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un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Comédie en Cinq Actes et en Vers

Le Glorieux

Philippe Néricault-Destouches· créée en 1732· 5 actes· 2 142 vers· 12 personnages

Représenté pour la première fois le 18 janvier 1732 au Théâtre de la rue des Fossés Saint-Germain.

Personnages

  • LISIMON, riche bourgeois
  • ISABELLE
  • VALÈRE, fils de Lisimon
  • LE COMTE DE TUFIÈRE, amant d'Isabelle
  • PHILINTE, amant d'Isabelle
  • LYCANDRE
  • LISETTE, fille de Lisimon
  • PASQUIN, valet de chambre du Comte
  • LA FLEUR, laquais du Comte
  • MONSIEUR JOSSE, notaire
  • UN LAQUAIS, de Lycandre
  • PLUSIEURS LAQUAIS, du Comte
PRÉFACE

Cette comédie vient d'être reçue si favorablement du public, que je me croirais indigne des applaudissements dont il m'a honoré, si je ne m'efforçais pas de lui en témoigner ma reconnaissance. J'ose lui protester qu'elle est aussi vive que juste. Je ne trouve point de termes qui puissent l'exprimer ; mais pour la faire éclater d'une manière sensible, je promets à ce même public, à qui je suis si redevable, qu'en cherchant à lui procurer de nouveaux amusements, je n'épargnerai ni soins, ni travaux, pour mériter le continuation de ses suffrages. Quoique les caractères semblent épuisés, il m'en reste encre plusieurs à traiter. Ce n'est pas que je ne sois très convaincu des difficultés et des périls de l'entreprise, parce que les caractères les plus faciles et les plus saillants ont déjà parus sur la scène. Mais comme les succès redoublent mon zèle, peut-être augmenteront-ils mes forces. Ce qui doit au moins m'en faire augurer, c'est que mon objet est généralement approuvé. On sait que j'ai toujours devant les yeux ce grand principe dicté par Horace :

Omne tulit qui miscuit utile dulci ;

Et que je crois que l'art dramatique n'est estimable qu'autant qu'il a pour but d'instruire en divertissant. J'ai toujours eu pour maxime incontestable que, quelque amusant que puisse être une comédie, c'est un ouvrage imparfait et même dangereux, si l'auteur ne s'y propose de corriger les mours, de tomber sur le ridicule, de décrier le vice, et de mettre la vertu dans un si beau jour, qu'elle s'attire l'estime et la vénération publiques. Tous mes spectateurs ont fait connaître unanimement, et, si je l'ose dire, d'une manière bien flatteuse pour moi, qu'ils se livraient avec plaisir à un objet si raisonnable. Je ne craindrai pas même d'ajouter ici, qu'en m'honorant de leurs applaudissements, ils se sont faits honneur à eux-mêmes. Car enfin, qu'y a-t-il de plus glorieux pour notre nation, si fameuse d'ailleurs par tant de qualités, que de faire aujourd'hui connaître à tout l'univers, que les comédies, à qui l'ancien préjugé ne donne pour objet que celui de plaire ou de divertir, ne peuvent la divertir et lui plaire longtemps, que lorsqu'elle trouve dans cet agréable spectacle, non seulement ce qui peut le rendre innocent et permis, mais même ce qui peut contribuer à l'instruire et à la corriger ? Il est donc de mon devoir, en payant au public le juste tribut qu'il attend de ma reconnaissance, de la féliciter sur le goût qu'il fait toujours éclater pour les ouvrages qui ne tendent qu'à épurer la scène, qu'à la purger de ces frivoles saillies, de ces débauches d'esprit, de ces faux brillants, de ces sales équivoques, de ces fades jeux de mots, de ces mours basses et vicieuses, dont elle a été souvent infectée, et qu'à la rendre digne de l'estime et de la présence des honnêtes gens. Il est aisé de voir dans tous mes ouvrages, remplis au surplus d'une infinité de défauts, que c'est uniquement à ces sortes de spectateurs que je me suis toujours efforcé de plaire. Il ne manque à un objet si légitime que les talents nécessaires pour y parvenir. Toute le gloire dont je puisse me flatter, c'est d'avoir pris un ton qui a paru nouveau, quoique, après l'incomparable Molière, il semblât qu'il n'y eût point d'autres secret de plaire que celui de marcher sur ses traces. Mais quelle témérité de vouloir suivre un modèle que les auteurs les plus sages et les plus judicieux ont toujours regardé comme inimitable ! Il nous a laissé que le désespoir de l'égaler : trop heureux, si, par quelque route nouvelle, nous pouvons nous rendre supportables après lui ! C'est à quoi je me suis borné dans mes ouvrages dramatiques ; et c'est sans doute à cette précaution essentielle que je dois l'accueil favorable qu'ils ont reçu.

Je n'en suis pas moins redevable à l'art des acteurs ; qui en ont employé tous les ressorts et toutes les finesses, principalement dans cette dernière comédie, pour signaler leur zèle et leur amitié pour moi. Je leur dois à tous, sans nulle exception, cette justice ; et je leur la rends avec d'autant plus de plaisir, que le public l'autorise par ses applaudissements. M. Quinault l'aîné, dans le rôle de Lycandre, a fait voir qu'il sait se transformer en toutes sortes de caractères ; que, quelque différents qu'ils puissent être les uns des autres, ils lui fournissent également une occasion brillante de faire admirer ses talents et son esprit, et qu'il peut se donner le ton, la gravité, les entrailles de père, avec autant de justesse, de précision et de vérité, qu'il s'approprie les saillies, la vivacité et les grâces d'un jeune homme, quand il est question de les représenter. Quelle estime, quelle vénération, quel amour n'a-t-il point inspiré pour le malheureux père du comte de Tufière et de Lisette !

Je dois les mêmes louanges à son frère, M. Dufresne, qui a trouvé l'art d'annoncer le caractère du "Glorieux" même avant que de prononcer une parole, et par le seule manière de se présenter sur scène. Quelle noblesse dans le port ! Quelle grandeur dans son air ! Quelle fierté dans sa démarche ! Quel art, quelles grâces, quelle vérité dans tout le débit du rôle, et quelle finesse, quelle variété dans tous les jeux du théâtre !

Jamais personnage ne fut plus difficile à représenter que celui de Lisette, fille de condition, et femme de chambre en même temps. Être trop comique, c'était s'exposer à refroidir l'action et à rendre le personnage ennuyeux/ Il s'agissait de trouver un juste milieu entre les saillies et les vivacités d'une suivante, et la noble retenue d'une fille de qualité. C'est ce qu'on vient de voir exécuter avec tant de succès par l'excellente actrice (mademoiselle Quinault) chargée du rôle de Lisette.

Me sera-t-il permis de faire souvenir le public de l'air de confiance, de joie, de naïveté, et des plaisantes brusqueries de Lisimon, ou plutôt de l'acteur judicieux et naturel (M. Duchemin) qui a paru sous le nom de ce bourgeois ennobli ? L'extrême plaisir qu'il a fait aux spectateurs ne me laisse assurément aucun lieu de douter qu'il n'ait beaucoup contribué au succès de mon ouvrage.

Je me ferais encore une devoir bien agréable de faire ici l'éloge de mes autres acteurs, si la crainte d'ennuyer par un trop long détail, ne mettait, malgré moi, des bornes à ma connaissance.

Après ce juste tribut qu'elle exigeait de ma plume, ce serait ci l'occasion naturelle d'employer quelques lignes à réfuter la censure de l'auteur d'une petite comédie, ou plutôt d'un ouvrage qui en usurpe le nom, et qui a paru pendant quelques jours sur le Théâtre italien ["Polichinelle, comte de Ponsier", parodie de la comédie du Glorieux, donnée au mois de mars 1732, BnF ASP - 8-RF-9054 ]. Mais, quoiqu'il ne convienne moins qu'à qui que ce puisse être de mépriser mes confrères les auteurs, et que je reconnaisse en eux des talents supérieurs aux miens, je crois pouvoir affecter le silence à l'égard de l'auteur dont il est question : je me dispenserai même de la nommer [cet auteur est Charles-Simon Favart (1710-1792)], pour ne le point tirer de son obscurité, et je lui laisse le champ libre sur un théâtre qui est son unique ressource, et qui est propre à exercer son génie ; théâtre qui ne subsiste qu'aux dépend des meilleurs ouvrages, et dont le mérite principal est de les tourner en ridicule, et de les livrer à l'envie et au mauvais goût. Il me suffit que le public ait eu la bonté de suivre ma comédie ; en l'approuvant, il s'est chargé de la défendre et de justifier en même temps les suffrages. Tout ce qu'il me reste à dire maintenant, c'est qu'on me trouvera toujours également disposé à me corriger sur les avis des personnes impartiales et judicieuses, et à mépriser les censures de certains petits auteurs étouffés qui tâchent de se donner quelque relief, en attaquant sans mesure et sans discernement tout ce que le public ne juge pas indigne de ses louanges.

ACTE I

SCÈNE I.

SCÈNE II. Lisette, Pasquin.

PASQUIN

Sur quoi ?

PASQUIN

Eh bien ?

SCÈNE III. Lisette, Pasquin, La Fleur.

PASQUIN

À moi ?

LISETTE

Achève.

SCÈNE IV. Lisette, Pasquin.

LISETTE

Fort bien.

PASQUIN

Ce vieux reître Est-il si dangereux ?

Reître : Pour dire c'est un homme fin, rusé et expérimenté au fait de guerre. On le dit par extension de ceux qui sont rusés, ou qui ont de l'expérience en plusieurs choses, comme à plaider, à jouer etc. [F]

SCÈNE V. Lisimon, Lisette, Pasquin.

LISETTE

Mais...

SCÈNE VI. Lisimon, Lisette.

LISIMON

Non.

LISETTE, s'enfuyant

Au secours !

SCÈNE VII. Lisimon, Valère, Lisette.

VALÈRE, accourant

Mon père, qu'avez-vous ?

LISIMON

Rien.

VALÈRE

Mais...

LISETTE

J'y vais.

SCÈNE VIII. Valère, Lisette.

SCÈNE IX. Lycandre, Lisette.

LYCANDRE

Quoi ?

LISETTE

Oui.

LYCANDRE

Hélas !

LISETTE

Oui.

ACTE II

SCÈNE I.

SCÈNE II. Valère, Lisette.

LISETTE

Je rêve.

VALÈRE

J'en jure.

VALÈRE

J'écoute.

VALÈRE

Voyons.

LISETTE, en riant

Fort bien.

SCÈNE III. Isabelle, Valère, Lisette.

VALÈRE, courant au-devant d'Isabelle

Ma soeur, que je vous dise une grande nouvelle !

LISETTE, bas à Valère

Allez-vous-en.

SCÈNE IV. Isabelle, Lisette.

LISETTE

Quoi ?

ISABELLE

Non. Mais...

ISABELLE

Pourquoi ?

LISETTE, vivement

Quoi ! Sérieusement ?

ISABELLE

Eh bien ?

ISABELLE

Poursuivez.

ISABELLE

Volontiers.

ISABELLE

Mal.

ISABELLE

Tant mieux.

LISETTE

Le voici.

SCÈNE V. Isabelle, Philinte, Lisette.

PHILINTE, du fond du théâtre, après plusieurs révérences

Madame... je crains bien de vous importuner.

ISABELLE, lui faisant la révérence

Monsieur...

PHILINTE, lui faisant la révérence

Madame, en vérité...

LISETTE, après avoir fait plusieurs révérences à Philinte, lui présente un siège

Vous plaît-il vous asseoir ?

ISABELLE, à Lisette

Oh ! Je perds contenance.

ISABELLE, à Philinte, après avoir un peu rêvé

Quel temps fait-il, monsieur ?

LISETTE, à part

Cet homme est laconique.

ISABELLE

La migraine.

PHILINTE, s'en allant avec précipitation

Je m'enfuis.

ISABELLE, le retenant

Non, restez.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Philinte, un laquais mal vêtu.

SCÈNE VIII. Pasquin, le laquais.

PASQUIN, d'un ton arrogant

Que voulez-vous ?

PASQUIN

Parlez donc.

PASQUIN, d'un ton important

Trêve de compliments.

SCÈNE IX.

SCÈNE X. Le comte, Pasquin, six laquais.

LE COMTE, entre marchant à grands pas et la tête levée

Ses six laquais se rangent au fond du théâtre d'un air respectueux. Pasquin est un peu plus avancé.

L'impertinent !

PASQUIN, lui présentant la lettre

Monsieur...

LE COMTE, marchant toujours

Le fat !

PASQUIN

Monsieur...

PASQUIN

Il a tort.

PASQUIN

Peste ! Qu'elle est dodue ! À ce charmant objet je me sens l'âme émue.

Il ouvre la bourse et en tire quelques pièces.

LE COMTE, le surprenant

Que fais-tu ?

LE COMTE, lui reprenant la bourse

Vous êtes curieux.

Il fait plusieurs signes, et, à mesure qu'il les fait, ses laquais le servent. Deux approchent la table, deux autres un fauteuil ; le cinquième apporte une écritoire et des plumes, et le sixième du papier ; ensuite il se met à écrire.

LE COMTE, continuant d'écrire après l'avoir prise

Ah ! C'est du petit duc ?

PASQUIN

J'entends.

Il lit la lettre bas.

LE COMTE, toujours écrivant

Monsieur Pasquin ?

PASQUIN

Monsieur.

PASQUIN, d'un air suffisant

Sortez.

LA FLEUR, au Comte

Monsieur...

LE COMTE

Comment ?

SCÈNE XI. Le Comte, Pasquin.

Le Comte relit ce qu'il a écrit, et Pasquin lit la lettre.

LE COMTE, se levant brusquement

Si je tenais le fat qui m'ose écrire ainsi...

LE COMTE, donnant un soufflet à Pasquin

Comment, maraud ?...

SCÈNE XII.

SCÈNE XIII. Le Comte, Pasquin.

LE COMTE

Mais...

PASQUIN

Monsieur.

LE COMTE, se levant

Que dites-vous ?

SCÈNE XIV. Le Comte, Lisimon, Pasquin.

PASQUIN

Oui, monsieur, le voici.

Le Comte se lève nonchalamment et fait un pas au-devant de Lisimon qui l'embrasse.

LE COMTE, froidement

J'en suis fort aise aussi.

LE COMTE

Je l'ai cru.

LE COMTE, à Pasquin, se levant brusquement

Je vais le prendre au mot.

LE COMTE

Mais si...

SCÈNE XV.

ACTE III.

SCÈNE I. Le Comte, Pasquin.

PASQUIN

Croyez...

SCÈNE II. Isabelle, Le Comte, Lisette.

LE COMTE, à Isabelle, après avoir regardé dédaigneusement Lisette

Eh ! Faites-moi l'honneur de répondre vous-même.

SCÈNE III. Isabelle, Le Comte, Valère, Lisette.

ISABELLE

Quoi ?

VALÈRE

Je crois...

LE COMTE, riant

Cela serait plaisant.

VALÈRE

Pourquoi ?

LE COMTE, avec un sourire dédaigneux

Ah ! Mon_Dieu, point du tout.

LE COMTE, faisant la révérence

Il me fait trop d'honneur.

LE COMTE, lui touchant dans la main

Sommes-nous bons amis ?

SCÈNE IV. Isabelle, Le Comte, Lisette.

SCÈNE V. Le Comte, Lisette.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Le Comte, Philinte.

LE COMTE

Pourquoi ?

LE COMTE, d'un air railleur

Vous en doutez, Monsieur ?

LE COMTE

Et c'est ?

SCÈNE VIII. Le Comte, Philinte, Lisimon.

PHILINTE

Quelquefois.

SCÈNE IX. Le Comte, Lisimon.

SCÈNE X.

ACTE IV.

SCÈNE I. Lisette, Pasquin.

Ils entrent par deux différents côtés du théâtre ; Pasquin le premier, et marchant fort vite.

LISETTE

Assurément.

SCÈNE II. Valère, Lisette.

VALÈRE

Il est vrai.

VALÈRE

Adieu donc.

SCÈNE III. Lycandre, Lisette.

LISETTE

Oui.

SCÈNE IV. Lycandre, Pasquin, s'arrêtant à considérer Lycandre.

PASQUIN, d'un ton brusque

Pourquoi ?

PASQUIN, le regardant du haut en bas

Lui parler ? Qui ? Vous ?

LYCANDRE

Moi.

PASQIN, d'un air méprisant

Cela ne se peut pas.

PASQUIN, fièrement

Eh ! Qu'êtes-vous ?

LYCANDRE

Je le suis.

PASQUIN

Pour jouer avec lui, prenez mieux votre bisque.

Bisque : Terme de jeu de paume. Avantage de quinze points qu'un joueur fait à un autre. Fig. Prendre sa bisque, prendre son avantage. [L]

PASQUIN, va et revient

En vérité, je crains...

LYCANDRE, d'un air impatient

Ah !

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Lycandre, Le Comte, Pasquin.

PASQUIN, à part

Il lui demande excuse !

LE COMTE

Je croyais...

À Pasquin.

Sors, Pasquin.

LE COMTE, poussant Pasquin

Sors, ou crains mon courroux.

LYCANDRE, retenant Pasquin

Reste.

SCÈNE VII. Lycandre, le Comte.

SCÈNE VIII. Lycandre, le Comte, Lisimon.

LE COMTE

Comment ?

LE COMTE

Fort bien.

LISIMON, au Comte

Quel est cet homme-là ?

LE COMTE, tirant Lisimon à part

C'est..., c'est mon intendant.

LE COMTE, à Lisimon

C'est un homme d'honneur.

LISIMON

Eh bien ?

LYCANDRE

Fort bien.

LE COMTE, en souriant

Mon devoir ?

LISIMON, au Comte

Il parle de bon sens.

LE COMTE, d'un air un peu fier, à Lycandre

Mais, monsieur...

LYCANDRE, au Comte

Soumis ; vous entendez ?

LE COMTE, d'un air piqué

Oui, j'entends à merveille.

À part.

Ciel !

LE COMTE, à part

J'enrage.

LISIMON

Au Comte.

Un moment.

À Lycandre.

À quoi vont les revenus du comte ?

LE COMTE, à Lycandre

Dites-lui...

SCÈNE IX. Lisimon, Le Comte.

SCÈNE X.

ACTE V.

SCÈNE I. Isabelle, Lisette.

ISABELLE

Il est vrai.

ISABELLE

Eh bien ?

SCÈNE II. Isabelle, Valère, Lisette.

LISETTE, à Valère

Vous voilà bien rêveur ?

SCÈNE III. Lisimon, Valère, Isabelle, Lisette.

LISIMON

Sans délai.

SCÈNE IV. Les acteurs précédents, Monsieur Josse.

LISIMON

Oui.

MONSIEUR JOSSE, la regardant avec ses lunettes

Voilà de quoi former une belle famille. Où donc est le futur ?

SCÈNE V. Les acteurs précédents, Le Comte.

Ils sont tous assis, excepté Lisette.

MONSIEUR JOSE, vis-à-vis d'une table, après avoir mis ses lunettes, lit

Par-devant...

LISIMON, à Isabelle, qui parle à Lisette

Écoutez.

MONSIEUR JOSSE, écrivant

Et très puissant seigneur...

MONSIEUR JOSSE

Oh ! Quelle kyrielle ! Ma foi, sur tant de noms ma mémoire chancelle !

Il répète.

Philogène, Louis... après ?

Kyrielle : Litanie (sens propre peu usité) Fig. Longue suite de choses qui n'en finissent pas. [L]

LE COMTE, dictant

De Mont-Sur-Mont.

MONSIEUR JOSSE, répétant

Sur-Mont.

LE COMTE, dictant

Chevalier...

MONSIEUR JOSSE, répétant

Lier.

LE COMTE, au notaire

Continuez. Baron De Montorgueil.

MONSIEUR JOSSE

Orgueil.

LE COMTE, d'un ton ampoulé

Bon ! Marquis de Tufière.

MONSIEUR JOSSE, au Comte

Est-ce tout ?

LE COMTE, se levant

Comment tout ? Seigneur...

ISABELLE, à Lisette

En lettres d'or.

LISETTE, à Isabelle

Paix donc !

LE COMTE, d'un air surpris

Antoine !

LISIMON

Oui.

MONSIEUR JOSSE

Il a raison.

MONSIEUR JOSSE, au Comte

Sur quoi l'assignez-vous ?

LISIMON

Oui.

SCÈNE VI. Les acteurs précédents, Lycandre.

LYCANDRE, au Comte

Je viens savoir, mon fils...

VALÈRE et ISABELLE

Son fils !

LE COMTE, à part

Je meurs de honte.

LISIMON

Comment ?

VALÈRE, à Lisette

Je suis perdu.

2 142 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0