aussi adv. (ô-si)
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1Pareillement, de même. Il y avait aussi un de mes amis. Je l'aurais trompé aussi. Lui et les autres aussi.
- Et moi je fus aussi pasteur dans l'Arcadie Delille, Jardins, IV
- Si le plaisir me fuit, aussi fait le sommeil Malherbe, V, 15
- Si vous entrez partout, aussi font les profanes La Fontaine, Fab. IV, 3
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2Encore, de plus, en sus. Comptez aussi les dépenses accessoires. Il dit aussi qu'il avait du poisson chez lui.
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3Autant, devant un adjectif et un adverbe. Rien n'est aussi populaire que la bonté. Aussi bon père de famille que bon citoyen. Si le soleil est aussi grand qu'il le paraît. Je suis presque aussi en peine que lui. Cette maison est aussi fréquentée que jamais. En aussi petit nombre que possible. Aussi longtemps que.... Tu les connais aussi bien que moi.
L'âne est de son naturel aussi humble, aussi patient, aussi tranquille que le cheval est fier, ardent, impétueux
Buffon, Àne.Aussi vivant par l'esprit qu'il était mourant par le corps
Bossuet, le Tellier.
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4Tellement. Dans une patrie aussi glorieuse. Avec une sagesse aussi rare. Étant aussi sobre.
Je ne me propose point d'autre ordre dans une matière aussi importante
Massillon, Car. Petit nombre.La voyant dans une situation aussi brillante, je l'ai suppliée de vous envoyer quelques secours
BERN. DE ST PIERRE, Paul et Virg.
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5Conj. C'est pourquoi, à cause de cela. Il me priait de t'écrire ; aussi le fais-je. Il secourut toujours l'infortune ; aussi a-t-il à son tour trouvé des amis, ou bien, aussi il a trouvé à son tour des amis.
- Aussi faut-il donner à l'animal un pointQue la plante après tout n'a point La Fontaine, Fab. X, 1
Les pierres ont été formées pour être taillées et pour en faire des châteaux ; aussi monseigneur a un très beau château
Voltaire, Candide, 1- Aussi, dans le discours que vous venez d'entendre,Je parlais pour l'aigrir et non pour me défendre Corneille, Cinna, V, 2
Aussi ferai-je et cette nuit même
Beaumarchais, Barb. de Séville, IV, 1
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6Aussi bien, loc. adv. Dans le fait.
Il ne s'agit pas de réfuter ces rêveries des Platoniciens qui, aussi bien, tombent d'elles-mêmes
Bossuet, Hist. univ. II, 12- Aussi bien, en un seul, voici des maux sans nombre Corneille, Rod. II, 3
- Vous êtes, aussi bien, le véritable roi Corneille, Nicom. II, 2
- Qu'il périsse ; aussi bien il ne vit plus pour nous Racine, Androm. V, 1
- Aussi bien ces soupçons, ces plaintes assiduesOnt fait croire à tous ceux qui les ont entendues.... Racine, Brit. IV, 2
- Aussi bien ce n'est pas la première injusticeDont la Grèce d'Achille a payé le service Racine, Andr. I, 2
Au lieu de ces mœurs mondaines qui aussi bien vous damneront, refusez...
Massillon, Salut.- Car aussi bien quel est le grand salaireD'un écrivain au-dessus du vulgaire ? J.-B. Rousseau, Épît. I, liv. I, Aux muses.
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7Aussi bien que, loc. conj. De même que.
- L'absence est aussi bien un remède à la haineQu'un appareil contre l'amour La Fontaine, Fab. X, 2
- Et que tout l'univers, sachant ce qui m'anime,S'étonne du supplice aussi bien que du crime Corneille, Cinna, V, 2
- Perdez-en la mémoire aussi bien que la vue Corneille, Mithr. IV, 4
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Quand deux substantifs sont liés par aussi bien que, on peut mettre le verbe au singulier ou au pluriel, en le rapportant soit aux deux ensemble, soit à l'un seulement.
Cela n'empêche pas que toute sa divinité, aussi bien que toute son humanité, n'y soit dans une conjonction nécessaire
Pascal, Prov. 16Celui qui écoute aussi bien que celui qui parle, seront enveloppés dans une même ruine
Fléchier, Serm. I, 351
Remarque
1. Aussi se met dans le sens affirmatif : je le veux aussi. Dans le sens négatif, on dit : non plus. Vous ne le voulez pas, ni moi non plus. Tel est l'usage d'à présent ; mais les meilleurs auteurs du XVIIe siècle ont employé aussi avec la négation. Cette tournure a vieilli, il est vrai ; mais il est encore bon d'en étudier les exemples. 2. Avec ne.... que, on met non plus ou aussi. Il lit incessamment ; je ne fais non plus que lire ; ou : je ne fais aussi que lire. 3. Suivant des grammairiens, après la conjonction que, placée après aussi, si un adjectif suit, il faut faire précéder le verbe de le : elle n'est pas aussi douce qu'elle le semblait ; et Rollin, qui a dit : une place aussi forte qu'était Corinthe, aurait dû dire, que l'était Corinthe. Malgré cette décision, la phrase de Rollin est correcte, et pourrait être imitée, puisque ce cas présente une ellipse très facile : aussi forte que Corinthe était forte. 4. Aussi.... que ne se met que devant un adjectif ou un adverbe ; cependant on dit communément : il a aussi soif que vous. La locution moins négligée serait : il a soif autant que vous, ou autant de soif que vous. 5. Au XVIIe siècle, on disait, conformément à l'usage des siècles précédents, aussi comme, pour lequel nous disons présentement aussi que.
Synonymes
AUSSI, AUTANT. Aussi venant de sic, ainsi, marque la similitude ; autant venant de tantum, marque l'égalité. On dit : il est aussi riche que vous, il a parlé aussi sagement que vous, et, moins ordinairement, autant riche, autant sagement. On dit : il l'aime autant que vous l'aimez, et non aussi que ; il a autant de force que vous, et non aussi de force. En un mot, la règle générale est que aussi s'emploie avec les adjectifs et les adverbes, et autant avec les verbes. Il est singulier que disant : aussi riche que vous, on ne dise pas : il l'aime aussi que vous. Voici un essai d'explication de cette anomalie. Dans l'ancien français on a dit autant comme, aussi comme, marquant la comparaison non par que, mais par comme. Toutefois autant, formé de tantum qui a le corrélatif quantum, a pu très bien avoir que pour corrélatif, comme cela est arrivé. Il n'en est pas de même de aussi qui est formé de sic ; là, le corrélatif ne pouvait être que comme et ne pouvait être que. Néanmoins que a fini par remplacer comme pour aussi, ainsi que pour autant. Cette substitution étant faite, il aurait fallu être conséquent et la poursuivre partout. Mais ce qui arrive le plus souvent c'est que, quand on modifie une locution dans une langue, la conséquence fait défaut ; et l'oreille, hésitant entre la nouvelle forme et l'ancienne, introduit des variations fondées dès lors non sur la grammaire, mais sur l'usage ; c'est ainsi que, disant aussi riche que vous, on ne dit pas, il l'aime aussi que vous ; comme si l'oreille avait accepté l'usage de aussi avec que, quand aussi était séparé de que par un adjectif ou par un adverbe, mais non quand le que aurait dû suivre immédiatement aussi. Bref, l'histoire des locutions est ce qui les explique. Jadis on disait aussi comme soit avec les adjectifs soit avec les verbes. Dans le passage de l'ancien français au français moderne, que ayant remplacé comme, aussi que s'est dit avec les adjectifs ou les adverbes et ne s'est plus dit avec les verbes. Voilà le fait, que j'essaye d'expliquer en disant que, aussi ne comportant pas étymologiquement le corrélatif que, cette circonstance a empêché la modification de s'étendre à tous les cas que présentait l'ancien français.
Étymologie
Bourguig. ossi. L'ancienne forme altresi, alsi montre l'origine : alterum sic, aliud sic, autre ainsi (pour alterum, aliud, voy. AUTRE, et pour sic, voy. SI, adv.).
Supplément
AUSSI. - REM. Ajoutez : 6. Aussi s'est dit pour le plus. Marie de Médicis écrit à Charles 1er à propos de sa fille Henriette : Je vous la recommande comme la créature du monde qui m'est aussi chère, et prie Dieu.... Lettre citée par Lingard, t. IX, p. 356 de la traduction française. Voyez pour un emploi semblable d'autant, le mot AUTANT au Supplément, REM. 5.