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col dans le Littré

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1col s. m. (kol)

  1. 1Cou, partie du corps qui supporte la tête. En ce sens il ne se dit que par euphonie ; et encore l'usage s'en perd de plus en plus ; il serait bon cependant de le conserver pour la poésie. Un col court. Un col apoplectique.

  2. 2Terme d'anatomie. Embouchure de certaines parties. Col de la vessie, sorte de prolongement de la partie antérieure inférieure de la vessie, représentant un goulot très court.

    • Nom de parties qui sont plus minces que le reste de l'organe dont elles dépendent. Col de la matrice, canal étroit, cylindrique, qui conduit de l'orifice à l'intérieur de l'utérus.

    • Rétrécissement entre la tête et le corps de certains os. Le col du fémur, de l'humérus.

  3. 3Par analogie, le col d'une bouteille, d'une cornue, la partie entre le goulot et le ventre.

  4. 4Terme de géographie. Passage étroit entre deux montagnes.

    • Le prince Eugène était entré dans le Dauphiné par le col de Tende Voltaire, Louis XIV, 21
  5. 5Col de chemise, partie de la chemise qui entoure le cou.

    • Col de cravate, ce qu'on met dans une cravate pour lui donner de la fermeté.

    • Par extension, sorte de cravate qui s'attache derrière le cou avec une boucle. Col de soie, de velours.

      • Le Czar [Pierre 1er] ne portait qu'un col de toile, une perruque ronde brune Saint-Simon, 467, 139
    • Faux col, façon de col de chemise qui s'attache autour du cou.

    • Sorte de petit collet en toile, en mousseline brodée ou en dentelle, monté sur un fond de fichu, que les femmes mettent autour de leur cou, dépassant le corsage de la robe, et généralement rabattu sur ce corsage.

  6. 6Terme de marine. Col de cygne, bosse de fer qui sert à retenir les câbles-chaînes.

  7. 7Terme de serrurerie. Toute courbure que l'on fait subir à une tringle.

  8. 5Col de cygne, pièce recourbée qui sert à conduire un liquide, la fumée, etc. Cols de cygne pour bains, et fourneaux de grands établissements, Alm. Didot-Bottin, 1871-72, p. 1272, 3e col.

Étymologie

Voy. COU.

2cou ou col s. m. (kou ou COL)

  1. 1La partie du corps qui unit la tête au tronc.

    • Populairement et par pléonasme. Il sera pendu par son cou.

    • Avoir un cou de grue, le cou d'une grue, avoir le cou long et grêle.

    • Avoir un cou de cygne, avoir le cou blanc et gracieux, en parlant d'une femme. On dit aussi pour louer le cou d'une femme : cou d'ivoire, d'albâtre, de lis.

    • Se jeter au cou de quelqu'un, l'embrasser avec effusion.

      • Elle se jette au cou de ce pauvre vieillard Corneille, le Ment. II, 5
      • La petite d'Hudicourt a été huit ou dix jours à la cour toujours pendue au cou du roi Mme de Sévigné, 172
      • Télémaque se jeta au cou de Mentor Fénelon, Tél. XXII
      • Télémaque saute à son cou Fénelon, ib. X
      • Je voulus me jeter à son cou pour l'embrasser Fénelon, ib. IV
    • Mettre la corde au cou, passer la corde autour du cou de quelqu'un pour le pendre ; et fig. ruiner, perdre.

      • La trop grande indulgence de son père lui a mis la corde au cou Dict. de l'Acad.
    • Se mettre la corde au cou, se perdre soi-même, se mettre dans une position d'où on ne peut se tirer.

    • Mettre le pied sur le cou de quelqu'un, lui faire violence.

    • Couper le cou, trancher la tête.

      • Cette révolte n'empêcha pas Antiochus de faire couper le cou au grand prêtre Onias Voltaire, Phil. III, 139
    • Tordre le cou, donner la mort. Pour le dîner on tordra le cou à quelques poulets.

      • J'aimerais.... que monsieur Satan vous vînt tordre le cou Molière, l'Étour. I, 11
    • Être dans l'eau jusqu'au cou. Y être presque totalement plongé.

    • Et fig.

      • Je puis vous promettre, s'il se détermine à ce que vous voulez, de m'y mettre jusqu'au cou pour le succès Saint-Simon, 510, 281
    • Fig. Tendre le cou, s'offrir comme une victime, subir quelque grande violence ou injustice sans résister.

    • Fig. Rompre le cou à quelqu'un, à une affaire, l'empêcher de réussir.

    • Se rompre, se casser le cou, se blesser grièvement en tombant ; et fig. perdre tous ses avantages, toutes ses espérances.

    • Prendre ses jambes à son cou, s'enfuir au plus vite....

      • Rendez-moi mon bijou, Et je prends, pour partir, mes jambes à mon cou Regnard, Démocr. V, 5
    • Avoir son cou chargé de quelque chose, porter une charge considérable, avoir une grave responsabilité.

    • Fig.

      • Ta main sera sur le col de tes ennemis Bossuet, Hist. II, 2
      • Ce peuple [juif] était d'un cou roide et dur d'entendement Voltaire, Phil. II, 136
  2. 2Le cou ou le col d'une bouteille, la partie longue et étroite par laquelle on l'emplit et on la vide.

    • Cou de chemise, voy. COL.

  3. 3Cou de cygne, partie courbée de l'avant-train d'une voiture.

    • Terme de marine. Cou de cigogne, cou de cygne, tige en fer fixée au pont.

    • Terme de manége. Cou de cygne, encolure en cou de cygne, encolure de certains chevaux.

  4. 4Terme de zoologie. Cou-blanc, nom du motteux.

    • Cou-jaune, nom de la fauvette de St-Domingue (sylvie pendante de Latham).

    • Cou-rouge, le rouge-gorge.

    • Cou-tors, le torcol.

    • Cou-coupé, le gros bec du Sénégal.

  5. 5Terme de botanique. Cou de chameau, narcisse des prés (narcissus pseudo-narcissus, L.).

    • Cou de cigogne, géranium commun dans les bois.

  6. 6

    • Dans l'Aunis, casser le cou à un fût, le faire tourner sur lui-même, de manière que chaque fond occupe la place de celui qui lui est opposé, Gloss. aunisien, p. 91

Remarque

Col est une forme archaïque qui est d'un usage rare, excepté quand il s'agit du goulot d'un vase, d'un passage dans une montagne, de la partie d'une chemise qui entoure le cou, etc.

Étymologie

Picard et bourguig. co ; provenç. col, espagn. cuello ; ital. collo ; du latin collum. Dans l'ancien français, au nominatif singulier, li cols ou li cous (cou, prononciation qui est devenue la plus habituelle parmi nous) ; au régime, le col (col, prononciation qui est restée dans quelques cas exceptionnels).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander