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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

Amour pour Amour

Pierre-Claude Nivelle de la Chaussée· créée en 1742, imprimée en 1753· 4 actes· 1 502 vers· 4 personnages

Réprésentée pour la première fois, au Théâtre français, le 3 février 1735.

Personnages

  • L'AUTEUR
  • UN AMI, de l'Auteur
  • UN JEUNE SOT
  • DAMIS
Citation Si qu'un bouquet donné d'amour profonde, C'était donné toute le terre ronde

Marot

AZEMIRE, Toi qui m'as prêté tes talents enchanteurs, Assemblage parfait des dons les plia flatteurs, Élève et modèle des Grâces : Aimable et cher objet, que Thalìe et ses soeurs. Ne peuvent couronner que de ces mêmes fleurs Que tu fais naître sur tes traces. Si je n'ai point encore essuyé de revers ; Je n'en dois, qu'à toi seule, un éternel hommage ; Tes charmes et ta voix sont l'âme de mes vers. Mais, que dis-je, ils sont ton ouvrage, Qui les inspira, les a faits. Qu'ils te soient consacrés par la reconnaissance. Tes yeux n'ont rien laissé de plus en ma puissances Et je ne puis t'offrir que tes propres bienfaits.

PROLOGUE

SCÈNE I. L'Auteur. L'Ami de L'Auteur.

L'AMI

Du bien.

SCÈNE II. Le Jeune Sot, L'Aufeur, L'Ami.

LE SOT

J'ai vu dans les foyers les acteurs en turban, Les actrices en Doliman. Répliquez. Vous riez ?

Doliman : Nom d'un habit turc, sorte de longue robe de dessus, avec des manches étroites, boutonnées au poignet. [L]

LE SOT

Fort.

L'AUTEUR, à part

Oh ! Je vais éclater.

LE SOT, saluant

Monsieur...

LE SOT, de loin

Serviteur.

SCÈNE III. L'Auteur, L'Ami.

L'AUTEUR

Pourquoi ?

SCÈNE IV. Damis riant. L'Auteur.

L'AMI

Voyons.

L'AUTEUR, à part

Ah ! Ceci me confond.

L'AUTEUR, à Damis

Et combien mettrez-vous ?

DAMIS

Autant.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Azor, Zaleg.

AZOR

Adieu.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Zemire, Nadine.

ZÉMIRE

Peut-être.

NADINE

Fort bien.

ZÉMIRE

Hélas !

ZÉMIRE

Il est vrai.

ZÉMIRE

Je l'ai cru.

ZÉMIRE

Qui donc ?

NADINE

Azor.

ZÉMIRE

Je n'ose.

NADINE

Hé non.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Azor, Nadine.

NADINE

Non.

SCÈNE VI. Zemire, avec gaîté et ornée galamment avec des purs. Azor, Nadine, Zemire.

ZÉMIRE

Me voilà.

SCÈNE VII. Azor, Zémire.

ZÉMIRE

Azor !...

ZÉMIRE

Hé mais....

ZÉMIRE, à part

Nadine aura tout dit.

SCÈNE VIII. Assan, Zemire. Suite d'Assan.

ASSAN, à sa suite

Je rejoindrai la chasse.

SCÈNE IX. Assan, Zemire.

ZÉMIRE, inquiète

Qui, moi ?

ZÉMIRE, à part

Il peut avoir raison.

ZÉMIRE

Fort bien.

ZÉMIRE

Ce transport n'est pas nécessaire.

À part, en voyant Azor et fuyant.

SCÈNE X. AZOR prend la place de Zémire, Assan.

SCÈNE XI.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE.

ZALEG, seul

L'Amour m'a fait trouver un heureux stratagème Nadine doit savoir à présent que je l'aime. On n'avait jamais pris de pareils truchements. Mais il suffit d'aimer ; et tout sert aux amants.

Truchement : Fig. Une personne qui parle à la place d'une autre, qui exprime les intentions d'une autre. [L]

SCÈNE II. Nadine, Zalec.

SCÈNE III. Zemire, Nadinë.

NADINE

Voyons.

ZÉMIRE

D'accord.

SCÈNE IV. Assan, Zemire endormie.

SCÈNE V. Azor, avec un bouquet à la main. Zemire endormie.

SCÈNE VI.

ZÉMIRE, seule, se réveillant

Qui suis-je ? Est-il bien sûr que ce ne soit qu'un songe, N'ai-je point en effet disposé de ma foi ? Rassurons-nous ; ce n'est heureusement pour moi Qu'une de ces erreurs où le sommeil nous plonge. Tâchons d'en effacer la triste impression...

Elle aperçoit les diamants.

Serait-ce une autre illusion ? Suis-je encore endormie ? Ah Ciel ! Est-il possible ? Est-ce à moi qu'on en veut ! La frayeur me saisit, Tandis que je dormais, quelle main invisible Amis auprès de moi ?... Mais lisons cet écrit.

Elle lit.

Zémire... c'est ainsi qu'Assan prouve qu'il aime. Mon coeur ne se sent point flatter De ces preuves d'amour, qu'Assan fait éclater. Quand j'y pense, j'éprouve un sentiment contraire. Il croit que l'intérêt pourrait me maîtriser. Quoi ! Se peut-il qu'Assan soit assez téméraire. Je ne sais point haïr ; mais je sais mépriser.

Elle aperçoit le bouquet.

Ah, que ! don plus flatteur se présente à ma vue ? Mon âme, à cet aspect, est tendrement émue : Il vient d'une autre main... Ah, s'il venait d'Azor, Et quel autre que lui m'offrirait ce trésor ? De sa tendre amitié c'est un aimable gage. Elle prend le bouquet et l'admire. Rien n'est pour moi plus précieux. Qu'il m'est cher ! Je l'accepte. Oui, j'en vais faire usage. Que je l'admire encore ! Il enchante mes yeux. Il semble que ce soient autant de fleurs nouvelles Qu'auparavant je ne connaissais pas. Je ne leur avais point découvert tant d'appas : Jamais je ne les vis si fraîches et si belles. On n'en pouvait pas mieux assortir les couleurs.

Elle le flaire.

On ne peut respirer de plus douces odeurs.

Elle l'essaye.

Que je vais être ornée, et peut-être embellie !

Elle l'attache.

Il sera beaucoup mieux... Non, rien n'est plus parant. Je n'aurai point été si belle de ma vie. Le plaisir que je sens m'en est un sûr garant.

5CÈNE VII. Azor, Zemire.

ZÉMIRE, lui montrant le bouquet

Voyez votre bienfait et ma reconnaissance.

ZÉMIRE avec dépit, à part

Quoi, toujours l'amitié !

ZÉMIRE

Vous ?

ZÉMIRE

Hélas !

ZÉMIRE

Et moi ?

SCÈNE VIII.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Zemire, Nadine.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Assan, Zemïre.

ZÉMIRE

Oui.

ZÉMIRE

Non.

ASSAN

Beaucoup.

ZÉMIRE

Pourquoi ?

SCÈNE IV. Azor en Génie, et habillé galamment, Zemire.

SCÈNE V. Zalag, Azor, Zemire, Nadine, Zaleg, Troupe d'Habitans et d'Habitantes des campagnes voisines.

DIVERTISSEMENT.

Entrée d'habitants et d'Habitantes des hameaux voisins, ornés de fleurs et de guirlandes.

VAUDEVILLE.

1 502 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica