Comédie en vers· Comédie en un Acte
Les Bêtes Raisonnables
Représenté pour la première fois, au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne, en 1661.
Personnages
- CIRCÉ
- ULYSSE
- DIPUS, courtisan changé en cheval
- AGLAPHEMOS, docteur changé en âne
- CÉPHISE, changée en biche
- PHILIPIN, valet de Dipus, changé en lion
LES BÊTES RAISONNABLES
SCÈNE I.
ULYSSE
Quitte ces lieux, Ulysse, où ton coeur abattu Aux charmes de Circé fait céder ta vertu. Il est temps de revoir te chère Pénélope. Sors de ce labyrinthe où l'amour t'enveloppe, De cette île enchantée où cent monstres divers Te font appréhender un semblable revers. Tel pour avoir servi son amoureuse flamme... Mais Circé vient...SCÈNE II. Circé, Ulysse.
ULYSSE
Madame, L'ennui que je ressens de vous abandonner Vous devrait empêcher de vous en étonner. Les destins ont rendu mon départ nécessaire ; Il faut partir.CIRCÉ
Crains-tu si peu pour me déplaire ? Ton bonheur n'est-il pas dans cette île parfait ? N'y possèdes-tu pas tous les biens à souhaits ? Mon coeur n'est pas un bien qui te puisse suffire ! Tu veux m'abandonner !ULYSSE
Quoi que vous puissiez dire, Jamais un bien présent ne nous rend satisfaits : La crainte et le désir, par de divers effets, Jusque dans l'avenir emportant nos pensées, Nous cachent le présent et les choses passées, Et font que l'on voit moins, dans cet état contraint, Les biens dont on jouit que les maux que l'on craint.CIRCÉ
Quelle craint en ces lieux te peut troubler ? Demande, Souhaite, parle, agis, et si tu veux, commande, Et ne me quitte point.ULYSSE
Que ces pleurs ont d'appas ! Cessez de les verser, ou ne vous fâchez pas Si, plutôt que de voir de si charmantes larmes, Ma fuite garantit ma vertu de leurs charmes. Mais, ô Dieux ! Quels objets se présentent à moi !Ici se présentent quatre animaux.
CIRCÉ
Ces animaux jadis se sont vus comme toi : Cet âne que tu vois était docteur ; la biche Était femme d'un grec qui fut jadis fort riche ; La lion fut valet, le cheval courtisan ? Qui fut de la vertu le premier partisan. Je les ai transformés.ULYSSE
Que leur malheur me touche ! Madame, vous pouvez d'un mot de votre bouche, Faire changer leur sort.CIRCÉ
Ne faut-il que cela pour contenter Ulysse ? J'y consens : il n'est rien que pour toi je ne fisse. Tu pourras leur parler dans peu fort librement ; Je vais les envoyer ici dans un moment, Tels qu'ils étaient avant cette métamorphose, Mais...ULYSSE
Quoi !SCÈNE IV. La Docteur, Ulysse.
La scène 3 n'a pas été conservée dans l'édition consultée.
LE DOCTEUR
Devenir homme ! Ô dieux ! Quel comble de malheurs ! Qui pourrait s'empêcher de répandre des pleurs ? Quel fatal contre-temps !ULYSSE
Cesse de les répandre ; Écoute auparavant ce que je veux t'apprendre : Si ton coeur n'y consent tu ne saurais changer.ULYSSE
Quel danger ?LE DOCTEUR
Quel danger d'être parmi le monde ? Plutôt qu'y retourner que le ciel me confonde ! Je sais ce qu'en vaut l'aune et n'y retourne plus.LE DOCTEUR
Si pour m'autoriser l'exemple peut suffire, J'en ai deux_mille en mains que je vais te décrire : Mon sort te semblera si beau, si glorieux, Que tu verras qu'il fut envié par les Dieux ! Jupin, de tous les Dieux le premier et le maître, Envia les plaisirs attachés à cet être, Et trouva notre sort si charmant et si beau Qu'il se changea lui même une fois en taureau ; Et Junon souhaitant une forme nouvelle, Voulut paraître un jour nourrice de Sémèle.LE DOCTEUR
Mais pour être éclairci quitte ton intérêt ; Chaque Dieu mille fois en une autre nature De celles qu'il aimait a changé la figure : Daphné par Apollon fut changée en laurier, Io le fut en vache, et l'on ne peut nier Que Proserpine même, avec sa blonde tresse, Par le seigneur Pluton fut changée en diablesse ; Et je crois que Pluton fit fort facilement Et sans aucun effort ce dernier changement, Car l'on assurer que la double traîtresse Étant femme elle était du moins demi-diablesse.LE DOCTEUR
M'en demander la cause, et pourquoi je m'en plains ! C'est pour le peu d'état que le plupart des hommes Font des habiles gens dans le siècle où nous sommes. Il n'est point de science à qui quelque lourdaud, Faisant le bel esprit, n'attribue un défaut : Tels, faisant les Catons et les grands politiques, Les nomment des poisons et des pestes publiques, Sans même en excepter mathématicien, Philosophe, orateur, ou bien géotien ; Grammairien, docteur, theurgien, cosmimètre, Astronome, devin, médecin, géomètre, Métoposcope, poète ou chiromancien, Alchimiste, astrologue, ou géomancien ; Et, pour une raison et meilleure et dernière, Sans une exception pour moi péculière.Géomancien : Celui, celle qui pratique la géomancie : Art prétendu de deviner l'avenir en jetant une poignée de poussière ou de terre au hasard sur une table, pour juger des événements futurs par les lignes et les figures qui en résultent. [L]
Péculier : Particulier ; privilégié [L]
LE DOCTEUR
Ergo, ce syllogisme est fait en barbara : Je soutiens et conclus, dans le siècle où nous sommes, Qu'il vaut mieux mille fois être ânes que d'être hommes.LE DOCTEUR
Dites plutôt bonheur.ULYSSE
Bonheur soit.LE DOCTEUR
De docteur.ULYSSE
Et depuis qu'en ces lieux Circé changea ton être, En quel autre animal t'a-t-elle fait paraître ?LE DOCTEUR
En âne qui...ULYSSE
Suffit, je m'étais bien douté Que le raisonnement que tu m'as apporté Ne pouvait pas venir d'un autre qu'un âne.ULYSSE
Mais te changer en âne !LE DOCTEUR
Oui ; t'en étonnes-tu ?LE DOCTEUR
Comment s'en étonner ? Il en est tant au monde ! Ânes dedans le ville, ânes dans le faubourg, Ânes dans le province, ânes dedans la cour, Ânes dedans les champs, ânes aux compagnies, Ânes dedans les bals, ânes aux comédies, Ânes fort négligés, ânes fort ajustés, Mélancolique, gais, sérieux, éventés ; Ânes dans les barreaux, ânes dans les écoles, Ânes dans les effets, ânes dans les paroles, Ânes dedans la chaise aux universités, Ânes petits et grands, bâtés et non bâtés, Ânes sans changement et sans métamorphose, Enfin ânes partout ; je ne vois autre chose. C'est pourquoi j'aime mieux être bêtifié Que d'être homme.SCÈNE V. Philipin, Ulysse.
PHILIPIN
Qui diable m'a rendu ma première figure ? Je ne suis plus lion, ah ! L'étrange aventure ! J'ai beau me regarder, il n'est rien si certain ; Je l'étais toutefois encore ce matin.PHILIPIN
À vous, Monsieur !ULYSSE
À moi.PHILIPIN
Le Diable vous le rende ! Mais comme donc à vous ? Êtes vous l'héritier De la belle Circé ? Savez-vous le métier ? Avez-vous acheté sa charge de sorcière ?PHILIPIN
Puisque vous avez eu tant de bonté pour moi, Et que vous m'avez mis dans l'état que je vois, Par une faveur grande, illustre, et peu commune, Eh ! De grâce, Monsieur, faites m'en encore une : Que je retourne en bête !ULYSSE
Ah ! Discours ennuyeux !ULYSSE
Mais quoi, perfide traître, Préférer les plaisirs attachés à cet être Aux charmantes douceurs ?...PHILIPIN
L'honnête homme, Monsieur, comme on dit aujourd'hui, Ne se mêla jamais des affaires d'autrui.À part.
Je croyais que ce fut un homme, c'est un diable, Il faut bien qu'il le soit.ULYSSE
Un chef d'oeuvre admirable Peut donc être à tes yeux un objet de mépris ! L'homme dont la valeur est sans borne et sans prix Te semble moins heureux que l'état d'une bête ?PHILIPIN
Mais, Monsieur...ULYSSE
Qui peut donc t'avoir mis à la tête Un si bas sentiment du destin des humains ? . . . . . . . . . . . . .PHILIPIN
Lorsque j'étais en Grèce, La plus lâche poltron, le plus efféminé M'a fait trembler de peur ; mais le chance a tourné, Car maintenant c'est moi qui fait trembler les autres.PHILIPIN
Parlez-en comme il faut, Monsieur, que savez-vous quel est votre défaut ? Tel est bête souvent qui ne pense pas l'âtre. Avec votre destin, votre sort, et votre être, Vous me la baillez belle :PHILIPIN
Monsieur !ULYSSE
Que veux-tu ?PHILIPIN
Il vous en faut, ma foi, de la commodité : Est-il après cela chez vous de l'équité ? Non, car les animaux, les plus débiles mêmes ; Qui valent mieux que vous, se servent bien eux-mêmes : Un lion ne sert point un lion ; un cheval, Ne sert point un cheval.ULYSSE
C'est notre plus grand mal D'être toujours contraints d'avoir à notre suite Des brutaux, des coquins, sans soin et sans conduite, Des traîtres, ne sont bons qu'à noyer.PHILIPIN, à part
On n'est jamais blâmé que par ceux du métier.ULYSSE
Je veux, en quatre mots, sans parler de services, De tous les animaux te faire voir les vices, Afin que ton esprit, connaissant leur défaut, Puisse dans ce moment en juger comme il faut : Le tigre est trop cruel,l'ours est trop plein de rage, Le sanglier affreux aime trop le carnage, Le cheval est trop fier, le renard est trop fin, Le loup est carnassier, le singe trop badin, Le lion trop fougueux, et l'âne trop stupide, L'éléphant trop pesant, le lièvre trop timide, Le chameau, comme on sait, est trop vindicatif, Le bouc est trop vilain, et le cerf trop craintif ; Il n'est point d'animaux sans des défauts semblables, Tous sont des monstres enfin.PHILIPIN
Et les hommes tous diables. Pour mieux répondre encor, chacun des animaux N'a jamais pour le plus qu'un seul de ces défauts ; Mais s'il m'en souvient, les hommes, ce me semble, Ont pour le plus souvent tous les vices ensembles Tel est larron, cruel, traître, fou, babillard, Rusé, méchant, fougueux, fourbe, badin, paillard ; Tel autre est orgueilleux, imposteur, homicide, Tel autre cauteleux, et flatteur, et timide, Tel autre médisant, et fait le fanfaron, Tel autre grand causeur, mercenaire et poltron, Tel autre est rapporteur, incommode, bizarre, Tel autre téméraire, importun, fat, avare, Sans compter tous les sots dont je ne parle pas. Pour toutes ces raisons je m'en vais de ce pas ; Adieu, Monsieur.Paillard : Personne de vie dissolue. [L]
SCÈNE VI. Circé, Ulysse.
ULYSSE
Mon coeur est si surpris de leur extravagance Qu'il doute que Circé, dans un tel changement, Leur ait, avec leur corps, rendu leur jugement.CIRCÉ
Ulysse, ce reproche est trop plein d'injustice : Je consens à tes yeux que le Ciel me punisse Si tu ne les as vus, dans ce même moment, Tel que le Ciel les fit avant leur changement.ULYSSE
Les dieux voulant vous obliger Connaissant bien qu'en âne on le devait changer, Y travaillèrent tous, sans doute, par avance.SCÈNE VII.
SCÈNE VIII. Ulysse, Céphise.
ULYSSE
Si je ne suis déçu, je vois quelqu'un venir ; C'est une femme, ô Dieux ! Je veux l'entretenir. Si je peux obliger...CÉPHISE
J'ai changé de figure ; De biche que j'étais je suis femme, et je jure Que je ne sais à qui l'avantage en est dû.ULYSSE
À moi, Madame.CÉPHISE
À toi ? De quoi te mêles-tu ? M'avoir tiré d'un être agréable, paisible, Doux, charmant, sans ennuis !CÉPHISE
Tu ne les peux connaître.ULYSSE
Si j'ignore les biens qu'ici vous possédez, Du moins connais-je bien tous ceux que vous perdez. Est-il rien de plus heureux que l'état d'une femme ? Quels soucis, quels ennuis peuvent troubler son âme ? C'est une sexe qui fut de tout temps adoré, Aimé, chéri de tous, estimé, révéré, Plein d'esprit, plein de feu, galant, parfait, sincère, Sans vanter sa beauté, car elle est ordinaire. Ce beau sexe qui fait, par cent charmes divers, Le plus belle moitié de ce vaste univers, DE toutes les faveurs que le ciel nous a faites Est seul incomparable.CÉPHISE
Ah ! Trêve de fleurettes !ULYSSE
Sa vertu, sa prudence et sa discrétion Causent à tous moments notre admiration. Les hommes les plus fiers, épris de tant de charmes, Cèdent avec plaisir et mettent bas les armes, Et plus_ou_moins vos coeurs ont la bonté pour eux, Plus_ou_moins leurs destins leur semblent bienheureux. De tous les immortels les plus parfaits ouvrages N'ont rien de comparable à ces grands avantages. Sans ce sexe, qui peut tout charmer, en ce jour, L'homme n'eut jamais su ce que c'est que l'amour ; Il faut, pour être heureux, être épris de sa flamme : Un homme sans amour est un corps privé d'âme, Et comme ce beau sexe entre tient notre amour, Sans lui rien ne pourrait nous conserver le jour.CÉPHISE
Où trouver maintenant l'avantage d'une être. Si, presque à tout moment, l'homme s'érige en maître, Veut avoir le dessus ? Encore pour cela Passe.CÉPHISE
Il est vrai qu'étant fille, alors que l'on peut plaire, On a quelque bon temps, mais il ne dure gère, Et quand le mariage a conjoint deux amants,, Une femme, ma foi, passe bien mal son temps. Après cinq ou six nuit, bonsoir : la jalousie. Des hommes bien souvent brouille la fantaisie ; Il faut être sujette à ces hommes brutaux, Volages, inconstant, parjures, inégaux : Cela fait enrager.CÉPHISE
Une autre chose m'embarrasse l'esprit : Quand de se divertir une femme a le bruit ; On la tient aussitôt couverte d'infamie ; Mais les hommes, oui-dà, c'est la galanterie ! Quelle en est la raison ? Et pourquoi devez-vous, Alors que bon vous semble, avoir cela sur nous ? . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .ULYSSE
Je vais en quatre mots vous répondre à ces choses ; Si notre sexe au vôtre est toujours préféré, C'est que l'esprit de l'homme est bien plus éclairé, Plus solide, plus fort, et moins sujet au change.CÉPHISE
Plus éclaire, dis-tu ? Bons Dieux ! Le chose étrange ! Il en est parmi nous qui, plus d'un an durant, Instruisaient aisément l'homme le plus savant.ULYSSE
Mais qui ?CÉPHISE
Cette Cassandre à la ville de Troie A prédit ses destins, ses malheurs et sa joie ; De plus, elle a prédit qu'un jour une Sapho Deviendrait l'ornement d'une siècle tout nouveau, Et qu'aussi tôt après une telle naissance, L'agrément, la vertu, l'esprit et la science Tomberaient en quenouille.ULYSSE
Deux mots encor...ULYSSE
Ô Dieux ! Qui l'eut pensé ? Être bête est donc si grand avantage ? Tous ces gens sont bien fous, ou je suis bien peu sage. Il faut bien que Circé ne leur ai pas rendu Leur esprit, mais que dis-je, ils n'en ont jamais eu, Ils sont fous naturels. Quelqu'un s'offre à ma vue ; Ma peine dans ces lieux ne sera pas perdue, Si j'en oblige un seul à vouloir conserver Le bel être où les Dieux avaient su l'élever.SCÈNE IX. Dipus, Ulysse.
DIPUS
De qui puis-je savoir par quelle nation Cette île est habitée ? Ah ! J'aperçois un homme. Pouvez-vous m'enseigner comment ce lieu se nomme ?ULYSSE
C'est l'île de Circé ; pour votre changement, L'amour qu'elle ressent pour moi dans ce moment L'a causé.ULYSSE
Les vertus pour l'amour n'ont que de faibles armes : Elles sont contre lui sans pouvoir et sans charmes, Et lorsque nous aimons, nous ne regardons pas, Pourvu que notre objet ait pour nous des appas, S'il a tant de vertus ; car pour lors, notre flamme Exile pour jamais la raison de notre âme, Et ne consulte rien en cette occasion Que notre aveuglement et notre passion.ULYSSE
Pour t'emmener.ULYSSE
Non.DIPUS
Dis plutôt malheureuse. Quoi ! Je pourrais, après ce qui m'est arrivé, REtourner à la Cour où je fus élevé, Où les meilleurs moeurs devenaient corrompues ; Où toutes les vertus n'étaient jamais connues, Où, pour tout dire enfin, avec impunité Se pratiquaient le vice et la méchanceté ?DIPUS
À d'autres ! Une dupe. Demeurerait d'accord d'un semblable discours : Mais je sais le dégât qu'elle cause toujours. Lorsque les courtisans passent par une ville, Le soin qu'on prend pour eux est toujours inutile : On a beau les servir et les bien recevoir, Être dans le respect, être dans le devoir, Oui, par tout le pays qui leur sert de passage Ils font un tel dégât, ils font un tel ravage, Lorsqu'ils sentent venir leur départ à peu près, Qu'il y paraît toujours près de neuf mois après... On a beau leur cacher les femmes et les filles, Dire qu'il ne faut pas diffamer les familles, Qu'il faut ne point piller, point causer de malheur, Éviter le désordre et vivre avec douceur, Qu'il faut de leur pays observer la police, Malgré toutes les lois et toute leur justice, Ces discours et ces soins sont toujours superflus, La réprimande est vaine, ils passent par-dessus.ULYSSE
Si toujours le mépris d'une semblable vie D'y retourner jamais t'a fait perdre l'envie, Ton coeur dans ce moment ne doit pas mépriser La raison que j'apporte à te désabuser : Apprends donc que les Dieux et leurs sacrés oracles Te feront voir la fin de tous ces grands obstacles ; Qu'ils promettent au monde un monarque nouveau, Indomptable, vaillant, vertueux, parfait, beau, Généreux, et de qui la célèbre alliance Mettra toute le terre en bonne intelligence ; Qu'il doit être l'appui des temples de Thémis, Qu'il sera redouté de tous ses ennemis, Un autre Hercule enfin, qui, né par un miracle, Ne doit à sa valeur jamais trouver d'obstacle ; Que, pour lors, les vertus banniront de sa Cour Les vices enchaînés, pour régner à leur tout. Enfin ce Mars qu'un jour la terre aura pour maître, A fait des envieux même avant de naître. Pour combler de bonheur ce règne glorieux Un ministre prudent est promis par les Dieux, Des les exploits fameux, les vertus et la gloire Sont gravés par avance au temple de mémoire.ULYSSE prononce l'Oracle
Écoute donc comment l'oracle en a parlé.ULYSSE prononce l'Oracle
ORACLE.
Un prince deux fois couronné Rendra son règne fortuné, Sera craint et chéri sur la terre et sur l'onde, C'est un arrêt des Dieux. Les Vertus et l'Amour Sous son beau règle quelque jour Rendront la paix à tout le monde. Ce monarque aura pour appuis Un ministre digne de lui, Et le peuple, en ce temps plus heureux que le nôtre, Goûtera les douceurs d'un bonheur peu commun, Puisqu'il aura le bras de l'un Et les sage conseils de l'autre.428 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica