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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

La Diane

Jean de Rotrou· créée en 1630, imprimée en 1635· 5 actes· 1 555 vers· 13 personnages

Personnages

  • DIANE, sous le nom de CÉLIRÉE
  • DOROTHÉE
  • ORANTE
  • LYSIMANT
  • ARISTE
  • ORIMAND
  • SYLVIAN
  • FILÉMON
  • LYSANDRE
  • DAMON
  • UN LAQUAIS
  • EXEMPT
  • ARCHERS
ARGUMENT

Méliante portugaise avait deux enfants, Lysandre et Diane ; l'inclination aveugle de cette mère la portant à avantager plutôt son fils que sa fille ; elle fit nourrir Diane à Boulogne chez un paysan nommé Damon, et quelque temps après fit courir le bruit qu'elle était morte, pour assurer la fortune de Lysandre, elle l'accorda à Rozinde sa cousine fille d'Orimant dès l'âge de six ans : elle mourut, et Lysandre qui avait de la passion pour voir les pays étranges, ayant fait charger quelques vaisseaux de marchandise, fit voile. Diane avait été aimée dans Boulogne,d'un gentilhomme Lysimant, à qui elle avait permis quelques privautés honnêtes ; elle apprend quad dans Paris il était devenu amoureux d'Orante fille de Filémon, elle sort de Boulogne à dessin de traverser leurs amours par quelque artifice, elle se met au service d'Orante, Sylvian paysan qui l'avait aimée, la suit et se fait coche de Lysimant à dessein de la voir quelquefois. Dorothée villageoise qui aimait Sylvian sort aussi de Boulogne et vient à Paris ; où elle rencontre Diane, comme elle parlent ensemble ; Orante appelle Diane, comme elles parlent ensemble ; Orante appelle Diane qui lui présente quelques lettres qu'elle dit avoir eues de quelque paysanne qui la vient de quitter ; (Ruse dont elle se sert pour faire connaître à Orante que Lysimant aime en autr elieu :) car ce sont les mêmes lettres que Lysimant a écrites autrefois à Diane ; et uqleuques unes de Diane à Lysimant ; Orante avait de l'amour pour Ariste, et le seul commandement de son père la forçait de souffrir Lusimant, pour se retirer de cette contrainte elle fait voir à son père ces témoignages de 'inconstance de Lysimant. Philémon le reproche à LLysimant qui lui fait voir le peu d'ardeur qu'il a pour Orante ; Ariste à qui l'avarice de Filémon, les premières visites de Lysimant chez Orante, et le bruit qui courrait de leur mariage avaient jà irrité, en fait des reproches à Orante, mêlées de beaucoup de mépris. Lysismant rencontre Diane qu'il ne reconnaît que pour fille de Chambre d'Orante, la prie de dire à sa maîtresse qu'il aime Rosinde, en effet il a sa maîtresse qu'il aime Rosinde, en effet il la visite, mais c'eest moins pour lui plaire que pour déplaire à Orante. Diane que ce discours a émue cherche un second artifice pour divertir cette poursuite, elle prie Dorothée de lui faire trouver un habit d'homme sur une diamant qu'elle lui met entre les mains ; elle s'habille, entre chez Rosinde, se fait passer pour Lysandre (elle avait su toutes les affaires de cette maison d'une paysanne de Boulogne sans être connue d'elle,et sans qu'elle-même se reconnut.) Le vrai Lysandre arrive, on veut punir le fourbe de l'autre, mais elle étant reconnue par Damon, et puis pour soeur de Lysandre par une marque qu'elle porte au sein ; elle est donc mariée à LLysimant, Rosinde à Lysandre, Orante à Ariste, et Dorothée à Sylvian.

\A MONSIEUR ROTROU, SUR SA DIANE

Par son frère

Enfin l'Amour est le vainqueur Diane a ce qu'lle désire, Le destin ne lui peut plus nuire, Lysimant lui donne son coeur.

ROTROU le J.

ACTE I

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Dorothée, Célirée.

DOROTHÉE

Comment ?

CÉLIRÉE

Comment ?

CÉLIRÉE

Eh bien ?

ORANTE, appelant en dehors

Célirée ?

ORANTE, sortant de la maison

Célirée ?

CÉLIRÉE

Madame ?

À Dorothée.

Adieu ; cours, je t'en prie.

Dorothée sort.

SCÈNE III. Orante, Célirée.

ORANTE, ouvre et lit

Lettre de Diane à Orante.

Le déplaisir de perdre un infidèle amant Ne vous procure pas cet avertissement : La perte d'un traître est heureuse. Le seul dessein que j'ai de me venger Vous doit porter à vous en dégager. Je suis intéressée, et non pas amoureuse ; Je vois d'un oeil égal son infidélité. Je sais bien que résoudre en la nécessité ; Et, quoique simple paysanne, Quand il m'aimait il était Lysimant : Il n'a changé que d'amour seulement, Il est toujours lui-même, et moi toujours Diane. Consultez ces écrits que j'avais de sa part, Ne vous repentez pas quand il sera trop tard. J'ai de quoi vous ravir ce traître ; J'aspire moins à ce commun lien Pour mon repos que pour troubler le sien : « Pour le voir malheureux, je souhaite de l'être.

DIANE.

Ô dieux ! Que vois-je ici ?

Lettre de Lysimant à Diane.

Tu ne peux, sans me faire tort, Te plaindre du ciel et du sort. N'appelle point leur rigueur importune ; Tes attraits sont un trésor Plus estimable que l'or : Je recherche Diane, et non pas sa fortune.

LYSIMANT.

Autre.

Je presse, mon souci, l'effet de mes promesses, Et j'ébranle le coeur d'un vieillard inhumain. Je te conterai tout demain : Prépare à mon amour de nouvelles caresses.

LYSIMANT.

Autre.

Diane, dans ce paysage Où ta condition encore te retient, Aie soin de ton beau visage, Conserve ce qui m'appartient. Crains bien que le soleil te baise, Laisse à tes jeunes soeurs dépouiller vos guérets ; Et, de peur de sentir ses rais, Ne cueille ni rose, ni fraise. Daphné fut sourde à sa prière, Et ne voulut de lui ni devoirs, ni présent ; Car ce prince de la lumière L'eût enlaidie en la baisant.

LYSIMANT.

SCÈNE IV. Orante, Filémon.

SCÈNE V. Sylvian, Filémon.

ACTE II

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Sylvian, Damon.

SYLVIAN

De qui ?

SCÈNE III.

LYSIMANT

Que le soleil est chaud ! Que son oeil est riant ! Et que déjà cet astre est loin de l'orient ! Cléandre m'a fait tort, et sa longue caresse M'aura peint incivil aux yeux de ma maîtresse. Je la verrai trop tard ; ce bel astre d'amour Me devait éclairer aussitôt que le jour. Mais que je suis confus, et que je trouve étrange La résolution où mon destin me range ! Insensible aux appas de cet objet charmant, Je les vois, je les loue, et je parle en amant : Plus libre que jamais, et plus froid pour Orante Que je ne le serais pour une indifférente, Je parle toutefois et d'amour et d'attraits Comme si ma froideur se rendait à ses traits ; Et j'entre en un hymen que je ne considère Que par les seuls apprêts qu'on en fait chez mon père. Las ! Ce dieu qui préside aux belles unions, Qui s'acquiert tant d'estime en nos opinions, Qui voit si saintement garder ses ordonnances, Ne fait pas aujourd'hui toutes les alliances ; Ce mystère s'observe ailleurs qu'à ses autels, Et l'avarice a joint la moitié des mortels. La grâce et la vertu ne sont plus adorées ; On ne s'enchaîne plus qu'en des chaînes dorées ; Possédant beaucoup d'or on a beaucoup d'appas, Et ce métal rend beau tout ce qui ne l'est pas. J'épouse sans dessein, j'aime sans connaissance : Ce qui doit être un choix m'est une obéissance, Et l'aveugle bonté d'un avare parent Trame en cette union mon malheur apparent. Ainsi tu n'as conçu qu'une espérance vaine, Beau sujet de mes feux, doux objet de ma peine, Qui seule eus le pouvoir d'asservir ma raison, Plus Diane d'effet que tu ne l'es de nom ! Ainsi tu vois ma vie en sa borne prescrite, Et ta condition a trahi ton mérite. Hélas ! Rien n'est égal aux rigueurs de mon sort, Et je vis pour mourir d'une éternelle mort... Mais que de vains pensers mon âme est agitée ! Délibéré-je encor d'une affaire arrêtée ? Immolons ces regrets à la nécessité, Et voyons de bon oeil cette aimable beauté.

Orante sort de chez elle.

SCÈNE IV. Orante, à sa porte, Lysimant.

LYSIMANT, la saluant

Enfin...

LYSIMANT

Souffrez...

SCÈNE V. Orante, Filémon, Lysimant.

SCÈNE VI.

LYSIMANT, seul

L'insensé, m'obligeant au point que je désire, Croit m'avoir affligé d'un rigoureux martyre, Et que je suis atteint d'un cruel déplaisir Perdant ce que j'acquis sans peine et sans désir. Non, non, qu'on laisse agir le courroux qui m'enflamme, Il ne me faut cacher ni le fer, ni la flamme ; Je suis capable encor de consolation ; Mon courage est plus fort que cette affliction, Et si je dois mourir, c'est d'un excès de joie En cette liberté que le ciel me renvoie, Et que je puis ranger sous de plus doux attraits Que ceux de qui jamais je n'ai senti les traits. Tu joins en te vengeant, unique objet que j'aime, À tes autres faveurs une faveur extrême, Et ton juste courroux ne m'est qu'officieux, Diane, l'abrégé des merveilles des cieux ! Mais que peut t'acquérir l'effet de ta vengeance ? Que peut-elle à nos maux procurer d'allégeance, Puisqu'au dessein que j'ai de me rendre à tes voeux Un avare vieillard défend ce que je veux ? Un astre malheureux éclaira ma naissance, Et rangea mes désirs sous son obéissance. Après de si cruels et de si vains travaux, Je ne puis aspirer qu'à des partis égaux ; Au moins, pouvant donner une âme indifférente, Je trouve le moyen de me venger d'Orante, Quoique son changement me soit doux en effet, Et que c'est me venger d'un bien qu'elle me fait. Elle m'a confessé qu'une secrète haine Lui fait souffrir l'humeur de Rosinde avec peine, Et ne réserve rien de son autorité Pour faire à ses amis haïr cette beauté : J'enfreindrai maintenant une aveugle défense, Et j'aurai ce plaisir qu'Orante s'en offense. Je vais à cette belle engager ma raison : Ses parents autrefois m'ont ouvert sa prison, Et m'ont fait proposer cet heureux mariage ; J'espère que leur fille agréera mon servage. Voyons-la de ce pas.

SCÈNE VII. Célirée, Lysimant.

CÉLIRÉE, à part

Trop bien pour mon repos.

SCÈNE VIII.

ACTE III

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Orante, Ariste.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Célirée, Orante.

SCÈNE V.

SCÈNE VI. Orimand, Lysimant.

SCÈNE VII.

SCÈNE VIII.

SCÈNE IX. Diane, Un laquais.

DIANE

Ami.

LE LAQUAIS

C'est ici.

SCÈNE X. Diane, Orimand, Le Laquais.

ORIMAND, revenant de chez sa soeur

Que veut-il ?

ACTE IV

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Filémon, Orante.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Orimand, Lysimant.

SCÈNE V.

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Orante, Célirée.

SCÈNE VIII.

SCÈNE IX. Célirée, Lysimant.

SCÈNE X. Lysimant, Diane, Le Laquais.

DIANE, ayant frappé

Lysandre est-il ici ?

LE LAQUAIS

Ici même, on l'attend.

Il rentre.

LYSIMANT

Adieu donc, je t'attends.

Il sort.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE.

SCÈNE II. Orante, Sylvian.

SCÈNE III. Ariste, Orante.

SCÈNE IV.

SCÈNE V. Sylvian, Dorothée.

SCÈNE VI. Lysimant, Dorothée, Sylvian.

DOROTHÉE

Monsieur ?

SCÈNE VII. Diane, sous l'habit de Lysandre, Orimand, Lysimant, Sylvian, Dorothée.

SCÈNE VIII. Diane, sous l'habit de Lysandre, Orimand, Lysimant, Sylvian, Dorothée, Lysandre arrive, et va à Sylvian avec deux porte-malles.

SYLVIAN

Céans.

DOROTHÉE, à part

Ô disgrâce infinie !

ORIMAND, après avoir lu

Ô dieux ! Que vois-je ici ?

ORIMAND, à Diane

Vous ne répondez rien ?

SCÈNE IX. Diane, sous l'habit de Lysandre, Orimand, Lysimant, Sylvian, Dorothée, Lysandre, Ariste, Orante, Filémon.

SCÈNE X. Diane, sous l'habit de Lysandre, Orimand, Lysimant, Sylvian, Dorothée, Lysandre, Ariste, Orante, Filémon, Damon, Un Exempt, Deux Archers.

L'EXEMPT, s'en allant avec les archers

Adieu, vivez contents.

FILÉMON, à Orimand

Le ciel vous favorise.

1 555 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica