur de me rendre intéressante ! J'ai bien fait, et m'en applaudis à présent ; ce n'était rien ; à peine sortie de table, je n'y ai plus pensé.
LOUISE
Et à présent.
HENRIETTE
Je n'y pense plus. - Je l'ai remarqué : chaque fois que j'ai le malheur de changer mes habitudes, c'est un tribut qu'il faut que je paye : je suis faite pour rester chez moi. Non, décidément, je n'aime pas le campagne, je commence à le croire.
LOUISE
Le grand air peut-être produit sur vous cet effet.
HENRIETTE
Je le crois.
LOUISE, sur le point de monter au lit
Voulez-vous, chère Madame, me faire l'honneur de m'accepter ?
HENRIETTE
Comment donc ! Mais avec le plus grand des plaisirs. - Prenez place, je vous prie.
LOUISE
Du tout, du tout, je n'en ferai rien.
HENRIETTE
Pourquoi ?
LOUISE
Je n'en ferai rien, vous dis-je : je suis ici on ne peut mieux.
HENRIETTE
J'étais loin de m'attendre à cette bonne fortune... C'est une surprise dont je vous suis infiniment de gré à la maîtresse de maison.
LOUISE
Il y a longtemps que le lui ai manifesté le désir de me rencontrer avec vous !
HENRIETTE
Mais c'est divin ce que vous me dites là !
LOUISE
Elle ne pouvait rien faire qui me fût plus agréable.
HENRIETTE
J'espère, chère Madame, justifier un jour l'excellent opinion que vous avez conçu de moi.
LOUISE
C'est déjà fait.
HENRIETTE
Vous me rendez bien fière !...
LOUISE
Comme ce château est calme !
HENRIETTE
N'est-ce pas ? On se croirait au bout du monde.
LOUISE
Vous ne redoutez pas l'obscurité ?
HENRIETTE
Au contraire.
LOUISE
Puis-je souffler la bougie ?
HENRIETTE
Je n'osais vous en prier.
LOUISE
Vous aviez grand tort.
Elle souffle la bougie.
Comment vous trouvez-vous, à présent ?
HENRIETTE
Admirablement. J'ai toujours trouvé qu'on est bien plus seule encore dans l'obscurité.
LOUISE
Je suis de votre avis.
HENRIETTE
Vous avez envie de dormir ?
LOUISE
Pas du tout ; et vous, Madame ?
HENRIETTE
Pas le moins du monde.
LOUISE
Causons un peu, alors.
HENRIETTE
Volontiers.
LOUISE
Approchez-vous de moi...
HENRIETTE
Je crains de vous gêner.
LOUISE
Quelle folie ! Vous êtes à cent lieues... Encore, encore. - Vous imposé-je ? Je ne le pense pas...
HENRIETTE
Non, chère Madame.
LOUISE
Encore... Encore... Avancez encore !...
HENRIETTE
Je ne puis davantage.
LOUISE
Vous semblez avoir froid.
HENRIETTE
Vous croyez ? 19
LOUISE
J'en suis sûre. Vos petits pieds sont de marbre.
HENRIETTE
J'ai toujours eu froid aux pieds.
LOUISE
Moi aussi, quand j'étais demoiselle .
HENRIETTE
Et à présent ?...
LOUISE
C'est bien rare.
HENRIETTE
Quel silence !
LOUISE
Le silence le plus profond. Vous n'avez pas peur ?
HENRIETTE
Peur ! Et de quoi ? - Comme il doit être tard !...
HENRIETTE
Jamais on ne couche ici. Que je souffre donc de vous savoir si froid aux pieds.
HENRIETTE
J'en ai l'habitude.
LOUISE
Je vais les réchauffer aux miens ; voulez vous ?
HENRIETTE
Mais vraiment, chère Madame, vous avez pour moi mille fois trop de bontés.
LOUISE
Vos ravissants petits petons !
HENRIETTE
Que vous êtes bonne !
LOUISE
C'est qu'aussi vous le méritez bien ! Comment vous trouvez-vous, à présent ?
HENRIETTE
Je me sens déjà mieux.
LOUISE
Vous avez moins froid ?
HENRIETTE
Plus du tout.
LOUISE
Vos bons et adorables petits pieds !
HENRIETTE
Vous n'avez rien à m'envier de ce côté-là.
LOUISE
Savez-vous que nous nous faisons des compliments comme des amoureux ? ...
HENRIETTE
Mais oui...
LOUISE
C'est singulier, toujours vous m'avez inspiré beaucoup de sympathie.
HENRIETTE
Vraiment !
LOUISE
Et cela, dès le premier jour .
HENRIETTE
J'allais vous avouer la même chose.
LOUISE
Et dire que si nous ne nous étions rencontrées ici, peut-être serions-nous restées des éternités sans nous le dire !
HENRIETTE
Jamais je n'eusse osé.
LOUISE
En vérité ?
HENRIETTE
Mon mari ne me permet pas de dire un mot.
LOUISE
Il a l'air si doux.
HENRIETTE
Mais il est si indifférent !
LOUISE
Vous m'étonnez.
HENRIETTE
Il est de glace.
LOUISE
Il me semble aux petits soins pour vous.
HENRIETTE
Devant le monde, oui.
LOUISE
Et en tête à tête ?
HENRIETTE
Il ne dit rien, pas un mot... Au reste, il ne m'inspire aucune confiance...
LOUISE
Pauvre chère petite Madame !
HENRIETTE
C'est au point que, souvent, quand il m'arrivait de vouloir l'embrasser... J'en avais grande envie ....
LOUISE
Eh bien ?...
LOUISE
Je n'osais point...
HENRIETTE
Je n'osais point ....
LOUISE
Parce que ?
HENRIETTE
Je ne savais si cela lui ferait plaisir. - Et si je vous disais...
LOUISE
Quoi donc ?...
HENRIETTE
Non !... À quoi bon ?
LOUISE
Pourquoi ne pas me le dire ?
HENRIETTE
Vous m'embarrassez.
LOUISE
Ai-je donc l'air si sévère ? Permettrez de n'en rien croire.
HENRIETTE
Si fait, je vous assure... - Et le vôtre ?
LOUISE
N'en parlons pas, je vous prie. Je n'ai pas assez de bien à en dire : aussi ai-je fini par en prendre parti...
HENRIETTE
Comment cela ?
LOUISE
Figurez-vous, chère Madame, des semaines entières...
HENRIETTE
Sans vous embrasser ?
LOUISE
Oui.
HENRIETTE
Mais c'est affreux !
LOUISE
Et le vôtre ? Souvent aussi des semaines entières...
HENRIETTE
Sans me faire la moindre caresse ; dans l'intérêt de ma santé, à ce qu'il dit...
LOUISE
Ces messieurs disent tous la même chose...
HENRIETTE
Et la conduite qu'ils mènent aujourd'hui, comment la trouvez-vous ?
LOUISE
Originale.
HENRIETTE
Moi, je la trouve odieuse ; d'autant plus odieuse qu'ils savaient parfaitement que nous arrivions aujourd'hui. Mais non ! Ces messieurs n'ont pas voulu remettre leur partie. Ils s'en sont allés chasser, emmenant tout ce qu'il y avait d'hommes au château, ne prenant aucun souci de nous, et qui sait si, dans l'abandon où ils nous laissent, des gens mal intentionnés ne vont pas profiter de l'occasion pour nous surprendre... Cela pourrait bien arriver !
LOUISE
Vous me faites frémir !
HENRIETTE
J'espère qu'il n'en sera rien...
LOUISE
Je l'espère aussi.
HENRIETTE
Comme ils se ressemblent tous.
LOUISE
N'est-ce pas ?
HENRIETTE
Une fois qu'ils ont obtenu ce qu'ils désirent...
LOUISE
Ils parlent d'autre chose...
HENRIETTE
Ou s'endorment !...
LOUISE
Ils sont tous taillés sur le même patron.
HENRIETTE
Il faut nous résigner
LOUISE
C'est triste.
HENRIETTE
Que voulez-vous !
LOUISE
Dites-moi, chère Madame, voyez-vous encore quelque fois vos anciennes amies de pension ?
HENRIETTE
Bien rarement.
LOUISE
Les aimiez-vous ?
HENRIETTE
Le nombre en était restreint de celles que j'aimais ; mais je les aimais beaucoup .... Une, surtout...
LOUISE
Mariée ?
HENRIETTE
Depuis deux mois .
LOUISE
J'en avais quelques-unes aussi, que j'ai conservées ; une surtout que je vois encore et que je préfère à toutes... Elle n'est pas mariée...
HENRIETTE
Elle désire l'être ?
LOUISE
Non.
HENRIETTE
Pourquoi ?
LOUISE
Elle a peur des enfants.
HENRIETTE
Ah ! Oui, les vilains enfants !
LOUISE
Ils nous tuent .
HENRIETTE
Vous en avez ?...
LOUISE
Je n'en ai jamais eu.
HENRIETTE
Ni moi. - Comme j'ai chaud à présent !
LOUISE
Tant mieux, et j'en suis enchantée !
HENRIETTE
Et cela grâce à vous !...
LOUISE
Nous n'avons plus froids à nos gentils petits petons ?
HENRIETTE
Plus du tout. - Que vous êtes bonne, et comme vous me gâtez !...
LOUISE
Non, je vous traite comme une adorable petite créature que vous êtes.
HENRIETTE
Ah !
LOUISE
Quoi donc ?
HENRIETTE
Vous me chatouillez ....
LOUISE
Vous êtes chatouilleuse ?
HENRIETTE
Beaucoup .
LOUISE
Comme toutes les blondes.
HENRIETTE
J'aurais tant aimée être brune !
LOUISE
Quelle idée !
HENRIETTE
Je serais homme, je n'aimerais que les brunes .
LOUISE
Les blondes sont plus aimantes, dit-on...
HENRIETTE
Le croiriez-vous ?...
LOUISE
Je suis tentée de le croire .
HENRIETTE
Quelle preuve en avez- vous ?
LOUISE
Ma petite amie, celle dont je vous ai parlé...
HENRIETTE
Celle qui n'est point mariée ?
LOUISE
Oui, ma petite Nini...
HENRIETTE
Elle est blonde ?
LOUISE
Comme vous, de votre nuance, cendrée, que je trouve adorable !...
HENRIETTE
Et elle est aimante ?...
LOUISE
Si elle est aimante ?
HENRIETTE
Oui ?
LOUISE
C'est-à-dire que lorsqu'il m'arrive de quitter Paris, ce qui a lieu bien rarement, elle est désolée, et si je suis deux jours sans lui donner de mes nouvelles, elle est aux_abois, elle pleure, elle se désespère, elle vous ferait pitié...
HENRIETTE
Pauvre demoiselle !
LOUISE
Elle ne peut rassembler deux idées... Puis quand elle me revoit ....
HENRIETTE
Elle est enchantée ?...
LOUISE
Il lui prend des crises, des transports, qui feraient craindre pour sa raison, si on ne la connaissait pas. Ce que je vous dit est à la lettre...
HENRIETTE
Comment se traduisent ses accès ? Elle vous embrasse ?
LOUISE
Elle me mange de caresse, elle me dévore !
HENRIETTE
Et vous, chère Madame, et vous ?
LOUISE
Chut !
HENRIETTE
Pourquoi ne pas me le dire, oui, pourquoi ?
LOUISE
Je vous le dirai.
HENRIETTE
Pourquoi ne pas me le dire, oui, pourquoi ?...
LOUISE
Plus tard, si jamais nous devenons bonnes amies.
HENRIETTE
Nous le deviendrons, n'est-ce pas ? Nous le deviendrons ; le pensez-vous ?
LOUISE
Je l'espère...
HENRIETTE
J'en serais bien heureuse !
LOUISE
Pas plus que moi.
HENRIETTE
Aussi, quand il a été décidé que nous passerions le nuit ensemble...
LOUISE
Quel effet a produit sur vous cette résolution ?
HENRIETTE
Un plaisir ! Mais un plaisir.. que je n'osais y croire !...
LOUISE
C'est on ne peut plus aimable ce que vous me dites là !...
HENRIETTE
Je le dis comme je le pense .
LOUISE
Combien je suis ravie de vous voir dans ces bonnes dispositions.
HENRIETTE
Je ne sais ....
LOUISE
Venez que je vous confesse. Dites-moi un peu ce que vous avez ?
HENRIETTE
J'ai peur...
LOUISE
Peur ? Et de quoi ? Voyons, que je vous rassure ; n'auriez- vous pas confiance en moi, que vous avez si peur ?
HENRIETTE
Oh ! Si fait ! Si fait ! Je vous jure.
LOUISE
Pourquoi donc alors être si émue ?
HENRIETTE
J'ai tort ....
LOUISE
Certainement, et grand tort. Venez, que je baise vos beaux yeux ; dites, le voulez- vous ?
HENRIETTE
Oh ! Oui, oui, je vous en prie !... Je suis sûre que cela me fera du bien...
LOUISE
Bon petit trésor adoré ! Baisez moi vous aussi...
HENRIETTE
Avec grand plaisir !...
LOUISE
Prouvez-moi que vous m'aimerez un jour...
HENRIETTE
Je vous aime déjà beaucoup !
LOUISE
Bien vrai ? Comme ma petite Nini ? ....
HENRIETTE
Je doute qu'elle puisse vous aimer davantage...
LOUISE
Je voudrais pouvoir vous montrer comme elle m'embrasse...
HENRIETTE
Pourquoi ne pas le faire ? Oh ! oui ! oui ! montrez-le moi, je vous en prie, montrez-le moi !...
LOUISE
Comme ceci... J'approche mes lèvres des siennes... Eh bien ?
HENRIETTE
Ah ! Chère Madame ! ....
LOUISE
Qu'avez-vous éprouvé ?
HENRIETTE
Comme vous m'avez rendue heureuse !
LOUISE
Donne ta bouche, ange adoré ! Ton joli petit bec... Encore ! Encore ! Veux--tu ? ....
HENRIETTE
Oui ! Oui ! Toujours ! Toujours !...
LOUISE
Eh bien ?
LOUISE
Comment nous trouvons-nous de ces bonnes petites caresses ?
HENRIETTE
C'est à en devenir folle !
LOUISE
Veux-tu le devenir ? Dis, cher ange, le devenir tout à fait ?
HENRIETTE
Oh ! Oui ! Oh ! Oui !
LOUISE
Tiens, ma minette, tiens !
HENRIETTE
Ah ! Je suis morte !...
HENRIETTE
Que c'est donc bon !
LOUISE
Es-tu ma petite femme ?...
HENRIETTE
Oui ! Oui !
LOUISE
Tu es bien à moi ?...
HENRIETTE
Oui, oui, bien à vous !
LOUISE
Plus de vous entre nous, ma mignonne ; plus de vous, cher coeur, je t'en prie ; dis que tu es à moi, bien à moi !
HENRIETTE
Bien à toi, toute à toi,tout mon être, tout mon moi !...
LOUISE
Que je te baise, que je te baise encore... Dis-moi, dis-moi de te baiser !...
HENRIETTE
Baise-moi ! Baise-moi ! Toujours ! Encore !
LOUISE
Ta petite amie te procure-t-elle autant de bonheur ?
HENRIETTE
Je n'ai jamais pu obtenir d'elle rien de ce que je rêvais.
LOUISE
Elle ne t'a pas devinée ?
HENRIETTE
Jamais je n'ai pu que l'embrasser, et encore...
LOUISE
Comment ?
HENRIETTE
Pas comme j'aurais voulu...
LOUISE
Pas comme moi ?
HENRIETTE
Mon bel ange, que je te baise encore, pour te bien montrer comme j'aurais désiré le faire... Tiens, tiens, tiens... Mes lèvres embrassant les tiennes... Mourir sur ta bouche... Voilà ce que je voudrais... Tiens, tiens, comme je le fais ....
LOUISE
Comme nous le faisons, mignonne.
HENRIETTE
Dis- moi, mon ange ?...
LOUISE
Quoi donc, chère minon-minette ?
HENRIETTE
Dis-moi tout ce que vous faites avec ta petite Nini. Je veux tout savoir !... Ne me cache rien, je t'en prie ! Vous embrassez-vous aussitôt au lit ?
LOUISE
Pas tout de suite...
HENRIETTE
Que faites-vous, dis, que faites-vous ?
LOUISE
Nous nous mettons toutes nues .
HENRIETTE
Ce que je n'osais te demander...
LOUISE
Enfant ! Et pourquoi ?
HENRIETTE
Veux-tu que j'ose ?
LOUISE
Donne-moi ta main.
HENRIETTE
Tu es toute nue !... Rallume, je t'en prie, rallume, que je t'admire !
LOUISE, après avoir rallumé la bougie
Voilà.
HENRIETTE
Comme tu es belle ! Laisse moi bien te voir, t'admirer à mon aise !...
LOUISE
Nous ne nous étions point encore vues...
HENRIETTE
Que depuis que nous sommes l'une à l'autre...
LOUISE
Comment ! Tout cela est à moi ?...
HENRIETTE
Tout est à toi ! Tout mon être ! Ma vie ! Toute à toi ! Toute !
LOUISE
Que tu es bonne !
HENRIETTE
Votre petite langue... dans ma bouche, donnez, donnez !
LOUISE
Tenez, tenez, gourmande...
HENRIETTE
Je suis aux anges ! Tiens, tiens, dans ma bouche ton petit nénet...
LOUISE
Donne le tien, ma mie, le tien dans la mienne !...
HENRIETTE
Suce ! Suce ! Bonne chatte ! Suce.
LOUISE
Oh ! Mamie, mamie, je le fais ! Je...le... fait... M'as-tu sentie ?...
HENRIETTE
Oui ! Oui !
LOUISE
Ta main, mamie, ta main !
HENRIETTE
Tout humide...
LOUISE
Voyons chez vous, chère Madame... Oh ! Cher coeur ! Tu l'es plus que moi encore...
LOUISE
Et point d'enfants à craindre ! ....
HENRIETTE
Et nos maris ?...
LOUISE
Traitons-les comme ils le méritent : faisons les cocus !...
HENRIETTE
Où vas-tu chez trésor, où vas-tu ?
LOUISE
Laisse-moi, ma reine, laisse-moi tout visiter, comme à ma petite Nini.
HENRIETTE
Que fais-tu ma mie ? Que me fais-tu ? Que veux-tu ?
LOUISE
Te montrer combien je t'aime !
HENRIETTE
Ah ! Mon ange, tu me combles !... Je ... je me... Ah ! ah !... Tu m'as tuée... Que m'as- tu fait, Louise, que m'as tu fait ?...
LOUISE
Ce que tu vas me faire... Viens, viens, je t'en prie...
HENRIETTE
Oui, mais souffle la bougie ....
LOUISE
Je ne te verrais plus...
HENRIETTE
Tu as raison .
LOUISE
Tu ne m'en veux pas, cher trésor, des jolies petites choses que je me suis permises ?...
HENRIETTE
Je serais bien ingrate... Et le preuve, c'est que je vais te rendre la pareille...
LOUISE
Mets-toi bien à ton aise, mon Henriette.
HENRIETTE
Oui, mignonne.
LOUISE
Ta petite tête est-elle bien ?
HENRIETTE
Ne t'occupe pas de moi... Me sens-tu ?
LOUISE
Oui, trésor, je sens ta bonne petite langue. Ah ! Que c'est bon... Que c'est donc bon ! Va, va, mon ange chérie ; vas, vas... Ne me quitte pas ! Suce, suce ! Promène ta petite langue comme je fais... Merci, merci ! Viens me baisser : Viens que je te baise, ta bonne bouche fraîche, toute humide de moi...
HENRIETTE
Vous êtes satisfaites, chère Madame, de votre petite élève.
LOUISE
Ma petite élève est une petite...
HENRIETTE
Une petite...
LOUISE
Une petite cochonne.
HENRIETTE
Nous sommes deux petites cochonnes.
LOUISE
Tu as été heureuse ?
HENRIETTE
Si heureuse, que je n'ose le croire !
LOUISE
Tu n'avais encore rien goûté ?
HENRIETTE
Si peu, comparé à ce que tu m'as fait éprouver...
LOUISE
As-tu jamais rêvé ce que nous avons fait ?
HENRIETTE
Toujours, je l'ai désiré, mais je n'osais espérer rencontrer jamais quelqu'un qui me comprit comme tu m'as comprise, chère bonne !...
HENRIETTE
Toujours... nous le ferons ensemble tou Toujours .... jours ....
LOUISE
Suçons nous...
HENRIETTE
Je commence.
LOUISE
Comme tu me suces bien !
HENRIETTE
Pas mieux que toi... Va, va, mon chat ; plus vite, plus vite !... Tue-moi !... Tue-moi !... Comme si tu étais mon petit homme !... Ah ! Ah ! Maman ! Ma... man, ah ! Ah !... Ah !... Je suis morte... Tu m'as ... tuée !... Tuée... Ah !... Que c'est bon !... Mon_Dieu !... Je suis... mor... te... Ah !...
LOUISE
Tu n'aimeras jamais que moi ?
HENRIETTE
Je te le promets .
LOUISE
Dis-moi, bonne chatte, je voudrais une chose...
HENRIETTE
Que voudrais -tu que je puisse te donner ? Cherche dans tout ce que je possède... Que peux-tu désirer que je ne t'aie donné ?
LOUISE
Je voudrais, te dis-je, une chose...
HENRIETTE
Quelle chose ?
LOUISE
Que nous disions...
HENRIETTE
Que veux-tu que je dise ?
LOUISE
Des vilains mots...
HENRIETTE
Je n'en sais pas.
LOUISE
Si, si t'en prie, t'en prie ! ....
HENRIETTE
On n'en disait pas à la pension.
LOUISE
On en disait à la mienne ....
HENRIETTE
Commence.
LOUISE
Bonne minette, quel genre de caresses voudrais-tu me faire ?
HENRIETTE
Je te les ai toutes faites.
LOUISE
Nomme m'en une..., non, ne me la fais pas... dis-la moi.. Que voudrais-tu me faire ?
HENRIETTE
Je voudrais...
LOUISE
Quoi, mon ange ? Que voudrais-tu me faire, qui nous rendrai toutes deux bien heureuses ?... Et plus heureuses encore, si je l'entendais... Dis, chère minette, dis ?
HENRIETTE
Je n'ose pas .
LOUISE
T'en prie... Dis-le tout haut !...
HENRIETTE
Je voudrais te sucer...
LOUISE
Nous l'avons dit. Une chose, mamie, que nous n'avons point dire : que voudrais-tu me sucer ?
HENRIETTE
Ton petit cucu...
LOUISE
Mon petit cucu...
HENRIETTE
Oui, ton petit cucu...
LOUISE
Ce n'est pas mon petit cucu que tu touche du doigt... Comment appelles-tu ce que tu touches ?
HENRIETTE
Je ne sais.
LOUISE
Bien vrai ?
HENRIETTE
Je te le jure.
LOUISE
C'est mon petit con, ma minette chérie, mon petit con. - Dis mon con, trésor, mon petit con !...
HENRIETTE
Ton petit con.
LOUISE
Donne ton bec pour te remercier, ton cher petit bec ! - Dis-le encore ce mot, si joli dans ta bouche : mon con... Dis : mon con.
HENRIETTE
Ton con, mon ange, ton bon petit con !
LOUISE
Voudrais-tu m'enfiler, mon petit homme ?
HENRIETTE
Oui, oui, je t'enfilerais !
LOUISE
Que mettrais-tu dans mon con, en m'enfilant.
HENRIETTE
Mon machin.
LOUISE
Quel machin ? Ou plutôt quelle machine ? Son nom, je t'en prie, son nom, à la machine. - Si je te le dis, le répéteras-tu ?
HENRIETTE
Tout de suite .
LOUISE
Ma pine.
HENRIETTE
Ta pine.
LOUISE
C'est une pine mamie ; avec ta pine, ta pine dans mon con, ta grosse pine !...
HENRIETTE
Ta belle pine, ta grosse pine dans mon con...
LOUISE
Tu me ma sucerais, ma pine ?
HENRIETTE
Je te la sucerais, je la mettrais toute entière dans ma bouche, come je mets ma langue dans ton con... Écarte les jambes, que je l'y mette encore...
LOUISE
Tiens, tiens, tiens !
HENRIETTE
Merci ! Merci ! Comme je le suce, ton joli con !...
LOUISE
Pourquoi ne sucerai-je point le tien ? Attends que je m'y mette... J'y suis !...
HENRIETTE
Je n'ai jamais tant désiré une pine !...
LOUISE
Écarte bien mes lèvres avec les doigts pour bien faire entrer ta langue, comme je te le fais... Va vite, va vite !... Bien !... Bien cochonne, je décharge... Le faire, mamie, c'est décharger...
HENRIETTE
Je décharge, je décharge...
LOUISE
Nous déchargeons ....
HENRIETTE
Dans nos bouches, mamie, dans nos bouches !...
LOUISE
Recommençons, sans nous quitter.
HENRIETTE
Oh oui ! Oh oui ! Tiens, tiens !
LOUISE
Jouis-tu comme moi ?
HENRIETTE
Mieux qu'avec un pine...
LOUISE
Dans un con... Va, mamie, va... plus vite !
HENRIETTE
Dans nos deux cons... Tu jouis ?
LOUISE
Dis toujours ta pine... ta... pi... ne...
HENRIETTE
Ta pine, ma pine... ma grosse pine...
LOUISE
Je décharge... Suce encore !
LOUISE
Suce aussi... Bien, bien ... con... pine... con... pine ... mon con ....
HENRIETTE
Ma pine... mon vit... Dis mon vit...
LOUISE
Mon vit, ma pine et mon con ... Mon con et ta pine... Tu savais mon vit ... Où l'as tu su ? ...
HENRIETTE
J'ai entendu ma femme de chambre disant à son mari : "Ton vit" ; puis "Pinons"...
LOUISE
Pinons aussi, et déchargeons !
HENRIETTE
Comment ?
LOUISE
Oui, déchargeons... quand on le fait et que la liqueur s'épanche, on décharge.
HENRIETTE
Je décharge !
LOUISE
Tiens, tiens, tiens,les belles fesses que je baise ! Tes tétons qui raidissent... qui raidissent comme des pines !... J'en décharge... J'en... dé... dé... charge... Ah ! Ah ! Je suis morte... mor... te...
HENRIETTE
Marions les, nos deux langues qui nous ont rendu si heureuses.
LOUISE
Mamie, nous pinons sans piner.
HENRIETTE
Je suis rompue.
LOUISE
Je le ferais encore !
HENRIETTE
Soyons raisonnables.
LOUISE
Un vit, un gros vit... Une grosse pine... Ta grosse pine !... Comme je te voudrais une grosse pine à moi à moi toute seule ! Que n'en as tu une ! Ta pine, je la sucerais !...
HENRIETTE
Roulons-nous dans nos bras... Serre-moi, serre-moi bien !...
LOUISE
Tu m'enroule, petit serpent :
HENRIETTE
Si l'on venait, mamie, si l'on venait...
LOUISE
Nous ne serions pas surprises, ne crains pas.
HENRIETTE
Tu crois ?
LOUISE
J'ai pris mes précautions.
HENRIETTE
Tu pensais donc...
LOUISE
Oui, que je te ferais toutes les caresses que je t'ai faites ; et pourtant, je n'osais le croire...
HENRIETTE
Si je m'étais refusée ?...
LOUISE
Je me jetais pas la fenêtre, si je n'avais pas eu assez de force pour arriver à mes fins !
HENRIETTE
Je comptais sur ton sommeil pour te mettre la main à ton con, mais si doucement que tu aurais cru le faire seule...
LOUISE
J'avais la même idée.
HENRIETTE
Ces belles et bonnes fesses que je n'ai point assez baisées ! ....
LOUISE
Ni moi les tiennes !
HENRIETTE
Dormons .
LOUISE
Oui... Mais nos doigts dans nos cons ...
HENRIETTE
Dans nos cons, comme des pines !
LOUISE
Les pines nous manquent.
HENRIETTE
Mais les hommes point.
LOUISE
Quels égoïstes !
HENRIETTE
Quand ils l'ont fait, ils nous quittent.
LOUISE
Ils débandent.
HENRIETTE
Tu dis ?
LOUISE
Ils débandent : leurs pines sont molles et elles se retirent ....
HENRIETTE
J'aurais tant aimé dormir ....
LOUISE
Une pine dans ton con ?
HENRIETTE
Oui.
LOUISE
Dis-le !
HENRIETTE
Une grosse pine dans mon con.
LOUISE
Les aimes- tu ?
HENRIETTE
Les grosses pines ? Je les aimerais, oui !
LOUISE
Ton mari ?...
HENRIETTE
Petite pine...
LOUISE
La pine du mien me blesse : elle est énorme.
HENRIETTE
Je n'ose la lui prendre, au mien...
LOUISE
Comme moi... Tu as plus de poils, et ils sont plus longs que les miens.
HENRIETTE
Laisse, laisse, mamie, tu me le ferais faire encore...
LOUISE
Tu déchargerais ?...
HENRIETTE
Je déchargerais toujours ; c'est si bon !
LOUISE
Tu m'aimes ?...
HENRIETTE
Comme je n'ai jamais aimé ! Je t'aime pour te faire plaisir ; j'aime à te voir jouir... Tu es si belle quand tu jouis !...
LOUISE
Tes yeux sont à demi fermés... Viens que je les baise encore, mes beaux yeux !...
HENRIETTE
Ils sont bien a toi.
LOUISE
Comme ton con ?
HENRIETTE
Nos deux cons ! ....
LOUISE
Dis-moi, mamie ?
HENRIETTE
Que veux-tu ?...
LOUISE
Jouis-tu avec une vraie pine ?
HENRIETTE
Je n'ai jamais bien joui... Quand j'allais bien jouir...
LOUISE
Elle se retirait ?...
HENRIETTE
Avant que je le fisse...
LOUISE
Que faisais-tu alors ?
HENRIETTE
Je me touchais....
LOUISE
Comment ?
HENRIETTE
Donne ta main, que je la dirige ....
LOUISE
Tu te branlais ?...
HENRIETTE
Oui ; je me branlais, pour en finir.
LOUISE
T'ai-je bien branlée ?
HENRIETTE
Oh ! Oui ! Bien branlée !... Comment, mamie, ça s'appelle, quand on branle avec sa langue ?
LOUISE
Faire minon-minette !
HENRIETTE
J'ai fait minon-minette.
LOUISE
Tu me le feras encore ?
HENRIETTE
Toujours... Et toi ?
LOUISE
Aussi .
HENRIETTE
C'est si bon !
LOUISE
N'est-ce pas ?
HENRIETTE
Ton mari ne te l'a jamais fait ?
LOUISE
Jamais.
HENRIETTE
Ni le mien. Et ta Nini ? Tu lui as fait minon-minette ?
LOUISE
Oui .
LOUISE
Ça la rend malade ; sans cela ....
HENRIETTE
Pauvre minette !... Elle te le fait ?...
LOUISE
Elle adore me le faire. Plus je jouis, plus elle est heureuse .
HENRIETTE
A-t-elle une joli con ?
LOUISE
Ce n'est pas le tien .
HENRIETTE
Je n'aimerais pas une amie qui n'aimerait pas à le faire.
LOUISE
Elle l'aimerait ; mais si je le lui fait deux fois, elle est huit jours au lit
HENRIETTE
Tu la branles ?
LOUISE
Je suce ses tétons en la branlant.
HENRIETTE
Elle décharge ?...
LOUISE
Comme nous n'avons jamais déchargé. Et la tienne, ta petite amie, que lui fais-tu ?
HENRIETTE
Croirais-tu que je n'ai jamais pu la sucer ?
LOUISE
Lui sucer le con ?
HENRIETTE
Jamais je n'ai sucé son con.
LOUISE
Tu l'as branlée, ne me le cache pas ?
HENRIETTE
Nous nous branlons.
LOUISE
Eh bien ?
HENRIETTE
C'est la croix et la bannière pour arriver là ?
LOUISE
L'aimes-tu toujours ?
HENRIETTE
Oses-tu me le demander ! À présent je la déteste.
LOUISE
Si j'avais une pine...
HENRIETTE
Je dormirais ta pine dans mon con ; et toi ?
LOUISE
Mon vit dans tes cuisses ou dans ton con.
HENRIETTE
Dormons nos doigts dans nos cons.
LOUISE
Nous les y avons !
HENRIETTE
À demain, trésor !
LOUISE
À demain.
HENRIETTE
Demain, en nous réveillant, que ferons-nous ?
LOUISE
Nous recommencerons.
texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica