camp s. m. (kan ; le p ne se lie pas : le camp ennemi, dites : le kan ennemi ; du temps de Chifflet, XVIIe siècle, ce p se liait, il en fait la remarque ; au pluriel l's se lie : les camps ennemis, dites : les kan-z ennemis)
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1Espace de terrain où une armée dresse ses tentes. Déterminer l'emplacement d'un camp, établir ou asseoir son camp. Il leva le camp sans bruit. Forcer le camp ennemi, s'emparer du camp de l'ennemi.
- Rome est dans notre camp, et notre camp dans Rome Corneille, Hor. I, 3
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Familièrement. Lever le camp, partir, déguerpir.
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2L'armée campée. Le camp prit les armes.
- Abandonner mon camp en est un capital Corneille, Nicom. II, 2
- D'un camp prêt à partir vous entendez les cris Racine, Mithr. III, 5
- Vois comme tout le camp s'oppose à notre fuite Racine, Iph. V, 1
En son camp on ne connaît pas les vaines terreurs qui fatiguent et rebutent plus que les véritables
Bossuet, Louis de Bourbon.
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Mettre l'alarme au camp, donner l'alerte à une troupe campée ; et, figurément, inquiéter un parti, une coterie, etc.
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Camp volant, troupe légère qui tient la campagne pour observer l'ennemi.
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Fig. Être en camp volant, n'être pas casé d'une manière définitive.
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Camp de manœuvre, camp établi pour l'instruction des troupes.
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Lit de camp, petit lit qui se démonte et que l'on transporte où l'on veut.
Je reviens aux petites choses, des toilettes, des lits de camp, des services de vaisselle de vermeil doré et d'argent [dons de Louis XIV pour l'expédition de Jacques II en Irlande]
Mme de Sévigné, 525
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En un autre sens, lit de camp, lit de corps de garde, c'est-à-dire plancher élevé et incliné, sur lequel on met des matelas, et où l'on couche l'un à côté de l'autre.
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3Une armée quelconque.
- J'ai rejoint de mon camp les restes séparés Racine, Mithr. II, 3
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4Au plur. Armes, guerre. Homme plus utile dans les camps. La vie des camps.
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5Fig. Parti, faction. Se partager en deux camps. Il avait été dans notre camp. Nous nous sommes jetés dans le camp d'Aristote.
Il sépare sans balancer sa sœur du camp du Seigneur
Massillon, Panég. Saint Bernard.
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6Maréchal de camp, anciennement, maréchal des camps et armées du roi, officier du grade immédiatement supérieur à celui de colonel ; aujourd'hui, maréchal de camp, général de brigade qui commande un département.
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Aide de camp, officier d'ordonnance attaché à un officier général.
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7Lice, champ clos. Demander le camp. Donner le camp. Juge du camp.
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Familièrement. Prendre le camp, déguerpir.
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8Dans certaines parties de l'Asie, quartier assigné aux étrangers qui viennent faire le commerce.
Remarque
Le titre de maréchal de camp n'est plus usité. Il est d'après le texte des lois et règlements remplacé par celui de général de brigade. Le maréchal de camp (de même que le général de brigade qui lui a succédé) ne commandait pas toujours une brigade ou un département, par exemple dans les armes spéciales (état-major, artillerie, génie). C'était, comme est le général de brigade, un officier général dont le grade est supérieur à celui de colonel et inférieur à celui de général de division.
Étymologie
Prononciation picarde pour champ (voy. ce mot), laquelle a pris dans la langue commune une acception spéciale : ce qui est arrivé souvent.
Supplément
CAMP. 1° Ajoutez : Camp retranché, camp destiné à protéger une place forte, ou à être occupé par une armée chargée de la défense d'une position importante. 9° Néologisme. Un camp-volant, un homme qui est comme en camp volant, sans demeure fixe, un coureur, un vagabond.