Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

altier dans le Littré

1 article· 6 citations· rimes· synonymes

altier, ière adj. (al-tié, tiê-r'. Cet homme altier et dur ; dites : al-tié-et-dur. Des grammairiens veulent qu'on prononce al-tiê-r' et-dur ; mais cela est mauvais, même en poésie : l'hiatus vaut mieux que cette articulation de l'r)

  1. Qui a de l'orgueil, de la hauteur ou qui marque l'orgueil, la hauteur. Un caractère altier. Humeur altière. Démarche altière.

    • En prose, il suit toujours le substantif ; en vers et dans la prose élevée, il le précède souvent.

Remarque

Quelques grammairiens soutiennent qu'on doit faire sentir l'r, et ils s'appuient sur ces deux vers de Boileau : La colère est superbe et veut des mots altiers : L'abattement s'explique en des termes moins fiers, A. p. III, 133. Mais d'autres leur répliquent par ces deux vers du même auteur : Ce perruquier superbe est l'effroi du quartier, Et son courage est peint sur son visage altier, Lutr. I, 223. La vérité est que la rime d'altier et fier n'est plus qu'une rime pour les yeux et doit être bannie aujourd'hui ; mais autrefois elle était exacte ; Chifflet, Gramm. p. 188, note que altier se prononce comme enfer, hiver. Mais alors il ne rimait pas avec quartier.

Étymologie

Ital. altiero ; de altus, haut (voy. HAUT).

Supplément

ALTIER. Ajoutez : - REM. 2. Quand Corneille employait ce mot dans le Cid (nov. 1636), c'était une hardiesse ; car, le 10 déc. de la même année, Balzac (livre XVII, lettre 30) écrivait à Chapelain : " De là viennent ces esprits altiers, pour parler italien en français. " Pourtant altier se trouve déjà dans Carloix, et aussi dans d'Aubigné : Plus dure que les rocs, les costes et la mer, Plus altiere que l'air, que les cieux et les anges, le Printemps, Paris, 1874, p. 18.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander