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Ballet en vers

Le Carnaval de Venise

Jean-François Regnard· créée en 1699· 5 actes· 709 vers· 6 personnages

Représentée pour l'Académie royale de Musique en mai 1699.

Personnages

  • UN ORDONNATEUR
  • MINERVE
  • Un suivant de la Danse
  • Un suivant de la Musique
  • Choeur d'ouvriers
  • Troupe de génies qui président aux arts

PROLOGUE DU CARNAVAL DE VENISE.

Le théâtre représente une salle où l'on doit donner un spectacle : tout y est encor en désordre ; le lieu est plein de morceaux de bois et de décorations imparfaites ; et l'on y voit quantité d'ouvriers qui travaillent pour mettre tout en état.

SCÈNE I. Un Ordonnateur, Choeur d'ouvriers.

SCÈNE II. Minerve, l'Ordonnateur, Choeur d'ouvriers.

SCÈNE III.

Les divinités qui président aux Arts, la Musique, la Danse, la Peinture, l'Architecture, etc. viennent à la voix de Minerve, avec leurs suivants, et élèvent un théâtre magnifique.

LE CHOEUR

Servons le fils du plus grand roi du monde ; C'est un emploi digne des dieux.

Entrée des Génies qui président aux arts.

L'ORDONNATEUR, Un SUIVANT de la Musique, Un SUIVANT de la Danse, ensemble

Joignons nos voix, nos jeux et nos désirs ; Que l'on donne aux mortels le soin de ses plaisirs, Et dans le temple de Mémoire Les dieux prendront soin de sa gloire.

Les Génies des arts recommencent leur danse.

ACTE I

Le théâtre représente la place Saint-Marc de Venise.

SCÈNE I.

SCÈNE II. Isabelle, Léonore.

ISABELLE

L'ingrat !

SCÈNE I.I. Léandre, Isabelle, Léonore.

LÉONORE, à Léandre

Explique-toi sans artifice.

ISABELLE, à Léandre

Il est temps enfin de parler.

LÉONORE, à Léandre

Il ne faut plus dissimuler.

SCÈNE IV. Léandre, Isabelle.

SCÈNE V. Une troupe de Bohémiennes, d'Arméniens et d'Esclavons, avec des guitares, vient dans la place Saint-Marc prendre part aux plaisirs du Carnaval.

LE CHOEUR, répète ces deux vers, et les reprend à chaque couplet

Amor, amor, tel giuiro a fè, Tuo crudo strale non fa più per me.

LE CHOEUR

Amor, amor, tel giuiro a fè, Tuo crudo strale non fa più per me.

La troupe continue les jeux, et danse la Villanelle.

LE CHOEUR, répète les quatre vers précédents à chaque couplet

Formons, s'il est possible, Les plus doux concerts ; Ce séjour est paisible Dans le sein des mers.

SCÈNE VI. Léandre, Isabelle.

ACTE II

Le théâtre représente la salle des Réduits de Venise, qui est un lieu destiné pour le jeu pendant le Carnaval.

SCÈNE I.

SCÈNE II. Léonore, Rodolphe.

SCÈNE III. LA FORTUNE paraît, suivie d'une troupe de Joueurs de toutes nations.

SCÈNE IV.

Le théâtre change, et représente une vue de plusieurs palais ou balcons. Le reste de l'acte se passe pendant la nuit.

SCÈNE V. Léandre conduit une troupe de Musiciens, pour donner une sérénade à Isabelle.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII. Isabelle, Rodolphe.

RODOLPHE

Ingrate !

ISABELLE

Ah, ciel !

RODOLPHE

Ô dieux !

SCÈNE IX. Rodolphe, seul.

ACTE III

Le théâtre représente une place de Venise, environnée de palais magnifiques, où se rendent quantités de canaux couverts de gondoles.

SCÈNE I.

SCÈNE II. Rodolphe, Léonore.

Deux vers ensemble.

RODOLPHE

Vous demandiez une victime.

Quatre vers ensemble.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Divertissement de Castellans et de Barquerolles, avec le fifre et le tambourin.

Les Castellans et les Nicolotes sont deux partis opposés dans Venise, qui donnent pendant le carnaval, pour divertir le peuple, ou combat à coups de poing pour se rendre maîtres d'un pont. Le parti victorieux se promène dans toute la ville, avec des cris de joie et des acclamations publiques.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Léandre, Isabelle.

LÉANDRE, lui arrêtant le bras

Ciel ! Que voulez-vous entreprendre ?

LÉANDRE

On doit donner au peuple, en ce jour favorable, Un spectacle où d'Orphée on retrace la fable ; Un bal pompeux doit suivre ces plaisirs ; Le tumulte et la nuit serviront nos désirs. Je vais en ce lieu vous attendre : Un vaisseau par mes soins dans le port va se rendre, Pour nous porter en des climats plus doux, Où nous pourrons braver la fureur des jaloux, Et goûter les douceurs de l'hymen le plus tendre.

Pendant que les violons jouent l'entracte, on voit descendre un théâtre fermé d'une toile, qui occupe toute l'étendue du premier. Ce qui reste d'espace jusqu'à l'orchestre, contient plusieurs rangs de loges pleines de différentes personnes placées pour voir un opéra.

ORPHÉE AUX ENFERS, OPÉRA.

SCÈNE I. Pluton, au milieu d'une troupe de divinités infernales.

SCÈNE II. Orphée, Pluton.

SCÈNE III.

SCÈNE I..

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Orphée, Eurydice.

Orphée passe sans regarder Eurydice.

SCÈNE VII. Pluton, Orphée, Eurydice.

ORPHÉE

Ô dieux !

EURYDICE

Un crime de l'amour n'est-il point pardonnable ?

Des Démons enlèvent Orphée.

SCÈNE VIII.

SCÈNE IX.

LE BAL, DERNIER DIVERTISSEMENT.

Le théâtre représente une salle magnifique, préparée pour donner le bal.

LE CARNAVAL

Je veux joindre à ces jeux une nouvelle danse ; Venez, aimables enjouements ; Redoublez en ces lieux notre réjouissance Par de nouveaux déguisements. En ce temps de plaisir le plus sage s'oublie, Et permet un peu de folie.

On tire un rideau, et l'on voit arriver du fond du théâtre un char magnifique traîné par des Masques comiques, et rempli de figures de même caractère, qui se mêlent en dansant avec les Masques sérieux.

709 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0