affection s. f. (a-fè-ksion ; de quatre syllabes, en poésie)
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1Ce que le corps éprouve, surtout en fait de maladie. Les affections causées par l'impression d'un air froid et humide. Dans ces sortes d'affections l'exercice est nécessaire. Il a une affection rhumatismale. Les affections de poitrine.
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2Manière d'être de l'âme considérée comme touchée de quelque objet. Les affections de l'âme. Les affections de nos âmes sont dans un flux continuel.
Ah ! j'en conviens, et telle est notre misère : il y a de ces temps orageux où l'on n'est proprement maître ni de son esprit par rapport à l'attention que demande la prière, ni de son cœur par rapport à une certaine affection
Bourdaloue, Pensées, t. II, p. 28Cet ordre d'idées, cette suite de pensées qui existe au dedans de nous-mêmes, quoique fort différente des objets qui les causent, ne laisse pas que d'être l'affection la plus réelle de notre individu
BUFFON, Comp. des anim. et des végét.
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3En un sens philosophique plus restreint, toute situation passive de l'âme.
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4Sentiment d'amitié, d'amour, d'attachement pour une personne ou une chose. Les affections de la famille. Les anciens disaient que l'amour de la famille renferme toutes les affections. Avoir de l'affection pour quelqu'un. L'affection que je vous ai toujours portée. La malveillance essayait de lui faire perdre votre affection. C'est par des services que se gagne l'affection. Les affections aveugles. Chacun se rappelait les objets de ses affections. Cette ville, vos plus chères affections.
- Car enfin n'attends pas de mon affectionUn lâche repentir d'une bonne action Corneille, Cid, III, 4
- Je donnai par devoir à son affectionTout ce que l'autre avait par inclination Corneille, Pol. I, 3
Une affection parfaite vaut mieux que toutes choses ; celle que j'ai à vous servir est à un si haut point....
Voiture, Lett. 30Vous avez mis votre affection à une créature mortelle
Fléchier, Serm. II, 216Affection d'un père pour ses enfants
Fléchier, I, 139Il s'appliqua à gagner l'affection des vieux capitaines
Fénelon, Tél. XQuiconque met ses affections ici-bas n'a plus de droit à la patrie
Massillon, Mart.- Ressouviens-toi qu'une actionNe peut avoir peu de mérite,Ayant beaucoup d'affection Malherbe, IV, 5
L'âme, afin de suppléer la présence de l'objet qu'elle aime, fait effort pour rendre sa douleur immortelle : son affection envers la mémoire de son ami et le désir de le faire revivre lui fait prendre tous les moyens qui peuvent réparer sa perte
Bossuet, Pensées chrét. 38
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5D'affection, loc. adverb. Avec intérêt, de cœur.
Il est impossible de se la représenter parlant d'affection de quelque chose
Mme de Sévigné, 115
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6Affection à, désir de.
Pour des choses où il a plus d'affection
Pascal, P. div. 75M. de Noailles savait par le roi même l'affection qu'il avait à ce projet [siége de Barcelonne]
Saint-Simon, 25, 16En se dépouillant du péché et des affections au péché
Fléchier, Serm. II, p. 126N'est-il resté aucun péché, aucune affection au péché dans votre cœur ?
Fléchier, ib. 132
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7État maladif. Affection nerveuse, aiguë, chronique.
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8En géométrie, cette courbe a telle affection, elle a telle propriété.
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En ce sens il est vieux.
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Étymologie
Affectio, de afficere, de ad (voy. À) et facere (voy. FAIRE) ; provenç. affectio ; espagn. afeccion ; ital. affezione.