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Parodie en vers· Parodie de l'Acte des Amazonnes

Les Fra-Maçonnes

Antoine-Alexandre-Henri Poinsinet· créée en 1754· 467 vers· 7 personnages

Représentée pour la première fois sur le Théâtre de la Foire Saint Laurent, le 28 Août 1754.

Personnages

  • LE VÉNÉRABLE, M. Deschamps
  • LE PREMIER SURVEILLANT, M. de L'Isle
  • HORTENSE, Mlle. Deschamps
  • MARINE, Mlle. Deschamps Cadette
  • LE SECOND SURVEILLANT, M. La Ruette
  • TROUPE DE FRANCS-MACONS
  • TROUPES DE FEMMES

SCÈNE PREMIÈRE. Le Vénérable, Le Surveillant.

LE VÉNÉRABLE

Air : Non, je n'en ferai rien.

Eh bien , tout est-il prêt pour la cérémonie

LE SURVEILLANT

Air : La bonne aventure.

Aurons-nous un bon repas ?

LE VÉNÉRABLE

Oui, je t'en assure.

LE VÉNÉRABLE

Air : Du Prévôt des Marchands.

En ces lieux qui conduit leurs pas.

LE VÉNÉRABLE

Air : Je n'y puis rien comprendre.

Hortense ! Oh Ciel ! Que me dis-tu ? Cette Hortense !

LE SURVEILLANT

Eh bien !

LE VÉNÉRABLE

Qu'elle est belle !

LE VÉNÉRABLE

Air : De tous les Capucins du monde.

Garde-toi de leur faire injure.

LE SURVEILLANT

Air : La beauté sauvage.

Ce sexe n'aspire Qu'à nous asservir.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Le Vénérable, Le Ier et IIème Surveillant, L'Orateur, Le Récipiendaire. Troupe de Francs-Maçons en habits de cérémonie.

LES DEUX SURVEILLANTS

Air : N°2. Marche des Satyres de l'Opéra.

C'est ce jour Que vous aurez votre tour ; Mais avant de vous recevoir, Il faut savoir Quel sera votre devoir. Avançons, Commençons Loin d'ici tout profane : Nos secrets Veulent des gens discrets. Votre coeur Doit redoubler sa ferveur. Sachez donc comme il faut marcher, Parler, Toucher ; Et puis nous vous apprendrons Comment nous reconnaissons Les fidèles Maçons.

Ici les Francs-Maçons font quelques cérémonies ; et lorsque le Récipiendaire se trouve au milieu conduit par l'Orateur, le Vénérable s'approche de lui, et lui dit :

SCÈNE IV. Le Vénérable, les Atours précédents, Hortense, Marine, Troupe des femmes de la suite d'Hortense.

LE SURVEILLANT

Air : La pierre sitoise.

Ciel ! Qui peut causer de tels transports !

HORTENSE, en entrant avec sa suite

Faisons tout céder à nos efforts.

HORTENSE

Non.

CHOEUR DE FEMMES

Ah, nous entrerons.

CHOEUR DE FRANCS-MAÇONS

Nous le verrons.

CHOEUR DE FEMMES

Nous entrerons.

LE VÉNÉRABLE

Si.

HORTENSE

Air : Que craignez-vous, charmante Reine.

Que craignez- vous, mon vénérable, On ne fuit point l'amour quand on est beau garçon.

bis.

LE SURVEILLANT

Air : Reçois dans ton galetas.

Sortez vite de ces lieux, Ne troublez plus nos mystères.

LE VÉNÉRABLE

Arrêtez.

CHOEUR D'HOMMES

Il faut les punir.

CHOEUR DE FEMMES

Arrêtez.

LE VÉNÉRABLE

Air : Quand un tendron vient en ces lieux.

De grâce sortez de ces lieux, Croyez-m'en, belle Hortense.

LE SURVEILLANT

Air : Entre l'amour et la raison.

Cessez ces propos ennuyeux.

LE VÉNÉRABLE, à Hortense

Je tremble pour vous, ma Reine.

HORTENSE

Je ne les crains pas.

Les Francs-Maçons sortent conduits par les deux surveillants.

SCÈNE V. Le vénérable, Hortense, et sa suite.

SCÈNE VI. Le Vénérable, Hortense.

LE VÉNÉRABLE

Air : Madame en vérité.

À nos lois, malgré mon courroux Vous me rendez parjure.

LE VÉNÉRABLE

Ce sont nos lois.

SCÈNE VII. Le Vénérable, Hortense, Marine, suite d'Hortense, portant des corbeilles de fleurs et de noeuds de rubans.

HORTENSE

Air : À l'ombre de ce vert bocage.

Avez-vous rempli mes demandes ?

SCÈNE VIII et dernière. Le Vénérable, Hortense, suite d'Hortense, les deux Surveillants, troupe de Francs-Maçons, armés de petits sceaux.

LE VÉNÉRABLE

Air : Ô vous puissant Jupin.

Ciel on vient en ces lieux ! Je vois, furieux Votre projet affreux.

LE VÉNÉRABLE, en les arrêtant

Air : Comme vla qu'est fait.

Quoi vous oseriez téméraires ?

Tout le CHOEUR

Oh que ça sent bon.

LE VÉNÉRABLE

Air : De tous les Capucins du monde.

Enfin, vous l'emportez, Hortense, Formons une heureuse alliance, Que votre suite pour jamais Vienne s'unir avec nos frères, Et que les femmes désormais Soient admises à nos mystères.

Cette parodie est terminée par un ballet, dont la musique est prise dans l'acte même que l'on a eu dessein de parodier. Il commence par une marche dansante, dans laquelle les hommes s'unissent avec les femmes. Cette marche est suivie d'un pas de deux, qui forme par lui-même tout le plan et l'intrigue de la pièce. Une femme veut attendrir un homme qui lui résiste d'abord et qui lui cède à la fin. Le corps du Ballet qui succède au pas de deux, aussi bien que la contredanse connue vulgairement sous le nom des oiseaux, achève de marquer l'union des francs-maçons avec les femmes, et le Chorégraphe a donné des preuves de son talent en adoptant avec art dans une contredanse très courte et composée simplement de douze personnes, les figures les plus connues de la maçonnerie.

467 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica