Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Parodie en vers et en prose· Parodie en un Acte et en Vaudevilles de Médée

La Sorcière

Charles-Augustin Sewrin· imprimée en 1797· 360 vers· 15 personnages

Personnages

  • MONSIEUR BRIDON, Bailli. M. DUMONT
  • THYRCÉE, sa fille. Mlle. DÉSARNAUD
  • FAUSSETTE, amie de Thyrcée. Mme. BRUNET
  • FISTON, époux de Thyrcée. M. FRÉDÉRICK
  • BEBÉE, première femme de Fiston. Mlle. JULIE
  • ALIX, servante de Bebée. M. BRUNET
  • DEUX ENFANTS
  • CHOEURS DE PAYSANS, DE PAYSANNES
  • UN BEDEAU
  • UN MARGUILLIER
  • DEUX SERPENTS
  • QUATRE CHANTRES
  • MÉNÉTRIERS
  • SIX ENFANTS DE CHOEUR
  • TROIS DIABLES
Citation L'on peut rendre hommage aux talents Sans exclure la parodie.

Bebée, scène dernière.

LA SORCIÈRE

À droite est la maison du Bailli, à côté de laquelle set un petit pavillon ; à gauche est le portail de l'église ; dans le fond, çà et là, sont plusieurs meules de bled.

SCÈNE PREMIÈRE.

Thyrcée pleurant au milieu d'un groupe de villageoises.

THYRCÉE

Mes bonnes amies, vous faites, je le vois, tout ce qui dépend de vous pour me distraire, mais je vous préviens que vous n'y réussirez pas.

À la première paysanne.

Ma chère Faussette, tu as beau t'égosiller à perdre haleine, tu ne saurais éloigner de moi le présage funeste...

FAUSSETTE

Toujours ce présage... Belle Thyrcée, trêve pour un moment, songez plutôt au bonheur que l'on vous prépare.

THYRCÉE

Oui, mais ce bonheur me présage....

FAUSSETTE

Encore !... Ma fine, mamselle, puisque vous l'prenez toujours sur le même ton, voici Monsieur_Bridon votre père qui sera sans doute plus disposé que nous à vous écouter.

THYRCÉE

Ne me quittez pas, je vous en prie, j'ai besoin de votre amitié, le ciel un jour récompensera les soins qu'elle me prodigue.

SCÈNE II. Les mêmes, Monsieur Bridon.

THYRCÉE

AIR : Ne M'entendez-vous pas.

Je ne l'puis sans frémir, Pardonnez, mon cher père, Si vot'fill'vous est chère, Ne la fait'pas mourir, L'hymen me fait frémir.

AIR : Nage toujours, mais n't'y fie pas.

Écoutez, vous allez me plaindre, J'vous vois déjà pâlir d'effroi, Cependant n'ayez rien à craindre, Ceci n'peut regarder que moi.

Je dormais cette nuit dans ma chambre autant qu'il est permis à une jeune fille de dormir la veille d'un mariage, mon esprit était agité par plusieurs songes ; je vois Fiston mon prétendu, il me serrait avec une force.... Tout-à-coup une voix, une grosse voix, semblable à cella qu'vous prenez souvent s'est mise à crier :

Gente fillette, D'main tu payeras, Tu paieras une forte dette, Un époux te r'çoit dans ses bras, Nage toujour[s], mais n't'y fie pas,

bis.

Deuxième.

Une sueur froide et mortelle Vint aussitôt glacer mon sang, Je tire mes rideaux, j'appelle... Je vois un spectre menaçant : Sa voix m'répète : Demain tu paieras, Tu paieras une forte dette, Un époux te r'çoit dans ses bras, Nage toujours, mais n't'y fie pas.

bis.

BRIDON

Bah, bah, ce sont des peurs d'enfants, ton imagination frappée t'a fait voir les choses du mauvais côté, tant mieux, tu n'en auras après_que plus de plaisir, tu seras surprise agréablement... Mais assieds-toi sur cet escabelle, tu vas voir paraître Fiston qui revient à la tête des garçons du village... Il nous apporte cette toison en question...

THYRCÉE

Cette toison, mon père, me présage...

BRIDON

Ne crains-tu pas que Bebée, la première femme de Fiston, revienne ici pour te donner du taintoin, oh ! J'ai ordonné, si jamais elle s'avisait d'approcher, qu'on lâchât après elle tous les chiens du village.

THYRCÉE

C'est que c'est une si méchante femme.....

BRIDON

Je le crois, elle a rossé son père, sa mère, ses frères, ses soeurs, elle a rossé tout le monde ; aussi voilà pourquoi Fiston, qui est d'une bonne pâte, n'a pas voulu demeurer plus longtemps avec elle.

Il a divorcé et amené chez moi ses deux enfants, à qui je prétends donner une éducation soignée ; l'un sera magister, et l'autre, si, par hasard tu ne me donnes pas de petits fils, me remplacera dans ma charge de bailli.

THYRCÉE

Pour en revenir encore à cette Bebée, mon père, ne dit-on pas qu'elle est un peu sorcière ?...

BRIDON

Air : Des Fraises.

Oui, malgré son tourbillon, Elle a connu Descartes, Elle a pénétré Newton, Elle sait tirer, dit-on, Les cartes, les cartes, les cartes.

Deuxième.

Mais de ton esprit enfin Que ce grand jour l'écarte, Garde-toi, mon chérubin, De perdre en si beau chemin La carte, la carte, la carte.

Dans tous les cas Fiston saurait te la faire retrouver... Le voici... J'entends la marché, assieds-toi là, et moi ici... à tes côtés.

SCÈNE III. Les précédents, les jeunes filles se rangeant sur les côtés.

L'orchestre joue l'air : ON VA LEUR PERCER LES FLANCS. La marche commence par plusieurs garçons qui portent des branches d'arbres, ensuite on voit un petit bateau porté sur un brancard par quatre jeunes gens. Vient après FISTON, endimanché avec des rubans à sa boutonnière, il tient dans sa main un petit sabre de bois tel qu'on en voit aux enfants, derrière FISTON, on voit une peau de mouton avec ses cornes, portée par un homme plus âgé que les autres, le cortège défile devant THYRCÉE, et BRIDON, l'on dépose le petit bateau sur un banc de pierre à la porte dela maison du bailli, et la toison se place au-dessus de la tête de ce dernier.

BRIDON

Qui donc ?

Ce n'est pas moi peut-être, cher beau père....

FISTON

Dites-donc, beau père, savez-vous c'qui lui passe com'c'd par la tête ?

BRIDON

Tu ne le sais pas ?

FISTON

Non.

BRIDON

Eh bien ? Ni moi non plus.

BRIDON

Ce n'est qu'un enfantillage, Elle a peur du mariage, Mais tu la rendras plus sage, Demain tu seras content.

Et puis, ne s'est-elle pas mis dans l'idée que Bebée reviendra ?

FISTON

Ah ! J'entends... Beau père, terreur panique, crainte chimérique... Mamselle, vous pouvez être bien tranquille, quand même elle reviendrait, rien ne pourrait me séparer de vous... Pas si bête que de r'tourner avec c'te femme... C'est un démon, elle serait capable de me tordre le cou... Rassurez-vous, notre divorce est bien prononcé, il y avait incompati..bi...tibilité d humeur.

FISTON

Nous ne manquerons pas de l'être après cela, cher beau-père, tu Dieu ! c'est pis qu'des litanies.... Ça ressemble comme deux gouttes d'eau à la fin d'une grande chanson qu'mon cousin a composée l'aut'jour.

SCÈNE IV. Les précédenTs, un paysan.

LE PAYSAN

Monsieur l'bailli, il y a là une femme qui veut absolument vous parler.

BRIDON

Son nom.

LE PAYSAN

Je ne connais pas plus son nom que sa figure, car elle a la tête enveloppée dans un capuchon, c'qui m'a paru d'abord un peu suspect... J'n'ons entendu que sa voix, elle est belle et si belle qu'elle m'a pénétré l'âme, et que j'n'ons pu lui refuser c'qu'elle a demandé. Elle est ici près qui vous attend.

BRIDON

À part.

Si c'était.....

THYRCÉE

id.

Je tremble.

FISTON

id.

Gare le remue-ménage !

LE PAYSAN

La voilà !

SCÈNE V. Les mêmes, Bebée (déguisée en pelerine, et la tête cachée dans son capuchon.

[BEBÉE]

Monsieur le bailli, vous voyez une femme excédée de fatigue, et qui vient vous demander la permission de rester quelque-temps dans ce village, pour tâcher d'y gagner sa pauvre vie...

FISTON

À part.

Cette voix... Aih ! aih ! aih ! J'ai le frisson !...

BRIDON

C'est impossible, il est défendu aux étrangers, et aux gens sans aveu de...

BEBÉE

Eh bien, je viens réclamer l'époux que vous m'avez enlevé....

TOUS

Qu'entends-je ?

BEBÉE, ôtant son capuchon

C'est moi !...

À Fiston.

Me reconnais-tu, traître.

TOUS

Que vois-je ?

Tous les personnages des choeurs saisis d'étonnement, se groupent dans des postures grotesques, et doivent former un tableau comique.

FISTON à Bebée, qui le tire par le pan de son habit

Efforts superflus ! Je n'vous aim'plus.

BEBÉE

Jour de Dieu !... Il ne tient à rien que je ne t'arrache les deux yeux... Que je n'étrangle ma rivale, et que je ne fasse repentir le beau père de sa sotte pitié.

BRIDON

Viens, ma fille, je ne veux point avoir de démêlé avec cette Mégère.

BRIDON

Nous sommes de trop dans cette scène

Aux choeurs.

et vous aussi, allez-vous en, mais tenez-vous prêts au premier signal... Toi. Fiston, tire-toi de là comme tu pourras... Je te laisse avec elle, tu viendras me rejoindre au logis, et nous irons tout de suite vous marier à l'église.

FISTON

Laissez faire, laissez faire... Je m'en vais lui river son cloud comme il faut.

AIR : Charmante Gabrielle.

Elle crie, elle peste, Elle s'emporte fort, Mais en effet je reste, Pour lui dir'qu'elle a tort. Je la rendrai traitable, J'en ai l'espoir, Ou bien all's'rait plus diable Que vous êt'noir.

SCÈNE VI. Fiston, Bebée.

FISTON

Dieu m'en gard', cet oeil farouche Dévoil' vos plus s'crets sentiments.

Je vous l'dis encore pour la dernière fois, Madame, vous ne les aurez point... Quand ils étaient en vos mains, vous en fouettiez du matin au soir ; Monsieur_Bridon, mon beau père, les protège et en fera des gens d'esprit comme lui.

FISTON

Je me moque de vos sentences et de vos rebus, adieu...

SCÈNE VII. Bebée, Monsieur Bridon.

BRIDON à Bebée

Comment !... Vous n'êtes pas encore partie...

À Fiston qui s'en va.

Retourne auprès de ma fille.... On t'attend... Le bedeau et le marguillier sont arrivés... Nous allons nous mettre en marche.

À Bebée.

Pour vous, si vous restez encore deux minutes ici, je ferai exécuter les ordres que j'avais donnés.

BEBÉE

Monsieur le bailli, écoutez-moi de grâce, je me jette à vos genoux... Où voulez vous que je porte mes pas ?... J'erre depuis si longtemps dans les montagnes, dans les forêts... Ayez pitié de la faiblesse d'une femme... Qu'aurez-vous à craindre en me laissant habiter ce village ?...

BRIDON

Non, non, je ne me fie pas à vous... Je sais que vous vous mêlez un peu de la magie... Que vous connAissez les secrets du petit Albert, je n'aime point le voisinage des personnes qui sont en correspondance avec le diable...

BEBÉE

Eh bien ?... Je ne vous demande qu'un jour.... Si demain à la même heure vous apprenez que je ne sois point partie, vous userez envers moi de la dernière rigueur.

SCÈNE VIII.

SCÈNE IX. Bebée, Alix.

ALIX

Ah ! Vous voilà ma pauvre maîtresse....

BEBÉE

Je ne t'attendais pas, Alix, mais va-t-en, je n'ai pas besoin de toi, pour ce que tu as à me dire ou à me chanter... Au surplus tiens-toi dans ce coin là bas, pendant que je serai cachée ici, je t'appellerai quand il le faudra.

On entend sur le serpent, cinq six mesures de la marche qui suit ; ALIX va s'asseoir dans le fond sur une borne où elle s'amuse à tirer les cartes, et BEBÉE se cache sur le devant à droite, derrière un tas de pierres.

SCÈNE X. MARCHE DES ÉPOUSAILLES.

AIR : Grégoire est mort.

Ier. Le Bedaut.

IIe. Six enfants de choeur avec des calottes rouges et des flambeaux.

IIIe. Le marguiller en surplis.

IVe. Deux serpents en surplis.

Ve. Quatre chantres en surplis.

VIe. Plusieurs ménétriers.

VIIe. Les notables du village.

VIIIe. THYRCÉE au milieu de BRIDON et de FISTON, elle a une couronne de roses blanches sur la tête.

La marche est terminée par les jeunes filles et les jeunes garçons du village, les instruments jouent une fois l'air avant qu'on ne chante.

[ENFANTS DE CHOEUR]

CANON.

Ah quel bonheur ! Quelle douceur ! Chantons, chantons dans ce grand jour, Vive l'hymen ! Vive l'amour ! Plus de chagrin, jeunes époux, Que votre sort fait de jaloux ! Ah quel bonheur ! Quelle douceur !

Tout le cortège entre dans l'église, à l'instant où THYRCÉE passe, BEBÉE fait un geste qui exprime sa fureur. Quand le cortège est entré, BEBÉE reste dans un profond anéantissement, et l'on entend jouer dans la coulisse l'air FRÈRE JACQUES en canon. Si l'on veut les cloches ici peuvent faire un carillon.

BEBÉE

C'EST FAUX !.... LE LÂCHE !... COMBIEN DE FOIS NE ME LES A-T-IL PAS FAITS, CES SERMENTS.... J'ÉTOUFFE DE DÉPIT.

AIR : Des Visitandines.

Ah ! Pauvres dupes que nous sommes Fions-nous encore aux serments Aux belles promesses des hommes, À leurs langages séduisants.

bis.

L'exemple tous les jours l'annonce, Vingt serments ne coûtent plus rien, Le coeur s'en dégage fort bien, Ce n'est plus lui qui les prononce.

L'orchestre joue l'air : Allez vous en gens de la noce :

SCÈNE XI. Bebée, Alix.

BEBÉE

Alix, tu peux paraître... J'ai une commission à te donner... Va vite chercher cette robe de siamoise que j'ai achetée, il y a quelque-temps, à une bohémienne ; tu la porteras à ma rivale, tu lui diras que je n'ai plus de haine, et que pour gage de ma sincérité, je lui envoie ce présent de noce.... Va vite, ne perds pas une minute.

ALIX

Mais cette robe...

BEBÉE

Aussitôt que ma rivale l'aura mise, elle sentira des démangeaisons qui.... Va, ne réplique plus, je me repose sur ton zèle et sur ton amitié.

Alix sort.

SCÈNE XII.

BEBÉE, seule

Prenons actuellement une baguette magique, voici l'instant d'évoquer les démons, et de les rendre soumis à mes ordres.

Elle décrit plusieurs cercles par terre avec sa baguette.

AIR : Entends ma voix Caron t'appelle, (d'Alceste).

Accourez tous, je vous appelle.

AIR : Sur le bruit de vos talents.

Démons, soyez vigilants, Quittez la demeure sombre, À mes voeux les plus ardents Cédez pour quelques instants. Pan, pan, pan, pan, pan, pan, pan, Ce soir, lorsque viendra l'ombre, Pan, pan, pan, pan, pan, pan, pa ? Vous vous montrerez céans.

SCÈNE XIII. Bebée, Fiston, Alix, tenant deux petits enfants par la main.

FISTON

Madame, j'ai encore pitié de vous... Avant d'vous éloigner de ces lieux, vous aurez la consolation d'embrasser vos enfants... Je vous les amène, et les laisse un quart d'heure, pas plus, entre vos mains ; je suis marié... C'est fini, Madame, ne formez plus de voeux inutiles... Quelques sentiments qu'vous ayez pour moi, il ne m'est plus permis de les partager.... Adieu... Alix, vous me les ramènerez, ces chers filiots, dans un quart d'heure, entendez-vous ?

SCENE XIV. Bebée, Alix, Les deux enfants.

BEBÉE

Ah ! Je respire !... Et ces enfants....

Elle lance des regards furieux sur les enfants.

Il sont enfin en mon pouvoir....

ALIX

Eh bien, mes amis, vous n'dites rien... Allons, mes petits... Jasons....

BEBÉE

Le traître !... Il leur a défendu de parler... Je les tiens, je les tiens, il ne m'échapperont pas... Je pourrai à loisir assouvir sur eux ma haine et ma vengeance... Oui. Je les punirai des sottises de leur père... Mon courroux s'enflamme, ma rage augmente... Le désespoir m'entraîne... Vengeons-nous.

Elle tire de dessous sa robe une poignée de verges, et elle s'apprête à fOuetter ses enfants.

ALIX

Ciel ! Qu'allez-vous faire ?....

BEBÉE, laissant tomber les verges

Dieux !... Nature !... Tendresse !... Je frémis... Les armes me tombent de la main... Alix, cache-les, cache-les, cache les... Eh bien ? Tu ne les caches pas, tu ne les soustrais point à ma fureur, tu ne crains pas que mon bras de nouveau...

ALIX emmène les enfans et marche lentement

Pardonnez-moi, ma chère maîtresse, vous voyez bien que je les emmène....

Elle entre avec eux dans le petit pavillon.

SCÈNE XV.

BEBÉE, seule

Mais... Quand j'y pense... D'où me vient cette indigne faiblesse ?... J'avais l'occasion la plus belle de me venger, et mon bras a pu balancer un instant... Je ne me reconnais plus... Par quelle route la pitié est-elle entrée dans mon coeur ?... De la pit[i]é !... Je n'en ai point eue, je rougirais d'en avoir... Si j'ai suspendu ma vengeance, j'avais de bonnes raisons pour cela.... Allons, reprenons cette arme redoutable...

Elle reprend les verges.

Nature !... Je suis sourde à ta voix... Tendresse ! Fuyez, fuyez loin de mon coeur... Ne me parlez plus, je ne vous écoute plus... Démons, apprêtez-vous à jouer vos rôles, baissez les quinquets, faite la nuit, l'instant approche, frappons, frappons, l'heure de la vengeance est sonnée.

Elle entre dans le pavillon.

À partir de cette scène XV, la numérotation des scènes n'est pas conforme.

Quinquet : Lampe à huile conçue en 1780.

SCÈNE XVI. Fiston dans la coulisse d'abord, et sur la scène avec les choeurs, au Ve. vers.

SCÈNE XVII. Les mêmes, Alix sortant du pavillon.

CHOEURS

Quel désespoir ! Il faut arrêter l'insensée, Quel désespoir ! Vit-on jamais un coeur plus noir ?

FISTON se dispose à entrer dans le pavillon, BEBÉE en sort tout-à-coup.

SCÈNE XVIII. Les précédenTs, Bebée habillée en noir, sa robe est parsemée de pleurs et d'ossements. Trois diables l'entourent.

BEBÉE

Une femme offensée N'écoute rien dans ses fureurs, Tremble, époux de Thyrcée, Tremble, j'ai trouvé des vengeurs.

On entend un grand bruit, et aussitôt le feu prend au pavillon et aux meules de bled.

FISTON et les choeurs s'avancent sur le devant de la scène.

SCÈNE XIX et dernière. Les précédents, Bridon.

BRIDON

Un moment !... Un moment, s'il vous plaît, cette fin à est beaucoup trop brusque... Il est des personnes à qui cela ne plairait point... Il faut, autant que faire se peut, contenter tout le monde... Je suis donc d'avis, qu'avant de se retirer, chacun de nous chante son petit couplet... Ergò : je commence, et vous aussi, Bebée, renvoyez ces vilains messieurs-là, vous ne nous quitterez qu'amicalement.

AIR : Femmes, voulez-vous éprouver ?

En France depuis quelque-temps L'on a bien changé de méthode, La mise des honnêtes-gens Aux fripons a paru commode. Un sot contrefait le savant Momus partout singe Thalie, Un valet fait l'homme important Aujourd'hui tout est parodie.

bis.

360 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0