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un seul est le mot juste.

Tragi-comédie en vers· Tragi-Comédie Pastorale

La Généreuse Ingratitude

Philippe Quinault· créée en 1665, imprimée en 1656· 5 actes· 1 697 vers· 12 personnages

Représenté pour la première fois au Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne le 15 octobre 1665

Personnages

  • ZELINDE, Fille de Lindarache, déguisée en homme, sous le nom d'Ormin et l'habit d'un esclave
  • ZÉGRY, Maître de Zélinde, et Amant de Fatime
  • ALABEZ, Second esclave de Zégry
  • CHARIFE, Esclave de Fatime
  • FATIME, Maîtresse de Zégry, et Amante d'Adibar
  • ABENCERAGE, sous le nom d'Almansor, frère de Zélinde
  • ZAÏDE, Soeur de Zégry
  • MÉDINE, Esclave de Zaïde
  • ADIBAR, Amant de Zaïde
  • GASUL, Esclave d'Abencérage
  • GOMELLE, Père de Fatime
  • LINDARACHE, Mère de Zélinde et d'Abencérage
MONSEIGNEUR,

À TRÈS-HAUT ET TRÈS PUISSANT PRINCE ARMAND. DE BOURBON, PRINCE DE CONTY, Prince du sang, Pair de France, Grand Maître de la Maison du Roi, Gouverneur et Lieutenant-Général pour sa Majesté en Guyenne, Vice-roi, et Capitaine Général de ses Armées en Catalogne, Roussillon, etc.

Encore que j'aie assez d'ambition pour oser vous offrir cet Ouvrage de Théâtre, je n'ai pas assez de vanité pour m'assurer qu'il soit digne de la protection de VOTRE ALTESSE, je suis persuadé que vous avez des lumières si peu communes, que vous y découvrirez des défauts aux endroits mêmes où les plus spirituels ont cru remarquer quelques beautés ; et j'ai bien lieu de craindre que vous ne protégiez à regret ce que vous condamnerez avec justice. Cette considération toutefois, n'a pu retenir mon zèle ; je me suis flatté de l'espoir que VOTRE ALTESSE aura la bonté de recevoir avec indulgence ce que je lui présente avec un respect très profond, et j'ai cru que si le dessein que j'ai fait de lui consacrer cette Tragi-Comédie, est un dessein téméraire, c'est au moins une de ces belles témérités dont les plus mauvais succès ne sont jamais honteux. Il m'a semblé que je ne pouvais mieux cacher ce que cette production d'esprit a de défectueux, qu'en lui donnant pour protecteur un Prince de qui les qualités n'ont rien que d'admirable ; et je me suis imaginé que je ne pouvais lui ajouter plus d'éclat, qu'en empruntant celui de votre Nom. Je m'étendrais ici sur les louanges de VOTRE ALTESSE, s'il m'était possible de traiter avec un art assez peu commun, une matière si fort extraordinaire : quand je prétendrais publier à toutes la France les merveilles de votre Coeur et de votre Esprit ; la Renommée en a déjà si bien informé tout le monde, que je ne publierais rien de nouveau. Vous savez, MONSEIGNEUR, que nous autres Écrivains nous n'excellons qu'en débitant d'agréables mensonges à qui nous avons donné le nom d'inventions ; et quand je voudrais dire que les avantages particuliers de ces Grands Hommes que nous appelons Demi-dieux, sont tous assemblés en VOTRE ALTESSE, je suis assuré que je ne dirais rien que de véritable. Puisque je suis réduit à ne pouvoir dire à votre gloire que des vérités, j'oserai vous demander la permission d'en publier encore une qui concerne mes intérêts, et qui n'est pas moins certaines que les précédentes. C'est que je suis avec une passion très respectueuse, et très inviolable.

MONSEIGNEUR,

De votre Altesse,

Le très humble et très obéissant serviteur,

QUINAULT.

ODE

À SON ALTESSE DE CONTY.

Illustre Ornement de l'Histoire, Grand PRINCE, je dois protester Que si j'ose écrire à ta gloire ; C'est sans espoir de l'augmenter. Qui plus loin la voudrait étendre, Ne pourrait jamais entreprendre Un plus téméraire projet ; Et si ma Plume ingénieuse Te prend ici pour son objet, C'est que ma Veine ambitieuse N'a pu pour se rendre fameuse Prendre un plus glorieux sujet. Quelque autre possible en ma place Ferait scrupule de choquer Les Divinités du Parnasse Qu'on a coutume d'invoquer. On tient que ces Filles savantes, Par des intentions charmantes, Changent les défauts en beautés ; Pour moi, de tes Nymphes propices Je méprises ici les clartés, Qu'elles gardent leurs bons offices. Je n'ai pas besoin d'artifices Pour écrire des vérités. Je laisse aux curieuses Plumes Le récit des faits glorieux Dont l'Histoire enfle les Volumes À la gloire de tes Aïeux. Être du sang de ces Monarques Qui se Font par d'illustres marques Autant chérir que redouter, De ces Rois qui par leur courage Ont toujours eu droit de compter Cet Empire pour leur partage, Ce n'est que le moindre avantage De ceux dont tu te peux vanter. La Fortune fut sans caprice, Au moment qu'elle te fit don, Avecque si grande justice, Du nom Auguste de BOURBON. Quoique ce Nom incomparable Semble être si considérable Qu'il ne puisse augmenter de prix ; Quoique du couchant à l'Aurore, Il étonne tous les esprits, L'on s'abuse, si l'on ignore Qu'un jour tu le dois rendre encore Plus fameux que tu ne l'as pris. Je croirais te faire un outrage, Si je te voulais comparer À ces Héros du premier âge Que la Fable a fait révérer. Dans quelques endroits de la terre, Où tu veuilles porter la guerre Pour la gloire de notre Roi, L'Ennemi fût-il indomptable, Tu sauras le combler d'effroi ; Et si le sort est favorable, Ce que de Mars a dit la Fable, L'Histoire le dira de toi. Je me sens porter au silence Touchant ton esprit sans pareil, Qui possède la connaissance De tout ce que voit le Soleil. C'est une Merveille étonnante, De qui la lumière éclatante Éblouit au lieu d'éclairer, Un Feu qui sait partout s'étendre, Mais qu'on ne saurait figurer ; Et dont l'éclat nous vient surprendre Bien moins pour se faire comprendre, Qu'afin de se faire admirer.

ACTE I

SCÈNE I.

SCÈNE II. Zégry, Ormin.

SCÈNE III. Alabez, Zégry, Ormin.

ORMIN, à part

Hélas !

SCÈNE IV. Alabez, Charife, Fatime, Zégry, Ormin.

FATIME

Zégry ?

SCÈNE V. Zégry, Alabez, Ormin.

SCÈNE VI. Almansor, Zégry, Ormin.

SCÈNE VII. Zégry, Ormin.

ACTE II

SCÈNE I. Fatime, Zaïde, Charife, Médine.

SCÈNE II. Médine, Zaïde.

MÉDINE

Achevez !

SCÈNE III. Almansor, Zaïde.

ZAÏDE faisant la rêveuse

Almansor.

ALMANSOR

Elle rêve.

ZAÏDE

Achevez.

SCÈNE IV. Adibar, Zaïde Almansor.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Almansor, Gasul.

SCÈNE VII. Almansor, Gomelle.

ALMANSOR

L'honneur ?

ACTE III

SCÈNE I. Zégry, Ormin.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Fatime, Charife, Ormin.

FATIME, déchirant la lettre

C'est ici ma réponse, allez la lui porter.

SCÈNE IV. Ormin, Charife.

CHARIFE

Bonne nuit.

SCÈNE V. Alabez, Ormin, Charife.

ORMIN, baisant Charife

Que ne te dois-je point ?

SCÈNE VI. Alabez, Charife.

CHARIFE, prenant pour Ormin

Je l'ai trouvé, reviens !

ALABEZ

L'impudente me va chanter pouille à mon nez.

Pouilles : Vilaines injures et reproches.

SCÈNE VII. Ormin, Charife Alabez.

SCÈNE VIII. Almansor, Gasul, Alabez, Adibar.

ALABEZ, donnant un soufflet à Gasul

Je te tiens bon apôtre !

GASUL

Ils se battent.

Au secours.

SCÈNE IX. Zégry, Adibar, Almansor.

ADIBAR

........................ Cette Chanson n'est pas celle que je demande : ........................

Il semble manquer un demi vers qui soit la fin du demi vers précédent et qui rime avec demande du vers suivant. Et le vers suivant devrait être suivi d'un demi vers qui serait le début du demi vers prononcé par Almansor. L'édition 1657 est identique sur ce point.

SCÈNE X. Zégry, Almansor.

ACTE IV

SCÈNE I. Almansor, Gomelle.

SCÈNE II. Zégry, Ormin.

SCÈNE III. Zaïde, Médine, Zégry, Ormin.

ZAÏDE

Qui ?

ZÉGRY

Fatime.

SCÈNE IV. Médine, Zaïde.

SCÈNE V. Adibar, Zaïde, Médine.

SCÈNE VI. Fatime, Zaïde, Adibar, Charife, Médine.

SCÈNE VII. Fatime, Charife.

CHARIFE

Eh bien !

SCÈNE VIII. Adibar, Fatime, Charife.

SCÈNE IX. Fatime, Charife.

CHARIFE

Madame...

ACTE V

SCÈNE I. Gomelle, Lindarache, Almansor.

SCÈNE II.

SCÈNE III. Almansor, Zaïde.

ALMANSOR

Un ingrat ?

ZAÏDE

Quelqu'un.

ALMANSOR

Écoutez...

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Zégry, Ormin, Almansor.

ZÉGRY

C'est une offre qu'ici je ne puis refuser.

Offre est dans l'original au masculin. Le Dictionnaire Littré signale qu'il a été autrefois au masculin.

ALMANSOR

Moi ?

ORMIN, à part

Ô Ciel !

ZÉGRY

Moi ?

ZÉGRY

Cette énigme est obscure, je n'y puis rien comprendre.

L'édition originale porte "C'est enigme est obscur". Le dictionnaire Littré signale que le genre d'énigme a varié, et Massillon le faisait encore, conformément à l'étymologie, masculin.

SCÈNE VI. Adibar, Zaïde, Médine, Alabez, Lindarache, Gomelle, Fatime, Charife, Almansor, Zégry, Ormin, Gasul.

LINDARACHE

Que vois-je ?

LINDARACHE

Ah, ma fille !

1 697 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0