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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Opéra comique en vers et en prose

L'Impromptu du Coeur

Jean-Joseph Vadé· créée en 1757· 272 vers· 14 personnages

Représenté pour la première fois au Théâtre de la Foire Saint Germain le mardi 8 février 1757. Le prix est de 24 sols avec la musique.

Personnages

  • LÉONORE, Mlle. Mantel
  • DAMON, M.Roziere
  • MONSIEUR SCRUPULE, Oncle de Leonore, M. de la Ruette
  • NICAISE, Cousin de Jérôme, M. Bouret
  • JÉRÔME, M. Paran
  • LOUISON, Mlle. Baptiste
  • NANETTE, Melle Superville
  • BABET, Mlle. Dazincourt
  • FANCHON, Mlle. [ ?]
  • JAVOTTE, Mlle, le Clerc
  • UN MARCHAND DE CHANSON, M. de Lisle
  • UNE MARCHANDE DE CHANSON, Me. Paran
  • PREMIÈRE MARMOTTE, Mlle. Prudhomme
  • SECONDE MARMOTTE, Mlle Luzi

SCÈNE PREMIÈRE. Léonore, Damon.

DAMON

Air : Je n'aime point à demi.

Votre amour pour notre Roi M'est un doux présage.

DAMON

Rien n'est plus vrai. Sans-doute qu'en Faveur du rétablissement d'une santé si précieuse, Monsieur Scrupule votre oncle ne suspendra plus notre union.

LÉONORE

Je l'espère comme vous, mais le voici.

SCENE II. Monsieur Scrupule, Léonore, Damon.

LÉONORE

Air : De tous les Capucins du monde.

Mon Oncle, notre joie éclate.

MONSIEUR SCRUPULE

Différons.

MONSIEUR SCRUPULE

En un mot je veux le voir et je parspour Versailles à dessein de m'en convaincre ; c'est à mes yeux que je veux confier la tranquillité de mon coeur. Je ferai diligence.

Il sort.

SCÈNE III. Léonore, Damon.

DAMON

Air : Du Prévôt des Marchands.

Mais tout doit convaincre son coeur.

LÉONORE

Je m'en plains moi-même ; Mais en attendant son retour, Allons avec un soin extrême Faire illuminer cette cour ;

Et tandis que mon oncle donne des preuves de son zéle par sa tendre inquiétude, manifestons le nôtre par les transports de joie que le Public seconde avec tant d'allégresse.

SCÈNE IV. Nicaise, Jérôme.

JÉRÔME

Hé ben, Cousin ? Tu dis donc que t'es capabe, toi ?

Capabe : capable.

NICAISE

Apparemment que sans doute que je suis capabe.

JÉRÔME

Oui ; mais cependant pourtant il y queuqu'zun qui t'a soufflé ta maîtresse.

NICAISE

Oh ! Mais, c'est que....

JÉRÔME

Quoi ? C'est que ?....

NICAISE

Oui, c'est que ... parce ... que ... Oh ! Va, ca n'fait rien...

JÉRÔME

Tiens, t'es bête.

NICAISE

Oh ! Oui, tu t'y connais encore, toi ! C'était bon autrefois... Il y a quelqu'temps, par exemple.

JÉRÔME

V'là qu'est ben arrangé ! Mais s'agit pas de ça.

Air : Cependant pourtant ça m'fait souffrir.

L'Cousin Clément t'a donc fait v'nir Pour à cell'fin de t'réjouir ?

JÉRÔME

Tu raisonnes comme tu parles. Ah ça, je t'avertis qu'il y aura fièrement de monde.

NICAISE

Ah ! Ben, tant mieux ; moi j'aime ben quand je fuis plusieurs.

JÉRÔME

Air : Mais demandez-moi pourquoi je reviens.

Quoi ! Plusieurs ?

NICAISE

Oui.

NICAISE

Des lamprons ?

JÉRÔME

Et oui, des lamprons.

NICAISE

Oh ! Pardi, va, j'en fuis ben aise, moi... Mais quoiqu'c'est qu'des lamprons ?

JÉRÔME

C'est comme qui dirait des éclaircissements en magniere d'allumations.

NICAISE

Oh ! J'entends à ç't'heure... c'est t'y pas de ces choses-là .... qu'on appelle... comme quand... lorsque... Oh ! Je sais ben ce que j'veux dire....

JÉRÔME

Tout juste, tu y es. Pargué t'es ben habile.

NICAISE

Oh ! J'ai appris à vivre à mes dépens.

JÉRÔME

Quoi plus mieux ! Eh ben voyons donc avec ton plus mieux, comment qu'tu dirais ? Supposons qu'c'est moi qui suis Sa Majesté.

NICAISE

Toi ! Oh ! Pardi oui, t'en as encor ben l'air !

JÉRÔME

Mais je te dis comme par semblant.

NICAISE

Gn'y a pas de semblant là-dedans. T'es mon cousin, par conséquent ça ne se peut pas. Y faut raisonner dans la vie.

JÉRÔME

Hé ben, ça vous démont'rait t'y pas un Académistre ?

Académistre : académicien.

NICAISE

Mais voyons comme tu dirais, toi ?

JÉRÔME

Moi, je dirais tout de fuite, et sans me faire prier. Tiens, écoute.

Air : Reçois dans ton galetas.

Sire je viens devant vous...

NICAISE

Pardi ! Voyez-donc le gros sorcier, il le verrait ben, peut-être.

JÉRÔME

Mais queu raison qu'tu me fais donc là

NICAISE

C'est que je vous prends garde à tout, moi. Mais voyons, dit toujours.

NICAISE

Ah ! Jarni, c'est bon ça.

JÉRÔME

Hé ben, voyons, comment qu'tu dirais, toi ?

NICAISE

Moi, je commencerais déjà d'abord par lui ôter mon chapeau.

JÉRÔME

Sans doute.

NICAISE

Hé puis je me mettrais dans la tête tout ce que les Français ont dans l'âme.

JÉRÔME

Hé ben !

NICAISE

Hé puis je lui dirais avec franchise : Sire je donnerais ma vie pour conserver la vôtre.

JÉRÔME, avec transport

Tiens, baise-moi, tu as de l'esprit comme tout le Royaume.

NICAISE

Oh ! Dame c'est que dans ce cas-là tout le Royaume fait bien vite de l'esprit avec de l'amour.

JÉRÔME

Si tu raisonnais toujours comme ça, tu serais le coq de not' famille.

On entend plusieurs voix dans la coulisse chanter.

Une taloche.

JÉRÔME

Ah ! Ah ! Quoiqu'c'est donc que ça ?

SCÈNE V. Jérôme, Nicaise, Louison, Babet, Fanchon, Nanette, Javotte.

LOUISON tenant toutes ses compagnes par la main

Air Noté, N°1.

Par un beau soir m'y promenant, Joli-coeur sous l'bras me tenant, Un p'tit Muguet s'approche.

Muguet : galant, coquet, qui fait l'amour aux dames, qui est paré et bine mis pour leur plaire. [F]

CHORUS

Une taloche.

Taloche : terme populaire, qui signifie un coupe de main. [F] [une claque]

NICAISE

Elle est méchante, dà.

JÉRÔME

Tais-toi.

LOUISON

J'vas, lui dit-il, vous sabouler ; Mais l'autre au lieu de s'en aller, N'l'apelle-t-y pas vilain estaff ; En r'merciement il reçut, paff, Autre taloche.

Sabouler : Terme populaire, qui se dit de ceux qui se tourmentent le corps, qui se renversent à terre, se roulent, se houspillent, ou foulent aux pieds, comme font les petites gens, quand ils se jouent. [F]

Etaff : probablement pour estafier ou estafette

NICAISE

Le beau remerciement !

JÉRÔME

Veux-tu bien te taire ?

JÉRÔME

Ça fait un bon arrêté de compte, ça. Courage, Mademoiselle Louison ; serviteur, et votre compagnie.

LOUISON

Hé ! C'est Jérôme, autrement dit, Bachot de la Grenouillère.

JÉRÔME

Oui, je nous v'ià avec l'cousin Nicaise.

NICAISE

Oui, et il est mon cousin aussi à moi.

JÉRÔME

Cousin issu de germain.

NICAISE

Issu de germain ? Issu de Clément, peut-être*.

* Parce que dans la pièce de Nicaise, il appelle toujours Monsieur Clément son oncle.

JAVOTTE

Tout de bon, gros gouayeux ?

LOUISON

Il viendra avec nous, car il a le visage bon enfant.

NICAISE se reculant

Je ne veux pas.

JÉRÔME

Allons, allons, remets-toi.

NANETTE, se moquant de lui

Air : L'amour a sur la Rivière.

Voyez donc son air d'aisance ; Monsieux veut-y m'embrasser ?

NICAISE, la repoussant

Allons, Mameselle, dansez avec vos pareilles, s'il vous plaît.

JÉRÔME

Est-ce qu'on dit ça ?

LOUISON

Moi, je veux qu'il me donne le bras dans la foule. Je n'aurai pas peur avec lui, car y f'ra peur aux autres.

JAVOTTE

Air : Ah ! mon_Dieu, que de jolies Dames !

Je l'perdrons dans la presse.

JÉRÔME, à Nicaise

Morgué, toi qu'as d'ia politesse D'vrois-tu fair' comm'ça ?

Hé ! Montre qui qu'tes.

NICAISE

À propos , c'est vrai ; moi je n'y pensais pas. Hé ben, voyons : qu'est-ce qui veut que je l'embrasse ?

LOUISON

Là.

NANETTE

Hé, ben ! Voyez.

BABET

Comme y dit ça !

JAVOTTE

Madame.

FANCHON

J'ai peur.

JÉRÔME, prenant Nicaise

Haut donc ; haut donc.

Nicaise se lance sur elles. Elles prennent ce temps pour l'entourer et chanter en rond.

NICAISE

Oh, j'm'en vas vous en donner. Allez.

Il les baise.

LOUISON

Ma chère mère.

BABET

La belle aubaine !

NANETTE

Hé ben donc ; hé ben donc, ce pauvre p'tit nez.

JAVOTTE

Le beau gobet.

Gobet : en termes de fauconnerie, se dit d'une manière de chassse ou voler les perdrix avec l'autour ou l'épervier. [F]

FANCHON

Il se dégèle.

LOUISON

Ah, que nous v'là ben rassasiées !

NICAISE, se frottant les mains

C'est que je vous ai bentôt fait ça, moi.

FANCHON

Il est ben élevé.

NICAISE

Hé ben, qu'est-ce qui en veut encore pendant que j'y suis ?

Elles éclatent de rire.

LOUISON

Ça vous f'rait mal.

NICAISE, les voyant rire d'aussi bon coeur

Hem ! Je vous rends-ti les filles gayes, moi ?

JÉRÔME

Oh, diantre, toi, tu sais donner l'boüi.

On entend dans la coulisse le refrain suivant.

Air : J'étois, j'étois malade d'amour.

Chantons, chantons, Cent fois répétons Vive ce tendre père.

JÉRÔME

Ah ! Ah ! Des Marchands de chansons : tant mieux, j'allons faire de bonnes emplettes.

SCÈNE VI. Les acteurs précédents, un Marchand et une Marchande de Chansons, accompagnés d'un violon.

JÉRÔME

Dites-donc, Monsieur et Madame Crincrin, approchez, contez-nous ça tous les trois.

NICAISE

Ah ! Jarnicoton, c'est genti comme tout, ça. Monsieur, donnez-moi donc un Livre.

Jarnicoton : interjection.

LOUISON

Oui, pauvre petit, il l'a ben gagné, on l'a moulé comme par exprès pour lui.

NICAISE

Hé ! Qu'est-ce que ça vous fait, à toi ?

JÉRÔME

Air : Vous fixez un aimable amant.

J'vas en prendre un pour nous tretous.

NANETTE

J'veux aussi chanter ç'bon cher Maître.

Elle se fouille.

À propos j'n'ai pas le sol vaillant.

Sol : sou, petite monnaie.

FANCHON

Moi, mon homme a pris mon argent Pour illuminer not' fenêtre.

Mais ce qu'il y a de bon, c'est que v'ià des blouques d'oreilles qui la danseront, toujours.

NANETTE

Et moi donc ma croix d'argent : ah ! Si elle revient !

LOUISON

Et moi ma cornette. Monsieur attendez-nous.

MONSIEUR CRINCRIN

Eh non, Mesdames votre parole est suffisante. Hé puis votre zèl pour notre Roi est une piéce de crédit.

TOUTES

Monsieur, vous êtes ben honnête.

MONSIEUR CRINCRIN

Avancer le sien pour un si beau sujets c'est de l'argent sûr.

JÉRÔME

Oh ! Pour ça j'en répondrois ben.

JÉRÔME

Comment la voiture ?

NICAISE

Oui ; vingt-quatre sols que mon oncle Clément m'a donnés pour aller dans le panier de devant à côté du Cocher, comme un enfant de famille que je suis.

LOUISON

Mon enfant ! Vingt-quatre sols ! Et vous n'avez pas pris la poste !

NICAISE

Oh ! Non, moi je n'aime pas les chevaux.

LOUISON

Vous n'avez donc gueres d'amour propre ?

NICAISE

Plus propre que vous, dame...

JÉRÔME

Air : Moi qui veux m'instruire.

Régale nous donc à présent.

MONSIEUR CRINCRIN

Allons, voyons, beau chaland.

Nicaise donne ses 24 sols, et prend toutes les chansons qu'il distribue.

Tenez, ce font les dragées du coeur, ça.

BABET

Il a raison, font les confitures des bons sujets.

NANETTE

R'mercie, mon fils.

FANCHON

Ben obligé, mon enfant.

LOUISON

Merci, mon p'tit cochon de lait.

JAVOTTE

Ben obligé, mon poulet d'ivoire.

NICAISE

Hé ! Puis, v'là pour moi.

JÉRÔME

Est-ce que tu sais lire ?

NICAISE

Moi ? Pardi,va, que de reste, puisque je vous lis queuqu'fois une grande page toute entière sans reprendre mon vent.

JÉRÔME

C'est donc comme moi, quand je bois pinte à la santé d'not' Roi.

NICAISE, montrant ses trois livrets de chansons

Je garde ces trois-là, toujours.

JÉRÔME

Quoi ? Trois ; c'est inutile , puisque c'est la même chose.

NICAISE

Ça ne fait rien.

JÉRÔME

Air : Les coeurs se donnent troc pour troc.

Mais c'est trois fois le mêm' tableau.

NICAISE

Pardi, la Dam' de not' Château Aime à se mirer dans trois glaces.

Et je mirerai trois fois mon amitié la dedans.

BABET

Il n'est pardié pas si gnais qu'il le paraît au moins.

LOUISON

Qu'est-ce qui dirait que ça pense comme les honnêtes gens ?

JÉRÔME

Oh ! La Province fuit toujours la mode de Paris, et c'est une mode qui ne passera jamais, celle-là. Hé bien ! Allons-je tretous ensemble courir.

On entend un air de vielle.

Ah ! Ah ! Quoi qu'est donc qu'ça, un renforcement de gaité ?

NICAISE

Jarni, j'suis ben aise.

TOUTES

Et nous donc ?

SCÈNE VII. Deux Marmottes et les acteurs précédents.

FANCHON

Arrivez, mes enfants.

NANETTE

Ah ! Les jolies petites marmottes ? Tíens, vois donc ?

Marmot : On appelle ironiquement des enfants petits marmots, parce qu'il n'ont pas les traits du visage, ni l'esprit bine formés. fém. mamotte. [F]

NICAISE

Où donc ca ?

LOUISON

Pardine , elles vous crèvent les yeux.

NICAISE

Qui, ça ?

JÉRÔME

Oui ça, hé ! Qui donc ?

NICAISE

Bon ! On m'avait dit que c'était fait comme des lapins, et que ça dormait dix-huit mois de l'année.

PREMIÈRE MARMOTTE

Non, non, Monsieur, des Marmottes comme nous sont, je vous assure, bien éveillées.

NANETTE

Hé ! Ben, mes enfants, savez-vous quelque chose sur l'air que vous jouiez tout à l'heure ?

SECONDE MARMOTTE

Oui, oui, Madame.

PREMIÈRE MARMOTTE

Et qui est bien vrai encore.

TOUS

Ah ! Voyons ; écoutons.

PREMIÈRE MARMOTTE

Air : De la contredanse de la Fontaine de Jouvence : Non, je n'aimerai jamais que vous.

De LOUIS la brillante santé Ramèn les Ris, les Jeux et la gaité, C'est à qui s'y livrera le mieux, Le vif enjouement se peint dans tous les yeux.

SECONDE MARMOTTE

Soupirons.

PREMIÈRE MARMOTTE

Il faut voltiger.

SECONDE MARMOTTE

Il faut s'engager.

PREMIÈRE MARMOTTE

Prends un amant.

LOUISON

Elles font à croquer.

BABET

Ma foi, oui.

FANCHON

À les entendre si on ne dirait pas que c'est soi-même qui chante ça.

NICAISE, s'approchant des Marmottes

Moi, j'aime ben celle-là, et puis l'autre.

PREMIÈRE MARMOTTE

En vérité ?

NICAISE

Comment donc qu'ça se prend ?

JÉRÔME

Je te le dirai.

Air : Savez-vous bien jeune tendron ?

On n'peut payer ça ç'que-ça vaut ; Mais j'vas donner tout ç'que j'possède.

SCÈNE VIII et dernière. Monsieur Scrupule, Léonore, Damon, et les Acteurs précédents.

MONSIEUR SCRUPULE

Courage mes enfants.

JÉRÔME

Allons nous-en ailleurs nous réjouir, v'là une figure sérieuse qui porterait malheur à notre joie.

MONSIEUR SCRUPULE

Non, mon ami. J'espère même au contraire la seconder bientôt.

LÉONORE

Hé bien, mon oncle ; vous voyez que nous avions raison de nous livrer au plaisir.

MONSIEUR SCRUPULE

Air : De tous les Capucins du inonde.

Oui maintenant je suis tranquille, J'ai vu LOUIS. II m'est facile De vous unir, mes chers enfants. L'hymen de ma joie est la marque : Vivez, aimez aussi longtemps Que nous chérirons ce Monarque.

Mille ouvrages que j'ai déja vus à ce sujet annoncent les sentimens de toutes Les Nations pour lui ;

JÉRÔME

Hé ! Ben, Cousin, cornment qu'tu trouves ça, toi ?

NICAISE

Moi, j'trouve ça pas mal raisonné ; mais c'est pas ben difficile.

JÉRÔME

En dirais-tu ben autant ?

NICAISE

Hé ! Pardine, m'en défies-tu ?

JÉRÔME

Oui.

TOUTES

Ah, voyons donc.

JÉRÔME

Pargué, v'ià qu'est ben rimé.

NICAISE

Qu'ça rime si ça veut, c'est vrai, toujours.

Il montre le Public.

Tiens, j'ai d'beaux et d'bons témoins.

MONSIEUR SCRUPULE

C'est à merveille, mon ami.

NICAISE

Sans doute. Hé ! Ben ; mais ces lamprons, quand donc que j'verrons ça ?

TOUS

Il a raison.

MONSIEUR SCRUPULE

Vous n'irez pas loin.

La toile se lève, on aperçoit d'un côté un Buffet et de l'autre un orchestre public ; dans le fonds une illumination au milieu de laquelle est cette inscription en caractères de feu : VIVE LE ROI. TOUS prononcent ces mots avec transports Le tout se termine par des danses relatives aux différents caractères des acteurs.

272 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0