Réglages

Mémorisé dans ce navigateur.

Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

Comédie en vers· Comédie en un Acte, un Vers

Molière Enfant

Édouard Vierne· imprimée en 1885· 668 vers· 9 personnages

Personnages

  • JEAN-BAPTISTE, ( Molière ) 15 ans. Mlle BÉRENGÈRE
  • POQUELIN, père de Molière. M. SAINT-LÉON
  • GAUTHIER-GARGUILLE, comédien de l'hôtel de Bourgogne. M. KIME
  • MONSIEUR JOURDAIN, M. BARRÉ
  • LE PÈRE CRESSÉ, grand-père maternel de Molière. M. TALBOT
  • LOYAL, huissier. M. GRENIER
  • NANON LAFOREST, servante de Poquelin, 22 ans. Mlle PAULINE GRANGE
  • GARÇONS TAPISSIERS
  • QUATRE LAQUAIS DE MONSIEUR JOURDAIN
PRÉFACE

Une préface devant une oeuvre si petite !

Oui, lecteur, une petite préface ; seulement de quoi payer, comme je peux, quelques dettes de reconnaissance.

Un remerciement d'abord et de tout mon coeur à la direction de l'Odéon, qui m'a éclairé, conduit, soutenu avec un zèle si affectueux et si patient. - Beaucoup, comme moi, ont fait ou feront sous ses auspices les premiers pas dans la carrière dramatique : ils apprécieront tous en quelles mains intelligentes et paternelles l'État a confié la délicate mission d'initier les jeunes auteurs aux difficiles secrets du théâtre.

Mais, lecteur, si tu n'es un peu du métier, tu ne comprendras jamais bien la surprise et le ravissement d'un apprenti poète qui s'avance inconnu, presque honteux et cachant son papier dans son chapeau. - I1 frappe d'un doigt timide et craint déjà qu'elle ne s'ouvre, la redoutable porte qui le sépare encore d'un administrateur à coup sûr sérieux et glacial !... Mais de quel air, bon Dieu ! lui confesser son péché ? - La porte s'ouvre. - Il trouve des poètes, des artistes, des amis ! - Quelle rencontre ! - Je t'en souhaite, lecteur, beaucoup de semblables dans la vie !

Autre bonne fortune et dont je ne puis me taire : j'ai vu jouer ma pièce ! - Oui, jouer ma pièce, et tous les auteurs qu'on a joués n'en peuvent pas dire autant. C'est qu'on réunit difficilement sept interprètes aussi dévoués qu'intelligents et habiles, et qui se prêtent avec tant de coeur à rehausser les débuts d'un commençant.

À la liste des personnages, tu trouveras, lecteur, les véritables auteurs de ce petit ouvrage. Grâce, esprit, gaieté, chaleur, tout l'entrain, toute la vie, tout ce qui s'est fait applaudir venait d'eux. J'avais fait seulement les vers, et je les leur dédie en les remerciant.

Édouard Vierne.

MOLIÈRE ENFANT

Le théâtre représente la boutique de maître Poquelin, tapissier du roi et marchand fripier. Au fond, une devanture ouverte ou à claire-voie, donnant sur la rue, avec une porte à droite.- A gauche, un comptoir. - A droite au fond, une horloge. - Meubles, étoffas, outils, habits pendus, etc. - Portes à droite et à gauche.

SCÈNE PREMIÈRE.

Au lever du rideau, Nanon Laforest, un tricot à la main, regarde par la porte du fond dans la rue.

SCÈNE II. Nanon Laforest, Gauthier-Garguille.

GAUTHIER, poliment

Serviteur !

GAUTHIER, s'avançant avec douce manière

À part.

Un très joli morceau !

NANON, à part

Quel est ce patelin ?

Patelin : Fig. Celui qui tâche, par des flatteries et de belles paroles, de tromper, ou, simplement, d'en venir à ses fins (avec un p minuscule).

NANON

Oui.

NANON, l'examinant

Oui ! -

À part.

J'ai vu cette figure.

NANON, avec surprise et le reconnaissant

Mais ! ! !...

NANON, en s'étouffant

C'est que...

GAUTHIER

Quoi ?

GAUTHIER

Je te dis.

NANON

Laissez !... Je crèverai, ma foi, si je ne ris !... C'est malgré moi... Je vois toujours votre grimace, Et vos petits yeux ronds... vos cheveux de filasse Qui vous pendaient partout sur votre habit déteint... Et puis... les coups de pied que monsieur Turlupin...

Turlupin : Henri Legrand dit [1587-1637], comédien célèbre de la troupe de Théâtre de l'Hôtel de Bourgogne. Cité dans le Portrait du Peintre de Boursault v.327.

GAUTHIER, riant

Et les claques aussi !

NANON, allant chercher le feutre de Gauthier et le lui donnant

Voilà votre chapeau, Monsieur Gauthier-Garguille.

GAUTHIER

Pourquoi ?

GAUTHIER

Fort bien !

NANON, se laissant embrasser

Tôt donc ! Becquez-le vite et qu'il vous fasse bien.

Becquer : Pour les oiseaux, prendre la becquée à plein bec. Ici sens métaphorique pour embrasser.

GAUTHIER, se dirigeant vers le fond

Adieu !

NANON, le ramenant et le renvoyant par la droite

Par ma cuisine, afin qu'il ne vous voie !

SCÈNE III. Nanon, Poquelin, Garçons tapissiers.

Ils arrivent, traînant à bras une petite charrette, jusqu'à la porte du fond.

POQUELIN, en colère

Tais-toi, criarde !

Au garçon qui porte le fauteuil.

Allons, double butor !

NANON, voulant aider le garçon

Hé ! Là ! Prenez-y garde !

POQUELIN, après avoir en silence examiné le fauteuil

Viens çà. Regarde ! En vérité, L'ouvrage est de mon fils et fort bien fagoté ! Le savetier du coin, je pense, en aurait honte. Bref ! Le Roi m'a laissé le meuble entier pour compte.

Fagoter : Fig. S'habiller avec mauvais goût. Être composé, inventé sans grand soin. [L]

Savetier : Ouvrier qui raccommode de vieux souliers. [L]

POQUELIN, à Nanon

Tais-toi !

À lui-même.

- Comment payer ?

Monsieur Jourdain parait avec ses quatre laquais.

POQUELIN, à lui-même

Petit Satan !

POQUELIN, à Nanon

Va-t'en !

POQUELIN

Va-t'en !

Elle sort.

SCÈNE IV. Poquelin, Monsieur Jourdain, superbement vêtu et suivi de quatre grands laquais.

MONSIEUR JOURDAIN, montrant à Poquelin dans la direction de sa chaise

On la peut voir d'ici qui m'attend tout au bout.

POQUELIN

Fort bien !

POQUELIN, piqué

C'est pour du drap vendu.

Monsieur Jourdain piqué te couvre.

- Mettez, je vous supplie.

MONSIEUR JOURDAIN

Du drap ?

MONSIEUR JOURDAIN

Quoi ?

MONSIEUR JOURDAIN

Ah ! Ah !

MONSIEUR JOURDAIN

Un Marquis de la Cour !

MONSIEUR JOURDAIN

Mais...

POQUELIN

Une heure !

SCÈNE V. Poquelin seul d'abord, puis Nanon.

NANON, embarrassée

Monsieur...

POQUELIN

Dis.

POQUELIN

Tu mens.

NANON

Je...

NANON, tendant la joue

Et quoi donc ?

NANON, le retenant

Oh ! Monsieur !...

NANON, changeant le ton

Monsieur ?

POQUELIN

Quoi ?

SCÈNE VI. Nanon, Le Père Cressé, Jean-Baptiste (Molière).

Jean-Baptiste et le père Cressê s'arrêtent timidement à la porte, et le vieillard se cache derrière l'enfant.

LE PÈRE CRESSÉ, toussant

Hum ! hum !

MOLIÈRE, à demi-voix

Nanon !

LE PÈRE CRESSÉ, toussant

Hum ! hum !

NANON, à part

Le bon tousseux !

NANON, se retournant

Qui va là ?

LE PÈRE CRESSÉ, tremblant

C'est nous !

NANON

Venez.

LE PÈRE CRESSÉ, approchant avec une extrême précaution

Ouf ! J'ai couru, j'espère !

LE PÈRE CRESSÉ, tirant sa montre

Mais il n'est pas trop tard !

NANON

Dame !

LE PÈRE CRESSÉ, s'apprêtant à sortir

Il est tard ! Bonsoir !

LE PÈRE CRESSÉ

Malade ?

LE PÈRE CRESSÉ

C'était pour l'égayer.

NANON

Toi ?

MOLIÈRE

Moi-même !

MOLIÈRE

Ma foi, parlons-en ! Il est beau ! Oh ! L'aiguille, le crin et l'odieux marteau !

Il prend ses outils sur l'établi et les jette à terre.

NANON

Ciel !

NANON, au père Creese

Hé ?...

LE PÈRE CRESSÉ

Tant pis !

SCÈNE VII. Nanon, Molière, Cressé, Poquelin.

MOLIÈRE, timidement

Mon père !...

POQUELIN

Venez ça.

LE PÈRE CRESSÉ, poussé par Nanon

Mon gendre...

LE PÈRE CRESSÉ

Je...

NANON

Quoi ?

NANON

Vous grondez de travers.

Poquelin prend un bâton et la poursuit.

MOLIÈRE, se mettant entre les deux

Mon père !

LE PÈRE CRESSÉ, même jeu

Hé ! là !

POQUELIN

Pendarde !

POQUELIN, aux deux autres

Laissez-moi !

POQUELIN, interdit

C'est pour rire ?

POQUELIN, à Molière

Est-il vrai, Jean-Baptiste ?

NANON, à Molière

Eh ! Confesse la chose.

À Poquelin, prenant un grand parti.

Être comédien ! - Voilà tout !

MOLIÈRE, se jetant au cou de Cressé

Je le vaudrai, grand-père, et plus encor, s'il faut.

MOLIÈRE

Pardon !

LE PÈRE CRESSÉ, frappé d'une idée

Morbleu ! C'est une chance au moins qu'on peut tenter.

Le père Cressé saisit son chapeau et sort brusquement par la rue.

SCÈNE VIII. Molière, Nanon.

Molière commence à travailler ; puis, levant la tête, aperçoit Nanon debout et immobile devant lui.

NANON, avec une résolution gaie

Eh ! C'est de t'embrasser !

MOLIÈRE, de même

Eh bien ! Embrasse moi !

NANON

Dame !

NANON

Tredame ! Il la tient bonne ! On la paiera bien !

Tredame : Interjection. Jurement des femmes dans l'ancienne comédie ; abréviation de Notre-Dame. [L]

MOLIÈRE

Voire ! En cris d'agonisant, transports de fièvre noire, Et cent jargons mêlés. - Patelin au grabat Rêve d'apothicaire à chaque mot du drap.

Patelin : Fig. Celui qui tâche, par des flatteries et de belles paroles, de tromper, ou, simplement, d'en venir à ses fins. [L]

NANON, déroutée

Quel bée ?

MOLIÈRE, se remettant à son fauteuil

Pardi ! Je l'oubliais !...

Revenant à Nanon qui s'en allait.

Quel bon comédien Que l'avocat !...

MOLIÈRE

Va-t'en : je perds mon temps avec ton bavardage.

Il la pousse à la porte. Nanon sort en riant.

SCÈNE IX.

MOLIÈRE, seul, examinant son fauteuil

Ma foi ! J'en ris moi-même : il a l'air d'un bossu ! J'ai bourré tout cela sans m'en être aperçu. Arrachons tous les clous... Les oreilles me cornent Des applaudissements !...

À son fauteuil.

Oh ! Mes pinces t'écornent ! Attends, pauvre bossu.

Il change d'outils.

- Que de joie et quel bien Ils semblaient faire au coeur du bon comédien ! On voyait dans ses yeux flamber un air de gloire !

S'adressant à un clou qui résiste.

- Est-il dur, celui-là ! maudit clou ! - J'ai mémoire, Lorsque je t'enfonçai, toi, d'un coup de travers, Que tu me fis trouver une rime à mon vers. Mais nous n'en ferons plus ! Bonsoir à notre pièce ! Allons, viens ! - L'entêté veut emporter la pièce ! - C'est dommage ! Il était plaisant, mon gros Jourdain, Dans la scène au menuet, sautant d'un air badin.

Dansant et chantant le menuet.

Là ! là ! là ! là ! là ! là ! Haut la tête ! En cadence ! Là ! là ! - Pauvre bonhomme, il peut se mettre en danse : Son portrait reste en route ! - Enfin ! diable de clou ! - Mais les vers allaient mal : mieux vaut à ce bon fou La prose toute ronde !... À propos de Parnasse, Il faut de mes papiers que je me débarrasse.

Il court au comptoir du fond et en tire ses manuscrits.

Voilà tout, cornet, plume, et grimoire !

Avec une emphase comique.

Sortez, Vers, prose, tout ensemble ! - 0 chefs-d'oeuvre avortés ! Sortez du vieux comptoir qui vous cachait dans l'angle, Il faut périr ! C'est un grand homme qu'on étrangle ! Il tombe assis dans son fauteuil, jouant l'accablement du désespoir. - Puis il commence à feuilleter ses papiers. Voici l'acte premier !... J'aurais fini d'un trait, Avant toute action, le principal portrait. Il y manque !... J'y songe, avant qu'il ne périsse, Je l'achèverais bien !... C'est un petit caprice !...

Il trempe sa plume dans l'encrier, réfléchit, écrit, rature et tombe insensiblement dans une méditation profonde. - Statue de la Fontaine-Molière.

SCÈNE X. Molière, Nanon.

MOLIÈRE, tournant un peu la tête et sans s'éveiller tout à fait

Hein ?...

NANON, après un silence

Entends-tu ?

MOLIÈRE, absorbé

Oui.

NANON

Non.

MOLIÈRE, écrivant

Je t'écoute.

MOLIÈRE

Quoi ?

MOLIÈRE

Qui donc ?

MOLIÈRE

Est-il possible ?...

Il se lève brusquement et renverse son encrier sur le fauteuil.

Ciel !

MOLIÈRE

Regarde !

MOLIÈRE, désespéré

Nanon, tout est perdu !

MOLIÈRE, l'arrachant de sus mains

Adieu, Nanon ! Adieu pour toujours !...

Il jette ses papiers et s'enfuit par le fond.

SCÈNE XI. Nanon, Poquelin, par la gauche.

NANON, apercevant Poquelin

Oh !

Elle se range devant le fauteuil.

POQUELIN

Quels cris ! Que caches-tu là ?

Apercevant la tache.

- Ciel !

POQUELIN

Quoi ?

POQUELIN

Hein ?

NANON

Oh ! Que non pas ! Je me doute où le prendre, et j'y cours de ce pas.

Vers la fin de cette scène on a vu paraître au fond Gauthier-Garguille attirant de force Molière, qui s'échappe à gauche. - Gauthier entre et se trouve nez à nez avec Nanon.

SCÈNE XII. Nanon, Poquelin, Gauthier-Garguille.

GAUTHIER, à Poquelin, avec une certaine solennité

Au chef de la famille...

POQUELIN

Vous ?

GAUTHIER

Je l'ai rencontré comme il courait chez moi.

Pendant le couplet suivant, Nanon va chercher Molière dans la rue. Elle l'amène presque de force et sur la pointe du pied. Molière se cache sous le comptoir.

SCÈNE XIII. Nanon, Gauthier-Garguille, Molière.

NANON, bas à Gauthier

Bon ! Toussez !

NANON, bas à Gauthier

Allez !

GAUTHIER, embarrassé

Ah ! Ah !

NANON, bas, à Gauthier

Marchez !

NANON, à Gauthier

Poussez donc.

NANON, bas à Gauthier

Vous, ferme ! Et de l'atout !

GAUTHIER, à Nanon

Sois tranquille.

À part.

- Mieux vaut ne pas tant, devant elle, Déformer ce qu'en nous pourrait aimer la belle.

Nanon sort par le fond et va faire sentinelle dans la rue.

SCÈNE XIV. Molière, Gauthier-Garguille.

GAUTHIER, d'un air sceptique

Oh ! oh !

GAUTHIER

Bon sujet !

SCÈNE XV. Les Mêmes, NANON, accourant.

MOLIÈRE, à Gauthier

Gauthier, le bourgeois-gentilhomme, Si vous voulez m'aider, va demander crédit. Venez , que je m'explique, et mettez cet habit.

Il lui fait endosser un bel habit pendu dans la boutique, et se retire avec lui dans un coin.

SCÈNE XVI. Molière, Gauthier-garguille, Nanon, Monsieur Jourdain, Loyal, huissier, Quatre Laquais de Monsieur Jourdain.

MONSIEUR JOURDAIN, à l'huissier

Oh çà, monsieur Loyal.

LOYAL, en posture d'écrire

À Monsieur Jourdain.

D'un coeur paisible !

Écrivant.

« Ce quinzième janvier, trente-sept...

MOLIÈRE, dans le fond, à Gauthier

Impossible !

GAUTHIER, à Molière

Vous céderez.

MOLIÈRE

Non pas.

GAUTHIER, à Molière

Je vous dis Qu'il le faut !

MONSIEUR JOURDAIN, à Nanon

Quel débat !

MOLIÈRE, à Gauthier

Non, Monsieur_le_Marquis.

LOYAL, à Monsieur Jourdain

On me trouble.

MONSIEUR JOURDAIN, à Nanon

Un marquis !

MONSIEUR JOURDAIN, à Loyal

Taisez-vous, bélître. C'est un marquis ! Lisez tout bas votre chapitre.

Loyal continue à lire tout bas ce qu'il écrit.

GAUTHIER, à Molière

J'aurai ce meuble.

MONSIEUR JOURDAIN, à Loyal

Plus bas !

NANON, à Monsieur Jourdain

Il n'est pas dégoûté !

MONSIEUR JOURDAIN, à Nanon

En effet.

GAUTHIER, à Molière

Est-ce dit ?

MOLIÈRE

Non !

MONSIEUR JOURDAIN, attaquant le feu

Et moi, quatre ! - Une heure de crédit.

MOLIÈRE, bas, à Gauthier

L'y voilà ! Poussez-le.

GAUTHIER, toisant Monsieur Jourdain

Je voudrais bien connaître Qui vient sur ma brisée.

GAUTHIER, saluant

Monsieur !

MONSIEUR JOURDAIN, avec force révérences

Marquis ! Monsieur_le_Marquis !

MONSIEUR JOURDAIN, à Nanon

Veux-tu te taire ?

MOLIÈRE

Peste !

Bas, à Nanon.

Pleure un moment.

Nanon sanglote dans son tablier.

MONSIEUR JOURDAIN, saluant

Monsieur !

À part.

Quel honnête homme !

MONSIEUR JOURDAIN, à Loyal

Dans un moment.

GAUTHIER, à Monsieur Jourdain

Revenons au marché, s'il vous plaît.

MONSIEUR JOURDAIN

Six !

MONSIEUR JOURDAIN

En vérité ?

MONSIEUR JOURDAIN

Le roi !

GAUTHIER

Non !

MONSIEUR JOURDAIN, à Loyal

Hors d'ici, quant-et-quant !

Quand et quand : en même temps. [L]

MONSIEUR JOURDAIN

Mes laquais, ôtez-moi ce croquant.

On emporte Loyal dans la rue.

LOYAL, sur les bras des laquais

Monsieur, cette infamie aura sa récompense.

SCÈNE XVII. Poquelin, Les Mêmes, moins Loyal.

MONSIEUR JOURDAIN

Je suis ravi !

MONSIEUR JOURDAIN, déchirant le billet

Tenez, voilà quittance !

POQUELIN, à part

Rêve-t-il, ou bien moi ?

MONSIEUR JOURDAIN, mettant le fauteuil aux bras de ses laquais

Qu'on l'emporte avec soin ! - Et le reste chez moi , Ce soir ! - Meuble de cour ! Une tache du roi !

Il sort, suivant la fauteuil solennellement emporte par les quatre laquais.

SCÈNE XVIII. Les Mêmes, moins Monsieur Jourdain et ses laquais.

POQUELIN, saluant Gauthier

Quoi ! Monsieur_le_Marquis ?

SCÈNE XVIII.

POQUELIN

Eh ! Le sournois, qu'il ose !

Il l'embrasse.

GAUTHIER, à Nanon

Dans le commerce.

SCÈNE XIX. Les Mêmes, Le Père Cressé.

LE PÈRE CRESSÉ, essoufflé, déployant un rouleau d'étoffe

Enfants ! Tout est raccommodé , Un coupon de rencontre !

GAUTHIER, à Cressé

Bonjour !

LE PÈRE CRESSÉ

Mais...

GAUTHIER

Je vous le garanti Poète, pour le moins qui peut valoir Hardy.

Alexandre Hardy (1570-1632), célèbre auteur dramatique du début du XVIIème siècle, il produisit de très nombreuses pièces dont il en est resté 34.

MOLIÈRE

Essayez !

POQUELIN, étonné

En effet !

LE PÈRE CRESSÉ

Moi ! J'en pleure.

POQUELIN, se disposant à déchirer le papier

Eh bien donc !...

LE PÈRE CRESSÉ, embrassant Nanon

Ah ! Nanon !

GAUTHIER, de même

Ah ! Nanon !

668 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0