Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

baie dans le Littré

5 articles· 7 citations· rimes· synonymes

1baie s. f. (bê)

  1. Petit golfe dont l'entrée est resserrée.

Étymologie

Espagn. bahía ; ital. baia ; angl. bay, du bas-latin baia, port (portum veteres a bajulandis mercibus vocabant baias, dit Isidore). Mais bajulare ne peut donner baia. On a indiqué pour étymologie baie, porte, parce que la baie est une ouverture dans une côte, et l'irlandais bâdh ou bâgh, petit golfe ; mais baie, porte (voy. baie 2), ayant un radical bada, et le celtique bâdh ou bâgh ne sont pas conciliables avec le baia d'Isidore ; à une époque aussi reculée que le VIe siècle, la consonne aurait été conservée, et le mot eût été bada ou baga. On a indiqué aussi la ville de Bayonne, dont le nom se décomposerait en deux mots basques, baia, port, et ona, bon ; mais ceci est un cercle hypothétique où Bayonne explique baie, et baie explique Bayonne. Il ne faut pas sortir du domaine latin : il y avait Bajœ qui, signifiant un lieu agréable sur la côte de Campanie, avait fini par prendre le sens de tout lieu maritime agréable ; de là le sens roman de baie, qui est un refuge pour les marins. Une particularité vient à l'appui : le latin disait bajæ, en deux syllabes avec l'accent sur ba ; d'où l'italien baia et le français baie ; le grec disait βαίαι en trois syllabes, avec l'accent sur l'ι, d'où une double accentuation qui s'est conservée dans l'espagnol bahía.

2baie s. f. (bê)

  1. 1Terme de maçonnerie. Ouverture qu'on pratique dans un mur ou dans un assemblage de charpente pour faire une porte, une fenêtre.

  2. 2Espace qui reste à paver dans une chaussée.

Étymologie

Bayer, être ouvert (voy. BAYER) ; génev. baide, interstice, bède, intervalle.

3baie s. f. (bê)

  1. Tromperie, mystification.

Étymologie

Bayer (voy. ce mot), parce que celui qui donne une baie, fait bayer celui qui la reçoit. Provenç. en bada, en vain ; espagn. et portug. vaya ; ital. baja.

4baie s. f. (bê)

  1. Terme de botanique. Fruit charnu dépourvu de noyau, et dont les graines sont placées au milieu de la pulpe : tels sont les raisins, les groseilles. On donne aussi par extension le nom de baies à des fruits dont les graines sont contenues dans des loges, tels que ceux des morelles, de la belladone, etc.

    • On eût dit que ses joues [de Clodion] étaient peintes du vermillon de ces baies d'églantiers qui brillent au milieu des neiges Chateaubriand, Mart. 202
    • Dimanche des baies, un des noms donnés au dimanche des Rameaux, parce qu'on y apporte souvent des branches de laurier, garnies de leurs baies.

Étymologie

Latin, bacca.

5bai, baie adj. (bè, bê)

  1. D'un rouge brun, en parlant des chevaux.

    • Je fis trois charges sur mon excellent courtaut bai brun Saint-Simon, 12, 139
    • Variétés : bai fauve, bai clair, bai cerise, bai foncé, bai châtain, bai marron, bai brun. Quand on nomme ces variétés, on les emploie, par ellipse, en adjectif invariable : des chevaux bai clair, bai foncé. On emploie aussi le nom de ces variétés, comme substantif masculin : le bai clair.

Étymologie

Provenç. bai ; espagn. bayo ; ital. baio ; bas-lat. baius, bagus, bagius, baiardus (d'où le nom du célèbre Bayard, cheval de Renaud, fils d'Aimon), du latin badius.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander