Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

faire dans le Littré

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1faire v. a. (fê-r)

  1. 1Donner l'être ou la forme. Dieu a fait l'homme à son image. Dieu a fait le monde en six jours.

    • Vos mains m'ont fait et m'ont formé ; donnez-moi l'intelligence, afin que j'apprenne vos commandements Saci, Bible, Psaume CXVIII, 73
    • Ils pensent que pour eux le ciel fit l'Amérique Voltaire, Alz. IV, 3
    • Sur un modèle égal ayant fait les humains Voltaire, Scythes, IV, 1
    • Élevés ensemble, nés le même jour dans ce château, vous conviendrez qu'il semble que la destinée les ait faits l'un pour l'autre Mme de Genlis, Théât. d'éduc. la Cloison, sc. 1
    • Tous les jours que Dieu fait, c'est-à-dire chaque jour.

    • Par extension.

    • Fig.

      • Homère a fait Virgile, dit-on ; si cela est, c'est sans doute son plus bel ouvrage Voltaire, Ess. poés. épiq. III
  2. 2Engendrer. Faire un enfant, en parlant d'une femme, le mettre au monde. Et aussi en parlant de l'homme : Vous ferez un enfant, et vous voilà bien avancé !

    • Faire un enfant à une femme, la rendre enceinte.

      • Il [Frédéric] a fait plus de livres qu'aucun des princes contemporains n'a fait de bâtards, et il a remporté plus de victoires qu'il n'a fait de livres Voltaire, Lett. Prusse, 24 mars 1772
    • Faire des petits, en parlant des femelles des animaux, mettre bas.

      • C'est une épagneule très petite, ajoutaZadig ; elle a fait depuis peu des chiens Voltaire, Zadig, 3
      • Lorsque la marte est prête à mettre bas, elle grimpe au nid de l'écureuil, l'en chasse, en élargit l'ouverture, s'en empare et y fait ses petits Buffon, Quadrup. t. II, p. 245, dans POUGENS
      • Les feuilles du haricot à bouquets incarnats, plongées dans l'eau par leur pédicule, y ont fait des racines, mais seulement à l'extrémité inférieure de ce dernier Bonnet, Usage des feuilles, 4e mém.
    • Cet enfant fait ses dents, les dents lui viennent.

    • On dit d'un malade chez qui se produisent pathologiquement de l'albumine, du sucre, du tubercule : il fait de l'albumine, du sucre, du tubercule.

  3. 3Façonner, fabriquer, construire, en parlant des œuvres matérielles de l'art ou de l'industrie. Faire du pain, un habit, un tissu, une machine, une maison.

    • ....Saluez ces pénates d'argile ; Jamais le ciel ne fut aux humains si facile Que quand Jupiter même était de simple bois ; Depuis qu'on l'a fait d'or, il est sourd à nos voix La Fontaine, Phil. et Bauc.
    • Faire le vin, se dit de toutes les opérations qui forment la fabrication du vin.

    • Faire le dîner, le déjeuner, préparer le dîner, le déjeuner.

    • Faire à dîner, donner de quoi dîner. Faites-moi à dîner.

    • Ne faire œuvre de ses doigts, et, plus souvent de ses dix doigts, ne faire rien du tout, ne point travailler.

    • Il se dit aussi des travaux des animaux. Les abeilles font le miel. L'oiseau fait son nid.

    • Fig. Faire des brioches, voy. BRIOCHE.

      • Les symphonistes de l'opéra, après Lulli, étaient si inhabiles et excitaient si bien les cris du parterre, qu'ils étaient taxés à six sols par faute qu'ils faisaient devant le public ; avec le total de ces amendes ils faisaient faire une immense brioche qu'ils mangeaient ensemble ; les condamnés à l'amende paraissaient à ce festin avec une petite brioche en carton à la boutonnière ; on les nomma croque-brioche, faiseurs de brioches ; et, par abréviation, brioche devint synonyme de faute, d'ânerie CASTIL-BLAZE, Hist. de l'acad. de musique, t. II, ch. 2, p. 68
  4. 4Se dit dans le même sens, en parlant des œuvres de l'intelligence, de l'imagination Faire un projet, un plan. Faire un poëme, un conte, des vers.

    • Il y a un vieux évêque d'Évreux, qui a plus de quatre-vingts ans ; c'était autrefois l'évêque du Puy ; il a fait la vie de ma grand'mère Mme de Sévigné, 406
    • Et toujours mécontent de ce qu'il vient de faire,Il plaît à tout le monde et ne saurait se plaire Boileau, Sat. II
    • Faisant le même calcul sur le quatrième satellite de Jupiter, que nous avons supposé grand comme la terre, nous verrons qu'il aurait dû se consolider jusqu'au centre en 2905 ans Buffon, Théorie de la terre, part. hypoth. Œuvres, t. IX, p. 181, dans POUGENS.
    • Terme de peinture. Peindre. Faire l'histoire. Faire les animaux. Ce peintre ne fait que le paysage. Faire sec et dur, peindre sèchement et durement.

      • Pigal, qu'on appelait à Rome le mulet de la sculpture, à force de faire, a su faire la nature, la faire vraie, chaude et vigoureuse Diderot, Sal. de 1765, Œuvres, t. XIII, p. 331
  5. 5Il s'emploie dans un sens beaucoup plus étendu, en parlant de tout ce qu'un sujet opère, effectue, exécute dans l'ordre physique ou dans l'ordre moral.

    • Faire que sage, c'est-à-dire faire la chose que ferait une personne sage, voy. QUE.

  6. 6Faire quelque chose pour quelqu'un, lui accorder ou lui faire obtenir quelque chose. Il n'a rien voulu faire pour sa famille.

    • C'est là [à la cour] que l'on sait parfaitement ne faire rien ou faire très peu de chose pour ceux que l'on estime beaucoup La Bruyère, VIII
    • On dit de même : la nature a tout fait pour lui, c'est-à-dire il est doué de très heureuses dispositions.

  7. 7Il se dit des choses qui sont agents de quelque chose. La mine fit explosion. La grêle a fait du dégât.

    • Opérer. Les planètes font leur révolution autour du soleil en un temps déterminé.

  8. 8Se faire, faire à soi, se créer, se procurer.

    • Se faire fête d'une chose, s'en réjouir.

    • Se faire honneur ou gloire de quelque chose, s'en tenir honoré, glorieux.

  9. 9Faire d'une personne, d'une chose.... la changer en, en user comme de...

    • Que de tous tes sujets il fasse des rebelles Corneille, Perthar. III, 3
    • Et d'Indou qu'il était on vous le fait Lapon La Fontaine, Fab. VII, 6
    • Il [le loup] s'habille en berger, endosse un hoqueton, Fait sa houlette d'un bâton La Fontaine, ib. III, 3
    • Aussi les missionnaires eurent-ils la sagesse de civiliser, jusqu'à un certain point, les sauvages, avant de penser à les convertir ; ils n'essayèrent d'en faire des chrétiens, qu'après en avoir fait des hommes Raynal, Hist. phil. VIII, 14
    • Fig. Faire d'une mouche un éléphant, exagérer excessivement une petite chose.

    • Faire de quelque chose une obligation, un devoir, etc. l'imposer comme une obligation, un devoir. Et avec le pronom personnel, se faire un devoir, une obligation d'une chose, la considérer comme de devoir, comme d'obligation.

    • Faire un mérite à quelqu'un de quelque chose, lui tenir cette chose à mérite. Et, avec le pronom personnel, se faire un mérite d'une chose, la considérer comme un mérite pour soi.

    • Faire gloire, faire vanité de quelque chose, en tirer gloire, vanité.

    • Faire ses délices de quelque chose, y prendre un plaisir extrême.

  10. 10Faire suivi de la préposition de, signifie disposer de quelqu'un ou de quelque chose, en tirer parti d'une façon quelconque.

    • Que voulez-vous que je fasse de cet homme-là ?Nous avons besoin d'argent, il n'en sait que faire Hamilton, Gramm. 3
    • Que ferez-vous de cette chose, de cette personne, c'est-à-dire à quoi vous servira-t-elle ? Que ferait-il de moi ? que ferais-je de lui ? BOURSAULT, Ésope à la cour, IV, 1
    • Qu'avez-vous fait de cette personne, de cette chose ? c'est-à-dire comment en avez-vous disposé ? qu'est-elle devenue ? Français, qu'avez-vous fait du héros que j'adore ? Voltaire, Adél. du Guesclin. I, 2
    • Faire ce qu'on veut de quelqu'un, se dit d'une personne facile ou faible qui s'accommode à ce qu'on veut d'elle.

    • Faites-en des choux, des raves, c'est-à-dire faites-en ce que vous voudrez.

    • N'avoir que faire de, n'avoir pas besoin de (grammaticalement, la locution équivaut à : n'avoir chose que l'on puisse faire de....).

    • N'avoir que faire à quelqu'un, n'avoir rien à faire auprès de lui.

      • Je n'ai point été le voir parce que je n'ai que faire à lui Hamilton, Gramm. 4
    • On n'a que faire, il est inutile.

      • On n'a que faire d'avoir peur de trop charger la complaisance Molière, l'Av. I, 1
      • Vous n'avez que faire de vous reprocher vos vérités Bernardin de Saint-Pierre, Mort de Socr.
    • N'avoir que faire, être inutile.

      • Vous êtes un sot de venir vous fourrer où vous n'avez que faire Molière, Méd. m. l. I, 2
      • Un gouverneur n'a que faire ici Mme de Sévigné, 489
    • N'avoir que faire de quelqu'un ou de quelque chose, n'en faire nul cas. Je n'ai que faire de lui et de ses visites.

    • N'avoir que faire, signifie aussi qu'on désapprouve, qu'on trouve mauvais. Je n'ai que faire de vos discours.

      • Je n'ai que faire ni d'air ni de chanson Molière, Précieuses, 5
      • Tu n'as que faire de railler Molière, Impr. 3
      • Nous n'avons que faire de leurs démêlés Pascal, Prov. 3
  11. 11Employer ses forces, son activité à quelque chose, s'en occuper, y passer son temps. Faire un travail. Faire sa besogne. Il n'a rien fait de toute la journée.

    • Que fait-il tout le long du jour ? Le ciel me sera témoin que j'ai fait pour toi tout ce que j'ai pu Molière, Fourb. de Scap. II, 11
    • Hé ! bonjour, ma chère Lisette ; comment te portes-tu, mon enfant ? que fait ta belle maîtresse ? Regnard, Retour impr. sc. 3
    • Ne rien faire, ne faire rien, vivre dans l'oisiveté.

      • Vous n'êtes pas homme à vous embarrasser de ce que disent les dames de salon avec un nombre de fainéants, lâches envieux qui ne veulent rien faire et qui sont fâchés que les autres fassent Mme de Maintenon, Lett. au duc de Noailles, 13 fév. 1711
      • Parce que la noblesse ne faisait rien, on a cru qu'il n'y avait rien de si noble que de ne rien faire Raynal, Hist. phil. VIII, 33
    • Ne faire rien, se dit d'un écolier qui ne travaille pas, ne s'applique pas. Un jeune homme qui ne fait rien.

    • N'avoir rien à faire, plus rien à faire, n'avoir pas ou plus d'occupation.

    • C'est une personne à tout faire, qu'on peut employer ou qu'on emploie à tout dans une maison ; en mauvaise part, c'est une personne dangereuse, capable d'actions mauvaises ou violentes.

    • Je ne puis, je ne sais que faire à cela, c'est une chose où je ne puis rien.

    • Que voulez-vous que j'y fasse ? c'est-à-dire, je n'y puis rien, cela ne dépend pas de moi.

    • C'est un faire le faut, voyez FAIRE LE FAUT, à son rang.

    • Je n'en ferai rien, je me garderai bien de faire ce dont il est question. Vous voulez que je parte ; je n'en ferai rien.

    • On dit dans le même sens et dans le langage familier : non ferai. Faire du mal à quelqu'un, lui causer une souffrance physique ou morale.

      • Je proteste de ne prétendre rien à tous vos biens, pourvu que vous me laissiez celui que j'ai. - Non ferai, de par tous les diables Molière, l'Av. V, 3
      • Oiseleur, laisse-moi, dit-il [l'autour] en son langage ; Je ne t'ai jamais fait de mal. L'oiseleur repartit : Ce petit animal T'en avait-il fait davantage ? La Fontaine, Fab. VI, 15
      • Je lui fais plus de mal que tous les autres Mme de Sévigné, 230
    • Faire quelque chose à quelqu'un, l'offenser, lui faire du mal. Faire du bien à quelqu'un, se dit d'une personne qui donne des secours à quelqu'un dans la gêne ; se dit aussi d'une chose qui procure du bien-être. Cette potion lui fit du bien.

    • Elliptiquement, grand bien vous fasse, se dit quand, refusant de faire une chose qui est proposée, on souhaite poliment que la chose fasse bien à celui qui la propose.

  12. 13Terme d'agriculture. Récolter. Les cultivateurs ont fait beaucoup de légumes cette année. On fera beaucoup de vin en Bourgogne.

    • Faire les foins.

    • Fig. Faire ses orges, voy. ORGE.

    • Il signifie aussi semer, cultiver, sans impliquer l'idée de récolte. J'avais fait du blé d'hiver, il n'a pas réussi.

  13. 14Dans le commerce, faire signifie le genre d'opérations auxquels on se livre. Ce jardinier fait les primeurs. Ce négociant fait les eaux-de-vie.

  14. 15Produire le même effet, le même résultat que.... Le fusil était chargé avec du petit plomb ; mais, tiré de près, le coup fit balle.

    • Les doigts, qui ont deux lignes de largeur, sont à peu près égaux en grosseur, mais le premier doigt, qui fait pouce, et qui a de longueur douze lignes, a un ongle de trois pouces six lignes qui est large et plat comme ceux des makis Buffon, Quadrup. t. XIII, p. 74, dans POUGENS
    • Terme de vétérinaire. Faire les forces, faire ciseaux, se dit d'un cheval qui remue sans cesse sa mâchoire. Faire grenier ou magasin, se dit lorsque des pelotes d'aliments restent entre les joues et les molaires du cheval. Faire la révérence, broncher.

  15. 16Arranger, mettre dans un état convenable. Faire une chambre. Faire un lit. Faire un appartement. Faire les habits.

    • Faire la barbe, raser.

    • Terme de boucherie. Faire une bête, la tuer et la préparer comme il faut.

    • Fig. Faire le bec à quelqu'un, voy. BEC.

    • Familièrement. Faire maison nette, congédier tous ses domestiques.

    • Faire table rase, voy. TABLE.

  16. 17Mettre en pratique, observer, en parlant de choses d'obligation, de précepte. Faire ce que Dieu ordonne.

    • Terme de jurisprudence. Obligation de faire, obligation d'accomplir une action. Obligation de ne pas faire, obligation de s'abstenir d'une action.

    • Se conformer à une prescription, à une obligation temporaire. Faire diète. Faire gras. Faire la quarantaine, ou faire quarantaine.

      • Ce sont les riches qui n'ont pas la force de faire carême ; les pauvres jeûnent toute l'année Voltaire, Dict. phil. Carême.
    • Fig. Faire son devoir, se dit de choses employées avec une grande force à faire quelque chose.

    • Faire une fête, la célébrer. Faire les Rois. Faire la Cène.

      • Je m'en vais après dîner à Brévanes faire la Saint-Martin Mme de Sévigné, 479
    • Populairement. Faire le lundi, passer la journée du lundi à s'amuser au lieu de travailler.

    • Faire le sabbat, voy. SABBAT.

  17. 18Former par un exercice convenable. Ce général a fait de bons officiers.

    • Tandis que, pour faire des soldats, il obligeait les hommes à une vie si laborieuse et si tempérante Bossuet, Hist. I, 6
    • Faire la main, donner de l'habileté à la main. Cela fait la main.

    • Se faire la main, devenir habile de la main.

    • Terme de fauconnerie. Faire l'oiseau, le dresser.

    • Accoutumer, habituer. Les voyages l'ont fait à la fatigue.

      • Voiture qui, si galamment, Avait fait je ne sais comment Les muses à son badinage SARRASIN, Pompe funèbre de Voiture.
  18. 19Se dit des choses qui marquent espace, étendue. Faire des pas. Faire une promenade. Faire un tour de jardin. Un homme qui fait deux lieues par heure. Faire du chemin.

    • Voyage qui ne peut pas être moins de trois cents lieues ; et autant tout au moins pour les autres détours en différents endroits ; il se trouvera qu'Alexandre, dans l'espace de moins de huit ans, aura fait avec son armée dix-sept cents lieues, sans parler de son retour à Babylone Rollin, Hist. anc. Œuvres t. VI, p. 189, dans POUGENS
    • M. Fabry, qui avait erré pendant quinze mois dans les terres de l'Ouest, au delà du fleuve Mississipi, m'a assuré qu'il avait fait souvent trois et quatre cents lieues sans rencontrer un seul homme Buffon, Quadrup. t. III, p. 221, dans POUGENS
    • Fig. Faire son chemin, obtenir de l'avancement, s'enrichir.

    • On dit dans le même sens, il a bien fait du chemin en peu de temps.

    • Faire des progrès, voy. PROGRÈS.

  19. 20Il exprime un grand nombre de modes d'action et de manières d'être, au moyen des autres mots de la phrase auxquels il est lié et qui lui donnent sa signification spéciale. En voici quelques exemples.

  20. 21Il se dit de certaines fonctions de guerre. Faire sentinelle, faire faction, faire la garde, faire le guet, faire la ronde, faire la revue d'une armée.

  21. 22Terme de marine. Faire de l'eau, faire sa provision d'eau.

    • Faire eau, se dit en parlant d'un vaisseau qui a une fente par où l'eau s'introduit.

    • Faire les vivres, réunir les vivres nécessaires. Faire du bois, faire la provision de bois pour le bâtiment.

    • Faire le quart, faire bon quart, veiller pendant le quart.

    • Faire abordage, donner contre un vaisseau par accident.

    • Faire la contre-marche, faire passer le vaisseau derrière la flotte pour revirer ou changer de bord.

    • Faire pavillon, déployer le pavillon.

    • Faire des feux, indiquer par des fanaux le danger où l'on se trouve.

    • Faire honneur à une roche, s'en éloigner.

    • Faire porter, arriver pour avoir plus de vent dans les voiles.

    • Faire servir, déployer les voiles, mettre le navire en route.

    • Faire tête, présenter le cap au vent ou au courant.

    • Faire vent arrière, prendre le vent en poupe.

    • Faire le nord, faire le sud, naviguer vers le nord, vers le sud.

    • Faire des bordées ou une bordée, synonyme de courir des bordées.

      • Flacourt toucha en faisant sa bordée trop près du Diamant Mém. de VILLETTE, 1686, dans JAL
    • Faire sa cale, arranger dans la cale de son navire tout ce qui doit y trouver place.

    • Dans les galères, faire armes en couverte, c'était faire ce qu'on nomme aujourd'hui le branle-bas de combat.

    • Anciennement. Faire cap à la flotte, prendre la tête de la flotte, marcher le premier dans une réunion de navires, pour indiquer la route à tous les bâtiments. Faire cap à la mer, tourner l'avant du navire du côté du large.

  22. 23Terme de natation. Faire la planche, se soutenir sur le dos dans l'eau.

  23. 24Terme de vénerie. Faire sa tête, se dit du cerf dont le bois pousse depuis le mois de mars jusqu'au mois d'août.

    • Faire sa nuit, se dit du cerf qui sort des demeures à la fin du jour, et va aux gagnages, où il reste jusqu'au lendemain matin.

    • Faire tête aux chiens, les attendre, se défendre, surtout en parlant du sanglier et du loup.

  24. 25Terme de jeux. Faire les cartes, les battre avant de les distribuer.

    • Absolument. À qui est-ce à faire ?

      • Faire une levée, prendre les cartes qui sont jouées pour un coup. Faire la main, faire sa main, c'est-à-dire faire le plus grand nombre de levées.

      • Faire le jeu, mettre au jeu. Le jeu est-il fait ?

      • Faire tant de points, gagner tant de points.

      • Faire la partie de quelqu'un, jouer avec lui.

      • Faire le whist, le boston de quelqu'un, jouer habituellement avec lui le whist, le boston.

        • Après avoir fait le whist de la marquise PICARD, Trois quartiers, I, 2
    • Absolument, faire le whist, le piquet, faire la partie de whist, de piquet.

      • Au billard, faire signifie faire entrer une bille dans la blouse. Faire quelqu'un, faire sa bille. Faire une bille au doublé. Faire un carambolage, caramboler.

      • Au trictrac, faire une case, un jan. Faire école, oublier de marquer les points que le coup de dé donne. Faire école de partie, oublier de marquer un trou.

      • À la quintaine, faire une tête, enlever la tête avec la lance.

        • Ils disputèrent le prix en une seule course, dans laquelle ils firent chacun quatre têtes DANGEAU, I, 131, 4 mars 1685
  25. 26Amasser, mettre ensemble, en parlant d'argent ou de choses dont on a besoin. Voilà tout l'argent qu'il a pu faire. Faire des provisions, faire ses provisions. Faire une somme.

    • Faire de l'argent, s'en procurer. Il avait des tableaux et des curiosités ; il en a fait quelque argent.

  26. 27Faire des recrues, appeler des hommes sous les drapeaux.

    • On a dit dans le même sens, mais on ne le dit plus guère, faire des hommes, faire des troupes, faire des régiments.

      • Alexandre voulut faire ces nouvelles troupes pour contre-carrer les vieilles et réprimer leur licence Vaugelas, Q. C. 554
      • Lavardin et Amilly faisaient des troupes pour le roi dans le pays du Maine Retz, II, 316
    • On dit aussi faire la maison d'un prince, d'un grand seigneur.

  27. 28Acquérir, gagner. Il a fait de très beaux bénéfices. Cet entrepreneur fait à peine ses frais.

    • Je suis bien aise que saint Candide fasse des miracles ; mais je ne me soucie pas que ses miracles fassent de l'argent Mme de Maintenon, Lett. à Mme de Brinon, 22 août 1683
    • On dit dans un sens analogue, faire une bonne maison.

    • Faire fortune, gagner beaucoup d'argent.

      • Il fit une assez grande fortune qu'il n'eût pas faite s'il n'eût été qu'homme de lettres Voltaire, Louis XIV, Écrivains, Valincour.
    • Faire sa fortune, gagner puissance, dignité, gloire, crédit, renom.

      • Il y avait entre Henri et Louis cette différence qui se trouve si souvent entre un gentilhomme qui a sa fortune à faire, et un autre qui est né avec une fortune faite Voltaire, Fragm. sur l'hist. art. 18
    • Faire sa fortune, signifie aussi devenir riche.

  28. 29Consacrer un temps à l'étude d'une chose. Faire ses humanités, son apprentissage.

    • Faire son temps, accomplir les années de son service. Ce soldat a fait son temps, il est libéré.

    • Faire son temps, se dit aussi d'un forçat condamné pour un temps.

    • Par extension. Ce vieillard a fait son temps, il a vécu longtemps.

    • Cela a fait son temps, cela n'est plus de mise, n'a plus d'influence. Ces idées ont fait leur temps.

  29. 30Il se dit en parlant des différentes professions, métiers, emplois qu'on exerce. Faire les fonctions de maître des cérémonies. Faire la médecine, le commerce, la banque. Il ne sait pas faire son métier.

  30. 31Passer par, avoir pour maîtres, en parlant de domestiques. Ce domestique a fait plusieurs maîtres. Cette femme de chambre n'est pas habile ; elle fera plusieurs maisons.

  31. 32Faire une maladie, passer par une maladie, la subir.

    • Elle a fait une maladie de langueur, et s'est vue réduite à la dernière misère Mme de Genlis, Théât. d'éduc. la March. de mod. sc. 5
  32. 33Il se dit de différentes occupations de la vie courante. Faire de l'exercice. Faire des visites. Faire une promenade.

    • Faire un bon dîner, un mauvais dîner, avoir à son dîner des mets bons, mauvais.

      • J'espère que, cet hiver, vous voudrez bien faire chez moi de ces petits dîners dont je prétends tirer tant d'avantages Racine, Lett. à Boileau, 6 oct. 1692
  33. 34Constituer quelqu'un en une certaine dignité ou titre.

    • Faire de l'Académie, de l'Institut, élire membre de l'Académie, de l'Institut.

      • Il faudra le faire de l'Académie ; après avoir eu tant de prix, il est bien juste qu'il en donne Voltaire, Lett. Marmontel, 21 août 1767
    • Faire se dit aussi pour donner une profession. Il a fait son fils avocat, prêtre. Sa mère l'a faite couturière.

  34. 35Donner à quelqu'un certaine qualité, condition, avec un nom de personne pour sujet.

  35. 36Terme de bourse. La rente, la bourse a fait tant, c'est-à-dire le taux de la rente, de la bourse a été de tant.

    • Terme de finances. Faire les deniers bons, se rendre garant du payement d'une somme. Locution vieillie.

    • Terme de jeu. Faire bon, répondre qu'on payera tout ce qu'on perdra au delà de ce qui est au jeu. Faire bon partout. Faire bon de tout.

  36. 37Il se dit des personnes qu'on se concilie, qu'on s'attache, etc.

  37. 38Représenter un personnage. Faire les amoureux, les valets.

    • Faire tel ou tel personnage, se donner pour avoir telle ou telle qualité. L'un devait faire le maître, et l'autre le valet.

    • Fig. Faire un sot personnage, un plat personnage, figurer d'une manière peu honorable, désagréable, ou nulle, parmi d'autres personnes, dans une affaire.

  38. 39Prendre le caractère de, jouer le rôle de.

  39. 40Causer, déterminer, procurer, avec un nom de personne pour sujet.

  40. 41Être, constituer.

  41. 42Il se dit aussi de choses qui, par leur réunion, forment un tout, un ensemble. Deux et deux font quatre. Les qualités qui font le grand homme.

    • Les plébéiens qui faisaient toujours le plus grand nombre dans ces assemblées VERTOT, Révol. rom. III, 259
    • On trouva que le nombre des citoyens pubères faisait à Rome le quart de ses habitants Montesquieu, Rom. III
  42. 43Faire tout, avoir la suprême influence, être décisif.

    • L'argent faisait tout à Rome Bossuet, Hist. I, 9
    • Les dates font tout en cette matière Bossuet, ib. II, 13
    • Les caractères de Guillaume et de Jacques firent tout Voltaire, Louis XIV, 15
    • D'un bout du monde à l'autre bout L'habit fait tout Béranger, Vieux hab.
    • Qu'est-ce que cela fait ? c'est-à-dire quelle influence cela a-t-il ? Qu'est-ce que cela fait à notre sujet ? Bossuet, Nouv. myst. 10
    • Qu'est-ce que le nom fait à la chose ? Voltaire, Phil. ignor. 13
    • Familièrement. Qu'est-ce que cela fait là ? c'est-à-dire à quoi cela sert-il en ce lieu-là ?

    • Qu'est-ce que cela me fait ? que m'importe ?

    • Ne rien faire à.... Être sans importance dans....

      • Rien n'y font les soupçons La Fontaine, F. avare
      • Hérès chez Platon ne ressuscita à la vérité que pour quinze jours ; mais c'était toujours une résurrection, et le temps ne fait rien à l'affaire Voltaire, Dict. phil. Résurrection, 3
      • Quoique les noms ne fassent rien à la nature, c'est cependant rendre service à ceux qui l'étudient que de les leur interpréter Buffon, Quadrup. t. V, p. 165, dans POUGENS
  43. 44Représenter comme, en parlant de personnes ou de choses.

  44. 45Évaluer à un certain prix. Combien faites-vous le mètre de velours ? dix francs.

    • Le marchand fit son chantre mille écus, et son grammairien trois mille La Fontaine, Vie d'Ésope.
  45. 46Allouer, en parlant d'une somme.

    • C'était bien peu de ne faire que 100 livres à une fille qui avait apporté 8000 livres Bossuet, Lett. relig. 76
    • Faire les fonds, fournir l'argent nécessaire. C'est lui qui a fait les fonds de cette entreprise.

  46. 47Terme de grammaire. Avoir une certaine désinence ou flexion. Cheval fait au pluriel chevaux.

  47. 48Rendre des excréments. Ce malade fait tout sous lui. Faire du sang, de la bile, des glaires, rendre du sang, de la bile, des glaires avec les selles.

    • Absolument. Rendre ses excréments.

      • Le duc de Gesvres voulut faire le gaillard au souper de la noce ; il en fut puni ; il fit partout dans le lit Saint-Simon, 115, 258
      • Quand vous aurez fait, vous couvrirez de terre vos excréments Voltaire, Phil. IV, 209
      • Faire dans ses chausses, laisser aller ses excréments dans sa culotte ; et fig. avoir une peur extrême.

        • La postérité ne se doutera jamais combien, dans ce siècle de lumières et de batailles, il y eut de savants qui ne savaient pas lire et de braves qui faisaient dans leurs chausses Paul-Louis Courier, Lett. I, 132
      • Faire de l'eau, uriner.

      • Faire du sable, faire une pierre, rendre du sable, une pierre avec l'urine.

  48. 49Chemin faisant, tout en cheminant ; locution qui est par inversion pour : en faisant chemin.

  49. 50Faire, suivi d'un adjectif pris adverbialement.

  50. 51Faire, construit avec la particule en. En faire de même, agir, se comporter semblablement.

    • En faire trop, assez.

      • Quelle illusion ! de peur d'en faire trop pour Dieu, on ne fait rien du tout Massillon, Carême, Mort.
      • On se reproche de n'en pas faire assez pour une fortune de boue Massillon, ib.
    • En faire autant, faire la même chose.

    • En faire à sa tête, ne faire que sa volonté.

    • En faire à deux fois, se reprendre plus d'une fois à quelque chose, avoir de l'hésitation.

      • Sans en faire à deux fois, je vous conjure d'embrasser.... Mme de Sévigné, 80
    • En faire à quelqu'un pour un bras, lui casser un bras en le battant.

    • Populairement. Je croyais m'en tirer avec cent sous, je m'en suis fait pour quinze francs, c'est-à-dire la dépense s'est élevée à quinze francs.

  51. 52Faire, construit avec un infinitif. Dans cette construction, faire donne à la phrase un sens causatif ; c'est par cet artifice que le français a remplacé les verbes causatifs qui se trouvent dans certaines langues ; aussi, en cet emploi, le participe fait est toujours invariable : les soupçons qu'il a fait naître, et non qu'il a faits naître, parce que faire naître est considéré comme un seul mot. En cet emploi faire a trois sens : être cause que ; charger de ; attribuer à.

  52. 53Faire à savoir, faire connaître.

    • Si j'avais du crédit en France, je ferais publier à son de trompe : On fait à savoir que, quand les Jacobins disent que la grâce suffisante est donnée à tous, ils entendent que tous n'ont pas la grâce qui suffit effectivement Pascal, Prov. 1
    • On fait à savoir à tous qu'un tel n'est pas heureux Paul-Louis Courier, Lett. II, 12
    • Génin a établi par de bonnes raisons, ce semble, qu'il faut lire assavoir, ancien verbe (voy. ASSAVOIR) qui fut jadis très employé. Il est de fait que dans ces sortes de constructions faire ne prend pas la préposition à. On trouve, il est vrai, dans la vieille langue des tournures telles que il fait à louer ; mais cela signifie non pas : il fait louer, mais : il agit de manière à être loué, il fait chose à louer.

    • La Fontaine a dit simplement, dans le même sens, faire savoir.

  53. 54V. n. Opérer, travailler, se comporter. (l'édition originale est ainsi ; les éditions modernes ont, à tort : comment l'eût-il pu faire).

    • Faire, être employé, avoir part aux affaires, à l'administration, au gouvernement.

      • Le maréchal de Lorge, qui voulait faire, qui en sentait les moyens, ne cessait de proposer le siége de Mayence Saint-Simon, 37, 168
      • [Le duc de Duras] c'était un fort honnête homme et fort aimé, brave, doux, voulant faire, mais sans aucun esprit Saint-Simon, 50, 86
    • Façon de faire, manière de faire, façon, manière dont on agit, dont on se comporte.

      • J'ai hésité si je ne rapporterais pas cette espèce aux hirondelles de rivage, dont elle paraît avoir quelques façons de faire Buffon, Ois. t. XII, p. 356, dans POUGENS
    • Avoir du savoir-faire, voy. SAVOIR-FAIRE.

    • Ainsi fit-il, aussi fit-il, se dit par inversion, il fit ainsi. Faire, avec un adverbe ou une locution adverbiale, se comporter comme l'indiquent l'adverbe ou la locution.

      • Je lutte comme Jacob, mais il adora l'ange après avoir lutté, aussi fais-je Voltaire, Lett. d'Argental, 23 juillet 1744
      • Ayez soin que tous deux fassent en gens de cœur Corneille, Cid, IV, 5
      • N'empêchez point de bien faire celui qui le peut ; faites bien vous-même, si vous pouvez Saci, Bible, Prov. de Salom. III, 7
      • Çà, voyons un peu comme vous ferez Molière, Pourc. III, 2
      • J'avais mangé de l'ail et fis en homme sageDe détourner un peu mon haleine de toi Molière, Amph. II, 3
      • C'est faire en honnêtes gens que de débuter par là Molière, Préc. 5
      • Et l'on a trouvé que S. M. ne pouvait mieux faire que de jeter les yeux sur un si bon sujet Mme de Sévigné, 407
      • J'y ferai de mon mieux Mme de Sévigné, 556
      • Quand le Seigneur vous l'aura mise entre les mains [une ville], vous passerez au fil de l'épée tout ce qu'elle aura de combattants, en épargnant les femmes, les enfants et les animaux ; vous ferez ainsi à toutes les villes éloignées Bossuet, Polit. IX, V, 6
      • Ceux qui font bien mériteraient d'être enviés, s'il n'y avait encore un meilleur parti à prendre, qui est de faire mieux La Bruyère, IV
    • Bien faire, signifie quelquefois agir à propos.

    • Bien faire, faire du bien.

    • Dans plusieurs provinces on dit qu'une femme est en train de bien faire, pour exprimer qu'elle est enceinte.

    • Faire bien, se bien conduire.

      • La comtesse de Guiche [qui venait de perdre son mari] fait fort bien ; elle pleure quand on lui conte les honnêtetés et les excuses que son mari lui a faites en mourant Mme de Sévigné, 173
    • Bien faire, mal faire, se comporter bien, mal dans un combat.

      • Voilà notre avant-garde à bien faire animée Molière, Amph. I, 1
      • Voyant que son régiment faisait mal Mme de Sévigné, 207
      • M. le duc était lieutenant général de jour, et fit à la Condé c'est tout dire Racine, Lett. à Boileau, 15 juin 1692
    • Être prêt à bien faire, être tout disposé aux plaisirs de la table, de l'amour.

    • Faire bien, avoir du succès, réussir.

      • Quand il veut prendre la peine de parler, il fait très bien Mme de Sévigné, 183
      • Le voilà dans le monde, il y fait fort bien Mme de Sévigné, 498
    • Faire bien, faire mal, s'assortir, ne pas s'assortir, produire un bon, un mauvais effet. Le bleu et le jaune font bien l'un avec l'autre. Ce tableau ferait mieux ailleurs.

    • Faire bien ou mal à, en parlant des personnes, faire bon accueil.

      • Le roi fit fort bien à M. de Pomponne Mme de Sévigné, 408
      • Il [le duc de Bourgogne] salua Mme de Maintenon qui lui fit fort bien Saint-Simon, 214, 136
    • Faire bien à, en parlant des choses, être agréable, utile. Le déjeuner m'a bien fait, je me trouve bien d'avoir déjeuné.

      • Faire bien ou mal, ou tout autre adverbe ou locution adverbiale avec de, avoir raison, tort de.... Ne ferions-nous pas mieux d'accepter le parti ? Corneille, Sertor. IV, 3
      • Et fit très sagement de changer de logis La Fontaine, Fabl. III, 8
  54. 56Faire à quelqu'un, lui causer une certaine impression.

    • Il est gai, il est content, il est favori de M. de Turenne ; comment vous fait ce nom ? Mme de Sévigné, 607
    • Le roi était accoutumé au visage de Mme de Saint-Simon par les Marly et par la voir souvent à la suite de Mme la duchesse de Bourgogne, choses d'habitude qui lui faisaient infiniment Saint-Simon, 274, 202
    • Rien ne lui fait, il est insensible aux avis, aux reproches, etc.

  55. 57Faire des armes, s'exercer à l'escrime.

  56. 58Faire, avoir une part dans le jeu, dans une affaire.

    • Il partagea le prix avec le prince de la Roche-sur-Yon, parce qu'ils avaient fait de moitié ; mais ce marché fut un peu désapprouvé DANGEAU, I, 131, 4 mars 1685
  57. 59Faire que, agir de manière que, avec l'indicatif quand la phrase est affirmative et à l'indicatif : Cela fait qu'on vient, cela fera qu'on viendra ; avec le subjonctif, quand on veut exprimer un souhait, un désir, un but qu'on se propose : Faites qu'on vienne.

  58. 60Finir.

    • On n'a jamais fait avec lui, c'est-à-dire il ne finit rien, il demande toujours.

    • Il a fait à moi, il a fait avec moi, nous avons rompu, nous ne sommes plus amis ; cette phrase a vieilli.

      • Et dès ce moment elle eût fait avec lui Hamilton, Gramm. 4
  59. 61Faire de, avec ainsi, comme, etc. se comporter à l'égard de.

  60. 62Faire pour quelqu'un, le suppléer, tenir sa place, et aussi être son agent, son commissionnaire, sa caution.

  61. 63Faire dans les draps, être négociant en draps.

    • Faire en meubles, se dit de toutes les fournitures nécessaires pour garnir les meubles : laines, crins, étoffes, etc. Marchand de literie et de faire en meubles.

  62. 64Faire pour, travailler pour.

    • Faire pour, faire contre, être favorable à, contraire à, avec un nom de personne pour sujet.

    • Avec un nom de chose pour sujet.

      • C'est ce qui fait pour vous, et sur ces conséquences Votre amour doit fonder de grandes espérances Molière, Éc. des m. I, 6
  63. 65Avoir une influence, un effet quelconque. L'argent fait plus auprès de lui qu'aucune recommandation

  64. 66Dire, répliquer ; Il n'est d'usage que dans ces locutions familières d'ailleurs : Fait-il, fait-elle, fis-je, fit-il, fit-elle.

  65. 67Avoir fort à faire, avoir beaucoup d'efforts à faire pour venir à bout de quelque chose.

  66. 68C'est à faire à.... de.... se dit de quelqu'un qu'on reconnaît pour très capable de faire une chose. C'est à faire à lui d'ordonner une fête.

  67. 69Ne faire que, suivi d'un infinitif, signifie incessamment. Il ne fait qu'étudier. Pendant son séjour à Bade, il ne fit que jouer.

    • Ne faire que croître et embellir, se dit d'une jeune fille qui chaque jour devient plus grande et plus belle.

    • Par extension, s'augmenter, devenir pire. Sa passion pour le vin ne fait que croître et embellir.

    • En un autre sens, ne faire que, équivaut à seulement. Je n'ai fait que le voir, c'est-à-dire je l'ai vu seulement.

      • Ces beaux lieux ne faisaient que lui rappeler le triste souvenir d'Ulysse Fénelon, Tél. I
      • Les uns voient croître en paix, jusqu'à l'âge le plus reculé, le nombre de leurs années ; il en est qui ne font que se montrer à la terre Massillon, Pensées de la mort.
      • J'ai été bien malade cet hiver ; j'ai cru mourir ; mais je n'ai fait que vieillir Voltaire, Lett. Mme de Fontaine, 13 mars 1752
  68. 70Ne faire que de, équivaut à tout à l'heure.

  69. 71Faire sert à remplacer un verbe qu'il faudrait répéter, et prend alors la signification de ce verbe.

    • Et comme ils font du vrai, du faux ils m'épouvantent Régnier, Élég. I
    • Elle m'estime autant que Rome vous a fait Corneille, Hor. II, 3
    • L'exemple touche plus que ne fait la menace Corneille, Poly. III, 3
    • [Les oisillons] Se mirent à jaser aussi confusément Que faisaient les Troyens quand la pauvre Cassandre Ouvrait la bouche seulement La Fontaine, Fabl. I, 8
    • Ce baudet-ci m'occupe autantQue cent monarques pourraient faire La Fontaine, ib. VI, 11
    • Je veux savoir vos pensées à fond et vous connaître un peu mieux que je ne fais Molière, Festin, III, 1
    • Ah ! que j'ai de dépit que la loi n'autorise à changer de mari comme on fait de chemise Molière, Sgan. 5
    • Puisque me voilà éveillé, il faut que j'éveille les autres, et que je les tourmente comme on m'a fait Molière, Prol. de la Princ. d'Él. 2
    • Il l'appelle son frère, et l'aime dans son âme,Cent fois plus qu'il ne fait mère, fils, fille et femme Molière, Tart. I, 2
    • Il fallait cacher la pénitence avec le même soin qu'on eût fait les crimes Bossuet, R. d'Anglet.
    • Vous m'enverrez la traduction, ainsi que vous avez fait la latine Bossuet, Lett. quiét. 317
    • Quand ils eurent résolu la mort de saint Paul, ils le livrèrent entre les mains des Romains comme ils avaient fait Jésus-Christ Bossuet, Hist. II, 70
    • Les étrangers le connaissaient mieux que ne faisait une partie d'entre nous Fontenelle, Littre.
    • Charles voulait braver les saisons comme il faisait ses ennemis Voltaire, Charles XII, liv. IV
    • Au milieu de ces troubles on parla de paix comme on fait toujours Voltaire, Russie, I, 16
  70. 72Impersonnellement, faire sert à marquer l'état de l'atmosphère. Il fait jour. Il fait froid. Quelle chaleur il a fait tout le jour ! Les chaleurs qu'il a fait l'année dernière. Il a fait du vent. Il a fait un grand coup de vent. Il va faire de l'orage. Il a fait hier de la pluie. Il faisait doux quand nous sommes sortis. Il fait sec aujourd'hui.

    • Selon le temps qu'il fait l'homme doit naviguer Régnier, Sat. VI
    • M. le prince n'avait pas eu lieu de s'imaginer qu'il pût trouver le roi au retour du bain, par un temps aussi froid qu'il faisait Retz, III, 347
    • Allez doucement, il fait glacé, vous vous rompriez les jambes Voltaire, Mœurs, 128
    • La locution il fait chaud s'explique par il, sujet indéterminé, annonçant le vrai sujet qui est placé plus loin par inversion ; il, c'est-à-dire le chaud, fait, c'est-à-dire règne. C'est pour cela que l'on dit : quelle chaleur il a fait, et non faite.

    • Par extension, se dit des diverses conditions des choses. Il fait cher vivre à Paris.

    • Ironiquement. Il fait beau, il ferait beau, c'est-à-dire c'est, ce serait une chose ridicule.

      • Il nous ferait beau voir attachés face à face à pousser de beaux sentiments Molière, Amph. I, 4
  71. 73Se faire, v. réfl. Se constituer en un certain état. Se faire avocat. Elle s'est faite religieuse.

    • Mais je me fis toujours maître de ma fortune Corneille, Œdipe, v, 4
    • De nos jours, un imposteur s'est dit le Christ en Orient ; tous les Juifs commençaient à s'attrouper autour de lui ; ils s'imaginaient déjà qu'ils allaient devenir les maîtres du monde, quand ils apprirent que leur Christ s'était fait Turc Bossuet, Hist. II, 9
    • Jésus-Christ, tout saint qu'il était, n'a pas voulu entreprendre de se faire grand Bourdaloue, 10e dim. après la Pentec. Dominic. t. III, p. 208
    • Qui sait que son Dieu l'a sauvé en se faisant petit, et qui prétend se sauver en se faisant grand Bourdaloue, ib. p. 209
    • Puisque Votre Majesté, qui s'est faite homme, continue toujours à m'honorer de ses lettres, j'ose la supplier de me dire comment elle partage sa journée Voltaire, Lett. roi de Prusse, 18 juin 1740
    • Se faire belle, se dit d'une femme qui se pare.

    • Se faire de fête, s'inviter soi-même.

      • Il s'offre, il se fait de fête, il faut l'admettre La Bruyère, IX.
  72. 74Se produire réciproquement.

    • Quand on a commencé à prendre ce train [une éducation vigoureuse et toute dévouée à la patrie], les grands hommes se font les uns les autres Bossuet, Hist. III, 6
  73. 75Se faire, être son propre instituteur, son propre maître.

    • Son talent n'est pas ordinaire pour une femme, et pour une femme qui s'est faite toute seule Diderot, Salon de 1769, Œuv. t. XV, p. 35, dans POUGENS
  74. 76Se développer, en parlant des personnes. C'est un jeune homme qui se fera.

    • Se bonifier, en parlant des choses. Ce vin, ce fromage s'est fait.

  75. 77Se faire à, s'accoutumer, s'habituer.

  76. 78Se faire, suivi d'un adjectif, devenir. Ces arbres commencent à se faire beaux. Nous nous faisons vieux sans nous en apercevoir.

  77. 79Se faire, suivi d'un infinitif, rend le verbe causatif en même temps que réfléchi (bien entendu, dans ces constructions le participe fait est toujours invariable : Elle s'est fait connaître, ils se sont fait connaître).

    • Faites-vous contenter par ce couple céleste La Fontaine, Fabl. I, 14
    • Si le mari ne se fût fait connaître,Elle en allait enfiler beaucoup plus La Fontaine, Mari conf.
    • La douceur de sa voix a voulu se faire paraître dans un air tout charmant qu'elle a daigné chanter Molière, Princ. d'Él. III, 2
    • L'histoire, de quelque manière qu'elle soit écrite, a le privilége de se faire lire D'OLIVET, Hist. Acad. t. II, p. 2
    • La marte ne s'approche jamais des maisons, et elle diffère encore de la fouine par la manière dont elle se fait chasser Buffon, Quadrup. t. II, p. 243, dans POUGENS
    • Une effrayante voix s'est fait alors entendre Voltaire, Œdipe, I, 3
  78. 80Familièrement. Se laisser faire, ne pas se défendre, ne pas opposer de résistance. Cette jeune fille s'est laissé marier à un homme qui ne lui convenait pas. Nous laisserons-nous faire ainsi ?

  79. 81Se faire, être fait.

    • La mauvaise subtilité est moins dangereuse quand on raconte des choses faites que quand on délibère des choses à faire ; ici, pour ne rien dire de pis, elle est cause que les choses ne se font point Guez de Balzac, De la cour, 3e disc.
    • Notre connaissance s'est faite à l'armée Molière, Précieuses, 12
    • Et vos noces se feront dès ce soir ? Molière, Mar. f. 12
    • On veut que tout se fasse par moi ; et cela n'est point Mme de Maintenon, Lett. à Dangeau, t. VII, p. 76, dans POUGENS
    • Leurs habits, leurs tentes, leurs cordages, leurs tapis, tout se fait avec la laine de leurs brebis, le poil de leurs chameaux et de leurs chèvres Buffon, Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 265, dans POUGENS
    • La nuit se fait, la nuit commence. Arriver à l'heure où la nuit se fait.

    • Terme de marine. Le jusant se fait, il prend de la force. La brise se fait, elle devient plus vive. Le vent s'est fait depuis le lever du soleil, il s'est levé ou il a pris de la consistance depuis le lever du soleil.

  80. 82Impersonnellement. Être, arriver. Comment se fait-il que vous ne soyez pas venu ? Il s'est fait des fentes dans cette muraille. Il se fit un grand silence. Il s'est fait des choses qu'on ne sait pas. On dit de même il se fait tard, il se fait nuit, le jour commence à manquer, la nuit commence à venir.

  81. 65Faire à la chose, contribuer à ce qu'une chose soit mieux.

    • Il m'a semblé que ces morceaux faisaient à la chose, ne marquaient point d'humeur.... J.-J. Rousseau, Lett. à d'Alemb. 26 juin 1754
  82. 83En termes d'argot, se livrer à un genre particulier de vol.

    • M. le président : Cette femme faisait les mariages, c'est-à-dire qu'elle suivait les mariages pour faire les porte-monnaie Gaz. des Trib. 30 déc. 1874, p. 1247, 1re col.

Remarque

1. Quand faire est suivi d'un infinitif, ce verbe doit être précédé des pronoms lui, leur, et non des pronoms le, la, les, lorsque l'infinitif a un régime direct : On lui fit obtenir un emploi ; on lui fit faire cette démarche ; et il veut avant lui les pronoms le, la, les, toutes les fois que le verbe qui est à l'infinitif n'a point après lui de régime direct : On le fit renoncer à ses prétentions ; on le fit consentir à cette demande. 2. C'est la règle. Pourtant Corneille a dit : La règle voudrait : fais-leur servir.... Cette construction est un archaïsme, et pourrait s'employer en vers ou dans le style élevé. Il ne faut pas confondre ces cas avec ceux où le pronom est régime direct du verbe à l'infinitif : Je l'ai fait nommer, c'est-à-dire j'ai fait nommer cet homme. 3. Quand, au lieu d'un pronom placé avant, il y a un substantif placé après, là où l'on met lui, leur, on met à ; et là où l'on met le, la, les, on ne met point à : Je ferai faire la démarche à cet homme ; je ferai renoncer cet homme à ses prétentions. Dans le premier cas, homme est régime indirect de faire faire ; dans le second, régime direct de faire renoncer. 4. Je le fais parler, c'est-à-dire je fais qu'il parle, ou je lui attribue des paroles. Je lui fais parler, c'est-à-dire je fais qu'on lui parle. Je le fais répondre, c'est-à-dire je fais qu'il réponde, ou je lui attribue une réponse. Je lui fais répondre, je fais qu'on lui réponde. Je fais faire un habit à mon fils, je commande qu'on lui fasse un habit. Je fais faire un habit par mon tailleur, je charge mon tailleur de faire un habit. 5. Dans cet emploi, quand c'est un nom, non un pronom, on met toujours à : Homère fait dire à Ulysse.... il met dans la bouche d'Ulysse.... mais le sens doit être déterminé d'ailleurs ; car cela peut signifier : il recommande qu'on dise à Ulysse.... 6. Il faut bien prendre garde à la clarté ; car des amphibologies naissent facilement. Fais-lui tenir parole, peut signifier également fais qu'il tienne parole, ou fais qu'on lui tienne parole. Faites-lui faire un lit, peut signifier également ayez soin qu'on lui fasse un lit, et chargez-le de faire un lit. Dans ce vers de Racine : ; sa foi détermine le sens, c'est-à-dire fais qu'il garde sa foi ; mais, s'il y avait la foi, le sens serait douteux. 7. Avec le pronom relatif, l'amphibologie est la même. L'homme à qui j'ai fait garder la terre, peut signifier l'homme par qui j'ai fait garder la terre, et l'homme pour qui j'ai fait garder. Il faut donc veiller attentivement au sens. 8. Il faut distinguer lui faire apprendre et le faire apprendre. On dit : lui faire apprendre, lorsque apprendre a un régime direct : Je lui fais apprendre le latin. On dit le faire apprendre, lorsque apprendre n'a pas de régime direct, comme dans ces vers de la Fontaine : 9. À l'impératif, les pronoms se placent entre faire et le verbe. Faites-le bien garder. Faites-vous aimer. 10. On trouve dans la Rose (voy. l'historique) : L'avaient moult fete jaunir. Ici le participe est accordé ; mais ce n'est point un archaïsme, c'est une faute. 11. Employé de la sorte, faire n'a point de passif. On ne dit pas : il fut fait peindre. Il y a déjà longtemps que l'Académie a condamné il fut fait mourir : La plupart n'ont pas été contents de il fut fait mourir ; ils veulent qu'on dise : on le fit mourir, ou on le fit exécuter, Observ. sur Vaugelas, p. 275, dans POUGENS. 12. Il y a divergence sur la manière d'interpréter le rôle syntactique des pronoms lui, leur et le, la, les avec faire suivi d'un infinitif. Faut-il analyser : Je lui fais faire une démarche, par : je fais à lui ceci, faire une démarche, ou par : je fais faire une démarche par lui ? Faut-il analyser : Je le fais rire, par : je fais le, lui rire, ou par : je fais rire le, lui ? L'ancien usage (Xe s. La faire diavle servir), et l'anglais, qui sans doute provient de cet ancien usage français (he made him laugh, il le fit rire), montrent que c'est la première analyse qui est la bonne. L'emploi du régime indirect des pronoms au cas particulier cité dans la remarque première est une exception à la règle ancienne. 13. Les écrivains ont hésité entre avoir affaire à, et avoir à faire à. Aujourd'hui, dans ce sens, on ne se sert que de avoir affaire. 14. L'ellipse du verbe faire veut qu'un participe qui suit reste invariable. Il m'a fait toutes les avanies qu'il a voulu. Il m'a fait tous les maux qu'il a pu.

Proverbes

Ce qui est fait n'est pas à faire, c'est-à-dire quand on peut faire une chose, il ne faut pas la différer. Il a fait comme Robin fit à la danse, du mieux qu'il put. Il est comme le bonnetier, il n'en fait qu'à sa tête, c'est-à-dire il suit toujours sa volonté, sa fantaisie (on joue ici sur ce que le bonnetier fait des bonnets à sa tête). L'occasion fait le larron, c'est-à-dire l'occasion fait qu'on cède à des tentations auxquelles autrement on n'aurait pas cédé. On ne saurait faire d'une buse un épervier, on ne peut transformer un sot en habile homme. Les riches font leur paradis en ce monde. Comme il te fera, fais-lui, c'est-à-dire rends-lui la pareille. C'est à moi à faire, et à vous à vous taire. Laissons-les dire pourvu qu'ils nous laissent faire. Faire et dire sont deux, c'est-à-dire il y a loin entre la parole et l'effet. Qui bien fera bien trouvera. On ne peut faire qu'en faisant, c'est-à-dire ce n'est qu'en pratiquant les choses qu'on y devient habile. Qui a fait l'une a fait l'autre, se dit de deux personnes, de deux choses qui se ressemblent extrêmement. Qui fait un pot fait bien un poêle, c'est-à-dire qui peut le plus peut le moins. Faire de cent sols quatre livres et de quatre livres rien, se dit d'un prodigue qui mange son avoir. Maison faite et femme à faire, c'est-à-dire il faut acheter une maison toute construite et épouser une femme jeune dont on puisse former le caractère. Quand les mots sont dits, l'eau bénite est faite, c'est-à-dire il faut convenir de toutes les clauses d'un marché avant que de le conclure. Paris ne s'est pas fait en un jour, ou tout en un jour, c'est-à-dire il faut donner du temps pour faire les grandes affaires. Qui se fait brebis, le loup le mange, c'est-à-dire il ne faut pas être trop débonnaire. Le bon oiseau se fait de lui-même, c'est-à-dire un esprit intelligent s'instruit, se développe par lui-même. Fais ce que dois, advienne que pourra. Tout se fait avec le temps, c'est-à-dire avec de la patience on vient à bout des choses.

Étymologie

Bourguig. fare ; picard, fouère, foaire ; wallon, fér ; provenç. far, fair, faire ; catal. fer ; espagn. hazer ; portug. fazer ; ital. fare, du latin facere. On est incertain pour la provenance de la racine fac. Curtius, Étym. grecques, I, 52, 219, la rattache, non sans vraisemblance, au sanscrit dhâ, faire, poser, qui a donné le grec τίθηι ; dh sanscrit se change quelquefois en f dans le latin, par exemple dhûma, fumus ; le c serait une lettre euphonique, comme en grec dans ἔθη-ϰα ; enfin l'a bref de facio aurait son parallèle dans l'e bref du grec θέσις.

2faire s. m. (fê-r')

  1. 1L'action, la puissance de faire.

    • Dieu donne le vouloir et le faire selon son bon plaisir Fénelon, Exist. I, 65
    • Que je te hais, dit-elle, en embrassant le sire ! Contraste assez plaisant du faire avec le dire LAMOTTE, Fab. V, 20
  2. 2Terme d'art. Manière propre de chaque artiste.

    • Les anciens graveurs de la Grèce avaient un faire léger et fin MACIETE, Des pierres gravées, p. 84, dans RICHELET
    • Donnez à Vien la verve de Doyen qui lui manque, donnez à Doyen le faire de Vien qu'il n'a pas, et vous aurez deux grands artistes Diderot, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 319, dans POUGENS.
    • Ton général, caractère d'une œuvre. Ce tableau est d'un beau faire.

      • Le faire on est incomparablement plus libre, plus fougueux, plus hardi, plus chaud et plus beau Diderot, Salon de 1767, t. XV, p. 61
    • Diderot l'a écrit sans signe du pluriel : Il y a une infinité de faire différents, Peint. en cire, Œuvres, t. XV, p. 390. Il vaut mieux lui donner ce signe : Des faires différents.

Étymologie

Faire 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander