appréhender v. a. (a-pré-an-dé)
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1Terme de pratique. Saisir au corps.
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2Craindre. J'appréhende un conflit. Il appréhendait de le voir. Il appréhenda qu'on ne se saisît de lui.
- Qui n'appréhende rien, présume trop de soi Corneille, Poly. II, 6
- L'amitié le consent, si l'amour l'appréhende Corneille, Rodog. IV, 1
- Et n'appréhendez point Rome ni sa vengeance Corneille, Nicom. IV, 2
La même justesse d'esprit qui nous fait écrire de bonnes choses, nous fait appréhender qu'elles ne le soient pas assez pour mériter d'être lues
La Bruyère, 1J'appréhende un peu qu'il ne vous retienne
RAC. et BOILEAU, Lett. 13- N'appréhendez-vous point que tous vos domestiquesNe soient déjà gagnés par mes sourdes pratiques ? Corneille, Nicom. V, 7
Mon Dieu ! qu'ils n'appréhendent rien ; je leur garantis le succès de leur pièce
Molière, Impr. 3Et si le ciel n'a rien que tu puisses appréhender, appréhende du moins la colère d'une femme offensée
Molière, Festin, I, 3
Remarque
1. On met le second verbe au subjonctif avec ne.... pas, quand on désire que la chose arrive : j'appréhende qu'il ne vienne pas ; parce que je désirerais qu'il vînt. On met le second verbe au subjonctif avec ne seulement, quand, au contraire, on craint que la chose n'arrive, ou, ce qui est la même chose, quand on désire que la chose n'arrive pas ; ainsi : j'appréhende qu'il ne vienne ; parce que je voudrais qu'il ne vînt pas. 2. Appréhender ne se construit pas sans préposition avec un infinitif. C'est une locution vicieuse que : j'appréhende lui parler.
Étymologie
Apprehendere, saisir (voy. APPRENDRE) ; provenç. aprehendre. Ce verbe est nouveau dans la langue ; s'il était ancien, il aurait la forme apprehendre. Appréhender signifie proprement saisir des mains, puis saisir de l'esprit, puis prévoir, et, par le passage de la prévision à la crainte, redouter.