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Comédie en vers· Comédie en vers et en un Acte

L'Echo du Public

Riccoboni père, Antoine-François Riccoboni, Jean-Antoine Romagnesi· créée en 1741· 949 vers· 9 personnages

Représentée pour la première fois par les Comédiens Italiens, le 7 Mars 1741.

Personnages

  • LA CRITIQUE, Mlle. Silvia
  • UN SUIVANT D'APOLLON, M. Sticotti
  • BELISE, Mlle. Riccoboni
  • L'ARLEQUIN FRANÇAIS, M. Terodak
  • L'ARLEQUIN ITALIEN, M. Constatini
  • LE MARQUIS, M. Rochart
  • FILEMON, M. Deshayes
  • L'AUTEUR, M. Riccoboni
  • DANSEURS ET DANSEUSES

L'ÉCHO DU PUBLIC

SCÈNE PREMIÈRE. La Critique, Un Suivant d'Apollon.

LA CRITIQUE

Il radote. Si cela continue il faut qu'on le garrotte, Et que pour attribut désormais, à ce Dieu, On donne, au lieu de Lyre, une bonne marotte.

Garroter : Lier fortement un fardeau sur quelque voiture, en tournant la corde avec un garrot ou bâton. On dit aussi garroter, toute autre manière de lier qui est serrée. [F]

Marotte : Ce que les fous portent à la main pour les faire reconnaître. C'est un bâton duquel il y a une petite figure ridicule en forme de marionnette coiffée d'un bonnet de différentes couleurs. [F]

LA CRITIQUE

Arrêtez.

LE SUIVANT

Prière inutile.

SCÈNE II. La Critique, Belise.

SCÈNE III. La Critique, L'Arlequin Français.

LA CRITIQUE

Est-ce celui dont les Métamorphoses Ici l'hiver dernier ont fixé son destin ? Ce fameux Scanderberg dont la souplesse agile A fait tant de fracas dans cette grande ville ?

Scanderberg : Tragédie lyrique en cinq actes d'Antoine Houdar de la Motte, représentée pour le première fois le 27 octobre 1735 au théâtre du Palais-Royal.

L'ARLEQUIN FRANÇAIS

Ne le voyez-vous pas ?

L'ARLEQUIN FRANÇAIS

Le Français.

LA CRITIQUE

Ne vaut rien.

L'ARLEQUIN FRANÇAIS

Oh non, j'ai d'autres causes.

L'ARLEQUIN FRANÇAIS

Je les connais, et cela suffit.

SCÈNE IV. La Critique, L'Arlequin Français, et L'Arlequin Italien.

L'ARLEQUIN FRANÇAIS

La disette de Compagnie.

L'ARLEQUIN FRANÇAIS

À votre tour, l'insolence est extrême, Et je pourrais...

Il tire sa batte.

L'ARLEQUIN ITALIEN

Il tire sa batte.

Cospeton !

L'ARLEQUIN FRANÇAIS

Ventrebleu !

L'ARLEQUIN ITALIEN

Prends garde à toi.

L'ARLEQUIN FRANÇAIS

Prends garde à toi, toi-même.

LA CRITIQUE

Messieurs !

L'ARLEQUIN ITALIEN

Et moi je le révère.

L'ARLEQUIN FRANÇAIS

Te voilà tondu.

À la Critique.

Parlez.

L'ARLEQUIN ITALIEN

Je vous en prie.

L'ARLEQUIN ITALIEN sortant

Je vous entends.

L'ARLEQUIN FRANÇAIS sortant

C'en est assez.

Ils se font quelques révérences.

SCÈNE V. La Critique, Le Marquis.

LA CRITIQUE

Non vraiment ?

LA CRITIQUE

Non plus.

LE MARQUIS

Vous vous moquez, et ce qu'en Allemagne On m'a vu faire à Philisbourg, Dans cette glorieuse et pénible campagne ?

Philippsbourg : ou Philippsburg. Siège qui eut lieu du 27 septembre au 30 ocotbre 1688 dirigé par Vauban. Ce siège est au commencement de la guerre de la Ligue d'Augsbourg.

LA CRITIQUE

On en rit.

SCÈNE VI. La Critique, Filemon.

SCÈNE VII. La Critique, Filemon, L'Auteur.

L'AUTEUR

Non, mon projet doit être heureux. Et lorsque vous verrez Robinson dans son île Rêver philosophiquement, Et faire sentir l'agrément D'une vie heureuse et tranquille, Vous applaudirez sûrement. La morale partout semée Avec un air de nouveauté, Soutenue de la vérité, N'en sera que plus estimée. Le premier acte est un Vaisseau, Qui sur les rochers fait naufrage, Du premier mot le personnage, Intéresse au sortir de l'eau. Dans le second l'agriculture Fera son occupation. Et cela me fournit une description Du spectacle de la nature. Au Troisième, il raisonne et se trouve enchanté De la parfaite indépendance Dont il ne doit la jouissance, Qu'aux flots de l'océan par les vents agité. C'est là qu'il fait sentir dans sa mâle éloquence Tout le prix de la liberté. Au Quatrième Acte il s'ennuie Et voudrait avoir compagnie. Là son discours touchant, dans la simplicité, Fait voir que l'homme est né pour la société. Tandis qu'il dort au cinquième acte, Il se sent éveiller par le bruit du canon ; Il voit qu'il faut partir et quitter sa maison. Pour faire une recherche exacte, Il vole au sommet d'un rocher Et voit la chaloupe approcher. Elle arrive, il y monte en regrettant son île, Et se disant (lui-même) insensé que je suis, Je quitte les plaisirs d'un solitaire asile Pour chercher les malheurs au sein de mon pays. Que pensez-vous de mon idée ? Si l'intérêt a de quoi vous toucher, Je n'ai de ce coté rien à me reprocher ; En êtes-vous, Déesse, un peu persuadée.

SCÈNE VIII ET DERNIERE.

949 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0