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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Tragédie en vers· Tragédie, en un Acte

La Nouvelle Messaline

Alexis Piron· imprimée en 1772· 361 vers· 7 personnages

Personnages

  • COULLANUS, Roi de Fourage
  • MESSALINE, fille de Couillanus
  • VITUS, prince et amant de Messaline
  • PINE-DE-VILLEPRUNE, prince et amant de Messaline
  • NOMBRILIS, prince at amant de Messaline
  • CONINE, Suivante de Messaline
  • PLUSIEURS GARDES
L'AUTEUR AU LECTEUR

On ne pourra pas ici me reprocher d'avoir infecté ma pièce de mots sales et équivoques. J'ai rendu, autant que j'ai pu, le style clair et net ; et je puis assurer que le lecteur, si borné qu'il puisse être, ne trouvera rien au-dessus de la portée de son intelligence.

Car de ce grand Boileau, contrefaisant le ton, J'appelle un vit un vit, je nomme un con un con.

La singularité de ma pièce me force, malgré ma modestie, à dire qu'elle est excellente dans son genre, que je la trouve telle, parce qu'elle est de moi, et que ceux qui auront le goût assez mauvais pour n'y pas applaudir, n'auront qu'à la jeter au feu, c'est de quoi je me soucie peu d'avance. Adieu.

Quoiqu'on attribue cette pièce à Piron, elle est de Grandval.

LA NOUVELLE MESSALINE

SCÈNE PREMIÈRE. Messaline, Conine.

SCÈNE II. Vitus, Conine.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Vitus, Un Garde.

SCÈNE V. Messaline, Pine, Matricius, Nombrilis.

MATRICIUS, PINE, NOMBRILIS, ensemble

Mais nous bandons tous trois.

MATRICIUS

J'en tiens.

MATRICIUS

Dix-neuf.

MESSALINE

Je tombe, juste ciel, de Charibde en Scylla ; Vous ne pouvez bander, Dieux ! Quel funeste outrage.

À Pine.

Quoi ! Dans un si beau champ vous manquez de courage.

Le vers 145 n'est pas présent dans l'édition original, il est dans le recueil de Sade.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Messaline, Un Garde.

SCÈNE VIII. Le Roi, Messaline.

SCÈNE IX. Le Roi, Conine.

CONINE

Elle fout.

SCÈNE X.

SCÈNE XI. Vitus, Conine.

SCÈNE XII.

SCÈNE XIII. Vitus, Conine.

SCÈNE XIV ET DERNIÈRE. Vitus, Conine, Deux gardes.

LE SECOND

Il grasseye en parlant.

Grasseyer : Prononcer les r d'une manière vicieuse. [L]

LE PREMIER

À peine la Princesse avait quitté ces lieux, Nous la voyons sortir, la fureur dans les yeux ; Elle entre avec transport dans la salle des gardes, Et dit au capitaine, en déchirant ses hardes, Otez-moi ma chemise : il le fait : sur un banc La princesse aussitôt et se couche et s'étend. Nous dévorons des yeux ses belles cuisses et blanches, Ses fesses, et sa gorge, et ses aimables hanches, Sa motte rebondie, et son con tout charmant. Ah ! Seigneur, je ne puis en parler qu'en bandant. Que chacun, nous dit-elle, vite et s'arme et s'apprête, De Vénus aujourd'hui je célèbre la fête ; Vous n'aurez aucun mal, j'en donne ici ma foi, Venez, je le permets, bandez et foutez-moi. Elle dit, et chacun l'admire et la contemple, Et notre capitaine, en nous donnant l'exemple, La fout, Seigneur, la fout six coups sans déconner. On nous commande alors de nous déboutonner. Nous nous déboutonnons, et tout, selon sa charge, Se couche dessus elle, et la gout et décharge Le nombre des fouteurs ne l'intimide pas, Tenant son cavalier ferme dedans ses bras, Donnant des coups de cul, rapprochant chaque fesse, Jamais il ne se vit se semblable allégresse. Enfin, lorsque chacun, suivant son appétit, Eut foutu, refoutu, chacun lave son vit. Mais, prodige étonnant, qu'on ose à peine croire, Et qui ne sortira jamais de ma mémoire ; La princesse voulut se relever du banc, Elle fait un effort, mais il est impuissant. Le foutre, qui s'était répandu sur la planche, S'était si fort collé, tant aux reins, qu'à la hanche, Qu'elle ne pouvait plus tourner d'aucun côté ; Cependant par nos soins, nous l'en avons ôté : Et j'avouerai, Seigneur, que, jamais de ma vie, Je ne vis de la sorte une femme si aguerrie.

VITUS

Foutre.

361 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica