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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers

Le Gardien de Soi-Même

Paul Scarron· créée en 1654· 5 actes· 1 786 vers· 13 personnages

Représenté pour le première fois en 1654 au Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne.

Personnages

  • LE ROI DE NAPLES
  • LE PRINCE DE SICILE
  • ALCANDRE, fils du Roi de Sicile
  • ISABELLE, fille du Roi de Naples
  • CONSTANCE, nièce du Roi de Naples
  • HÉLÈNE
  • SABINE
  • FILIPIN, un Paysan pris pour Alcandre
  • SULPICE, écuyer d'Alcandre
  • LICASTE, capitaine des Gardes
  • MAURICETTE, Paysanne
  • SOLDATS
  • PAYSANS

ACTE I

SCÈNE I. Sulpice, Alcandre.

SULPICE

Vous m'ordonnez, Seigneur, des choses impossibles, Le sérieux, et moi, sommes incompatibles Mais pour vous obéir, je veux bien essayer De vous faire un récit sans beaucoup m'égayer. Comme je vous ai dit, la nuit était fermée, Lorsque j'entrai dans Naples encore toute alarmée ; D'où sans cesse le Roi dans son juste courroux, Commandait des Soldats pour aller après vous. Mon hôte me trahit : je fus pris : on me mène Au Roi : l'on m'interroge, et l'on y perd sa peine. On presse, on intimide, on demande où j'ai pris L'argent qu'on m'a trouvé, sans les bagues de prix. Lors je me dis Marchand : on me refouille en sorte, Qu'on trouve votre lettre, et lors le Roi s'emporte. Alcandre, disait-il, l'ennemi de l'État, Ose troubler ma Cour par un noir attentat ! Un Prince que je hais, de mon neveu que j'aime Ose finir les jours en ma présence même. Ce crime peut aller à de plus grands desseins : Mais leur auteur hardi tombera dans mes mains, Et ce Sicilien deviendra par son crime D'un ennemi mortel la sanglante victime. Car on peut bien penser qu'étant pris aussitôt On verra de son sang rougir un échafaud. Mon Maître, dis-je alors, le généreux Alcandre, N'a de Juge que Dieu, quand on le pourrait prendre. Mais il est en Sicile, et votre Majesté Sait qu'un Roi de Sicile est à craindre irrité. Et tu sauras, me dit le Roi fort en colère, Tout ce qu'un Roi de Naples est capable de faire. Alcandre, repartis-je, est Prince égal à vous. Le Roi sort, me disant, aveuglé de courroux, Garde ta hardiesse à souffrir la torture.

SCÈNE II. Paysan I, Mauricette, Filipin.

FILIPIN

Vas-y.

MAURICETTE

Discourons.

SCÈNE I.I. Constance, Alcandre.

CONSTANCE

Depuis sa mort, mon âme en sa douleur constante, Se divertit à faire un récit qui l'augmente. Écoute donc, Ascagne, et tu vas tout savoir. Ce prodige charmant et dangereux à voir, L'Infante ma cousine, en Naples adorée, Et des Princes voisins ardemment désirée, L'objet de mille voeux, et de mille soupirs, Fit à mon frère aussi naître de vains désirs ; Vains, ou plutôt mortels, puisque sa mort cruelle, Est un effet du feu dont il brûla pour elle, Ce feu par les soupirs de son coeur enflammé, Parut bientôt aux yeux qui l'avaient allumé, Et ces visibles Dieux de ce malheureux frère, Virent luire son feu, sans s'en mettre en colère. La Princesse agréait ses soins infortunés, Au dessein de son père ayant les siens bornés, Tout riait à mon frère, et sa haute espérance, N'avait plus rien à craindre, étant sans concurrence, Quand le Roi, qui faisait de sa fille, son Dieu, Souhaita de porter sa gloire en plus d'un lieu. Il prépare sa Cour à des fêtes publiques. Ses Hérauts vont partout en habits magnifiques. Dans Naples en peu de temps, on voit de tous côtés Arriver inconnus les guerriers invités, Un magnifique bal se donne dans le Louvre, Où le Roi trouve bon, que d'un masque on se couvre ; Parce qu'il crût qu'au Bal les Princes inconnus, Sans cette liberté ne fussent pas venus. Un Cavalier masqué, dont la mine héroïque, Le procédé bizarre, et l'habit magnifique, De toute notre Cour se fit considérer, Entra seul dans la salle, et sans délibérer S'alla jeter aux pieds de l'Infante Isabelle, Poussant du bras mon frère à genoux devant elle, Mon frère plus discret, et plus respectueux, Se contenta pour lors de lui parler des yeux. L'autre ayant quelque temps entretenu l'Infante, Regardant mon Germain d'une façon choquante, Règle mieux tes désirs, lui dit-il, et me crois ; Pour aimer Isabelle il faut être né Roi. Cela dit, il porta la main sur son épée, Laissant à l'admirer l'assemblée occupée, Et sortit ; mais d'un air si superbe et si fier, Qu'on ne l'arrêta point : il gagna l'escalier, Et l'épée à la main entre cent hallebardes, Donna de la terreur aux plus hardis des gardes.

Germain : frère de père et de mère ; et il se dit à la différence de frères utérins. Se dit aussi des proches parents collatéraux, ou courins qui sont les enfants de deux frères ou de deux soeurs. [F]

CONSTANCE

Le jour d'après le bal le tournoi commença, Mon frère aux premiers jouts maints Guerriers terrassa, Je ne te dirai point leurs chiffres, leurs livrées, Leurs devises, leurs noms, leurs superbes entrées, Aussi bien après eux l'inconnu cavalier, Ne parût pas plutôt, qu'il les fit oublier. Tel que le Dieu de Thrace est dépeint dans la fable, Il parut sur les rangs même plus redoutable, Ascagne, je ne puis te le peindre autrement ; Car, quoiqu'il soit de moi haï mortellement, Si ces trésors cachés répondent aux visibles ; Je confesse qu'il peut plaire aux plus insensibles, Mon cher frère s'anime en voyant ce rival ; Il choisit une lance, et change de cheval. Ils combattent, enfin, ô malheur effroyable, Mon frère est renversé pâle et froid sur le sable. Tu te peux figurer après un frère mort, Les regrets que je fis, moi qui l'aimais si fort. Le Roi de son balcon, quelques ordres qu'il donne Et tout grand Roi qu'il est, n'est ouï de personne. La place est devenue un spectacle d'horreur. Dans la confusion le superbe vainqueur Rencontre peu d'obstacle à faire sa retraite : S'opposer à ses coups, c'est chercher sa défaite. Il massacre, il renverse, on le craint, on le fuit, Il reçoit du secours d'un guerrier qui le suit ; Et telle est la terreur, qu'il donne à tout le monde, Que l'on craint même aussi celui qui le seconde.

Jouts : au lieu de "joutes" féminin. L'auteur privilégie la métrique du vers.

Joute : combat à cheval d'home à homme avec la lance. [L]

Thrace : Nom de peuple. Les thraces tiraient leur origine et leur nom de Thiras leur patricarche, fils de Japheth (Gen. X,2). (...) Les Dieux de Thrace étaient Diane, Bacchus, Mars, Mercure ... [T]. Ici, il s'agit de Mars, dieu de la guerre.

SCÈNE IV. Hélène, Constance, Alcandre, Filipin, Paysans.

FILIPIN

Ses regards m'ont troublé. Maudit soit la harangue, et qui m'en a parlé. Madame donc, Madame, on dit que votre frère Est mort, à mon avis il ne pouvais pis faire. Chacun dit qu'il est mort comme feu Pharaon, Ou comme Phaéton, ou comme fanfaron, Enfin comme un des trois, vous choisirez, Madame, Cependant il est mort, Dieu veuille avoir son âme, Pour prendre l'assassin tout est plein de Sergents...

Phaéton : était le fils du Soleil et de la nymphe Clymène. Pour prouver sa filiation, il voulut prendre la conduite du char du Soleil mais ne sut maitriser les coursiers. Jupiter le foudroya pour éviter qu'il mette le Monde en feu.

Fanfaron : Homme qui fait de la vanité de sa bravoure, de sa naissance, de ses richesses, encore que le plus souvent il n'a rien de tout cela. [F]

FILIPIN, seul

Ne me lanterne point malencontreux visage. Sur le premier railleur, qui viendra m'agacer, Je veux de mille coups ma colère passer. Ascagne, qu'il se taise, a dit la dégoûtée, Voyez le grand tourment, elle était bien gâtée D'employer un moment à me bien écouter ; Mais elle a mieux aimé faire la Dame Esther Avec son écuyer, qui la mène et ramène. Vous verrez, qu'elle avait la mère, ou la migraine : Ma harangue ma foi, valait bien un sermon, Et j'allais haranguer comme un Roi Salomon : À son dam, elle y perd plus que moi. Ma bourrique Que je ne trouve point me rend mélancolique. La quinteuse qu'elle est pour se faire chercher, Dans quelque endroit du bois a bien pu se cacher. Dieu la garde des dents tant de loup que de louve, Cependant cherchons-la, quand on cherche l'on trouve. Je puis déjà gager, qu'elle n'est point ici, Ni dans ce gros hallier, ni dans cet autre aussi : Mais que vois-je briller dans cette roche obscure, Si j'allais y trouver quelque bonne aventure, Voyons, en bonne foi, voici bien du butin, C'est un bonnet de fer doublé de bon satin, Bien doré par-dessus, et l'habit lui ressemble. Dans l'Église du Bourg certain Saint ce me semble Est vêtu tout de même auprès d'un gros dragon, Il faut pour le vêtir dépouiller le jupon, Et puis s'aller quarrer au milieu du village : Entrons pour cet effet dans le prochain bocage ; Aussi bien j'aperçois certaine nation, Qui depuis peu chez nous vit à discrétion.

Lanterner : fatiguer, importuner par des discours et des entretiens de néant. [F]

Esther : Juive, captive de Perse, ou dans la Susiane (pays de Suze) et que sa beauté rendit digne du lit d'Assuréus et du trône de Suze. Esther délivra les juifs ses compatriotes de la mort à laquelle Assuérus les avaient condamnés par les conseils d'aman son favori. [T]

Mal de Mère : affection de la matrice, et, particulièrement, l'hystérie. [L]

Quinteuse : celle qui est capricieuse, et qui est sujette aux boutades. [R]

Hallier : buisson, arbrisseau. [F]

Quarrer : Marcher avec une certaine affectation d'orgueil et de vanité, comme si on marquait un carré sur la terre avec ses pieds, au lieu de marcher rondement comme les autres ; [F]

SCÈNE V. Licaste, Soldats.

LICASTE

Qui vu ?

SCÈNE VI.

SCÈNE VII. Licaste, Soldat, Filipin.

SOLDAT

Holà, ho Cavalier, qui reposes, Il est temps d'entrouvrir tes deux paupières closes. Je le tiens mort ou sourd.

Clause : v. 404, la version porte "Clause". On lit "clause et fermées" dans les Mémoires de Du Bellay. [SP]

LICASTE

Allons vite.

ACTE II

SCÈNE I. Constance, Hélène.

CONSTANCE

Hélène sort.

Allez faire venir l'étranger. Insensée, Pourquoi te plais-tu tant en ta folle pensée ? Elle est incompatible avecque ta vertu, Puisque tu la connais, pourquoi t'écoutes-tu ? Étouffe de bonne heure une honteuse flamme ; Crains Ascagne, et le fuis, chasse-le de ton âme, Déjà n'y sens-tu pas augmenter son pouvoir, Et que pour y régner il n'a que le vouloir ? Mais considère Ascagne : il est des plus aimables ; Les mieux faits de la Cour lui sont-ils comparables ? Ne fait-il pas reluire en la moindre action, Je ne sais quoi de grand, et de condition ? Son esprit est charmant, son âme est magnanime, Des biens de la fortune il ne fait nulle estime ; Les répand en prodigue, et ne possédant rien, Il l'a fallu forcer à recevoir du bien. Parfois je le surprends, qui rêve et qui soupire, Je ne puis ignorer ce que cela veut dire, Il me l'a trop appris depuis que je le vois : Mais il peut soupirer pour une autre que moi. Ô ! Si j'étais l'objet de cette rêverie ! Mais qu'est-ce que m'inspire une aveugle furie ? Que je ne le sois point : qu'ingrat ou vertueux ; Que trop peu clair-voyant, ou trop respectueux, Il refuse mon coeur ; que même il le méprise, Je croirai lui devoir mon repos, ma franchise, Je lui devrai mon coeur, qu'il n'aura pas voulu. Princesse qu'as-tu dit, et qu'as-tu résolu ? Si ce cher étranger te traitait de la sorte, Crois-tu pour le souffrir d'avoir l'âme assez forte. Le moindre déplaisir te fait pousser des cris, Et tu pourrais souffrir un si cruel mépris. Ha ! Ne te flatte point, la perte de ton frère, Auprès d'un tel mépris, n'est qu'un malheur vulgaire ; Plutôt que de souffrir un semblable malheur, Tu mourrais mille fois de honte et de douleur. Ô Dieux ! Il vient ici, pour comble de ma peine.

SCÈNE II. Constance, Alcandre.

ALCANDRE

Je me tais.

CONSTANCE

Non, parlez.

CONSTANCE

On le verra.

CONSTANCE

D'être un fort grand rêveur ; Mais Licaste de Naple arrive.

L'auteur écrit "Naple" sans S pour la métrique.

SCÈNE III. Licaste, Constance, Alcandre.

LICASTE

Oui, Madame.

SCÈNE IV. Le Roi, Constance.

SCÈNE V. Filipin, Licaste, Soldats, Sulpice, Le Roi.

LICASTE

Tous.

SCÈNE VI. Isabelle, Sabine, Le Roi.

ISABELLE

Je la blâmais aussi cette audace funeste : Mais le Roi l'approuvait. Écoute donc le reste. Un Marchand étranger, dans ma chambre introduit, Des plus riches trésors que l'Orient produit ; À mes yeux étala les pièces les plus rares, Et qui pouvaient le plus saouler les coeurs avares. Une boîte d'émail, que l'art enchérissait, Plus qu'un gros diamant, qui l'oeil éblouissait, Me fit voir en l'ouvrant mon image portraite, Et qui semblait parler tant elle était bien faite, Surprise à cet objet, si jamais je la fus ; Je vis que ce Marchand n'était pas moins confus. Alcandre, me dit-il d'une face étonnée, M'a depuis quelques jours cette boîte donnée. Alcandre de Sicile, un Prince que vos yeux, Font un captif soumis, d'un vainqueur odieux. Votre portrait, Madame, a fait cette merveille, Votre célèbre nom ravissait son oreille. Et quand dans un portrait il vit votre beauté, Ce cher portrait depuis fit sa félicité : Mais d'un si grand trésor ne s'estimant pas digne, Et par cet humble aveu se voulant rendre insigne Entre tous les amants qui souffrent dans vos fers, Ce Prince généreux que j'aime et que je sers, M'a par un ordre exprès commandé de vous rendre, Ce portrait, ou plutôt, tout le bonheur d'Alcandre ; Car je ne doute point, privé de ce portrait, Qu'il ne meure bientôt, vous aimant comme il fait. Après m'avoir tenu ce surprenant langage, Il sortit, me laissant cette boîte pour gage Que dès le jour d'après, il viendrait sans manquer, Contenter mon désir, la vendre, ou la troquer. Je l'ouvris : mais Sabine, au lieu de ma figure, D'Alcandre j'aperçus la galante peinture, Si semblable au Marchand, que je reconnus bien, Qu'Alcandre, et le Marchand ne différaient en rien.

ACTE III

SCÈNE I. Constance, Isabelle, Sabine.

SCÈNE II. Alcandre, Constance, Sulpice.

SCÈNE III. Isabelle, Sabine, Sulpice.

SCÈNE IV. Alcandre, Isabelle.

SCÈNE V. Filipin, Sulpice, Alcandre, Isabelle, Sabine.

Alcandre et Isabelle parlent bas.

SULPICE

Oui, Seigneur : sous vos coups il mordit la poussière, Il fallut se sauver en forçant la barrière. Vous fîtes le Démon.

Barrière : est aussi un petit parc fermé de semblable façon, où on fait des combats de taureaux et où on faisait des joutes, des tournois, des courses de bagues. [F]

FILIPIN

Peste !

FILIPIN

Et moi, si je la sais, puissé-je ne voir goutte, Et de la savoir mieux, je le donne au plus fin. Si bien qu'on ne veut plus que je sois Filipin. Quand je vois mon habit ; quand je vois qu'on me garde ; Quand je vois maints soldats armés de hallebardes ; Qu'on me sert, que je bois en trou, mange en pourceau, Que je dors à souhait, dans un lit bon et beau, Je crois sans davantage en rechercher la cause, Que si je ne suis Prince, il s'en faut peu de chose. Ensuite de cela, vient ce menteur maudit Me bouleverser l'âme avecque son récit. Il m'appelle son maître, et me dit à ma face, Que je suis fils d'un Roi : puis dans une grand place Me fait paraître armé, comme on dit, jusqu'aux dents, Me fait tuer un Prince, et donner des fendants, Tandis qu'il donne aussi des coups dont on trépane. Puis il dit, que chacun devant moi fait la cane, Devant moi, que la peur fait plonger en canard. Et puis toujours monté sur mon cheval Bayard, Me fait en moins de rien traverser des campagnes ; Ensuite trébucher du sommet des montagnes À me rompre le cou ; puis me fait prendre armé Et se trouve avec moi dans un fort enfermé. Ces deux derniers malheurs sont à moi : mais les autres Ce menteur malgré moi, les met parmi les nôtres. Si comme me soutient ce hardi compagnon, Je suis Prince : je suis un prince Champignon Venu dans une nuit.

Cane : On dit proverbialement qu'on homme fait la cane, pour dire, qu'il recule par lâcheté dans les entreprises périlleuses, ou qu'il manque à ce qu'il s'était vanté de faire. [F]

Bayard : était le nom du cheval de Regnault, un des fils d'Aymond.

FILIPIN

L'Infante ! Appelle, appelle-la. Que nous voyons un peu comme est fait une Infante. À la voir, celle-ci paraît divertissante.

Isabelle à part avec Alcandre.

Ma cousine est à craindre en ce rencontre-ci.

Rencontre : Vaugelas remarque qu'en quelque sens qu'on emploie rencontre, il est toujours féminin, et que les bons Auteurs n'en usent jamais aûtrement, que néanmoins en matière de querelle, plusieurs le font masculin, et disent : ce n'est pas un duel, mais un rencontre. (....)

FILIPIN, à l'un des bouts du Théâtre

Et l'Infante ? Sulpice.

FILIPIN

Et plus que vous ne direz. Les conversations seront très interdites À ma femme, et sur tout ce qu'on nomme cadeaux, Trébuchets inventés par les godelureaux.

Trébuchet : Piége à prendre les petits oiseaux, qui consiste en une cage dont la partie supérieure, couverte de grains, fait bascule, trébuche quand l'oiseau vient s'y poser, et l'enferme. [L] Ici, sens figuré, piège amoureux.

Godelureau : Jeune fanfaron, glorieux, pimpant et coquet qui se pique de galanterie, de bonne fortune auprès des femmes, qui est toujours bien propre et bien mis sans avoir d'autres perfections. [F]

FILIPIN

Si je veux.

ACTE IV

SCÈNE I. Constance, Alcandre.

SCÈNE II. Isabelle, Sabine.

SCÈNE III. Isabelle, Constance, Sabine.

ISABELLE

Et c'est ?

CONSTANCE

Oui.

CONSTANCE

Je l'aime.

SCÈNE IV. Alcandre, Isabelle, Constance.

CONSTANCE paraît cachée en un coin du théâtre

Je puis les écouter d'ici secrètement.

CONSTANCE cachée

Et que dira ce traître ?

SCÈNE V. Constance, Alcandre, Sulpice.

SCÈNE VI. Le Roi, Constance.

SCÈNE VII. Licaste, Le Roi.

SCÈNE VIII. L'Infante, Le Roi, [Licaste].

LE ROI

Qu'il est aisé de voir ce qu'elle peut celer !

Celer : Tenir quelque chose cacher, et secrète ; diminuer ; taire. [F]

SCÈNE IX. Filipin, Le Roi, Isabelle, Licaste, Sabine, Alcandre.

ALCANDRE

Je me tais.

ISABELLE, lui parle bas

Écoutez.

SCÈNE X. Licaste, Alcandre, Isabelle, Sulpice, Filipin.

FILIPIN

À la malheure M'a-t-on fait fils de Roi.

À la malheure : malheureusement. [R]

ACTE V

SCÈNE I. Constance, Sulpice, Hélène.

SULPICE

Alcandre.

CONSTANCE

C'est assez.

SULPICE seul, et s'en allant

J'ai menti longtemps sans perdre haleine.

SCÈNE II. Alcandre, Sulpice.

ALCANDRE

Qui ?

SULPICE

Constance.

SCÈNE III. Mauricette, Paysan.

SCÈNE IV. Le Roi, Licaste, Sulpice.

SCÈNE V. Le Prince de Sicile, Isabelle, Le Roi, etc.

SCÈNE VI. Filipin, Alcandre, Sulpice, etc. dans un balcon.

SCÈNE VII. Constance, Alcandre, Le Roi.

SCÈNE VIII. Filipin, Sulpice, Le Roi, Le Prince, Constance, etc.

LE PRINCE

Pour un Roi.

1 786 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0