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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

Les Plaideurs

Jean Racine· créée en 1668, imprimée en 1697· 3 actes· 884 vers· 8 personnages

Représenté pour la première fois fin octobre ou début novembre 1668 au Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne.

Personnages

  • DANDIN, juge
  • LÉANDRE, fils de Dandin
  • CHICANNEAU, bourgeois
  • ISABELLE, fille de Chicanneau
  • LA COMTESSE
  • PETIT JEAN, portier
  • L'INTIMÉ, secrétaire
  • LE SOUFFLEUR
AU LECTEUR

Quand je lus les Guêpes d'Aristophane, je ne songeais guère que j'en dusse faire "les Plaideurs". J'avoue qu'elles me divertirent beaucoup, et que j'y trouvai quantité de plaisanteries qui me tentèrent d'en faire part au public ; mais c'était en les mettant dans la bouche des [comédiens] Italiens, à qui je les avais destinées, comme une chose qui leur appartenait de plein droit. Le juge qui saute par les fenêtres, le chien criminel et les larmes de sa famille me semblaient autant d'incidents dignes de la gravité de Scaramouche. Le départ de cet acteur interrompit mon dessein, et fit naître l'envie à quelques-uns de mes amis de voir sur notre théâtre un échantillon d'Aristophane. Je ne me rendis pas à la première proposition qu'ils m'en firent. Je leur dis que quelque esprit que je trouvasse dans cet auteur, mon inclination ne me porterait pas à le prendre pour modèle si j'avais à faire une comédie, et que j'aimerais beaucoup mieux imiter la régularité de Ménandre et de Térence, que la liberté de Plaute et d'Aristophane. On me répondit que ce n'était pas une comédie qu'on me demandait, et qu'on voulait seulement voir si les bons mots d'Aristophane auraient quelque grâce dans notre langue. Ainsi, moitié en m'encourageant, moitié en mettant eux-mêmes la main à l'oeuvre, mes amis me firent commencer une pièce qui ne tarda guère à être achevée.

Cependant la plupart du monde ne se soucie point de l'intention ni de la diligence des auteurs. On examina d'abord mon amusement comme on aurait fait une tragédie. Ceux mêmes qui s'y étaient le plus divertis eurent peur de n'avoir pas ri dans les règles et trouvèrent mauvais que je n'eusse pas songé plus sérieusement à les faire rire. Quelques autres s'imaginèrent qu'il était bienséant à eux de s'y ennuyer et que les matières de palais ne pouvaient pas être un sujet de divertissement pour les gens de cour. La pièce fut bientôt jouée à Versailles. On ne fit point de scrupule de s'y réjouir ; et ceux qui avaient cru se déshonorer de rire à Paris furent peut-être obligés de rire à Versailles pour se faire honneur.

Ils auraient tort, à la vérité, s'ils me reprochaient d'avoir fatigué leurs oreilles de trop de chicane. C'est une langue qui m'est plus étrangère qu'à personne, et je n'en ai employé que quelques mots barbares que je puis avoir appris dans le cours d'un procès que ni mes juges ni moi n'avons jamais bien entendu.

Si j'appréhende quelque chose, c'est que des personnes un peu sérieuses ne traitent de badineries le procès du chien et les extravagances du juge. Mais enfin je traduis Aristophane, et l'on doit se souvenir qu'il avait affaire à des spectateurs assez difficiles. Les Athéniens savaient apparemment ce que c'était que le sel attique ; et ils étaient bien sûrs, quand ils avaient ri d'une chose, qu'ils n'avaient pas ri d'une sottise.

Pour moi, je trouve qu'Aristophane a eu raison de pousser les choses au-delà du vraisemblable. Les juges de l'Aréopage n'auraient pas peut-être trouvé bon qu'il eût marqué au naturel leur avidité de gagner, les bons tours de leurs secrétaires et les forfanteries de leurs avocats. Il était à propos d'outrer un peu les personnages pour les empêcher de se reconnaître. Le public ne laissait pas de discerner le vrai au travers du ridicule ; et je m'assure qu'il vaut mieux avoir occupé l'impertinente éloquence de deux orateurs autour d'un chien accusé, que si l'on avait mis sur la sellette un véritable criminel et qu'on eût intéressé les spectateurs à la vie d'un homme.

Quoi qu'il en soit, je puis dire que notre siècle n'a pas été de plus mauvaise humeur que le sien, et que si le but de ma comédie était de faire rire, jamais comédie n'a mieux attrapé son but. Ce n'est pas que j'attende un grand honneur d'avoir assez longtemps réjoui le monde ; mais je me sais quelque gré de l'avoir fait sans qu'il m'en ait coûté une seule de ces sales équivoques et de ces malhonnêtes plaisanteries qui coûtent maintenant si peu à la plupart de nos écrivains, et qui font retomber le théâtre dans la turpitude d'où quelques auteurs plus modestes l'avaient tiré.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE.

PETIT JEAN, traînant un gros sac de procès

Ma foi, sur l'avenir, bien fou qui se fiera. Tel qui rit vendredi, dimanche pleurera. Un juge, l'an passé, me prit à son service, Il m'avait fait venir d'Amiens pour être Suisse. Tous ces Normands voulaient se divertir de nous, On apprend à hurler, dit l'autre, avec les loups. Tout Picard que j'étais, j'étais un bon apôtre, Et je faisais claquer mon fouet tout comme un autre. Tous les plus gros monsieurs me parlaient chapeau bas. Monsieur de Petit Jean, ah ! gros comme le bras. Mais sans argent, l'honneur n'est qu'une maladie ; Ma foi j'étais un franc portier de comédie, On avait beau heurter et m'ôter son chapeau, On n'entrait point chez nous sans graisser le marteau. Point d'argent, point de suisse, et ma porte était close. Il est vrai qu'à Monsieur j'en rendais quelque chose. Nous comptions quelquefois. On me donnait le soin De fournir la maison de chandelle et de foin, Mais je n'y perdais rien. Enfin vaille que vaille, J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille. C'est dommage. Il avait le coeur trop au métier, Tous les jours le premier aux plaids, et le dernier, Et bien souvent tout seul, si l'on l'eût voulu croire, Il y serait couché sans manger et sans boire. Je lui disais parfois : « Monsieur Perrin Dandin, Tout franc, vous vous levez tous les jours trop matin. Qui veut voyager loin, ménage sa monture ; Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure. » Il n'en a tenu compte. Il a si bien veillé, Et si bien fait, qu'on dit que son timbre est brouillé. Il nous veut tous juger les uns après les autres. Il marmotte toujours certaines patenôtres Où je ne comprends rien. Il veut bon gré, mal gré, Ne se coucher qu'en robe, et qu'en bonnet carré. Il fit couper la tête à son coq de colère, Pour l'avoir éveillé plus tard qu'à l'ordinaire : Il disait qu'un plaideur, dont l'affaire allait mal, Avait graissé la patte à ce pauvre animal. Depuis ce bel arrêt, le pauvre homme a beau faire, Son fils ne souffre plus qu'on lui parle d'affaire. Il nous le fait garder, jour et nuit, et de près. Autrement serviteur, et mon homme est aux plaids. Pour s'échapper de nous, Dieu sait s'il est allègre. Pour moi, je ne dors plus. Aussi je deviens maigre, C'est pitié. Je m'étends, et ne fais que bâiller. Mais veille qui voudra, voici mon oreiller, Ma foi, pour cette nuit, il faut que je m'en donne, Pour dormir dans la rue on n'offense personne. Dormons.

Suisse : valet qui gardait l'entrée d'une maison, homme de maison, portier.

Bonnet carré : coiffure des docteurs en théologie. [L]

Plaids : Audience d'un tribunal. Tenir les plaids. [L]

Allègre : Dispos, prompt à faire. Esprit, caractère allègre.[L]

SCÈNE II. L'Intimé, Petit-Jean.

L'INTIMÉ

Hé, Petit Jean, Petit Jean.

Intimé : personne qui, ayant gagné son procès en première instance, est appelée devant un tribunal supérieur par sa partie. [L]

L'INTIMÉ

Bon.

SCÈNE III. Dandin, L'intimé, Petit-Jean.

DANDIN, à la fenêtre

Petit Jean. L'Intimé.

L'INTIMÉ, à Petit Jean

Paix.

L'INTIMÉ

Comme il saute.

SCÈNE IV. Léandre, Dandin, L'Intimé, Petit-Jean.

LÉANDRE

Que de sacs ! Il en a jusques aux jarretières.

Jarretière : Sorte de lien avec lequel on soutient ses bas au-dessus ou au-dessous du genou. [L]

DANDIN

Le buvetier, je pense.

Buvetier : Celui qui tient la buvette. [L]

DANDIN

Du repos ? Ah, sur toi tu veux régler ton père. Crois-tu qu'un juge n'ait qu'à faire bonne chère, Qu'à battre le pavé comme un tas de galants, Courir le bal la nuit, et le jour les brelans ! L'argent ne nous vient pas si vite que l'on pense. Chacun de tes rubans me coûte une sentence. Ma robe vous fait honte. Un fils de juge ! Ah, fi. Tu fais le gentilhomme. Hé, Dandin, mon ami, Regarde dans ma chambre, et dans ma garde-robe, Les portraits des Dandins. Tous ont porté la robe, Et c'est le bon parti. Compare prix pour prix Les étrennes d'un juge, à celles d'un marquis ; Attends que nous soyons à la fin de décembre. Qu'est-ce qu'un gentilhomme ? Un pilier d'antichambre. Combien en as-tu vu, je dis des plus huppés, À souffler dans leurs doigts dans ma cour occupés, La manteau sur le nez, ou la main dans la poche, Enfin, pour se chauffer, venir tourner ma broche. Voilà comme on les traite. Hé, mon pauvre garçon, De ta défunte mère est-ce là la leçon ? La pauvre Babonnette ! Hélas, lorsque j'y pense, Elle ne manquait pas une seule audience, Jamais au grand jamais elle ne me quitta, Et Dieu sait bien souvent ce qu'elle en rapporta : Elle eût du buvetier emporté les serviettes, Plutôt que de rentrer au logis les mains nettes. Et voilà comme on fait les bonnes maisons. Va. Tu ne seras qu'un sot.

Brelan : Jeu qui se joue avec trois cartes, à trois, ou à quatre, ou à cinq. Par extension, maison de jeu, tripot ; il se prend en mauvaise part.[L]

Fi : interj. Exprime le blâme, le dédain, le mépris. [L]

Bonnes maisons : Faire une bonne maison, amasser beaucoup de bien, se mettre en état de bien établir sa famille. [L]

SCÈNE V. Léandre, L'Intimé.

LÉANDRE

Mais encor.

LÉANDRE

Toi ?

L'INTIMÉ

Hon, hon ?

SCÈNE VI. Chicanneau, Petit-Jean.

PETIT JEAN, entr'ouvrant la porte

Qui va là ?

PETIT JEAN, refermant la porte

Non.

PETIT JEAN

Non.

PETIT JEAN

C'est moi-même.

SCÈNE VII. Chicanneau, La Comtesse.

CHICANNEAU

Voici le fait. Depuis quinze ou vingt ans en çà, Au travers d'un mien pré, certain ânon passa, S'y vautra, non sans faire un notable dommage Dont je formai ma plainte au juge du village. Je fais saisir l'ânon. Un expert est nommé. À deux bottes de foin le dégât estimé ; Enfin au bout d'un an sentence par laquelle Nous sommes renvoyés hors de cour. J'en appelle. Pendant qu'à l'audience on poursuit un arrêt, Remarquez bien ceci, Madame, s'il vous plaît, Notre ami Drolichon, qui n'est pas une bête, Obtient pour quelque argent, un arrêt sur requête, Et je gagne ma cause. À cela que fait-on ? Mon chicaneur s'oppose à l'exécution. Autre incident. Tandis qu'au procès on travaille, Ma partie en mon pré laisse aller sa volaille. Ordonné qu'il sera fait rapport à la cour Du foin que peut manger une poule en un jour. Le tout joint au procès enfin, et toute chose Demeurant en état, on appointe la cause. Le cinquième ou sixième avril cinquante-six, J'écris sur nouveaux frais. Je produis, je fournis De dits, de contredits, enquêtes, compulsoires, Rapports d'experts, transports, trois interlocutoires, Griefs et faits nouveaux, baux, et procès verbaux. J'obtiens lettres royaux, et je m'inscris en faux. Quatorze appointements, trente exploits, six instances, Six-vingt productions, vingt arrêts de défenses, Arrêt enfin. Je perds ma cause avec dépens, Estimés environ cinq à six mille francs. Est-ce là faire droit ? Est-ce là comme on juge ? Après quinze ou vingt ans ? Il me reste un refuge, La requête civile est ouverte pour moi, Je ne suis pas rendu. Mais vous, comme je vois, Vous plaidez ?

LA COMTESSE

Plût à Dieu.

LA COMTESSE

Je...

CHICANNEAU

De plaider !

LA COMTESSE

De plaider.

LA COMTESSE

Hélas !

LA COMTESSE

Oui.

LA COMTESSE

Oui.

LA COMTESSE

Oui, Monsieur.

CHICANNEAU

Liez-moi...

CHICANNEAU

À l'autre !

LA COMTESSE

Non.

CHICANNEAU

Mais...

LA COMTESSE

Fou, vous-même.

CHICANNEAU

Madame !

CHICANNEAU

Madame...

CHICANNEAU

Mais, Madame...

LA COMTESSE

Un crasseux qui n'a que sa chicane, Veut donner des avis.

Chicane : abus de procédures judiciaires quand on se sert pour tromper ou surprendre les juges et les parties. [F]

CHICANNEAU

Madame !

LA COMTESSE

Avec son âne !

CHICANNEAU

Vous me poussez.

CHICANNEAU

Vous m'excédez.

LA COMTESSE

Le sot !

SCÈNE VIII. Petit-Jean, La Comtesse, Chicanneau.

PETIT JEAN

Voyez le beau sabbat qu'ils font à notre porte. Messieurs, allez plus loin tempêter de la sorte.

Sabbat : Familièrement. Grand bruit avec désordre. [F]

CHICANNEAU

On la conseille.

PETIT JEAN

Oh !

PETIT JEAN

Oh, Monsieur !

PETIT JEAN

Oh, Madame !

CHICANNEAU

Une crieuse !

PETIT JEAN

Hé paix !

LA COMTESSE

Un chicaneur !

PETIT JEAN

Holà !

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Léandre, L'Intimé.

SCÈNE II. L'Intimé, Isabelle.

ISABELLE

Non.

ISABELLE

Chanson.

ISABELLE

Encor moins.

L'INTIMÉ

Mais lisez.

ISABELLE

Adieu.

L'INTIMÉ

Léandre.

L'INTIMÉ

La peste...

SCÈNE III. Chicanneau, Isabelle, L'Intimé.

CHICANNEAU

Comment ! c'est un exploit que ma fille lisait ? Ah ! Tu seras un jour l'honneur de ta famille. Tu défendras ton bien. Viens, mon sang, viens, ma fille. Va, je t'achèterai "Le Praticien Français". Mais, diantre, il ne faut pas déchirer les exploits.

Voir "Le praticien français, contenant grand nombre d'instructions très-nécessaires pour la pratique des cours de France", Paris : Cardin Besongne, 1654. cote BnF F- 42096. Ouvrage à caractère juridique.

Exploit : Terme de pratique. Acte que l'huissier dresse et signifie pour assigner, notifier, saisir. [L]

SCÈNE IV. Chicanneau, L'Intimé.

L'INTIMÉ

Non.

L'INTIMÉ

Monsieur.

CHICANNEAU

Vous êtes un fripon.

Fripon : Méchant, maraud, fourbe, coquin ; qui dérobe secrètement ; qui tâche à tromper ceux qui ont affaire à lui ; qui fait des gains illicites au jeu, ou dans le négoce, et qui est sans honneur et sans bonne foi. [F]

CHICANNEAU

Ajoute cela.

CHICANNEAU

Coquin !

L'INTIMÉ

Serviteur. Contumace, Bâton levé, soufflet, coup de pied. Ah !

Contumace : Terme de droit criminel. Non-comparution d'un prévenu devant le tribunal où il est déféré. [L]

SCÈNE V. Léandre, Chicanneau, L'Intimé.

CHICANNEAU

Foin de moi !

SCÈNE VI. Léandre, Isabelle, Chicanneau, L'Intimé.

L'INTIMÉ, à Isabelle

Vous le reconnaissez.

ISABELLE

Isabelle.

LÉANDRE, à l'Intimé

Écrivez. Et votre âge ?

ISABELLE

Dix-huit ans.

CHICANNEAU

Bon cela.

CHICANNEAU

Bon.

LÉANDRE

Écrivez.

CHICANNEAU

Où Monsieur ?

LÉANDRE

Suivez-moi.

CHICANNEAU

Où donc ?

CHICANNEAU

Comment ?

SCÈNE VII. Petit-Jean, Léandre, Chicanneau.

SCÈNE VIII. Dandin, Léandre, Chicanneau, L'Intimé, Petit-Jean.

SCÈNE IX. Dandin, Chicanneau, La Comtesse, L'Intimé.

CHICANNEAU, LA COMTESSE et L'INTIMÉ

Monsieur je viens ici pour un petit exploit.

CHICANNEAU, L'INTIMÉ et LA COMTESSE

On m'a dit des injures.

LA COMTESSE

Je suis comtesse.

L'INTIMÉ

Huissier.

CHICANNEAU

Monsieur...

LA COMTESSE

Hélas !

SCÈNE X. Chicanneau, Léandre sans robe, etc.

LÉANDRE

Peut-être.

LA COMTESSE

J'en suis sûre.

LA COMTESSE

Par la porte.

LÉANDRE

Il faut voir.

SCÈNE XI. Petit-Jean, Léandre, Chicanneau, etc.

CHICANNEAU

Monsieur...

CHICANNEAU

Monsieur...

CHICANNEAU

Monsieur...

SCÈNE XII. La Comtesse, Léandre.

SCÈNE XIII. Dandin, L'Intimé, Léandre.

SCÈNE XIV. Dandin, Léandre, L'Intimé, Petit-Jean.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Chicanneau, Léandre, Le Souffleur.

LE SOUFFLEUR

Quel homme !

SCÈNE II. Léandre, Le Souffleur.

SCÈNE III. Dandin, Léandre, L'Intimé, Petit Jean, Le Souffleur

DANDIN

Vous ?

LE SOUFFLEUR

Messieurs.

PETIT JEAN

Ô ! Mes...

PETIT JEAN, remuant les bras

Quand... je vois... Quand...je vois...

LE SOUFFLEUR

On lit...

PETIT JEAN

On lit...

LE SOUFFLEUR

Dans la...

PETIT JEAN

Dans la...

LE SOUFFLEUR

Métamorphose.

PETIT JEAN

Comment ?

LE SOUFFLEUR

Que la métem...

PETIT JEAN

Que la métem...

LE SOUFFLEUR

Psycose.

PETIT JEAN

Psycose.

LE SOUFFLEUR

Hé le cheval !

PETIT JEAN

Et le cheval.

LE SOUFFLEUR

Encor !

PETIT JEAN

Encor.

LE SOUFFLEUR

Le chien !

PETIT JEAN

Le chien.

LE SOUFFLEUR

Le butor !

Butor : Gros oiseau, espèce de héron fainéant et poltron. On dit figurément d'un homme stupide et maladroit que c'est un butor. [F]

PETIT JEAN

Le butor.

L'INTIMÉ

Je les récuse.

L'INTIMÉ

Messieurs...

L'INTIMÉ, du beau ton

Oui-dà, j'en ai plusieurs. Mais quelque défiance Que nous doive donner la susdite éloquence, Et le susdit crédit : ce néanmoins, Messieurs, L'ancre de vos bontés nous rassure d'ailleurs. Devant le grand Dandin l'innocence est hardie, Oui, devant ce Caton de Basse-Normandie, Ce soleil d'équité qui n'est jamais terni, Victrix causa diis placuit, sed victa Catoni.

Caton [-234 - -149] : surnommé l'Ancien ou le Censeur, romain célèbre par ses vertus, né à Tusculum, l'an 234 av. J.-C. d'une famille obscure. Il mourut l'an 149 après J.-C. à 85 ans. Censeur, il exerça ses fonctions avec une sévérité qui passa en proverbe.

L'INTIMÉ

Pausanias, en ses Corinthiaques...

Pausanias : Auteur et voyageur de l'Antiquité romaine du IIème siècle.

DANDIN

Au fait.

L'INTIMÉ

Rebuffe...

PETIT JEAN

Maître Adam...

L'INTIMÉ

Laissez-nous.

PETIT JEAN

L'Intimé...

L'INTIMÉ

Laissez-nous.

PETIT JEAN

S'enroue.

L'INTIMÉ

Je finis.

DANDIN

Ah !

LÉANDRE

Mon père !

SCÈNE DERNIÈRE. Chicanneau, Isabelle, etc.

CHICANNEAU

Monsieur...

CHICANNEAU

Monsieur...

ISABELLE

À personne.

CHICANNEAU

Comment ?

CHICANNEAU

Plaît-il ?

CHICANNEAU

Ah !

884 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0