1bourde s. f. (bour-d')
-
Mensonge, mauvaise excuse, défaite.
- Appelez-moi grand fourbe et grand donneur de bourdes Corneille, le Ment. III, 5
- Qui baillent pour raisons des chansons et des bourdes Régnier, Sat. X
Tous les uns après les autres [les dupés], les voilà à pester contre M. de Lauzun, et leur sottise d'avoir donné dans cette bourde
Saint-Simon, 230, 76
Étymologie
Bourguig. bode ; provenç. borda. Diez, le prenant au sens de divertissement, y voit une contraction de behort, joute à la lance, behorder, jouter à la lance ; d'où, par extension de sens, jeu, puis raillerie, mensonge. La difficulté est cette contraction même. Toutefois il est vrai qu'on la trouve réellement effectuée dans le provençal, où le behort est dit beor, biort, et enfin bort, et dans le français, où l'on trouve aussi bourder pour behourder, bourde pour bâton (voy. BOURDE 2). En prenant en considération les différentes formes et les différents sens de behort et behorder, dans l'ancien français et le bas-latin, la conjecture devient tout à fait vraisemblable.