Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

collation dans le Littré

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1collation s. f. (kol-la-sion ; on prononce les deux ll, ce qui le distingue du suivant)

  1. 1Terme de jurisprudence. Droit de nommer à un bénéfice ecclésiastique ; action de conférer un bénéfice ecclésiastique.

    • Il n'y a rien à dire de ma part sur les collations Bossuet, Lett. abb. 13
    • La provision du collateur. Avoir la collation de l'ordinaire.

  2. 2Action de conférer un titre, un droit.

    • Action de conférer un grade, par faveur et indépendamment des examens, en des circonstances exceptionnelles.

  3. 3Action de conférer, de confronter une copie avec l'original pour en constater l'exactitude.

    • Les clercs de la vie commune, aux Pays-Bas, s'occupaient de la collation des originaux dans les bibliothèques Chateaubriand, Génie, IV, VI, 5
    • Après avoir copié tout le morceau inédit, j'achevai la collation du reste avec ces messieurs Paul-Louis Courier, I, 68
  4. 4Terme de libraire. Action de collationner.

  5. 5Mot qui s'est quelquefois dit en grammaire pour comparaison.

Étymologie

Provenç. collation ; espagn. colacion ; ital. collazione ; du latin collationem (voy. COLLATEUR).

2collation s. f. (ko-la-sion ; en poésie, de quatre syllabes ; on ne prononce qu'une seule l, ce qui le distingue du précédent)

  1. 1Repas léger que les catholiques font au lieu de souper, les jours de jeûne.

    • Plus la nourriture est forte, plus on est en état de garder la règle du jeûne en ne faisant chaque jour qu'un seul repas avec une petite collation Fénelon, XVIII, 479
  2. 2Par extension, tout repas fait dans l'après-dînée et qu'on nomme aussi goûter ; anciennement petit repas fait entre le dîner et le souper ; et aussi petit repas donné par politesse, par galanterie.

    • Je n'ai pas songé à vous donner un peu de collation avant de partir Molière, l'Av. III, 12
    • Il nous a donné la collation Molière, Fourb. II, 11
    • Après cela, on fit une jolie collation Mme de Sévigné, 78
    • Les soirs il vient faire collation avec nous Mme de Sévigné, 504
    • On fit collation, on soupa, etc. Mme de Sévigné, 47
    • Je lui dois donner une très bonne collation Mme de Sévigné, 444
    • À dîner, on me servit des tubéreuses et puis des peaux d'Espagne ; je n'eus que des jonquilles à collation Fénelon, XIX, 40
  3. 3Petit repas qu'on fait, entre les repas, en hâte, en passant, ou par une circonstance quelconque.

  4. 4Anciennement, repas qu'on servait la nuit dans les bals. Il y eut bal et grande collation.

Étymologie

Provenç. collation ; bas-lat. collatio (voy. COLLATION 1). Ce terme vient des coutumes ecclésiastiques. Dans les monastères, on faisait, après le souper, qui avait lieu de bonne heure, une lecture de l'Écriture sainte ou des Pères. Les moines échangeaient leurs observations sur le texte ; les uns faisaient des objections, d'autres y répondaient. Cet exercice, que nous appelons une conférence, ils l'appelaient collatio (de conferre).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander