Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

chaland dans le Littré

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1chaland, ande s. m. et f. (cha-lan, lan-d')

  1. 1Acheteur, pratique. Ce marchand a beaucoup de chalands, de bons chalands. Il perd ses chalands.

    • Quelquefois, simplement, acheteur. Faire venir les chalands.

  2. 2Par extension, client, et toute personne qui en recherche une autre, s'attache à elle, entretient avec elle des rapports habituels. Cette femme est un fort bon parti, elle ne manquera pas de chalands.

    • Familièrement. C'est un chaland [une connaissance] dont je ne me soucie guère. Nous ne serons pas longtemps chalands [en bons rapports], si vous vous conduisez ainsi.

  3. 3Se disait d'une sorte de pain assez blanc et très massif.

    • Mais retournons à table où l'éclanche [de mouton].... Des dents et du chaland séparait la querelle Régnier, Sat. X
    • Adjectivement, pain chaland. Ce pain était ainsi nommé, parce qu'il était le pain ordinaire des chalands d'un boulanger.

Étymologie

Espagn. chalan ; de chaland, sorte de bateau (voy. CHALAND 2) ; le chaland, qui achète, étant comparé au chaland, bateau, qui va chercher les marchandises pour les apporter au rivage, au quai, au marché (comp. BARGUIGNER). Dans le passage de Thomas le martyr, chiefs et chalant signifient chef et associé, comme le prouve l'emploi de chalandise dans un texte de Froissart cité plus loin. Enfin, dans le parler de Loudéac (Côtes du Nord), chaland signifie gouttière, conduit pour l'eau, peut-être par quelque assimilation avec chaland, bateau.

Supplément

Quelque difficile, à cause du sens, qu'il soit d'assimiler chaland, chalande à chaland, sorte de navire, néanmoins cette étymologie reste la plus plausible. M. Bovet, dans un article de M. Berthoud, Journal de Genève, 3 déc. 1874, propose chalant, participe de chaloir : le chaland, celui qui désire, qui est amateur de tel ou tel objet ; mais chaloir est impersonnel, du moins dans tous les exemples connus, et ne se construit qu'avec la négation ou l'interrogation : Ne vous chaut, que vous chaut ? Il me chaut d'une chose, et non je chau d'une chose. Cet obstacle grammatical paraît difficile à surmonter.

2chaland ou chalan s. m. (cha-lan ; le d ne se lie jamais)

  1. 1Terme de navigation fluviale. Grand bateau plat, pour le transport des marchandises. Les chalands qui font les transports entre le Havre et Paris.

  2. 2Terme de marine. Allége à fond plat tirant très peu d'eau.

Étymologie

Anc. catal. xelandrin ; bas-lat. chelandrium, chelindrus, salandra, calannus. Origine inconnue. Diez propose, par assimilation, tortue de mer, serpent de mer. Il y a bien, dans le bas-latin, calones, barques portant le bois aux soldats ; on pourrait accepter ce changement d'on en an ; mais d'où viendrait le t ou d de chalant ou chaland dans les plus anciennes formes ?

Supplément

On a aussi proposé l'arabe chalandī, bateau plat ; mais M. Devic, Dict. étym., objecte que chaland se disait en normand calant, et qu'un ch arabe peut difficilement devenir un c dur.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander