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un seul est le mot juste.

Tragédie en vers· Tragédie en Cinq Actes

Le Martyre de Marie-Antoinette d'Autriche Reine de France.

Etienne Saint-Aignan· imprimée en 1796· 5 actes· 1 824 vers· 26 personnages

(non représentée)

Personnages

  • LE PRÉSIDENT DU COMITÉ DE SALUT PUBLIC
  • LES MEMBRES DU COMITÉ, à l'exception de Barrère, Robespierre et Danton
  • UN DÉPUTÉ DU DÉPARTEMENT DE L'AISNE
  • DANTON
  • ROBESPIERRE
  • BARRÈRE
  • UN MINISTRE
  • UN JACOBIN
  • LE ROI
  • LA REINE
  • MADAME ROYALE
  • MADAME ÉLIZABETH,  
  • LE MAIRE DE PARIS, et ses gardes
  • SIMON
  • L'ACCUSATEUR PUBLIC
  • UN GARDE DU TEMPLE
  • LA SUIVANTE DE LA REINE
  • SANTERRE
  • LE GEÔLIER
  • UN ENVOYÉ DE SANTERRE
  • UN INCONNU
  • UN SANS-CULOTTE
  • TRONSON
  • UN ROYALISTE
  • UN CONSTITUTIONNEL
  • UN VIEILLARD

ACTE I

SCÈNE I. Le Président du comité de Salut Public, Les Membres du Comité (à l'exception de Barrère, Robespierre et Danton), Un Député du Département de L'Aisne.

UN MEMBRE DU COMITÉ

Dans ce cruel ravage, Du perfide Custine apercevez l'ouvrage. L'infâme commandait d'invincibles soldats, Vautours nés pour le sang, et cherchant les combats : Il devait attaquer et vaincre avec ses braves : L'homme libre, en tout temps, fit trembler les esclaves. L'ami de Dumouriez, citoyens, nous trahit : L'impunité d'un chef au crime enhardit : Qu'il périsse, en frappant sauvons la république. Ordonnons.

Custine, Adam Philippe de (1740-1793) : député de la noblesse de Metz puis général révolutionnaire. Suite à ses défaites, il est révoqué, arrêté, et guillotiné le 28 août 1793.

Du Mouriez, Charles François du Perriez (1740-1823) : militaire, ministre de Louis XVI, et général révolutionnaire. Ses échecs militaires lui firent quitter le France.

SCÈNE II. Le Président, Les membres du comité.

LE PRÉSIDENT

Le malheur est un bien, quand l'homme l'a prévu. Il le fallait... à tout Robespierre a pourvu... Écoutez : mais surtout, que votre âme timide Se garde d'arrêter notre marche homicide. Commettons des forfaits, ou nous sommes perdus. Capet est immolé... mais ses nobles vertus Survivent à sa cendre : et sans doute la France De cet assassinat voudra tirer vengeance. Déjà de la révolte on a vu l'étendard, L'infâme drapeau blanc flotter de toute part. Gaston, à la Vendée, inspirant son courage, Y forme des soldats : son séduisant langage Oppose l'héroïsme à leur timidité : Ils marchent sur ses pas avec docilité. Plus d'une fois son bras, maîtrisant la victoire, A de nos bataillons anéanti la gloire. S'il n'est pas arrêté, vous verrez dans Paris, Reparaître bientôt et le trône et les lys... Laissons, laissons Cobourg attaquer nos murailles : Qu'il force des cités : qu'il gagne des batailles : Notre dernier soldat est. l'égal de Villars, Il saura triompher dans le camp de César. Frédéric, immobile aux portes de Mayence, Ne balancera point les destins de la France. Le Sarde est abattu. L'Espagnol indolent, Pour faire des progrès, dans sa marche est trop lent. La Suisse, à nos genoux humblement prosternée, A demandé la paix... L'Europe consternée Avec reconnaissance acceptera nos lois, Quand nous aurons détruit les esclaves des rois. La liberté l'exige : immolons des victimes... Elle cesse au moment où nous cessons les crimes.

Capet : nom de famille donné à la famille des rois de France sous la révolution, descendants d'Hugues Capet (940-996). Louis XVI a été décapité le 21 janvier 1793.

Le drapeau blanc est celui des royalistes.

UN AUTRE MEMBRE

Nous devons publier, et le peuple doit croire, Que sa fuite à Mayence était une victoire.

Mayence : ville d'Allemagne est prise par Custine le 21 octobre 1792.

SCÈNE III. Les mêmes, Danton.

DANTON

Ah ? Citoyens, contre nous tout conspire... Oui, tout : même Wimphen méconnaît notre empire. Ce traître refusant d'obéir à la loi, Veut marcher sur Paris, venger Brissot.

Brissot, Jacques Pierre (1754-1793) : homme politique, chef des Girondins guillotiné le 31 octobre 1793.

LE PRÉSIDENT

Croyez-vous que Wimphen, autrefois notre ami, Deviendra vertueux, étant notre ennemi ? L'honneur est le flambeau des fiers aristocrates : Mais l'intérêt préside aux vertus démocrates... Robespierre s'avance : Ah ? Son regard affreux Annonce, citoyens, quelque récit fâcheux : Voyez comme il est sombre.

Wimpffen, Georges Félix de [1744-1814] : Général français et député Girondin. En 1792, résista victorieusement un mois au siège prussien de Thionville dont il était le commandant de la place.

SCÈNE IV. Les Mêmes, Robespierre.

SCÈNE V. Les Mêmes.

BARRÈRE

Sur nos têtes, l'orage... Autour de nous, la mort... dans nos coeurs, le courage. Exécrable forfait ?... L'infortuné Marat Succombe sous les coups d'un lâche assassinat.

Marat, Jean-Paul (1743,1793) : médecin, journaliste et homme politique, député montagnard, assassiné le 13 juillet 1793 par Charlotte Corday.

SCÈNE VI. Les Mêmes à l'exception de Robespierre et Danton, Un Ministre.

SCÈNE VII. Les mêmes, Un Jacobin.

ACTE II

Le théâtre représente le salon de l'appartement que la Famille Royale occupait au Temple.

SCÈNE I. Le Roi, La Reine, Madame Royale.

LA REINE

Lui seul, mes bien-aimés, dans ce triste séjour Par vos embrassements, peut étouffer mes larmes : Mais il ajoute encor à mes justes alarmes... Le plus parfait des rois, par la main d'un bourreau, Au nom de ses sujets descendit au tombeau. Votre père n'est plus... je périrai de même, Puisque j'ai partagé l'éclat du diadème... De ce peuple effréné la constante fureur, Par mille cruautés, prolonge ma douleur : Mais, dans mon coeur brisé, la nature expirante Me montre de la mort l'image consolante. Enfants trop malheureux ?... Quel sera votre sort ?... Mon fils, d'un oeil serein envisageant la mort, Je puis, par mes conseils, éclairer ton enfance. Soumets-toi, sans murmure, à cette providence, Dont les sages décrets sont cachés aux mortels. Le Sénat du vrai Dieu renversa les autels : Crois-en lui mon cher fils, observe sa loi sainte : Supporte tes malheurs sans faiblesse et sans plainte. Si le sceptre en tes mains doit retourner un jour, Faits cueillir aux Français les fruits de ton amour : Qu'ils soient heureux. D'un roi la sublime vengeance Ne punit les forfaits que par la bienfaisance. Sans faiblesse, des lois exact observateur, Bannit de tes conseils le vil adulateur. Le sang des bons Français a coulé pour ton père : Il coule pour son fils, il coule pour ta mère : Combien, dans les combats, par un dernier effort, Voulant nous délivrer, ont rencontré la mort ? Ah ? Mon fils ?... souviens-toi, dans les jours de ta gloire, De consacrer leurs noms au temple de mémoire. De ton père immolé voilà le testament : Apprends sa volonté, médite-le souvent... Ô coeur de mon époux ? Coeur grand et magnanime ?... Il pardonne à son peuple ?... Immortelle victime, Puissé-je, comme toi, jusqu'au dernier moment, Conserver la vertu dans mon coeur innocent ?... Ma fille, dans ton âme imprime la sagesse : D'innombrables dangers menacent ta jeunesse. Descendante des rois, que cette dignité Te préserve à jamais de toute égalité. Ma fille, tu naquis auprès du diadème : À l'avilissement préfère la mort même.

Le Roi et madame Royale baisent les mains de leur mère.

SCÈNE II.

LA REINE, seule

Trop funeste avenir ? Quel destin vous poursuit ?... innocentes victimes ?... Je vous vois malheureux, et vous êtes sans crimes... Que leurs coeurs, ô mon_Dieu, dociles à ta foi, Marchent dans les sentiers de ta divine loi ?... Un Roi dans les cachots ?... un Roi dans son enfance, Objet infortuné des fureurs de la France ?... Mais celui qui craint Dieu n'est-il pas l'ennemi De ces hommes pervers que l'enfer a vomi ?... Oui : j'ai vu dans leurs yeux étinceler la rage : Leurs bras ensanglantés poursuivre le carnage : Mes gardes égorgés, expirants sous mes yeux, Et couvrant de leurs corps ma fuite de ces lieux : En triomphe à Paris j'ai vu porter leurs têtes : Le peuple avec fureur célébrer ces conquêtes : Et l'infâme Bailli, qui disait à son Roi : « Tu n'es que mon égal : le peuple est plus que toi... » Mille fois de la mort envisageant l'image, Je ne puis la trouver dans un long esclavage... Monstres, couverts de sang de mon auguste époux, Tremblez... d'un Dieu vengeur le trop juste courroux, Lassé de vos forfaits, aussi prompt que la foudre Réduira vos maisons et vos cités en poudre... Qu'ai-je dit ? Ah ? Pourquoi ma profonde douleur Exprime-t-elle un voeu démenti par mon coeur ? Dieu de miséricorde, oubliant ta justice, Sur le peuple Français, jette un regard propice : Qu'avec sincérité, revenant à ta loi, Il confesse son crime, et connaisse son Roi... Le passé, le présent, l'avenir, tout m'agite.

SCÈNE III. La Reine, Madame Élisabeth.

SCÈNE IV. La Reine, Madame Élisabeth, Le Maire de Paris, Ses Gardes.

MADAME ÉLISABETH

Du courage, ma soeur.

LE MAIRE, le bonnet rouge sur la tête, prend le bras de la reine et la regarde fixement

Femme... Qui êtes-vous ?

SCÈNE V. Les Mêmes, Simon.

La numérotation passe de IV à VII, nous reprenons une numérotation continue.

LE ROI, tendant les bras à sa mère

Ah ? Sauvez-moi, maman.

LA REINE

Quel attentat ?

Elle court vers lui.

Ô mon cher fils ?

UN GARDE, lui présentant la baïonnette

Arrête.

LA REINE, s'arrêtant

Souviens-toi de ton père.

SCÈNE VI. La Reine, Madame Élisabeth, Robespierre.

SCÈNE VII.

ACTE III

L'action continue dans le salon des prisonniers du Temple.

La numérotation des scènes de l'acte IV est corrigée et rendue cohérente.

SCÈNE I. Le comité de Salut public assemblé.

SCÈNE II. Le Roi, La Reine, Madame Royale, Le Maire.

Le roi est amené par des sans-culottes armés.

MADAME ÉLISABETH

Calmez-vous.

LE ROI

Je porte dans mon coeur les avis de mon père, Et je suis enrichi des vertus de ma mère.

Il se jette dans ses bras, et la Reine l'embrasse.

SCÈNE III. Les mêmes, Robespierre.

UN MEMBRE

J'accepte.

LE PRÉSIDENT

Décrété.

SCÈNE IV. Les mêmes, L'Accusateur Public.

L'ACCUSATEUR

On ne l'accuse pas.

L'ACCUSATEUR

J'obéis.

SCÈNE IV. Les mêmes du Comité de Salut Public.

SCÈNE VI. Barrère, Robespierre, Danton.

SCÈNE VII. Les mêmes, Simon.

SCÈNE VIII. Les mêmes, Un Garde du Temple.

SCÈNE IX. Les mêmes, La Reine.

LA REINE

Mon fils.

LA REINE

Vous.

SCÈNE X. La Reine, Madame Élisabeth.

SCÈNE XI. La Reine, Madame Élisabeth, Le Maire de Paris, Gardes.

LE MAIRE

Pourquoi ?

MADAME ÉLISABETH

Il vous reste l'honneur.

MADAME ÉLISABETH

Ce devoir est sacré.

SCÈNE XII. Madame Élisabeth, Le Maire, ses Gardes.

SCÈNE XIII. Madame Royale, Madame Élisabeth, Le Maire, Gardes.

MADAME ÉLISABETH, en apercevant Madame Royale

J'aperçois l'innocence Qui vient à mes regrets ajouter ses douleurs.

MADAME ROYALE, effrayée

Ma tante ?

UN GARDE

Suivez-moi.

MADAME ROYALE, suivant le Garde

Hélas ?... Jamais... Jamais... jJ ne verrai ma mère ?

À Madame Élisabeth.

Ne m'abandonnez pas.

SCÈNE XIV. La Reine, Madame Élisabeth, Suivante de la Reine, Le Maire, Gardes.

Madame Élisabeth voyant la Reine, fait connaître sa douleur par ses gestes, sans rompre le silence.

MADAME ÉLISABETH

Quel outrage sanglant ?

MADAME ÉLISABETH

Ma voix est étouffée...

LA REINE, au Maire

Allons, n'excitons plus, Dans ce coeur accablé, des regrets superflus.

La Reine se retire, la suivante porte son paquet.

LA REINE

La Reine prenant le paquet de la suivante.

Je reconnais ton amitié pour moi.

SCÈNE XV.

MADAME ÉLISABETH, restée immobile pendant la scène précédente, paraît plongée dans une profonde méditation : elle en est tirée par les imprécations de la Suivante, qui dit en traversant le théâtre

Ah cruel ?... Ah tyran ?... Ah monstre détestable ?... Je ne la verrai plus cette femme admirable ? Tout est perdu.

SCÈNE XVI.

MADAME ÉLISABETH, seule

Ô Dieu ? Tes décrets éternels Doivent être adorés par les faibles mortels... L'homme juste est frappé par la main du coupable... Pour détruire ta foi, le crime inexorable Au fer des assassins livre tes serviteurs... Il occupe le trône... et tes adorateurs, Imitant de Louis la longue patience, Souffrent en attendant le jour de ta présence... Ô France ? Je prévois un funeste avenir... Quels fléaux produiront un tardif repentir ?... En immolant ton Roi, tu massacras ton père : Tu demande la mort d'Antoinette ta mère... Quand Dieu dans sa bonté nous a donné les Rois, Il a dit aux sujets obéissez aux lois. Dans ton Prince, de Dieu tu détruisis l'image... Aujourd'hui tu ressens les fureurs de la rage... Ton sang baigne la terre, et ton sol étonné Par ses vrais habitants se voit abandonné. Des monstres affamés absorbent ta richesse, Et punissent de mort les cris de la détresse. Ton bien n'est plus à toi : il est à tes bourreaux : Tes superbes palais sont changés en tombeaux. Eux seuls, dans tes malheurs, osant lever la tête, Forts de ton esclavage, en célèbrent la fête. Tes enfants orphelins, tes femmes sans époux, Ressentiront du ciel le trop juste courroux... Puissent les Souverains, ces anges tutélaires, Apporter des secours à tes maux nécessaires ?... Puissent tous tes voisins, fidèles à leur Roi, Conserver le bonheur que méritent leur foi ? Puisse enfin Antoinette, expirant en victime, Comme son saint époux, te pardonner ton crime ?...

ACTE IV

Le théâtre représente le vestibule de la prison de la Conciergerie : dans le fond est le cachot destine à la Reine : la porte en est fermée.

SCÈNE PREMIÈRE. Robespierre, Santerre.

SCENE II. Robespierre, Le Geôlier.

LE GEÔLIER

Tout est plein.

ROBESPIERRE

Pourquoi ?

LE GEÔLIER, bas

Hélas ?

SCÈNE III.

SCÈNE IV. Robespierre, Barrère, Un Jacobin.

SCÈNE V. Robespierre, Barrère, UN Jacobin, Gardes.

On apporte la reine évanouie.

BARRÈRE

Non, non. Dans ce cachot jetez-là.

La Reine est jetée évanouie dans ce cachot.

SCÈNE VI. Les Mêmes, un envoyé de Santerre.

SCÈNE VII.

Le silence règne quelques moments sur la scène, la Reine se réveille, comme d'un profond sommeil.

LA REINE, seule

Où suis-je... Encor vivante ?... Est-ce ici mon tombeau ? Dois je attendre, en ces lieux, un infâme bourreau ? Ou, sensible à mon sort, quelque main tutélaire Donne-t-elle à mes maux un secours nécessaire ? Dois-je trouver la vie au séjour de la mort ? Mais je suis expirante : et le dernier effort A jusques dans mes os épuisé la nature. Ma bouche ne prend plus aucune nourriture. Mon corps est desséché par des tourments affreux... Mon coeur flétri de pleurs n'arrose plus mes yeux... Ô toi, Dieu tout puissant, le soutien que j'implore, Sois le seul protecteur de celle qui t'adore ?... Ah ? Je sens approcher le moment du trépas, Prête à monter vers toi, ne m'abandonne pas. Je demande, ô mon_Dieu, ton heureuse présence : Reçois-moi dans ton sein. Les cris de l'innocence, S'élevant jusqu'à toi, sont toujours écoutés : Que mes cris douloureux ne soient pas rejetés... Au faîte des grandeurs, mon âme fut docile Aux sublimes leçons de ton saint évangile, Elle attend aujourd'hui, dans son abaissement, Du bonheur qu'il promet l'heureux avènement. Oh ? Qu'il tarde longtemps, ce jour que je désire ?... Quand, à l'air empesté qu'en ce lieu je respire, Doit succéder enfin, au céleste séjour, Le parfum éternel du plus parfait amour ?... Mais je dois adorer ta sage providence... Ma bouche devant-elle est réduite au silence... Ô vous morts, dont les chairs exhalent dans ces lieux De fétides vapeurs, que vous êtes heureux ?... Hélas ?... ce noir cachot préparé pour les crimes, Aurait-il renfermé d'innocentes victimes ? Le silence, la nuit règnent autour de moi... Mais, avec Dieu, mon âme exempte d'effroi... Grand Dieu que pour mon bien, ta volonté soit faite ? Tu m'avais destiné cette sombre retraite, Où, seule avec mon coeur, je puis l'interroger, Le laver dans mes pleurs... ils viennent me juger... J'entends un bruit confus... La cohorte s'avance... Je les vois.

SCÈNE VIII. La Reine, Le Maire de Paris, Le Geôlier, Gardes.

SCÈNE IX.

SCENE X. Barrère, Robespierre, Le Geolier.

SCÈNE XI.

SCÈNE XII. La Reine, Le Geôlier.

SCÈNE XIII. La Reine, Le Geôlier, Un Inconnu.

SCÈNE XIV. La Reine, Le maire de Paris, Le Geôlier qui ouvre la porte du cachot, Gardes.

L'inconnu s'échappe par l'autre côté du théâtre.

LE COMMANDANT

Marche.

ACTE V

SCÈNE PREMIÈRE. Robespierre, Barrère.

BARRÈRE

Oh ? Oh ?

SCÈNE II. Robespierre, Barrere, Un Sans-Culotte.

BARRÈRE

Comment ?

BARRÈRE

Je suis.

SCÈNE III.

SCÈNE IV. La Reine, Tronson, Le Geôlier.

SCÈNE V.

LA REINE, seule

Dans ce dernier moment, où l'oeil de l'innocence Ne fixe, qu'en tremblant, l'éclat de ta présence : Où, le coeur desséché par mille souvenir, Craint encore le retour de criminels désirs : Viens, ô mon rédempteur ? Viens consoler mon âme : Viens la remplir du feu de ta divine flamme... Que tous mes sentiments soient concentrés en toi... Seigneur, ouvre ton sein, récompenses ma foi... Ah ? Mon coeur est brûlant ?... Antoinette, es-tu digne D'obtenir de ton Dieu cette faveur insigne ?... Ingrate ?... As-tu connu les devoirs de sa loi : Et n'as-tu pas franchi les bornes de la foi... Au ministre apostat donnant ta confiance ?... Auprès d'un criminel, tu cherchas l'innocence ?... Ai-je péché, grand Dieu ?... mais la nécessité Excuse devant toi cette témérité... Du salut éternel, mon unique espérance, Dans la confession je trouvais l'assurance... Tes ministres intacts, persécutés, errants... J'attendais sans espoirs leurs avis consolants... Du prêtre l'apostat gardant le caractère, J'ai, connaissant ma mort, droit à son ministère... Je sens naître, en mon âme, un sentiment plus doux. Quel sublime transport ?... la voix de mon époux Se fait entendre... "Au ciel, généreuse martyre, Tu vas trouver la paix, que ton esprit désire... Tes bourreaux par leur rage, assurent ton bonheur. Sains époux, aujourd'hui deviens mon protecteur : Je t'implore... Ô mon fils ? Ô ma soeur ? Ô ma fille ? Ô restes malheureux de toute la famille, Frères, qui gémissants dans un autre climat, Cherchez à réparer les malheurs de l'État ? Ô vous, Condé, Bourbon, dont le mâle courage Oppose des héros aux fureurs de la rage ? Noblesse infortunée ? Et vous zélés sujets, Dont le fer des bourreaux étouffe les regrets ?... Mon époux est au ciel... Dieu l'écoute... il demande... Faites, en l'implorant, ce que l'honneur commande. Venez : donnez l'espoir à votre jeune Roi, De rétablir enfin et l'empire et la foi... Je laisse à vos vertus le soin de son enfance... Vainquez et pardonnez : c'est la noble vengeance. Je les vois... approchez... Messieurs, ne tardez pas À m'annoncer le jour et l'heure du trépas.

SCÈNE VI. La Reine, Deux membres du Comité Révolutionnaire, Sans-Culottes.

LE MEMBRE

Non.

SCÈNE VII. Les mêmes, Santerre, Sa Troupe, Un Royaliste, Un Constitutionnel, Sans Culottes.

SANTERRE

Par ordre du Sénat, livrez-nous cette infâme.

La Reine est entourée par les soldats qui l'emmènent.

SCENE VIII.

Le Royaliste et le Constitutionnel restent seuls sur le théâtre : et s'observent quelques moments en gardant le silence.

LE CONSTITUTIONNEL

Il me rejetterait.

LE CONSTITUTIONNEL

Si je savais ?...

SCÈNE IX et DERNIÈRE. Les mêmes, Un Second Royaliste.

La scène IX est noté VII par erreur.

LE SECOND ROYALISTE

Elle n'est plus ?...

LE VIEILLARD

Mon_Dieu ?

LE CONSTITUTIONNEL

Massacrons le Sénat.

1 824 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0· édition originale sur Gallica