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un seul est le mot juste.

Pièce dramatique en vers

Charlot ou La Comtesse de Givry.

Voltaire· créée en 1767· 3 actes· 836 vers· 13 personnages

Représentée sur le Théâtre de F*** au mois de septembre 1767, et à la comédie italienne de Paris, le 4 Juin 1782.

Personnages

  • LA COMTESSE DE GIVRY, veuve attachée au parti de Henri IV
  • HENRI IV
  • LE MARQUIS, élevé dans le château
  • JULIE, parente de la maison, élevée avec le marquis
  • MADAME AUBONNE, nourrice
  • CHARLOT, fils de la nourrice
  • L'INTENDANT, de la maison
  • BABET, élevée pour être à la chambre auprès de la comtesse
  • GUILLOT, fils d'un fermier de la terre
  • DOMESTIQUES
  • COURRIERS
  • GARDES
  • SUITE DE HENRI IV
PRÉFACE

Cette pièce de société n'a été faite que pour exercer les talents de plusieurs personnes d'un rare mérite. Il y a un peu de chant et de danse, du comique, du tragique, de la morale, et de la plaisanterie. Cette nouveauté n'a point du tout été destinée aux théâtres publics. C'est ainsi qu'aujourd'hui, en Italie, plusieurs académiciens s'amusent à réciter des pièces qui ne sont jamais jouées par des comédiens. Ce noble exercice s'est établi depuis longtemps en France, et même chez quelques-uns de nos princes.

Rien n'anime plus la société ; rien ne donne plus de grâce au corps et à l'esprit, ne forme plus le goût, ne rend les moeurs plus honnêtes, ne détourne plus de la fatale passion du jeu, et ne resserre plus les noeuds de l'amitié.

Cette pièce a eu l'avantage d'être représentée par des gens de lettres, qui, sachant en faire de meilleures, se sont prêtés à ce genre médiocre avec toute la bonté et tout le zèle dont cette médiocrité même avait besoin.

Henri IV est véritablement le héros de la pièce : mais il avait déjà paru dans la Partie de Chasse, représentée sur le même théâtre ; et on n'a pas voulu imiter ce qu'on ne pouvait égaler.

ACTE I

SCÈNE I. L'Intendant de la maison est à une table, un Courrier en bottes, à côté ; Madame Aubonne, nourrice, coud, et Babet file à un rouet ; une Servante prend des mesures avec une aune, une autre balaye.

Le théâtre représente une grande salle où des domestiques portent et ôtent des meubles.

L'INTENDANT

Eh ! oui.

MADAME AUBONNE, cousant

Il est vrai.

LE COURRIER, à l'intendant

Expédiez-moi donc.

LE COURRIER

Faites donc vite.

L'INTENDANT

Le bon prince !

LE COURRIER

Allons donc.

LE COURRIER

Dépêchez.

LE COURRIER

Quel bavard !

L'INTENDANT

Trois jeunes paysans, par un chemin secret En ayant apporté, s'étaient laissé surprendre : Leur procès était fait, et l'on allait les pendre.

Madame Aubonne et Babet s'approchent pour entendre ce conte ; deux domestiques qui portaient des meubles les mettent par terre, et tendent le cou ; une servante qui balayait s'approche, et écoute en s'appuyant le menton sur le manche du balai.

MADAME AUBONNE, se levant

Les pauvres gens !

LE COURRIER

Achevez donc.

BABET

Leur fit grâce sans doute ?

Ici, tout le monde fait un cercle autour de l'intendant.

MADAME AUBONNE

Je l'aime !

MADAME AUBONNE, se remettant à l'ouvrage

Ah ! j'ai bien d'autres soins.

LE COURRIER

Adieu, Babet.

Il sort.

SCÈNE II. Les Précédents, Guilot, accourant.

MADAME AUBONNE

Allons, console-toi.

GUILLOT

Sans doute.

GUILLOT

Oui.

L'INTENDANT

C'est un innocent.

GUILLOT

Pas tant.

SCÈNE III. Les Précédents, Le Marquis.

Tous se lèvent.

LE MARQUIS

Va, détale.

LE MARQUIS

Vous m'ennuyez.

MADAME AUBONNE, pleurant

L'ingrat !

LE MARQUIS

Eh ! si fait.

L'INTENDANT, écrivant

Et l'argent davantage.

SCÈNE IV. Les précédents, La Comtesse.

SCÈNE V. La Comtese, Le Marquis.

LE MARQUIS

Oui, j'y songe.

SCÈNE VI. La Comtesse, Le Marquis, Charlot.

LE MARQUIS, se détournant

Je n'ai point promis ça.

LA COMTESSE

Point de mais.

SCÈNE VII. Plusieurs Domestiques en livrée, et d'autres gens entrent en foule ; Guillot, Babet, sont des premiers ; Julie, Madame Aubonne, dans le fond elles arrivent plus lentement ; La Comtesse est sur le devant du théâtre avec Le Marquis et Charlot.

GUILLOT, accourant

Le roi vient.

PLUSIEURS DOMESTIQUES

C'est le roi.

BABET, allant et venant

C'est lui.

L'INTENDANT

Ce soir.

LE MARQUIS

Mon_Dieu, que ce Charlot m'ennuie !

Ils sortent : la comtesse reste avec la nourrice.

MADAME AUBONNE, tristement

Ah !

ACTE II

SCÈNE I. Julie, Madame Aubonne, Charlot.

MADAME AUBONNE

Hélas !

SCÈNE II. Julie, Madame Aubonne, Charlot.

MADAME AUBONNE

Il veut servir le roi.

JULIE, à Mme Aubonne

La bonne, vous pleurez !

MADAME AUBONNE

Eh quoi ?

La chanson comporte 11 vers, ce qui décale la parité de la numérotation d'une unité.

JULIE, après avoir dansé un seul couplet

Vous êtes donc l'auteur de la chanson ?

Retour de la parité des vers.

SCÈNE III. Julie, Charlot, Le Marquis entre, et les voit danser, pendant que Madame Aubonne est assise et s'occupe à coudre.

LE MARQUIS

Ouais !

MADAME AUBONNE

Quelle idée !

LE MARQUIS, menaçant Charlot

Si...

SCÈNE IV. Julie, Madame Aubonne.

MADAME AUBONNE

Elle peut s'aveugler.

SCÈNE V. Julie, Madame Aubonne, Babet.

BABET, accourant avec empressement

Allez, votre marquis est un vrai trouble-fête.

SCÈNE VI. Julie, Madame Aubonne, Babet, Guillot.

BABET

Quoi ?

MADAME AUBONNE

Qu'est-il arrivé ?

MADAME AUBONNE

Ah ! malheureuse !

SCÈNE VII. Les précédents, L'intendant.

BABET, à Guillot

Charlot serait perdu !

ACTE III

SCÈNE I. L'Intendant, Babet, Guillot, Troupe de gardes, Charlot, au milieu d'eux.

SCÈNE II. Julie, L'Intendant.

SCÈNE III. Julie, L'Intendant, Babet.

SCÈNE IV. Les Précédents, La Comtesse soutenue par deux suivantes.

L'INTENDANT, à Babet

Elle veut être seule, il faut nous écarter.

Ils sortent.

LA COMTESSE, en pleurant

Il devait fuir plutôt.

SCÈNE V. Les Précédents, Madame Aubonne.

SCÈNE VI. Les Précédents, Le Roi et toute sa cour, Charlot.

836 vers· cliquer un vers pour le scander· texte établi par Paul Fièvre (Théâtre classique), balisage FreDraCor, licence CC BY-NC-SA 4.0