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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Pastorale en vers

Amarillis

Jean de Rotrou· créée en 1652, imprimée en 1653· 5 actes· 1 564 vers· 9 personnages

Représenté pour la première fois en 1652 au théâtre de l'Hôtel de Bourgogne.

Personnages

  • LISIMÈNE
  • BÉLISE, nièce le Lisimène
  • TYRENE, amoureux d'Amarillis
  • AMARILLIS, bergère
  • PHILIDAS, amoureux d'Amarillis
  • DAPHNÉ, soeur d'Amarillis
  • CELIDAN, amoureux de Daphné
  • Trois SATYRES, fille de Florisel et de Sydonie
  • CLIMANTE, domestique de Daphné
AVERTISSEMENT de l'Imprimeur au Lecteur

Il y a dix-huit ou vingt ans que feu Monsieur de Rotrou ébaucha cette Pastorale, qu'il se proposait dès lors de donner au Théâtre. Mais comme ce genre Dramatique n'était guère du temps, il s'avisa de l'habiller en Comédie, et la fit depuis mettre au jour sous le nom de Célimène. Depuis la mort de ce célèbre Auteur, quelques-uns de ses Amis ayant rencontré le premier crayon de la Pastorale imparfaite, ont cru que c'était un Ouvrage qui pourrait plaire au public pourvu qu'il fut achevé par quelque agréable plume. Un bel esprit à leur prière, fit les stances les scènes des satyres, et quelques autres endroits que vous verrez. Si bien que c'est ici un Tableau où deux différents Pinceaux ont contribué, et fait une union assez belle, puisque généralement le Peuple et la Cour, y trouvent beaucoup de divertissement, et confessent que c'eût été dommage que cette Pastorale n'eût point été mise en lumière. Ce bruit m'a persuadé qu'elle méritait bien d'être imprimée, et je vous l'offre, afin que votre curiosité soit entièrement satisfaite. Adieu.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE. Lisimène, Bélise.

LISIMÈNE

La Cour n'a rien de plus que des soins et des vices, Celle de Gondebaud où brûlent tant d'amants Ne saurait égaler nos divertissements.

Gondebaud, roi (4 ? ?-516) : roi des Bourguignons. À la mort de son père, il n'eut en partage que le pays de Génèe, mais il dépouilla et mis à mort ses trois frères, Gondemar, Godésigile et Chilpéric, et étendit ainsi son royaume depuis le Haut-Rhin, jusqu'à la Méditerranée et depuis la Haute-Loire jusqu'aux Alpes. Clovis qui avait épousé Clotilde, fille de Chilpéric, une des frères dépouillés, déclara la guerre à Gonbedaud et le vainquit en 502.

LISIMÈNE

Tyrène.

LISIMÈNE

Je suis comme à la géhenne.

Géhenne : Proprement, vallée près de Jérusalem où les Juifs brûlaient leurs fils et leurs filles en l'honneur des idoles. Fig. L'enfer, en style de l'Écriture. La géhenne du feu. Le feu de la géhenne. [L)

BÉLISE

Ô Dieux !

BÉLISE

Durant mes plus beaux jours, en sortant de l'enfance, Dans l'âge de la joie, et de l'indifférence ; Le sage Armagedon qui me donna le jour, Sous le saint nom d'hymen, fit naître mon amour : Et jusques à ce temps j'avais toujours blâmée La violente ardeur dont je suis enflammée ; Alors que dans un jour à mon repos fatal, Chez mon oncle à Lyon, je vis Tyrène au bal. J'étais si jeune encor qu'on ne me parlait guère : Je lui plus toutefois, sans penser à lui plaire. Quelques traits de mes yeux lancés innocemment, À la première vue en firent mon Amant, Il me jura d'abord une immortelle flamme, Et me voulut donner l'Empire de son âme, J'étais tout son espoir et son plus cher souci, Mais si je le vainquis, il voulut vaincre aussi, Et donnant de ses feux une preuve bien claire, Il fit de notre hymen entretenir mon Père, Pour gagner ce vieillard il ne lui manquait rien, Il avait le mérite, et l'esprit et le bien ; Ce dernier suffisait pour le pouvoir surprendre, Quiconque est riche, enfin partout peut être gendre, De ce Siècle pervers c'est le plus riche don, Par là Tyrène sut gagner Armagedon. Mon Père m'ordonna de souffrir sa visite, Il l'aimait pour son bien, et moi pour son mérite, Et son profond respect sut si bien m'émouvoir Que je prenais plaisir à suivre mon devoir. Ensuite une querelle à mes voeux importune, Vint traverser le cours de ma bonne fortune. Tyrène en un combat fit périr Dorilas.

Armagedon : Mont de Galilée au nord d'Israël où se déroula le bataille finale entre le Bien et le Mal selon la Bible.

LISIMÈNE

Le voici.

SCÈNE II. Tyrène, Lisimène, Bélise.

TYRÈNE

Et quoi ?

SCÈNE III. Bélise, Tyrène, Lisimène.

SCÈNE IV. Tyrène, Amarillis.

SCÈNE V. Bélise, Tyrène.

BÉLISE

Adieu.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE. Trois Satyres.

PREMIER SATYRE

Je me doute de qui.

SCÈNE II. Amarillis, Daphné.

SCÈNE III. Philidas, Célidan.

SCÈNE IV. Amarillis, Daphné, Philidas.

AMARILLIS

Adieu.

AMARILLIS

Comment.

DAPHNÉ

Quoi ?

SCÈNE V. Tyrène, Bélise sous le nom de Cléonte, Amarillis, Daphné.

SCÈNE VI.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE. Philidas, Amarillis.

SCÈNE II. Tyrène, Amarillis.

AMARILLIS

Non.

AMARILLIS

Plus que vous.

TYRÈNE

Je le crois.

TYRÈNE, s'en allant dit à Cléonte

On attend votre vue avec impatience.

CLÉONTE

Toi tu fais l'orgueilleux, et tu fuis ma présence.

Tyrène se cache et les entend.

SCÈNE III. Amarillis, Cléonte.

AMARILLIS

Achevez.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Daphné, Tyrène.

DAPHNÉ

Ma soeur.

TYRÈNE

D'amour.

SCÈNE VI. Célidan, Daphné.

CÉLIDAN, la surprenant

À quoi pense Daphné ?

CÉLIDAN

Je te suis.

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE. Daphné, Cléonte.

CÉLIDAN, caché avec Philidas

Dieux ! Qu'est-ce que j'entends ?

SCÈNE II. Célidan, Cléonte, Philidas.

SCÈNE III. Cléonte, Tyrène.

CLÉONTE

Adieu.

SCÈNE IV. Daphné, Amarillis.

AMARILLIS

Plus que moi.

SCÈNE V. Cléonte, Amarillis.

SCÈNE VI. Climante, Cléonte.

Lettre de Daphné à Cléonte.

SCÈNE VII. Les trois Satyres.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Cléonte, Célidan.

SCÈNE III. Philidas, Cléonte.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Les trois Satyres, Amarillis.

TROISIÈME SATYRE

Allons il faut venir.

SCÈNE VI. Philidas, Les Satyres, Amarillis.

PHILIDAS

Bouquins je suis à vous ? Attendez seulement ? Vous mourrez de ma main, ou vous lâcherez prise.

Bouquin : Vieux bouc. On appelle figurément un vieux bouquin, un homme puant et lascif, qui a passe sa vie dans la débauche. En terme de poésie, on appelle les satyres, les dieux chevrepieds, de bouquins, à cause qu'on les peint avec des pieds de bouc. [F]

TROISIÈME SATYRE

Il se faut retirer.

SCÈNE VII. Cléonte, Tyrène, Amarillis. Philidas.

SCÈNE VIII.

SCÈNE IX. Célidan, Daphné.

DAPHNÉ

Ô Dieux !

SCÈNE DERNIÈRE. Daphné, Cléonte, Célidan, Tyrène, Philidas, Amarillis, Lisimène, Climante.

1 564 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica