comprendre v. a. (kon-pran-dr')
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1Prendre en soi, contenir. Il a compris dans son parc plusieurs pièces de vignes. Quand on dit : jusqu'à tel jour inclusivement, le jour est compris dans le terme.
Une maxime qui comprend toutes les autres
Pascal, Prov. 14La Rancune eut assez de crédit pour nous faire comprendre dans son passe-port, en qualité de comédiens
Scarron, Rom. com. I, 18C'est comprendre dans sa pensée tout ce qu'il y a de grand parmi les hommes
Bossuet, Hist. préf.Ce temps [de la mort] embrasse tous les temps : Qu'on le partage en jours, en heures, en moments, Il n'en est point qu'il ne comprenne Dans le fatal tribut ; tous sont de son domaine
La Fontaine, Fabl. VIII, 1La basse Égypte, qui comprenait ce que les Grecs appellent Delta
Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 11, dans POUGENSTout cela pourquoi ? parce que le christianisme veut tout cela, comprend tout cela
Bourdaloue, 2e dimanche après Pâques, Dominic.
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2Mettre ensemble dans la même catégorie. Vous traitez ces personnes d'hérétiques pour me comprendre dans cette accusation. On a fait comprendre dans l'inventaire plusieurs meubles qui n'appartenaient pas au défunt. Il a été compris dans la capitulation.
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3Fig. Saisir par l'esprit. Je comprends fort bien ce que vous me dites. La plupart des hommes estiment ce qu'ils ne comprennent pas.
Mon exemple vous doit apprendre qu'il y a des choses très excellentes et très admirables qui échappent à notre vue et qui n'en sont ni moins vraies ni moins désirables, quoiqu'on ne les puisse ni comprendre ni imaginer
Bossuet, Anne de Gonz.Je comprends fort aisément qu'il est naturel à de tels esprits de tomber dans l'indifférence [religieuse], et de faire servir Dieu à la religion et à la politique, c'est-à-dire à l'ordre et à la décoration de ce monde, la seule chose, selon eux, qui mérite que l'on y pense
La Bruyère, XVISi c'est là sa largeur [du globe solaire] en tous sens, quelle peut être toute sa superficie ! quelle est sa solidité ! comprenez-vous bien cette étendue, et qu'un million de terres comme la nôtre ne seraient toutes ensemble pas plus grosses que le soleil ?
La Bruyère, ib.Si je vous comprenais, mon Dieu, vous ne seriez plus ce que vous êtes, ou je ne serais plus ce que je suis
Bourdaloue, Myst. TrinitéVous en comprenez la raison, mes chers auditeurs ; et, si vous ne la comprenez pas bien encore, je ne puis trop vous le redire, afin que vous puissiez une fois la concevoir
Bourdaloue, 2e dim. après Pâques, Dominic.Ce que l'esprit comprend, il le comprend par assimilation, ou par comparaison, ou par analogie
Diderot, Opin. des anc. philos. Stoïcisme.- Tenez-moi lieu d'un Dieu que je ne comprends pas Voltaire, Fanat. IV, 3
Si nous ne comprenons pas certaines choses un peu délicates, c'est apparemment qu'il n'était pas nécessaire que nous les comprissions
Voltaire, Lett. d'Argenson, 6 nov. 1770
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Absolument.
Plus heureux que tu ne peux comprendre
Racine, Bérén. II, 2
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Plus particulièrement. Avoir l'intelligence d'une langue, des mots. Comprenez-vous l'anglais ? Voilà un mot que je ne comprends pas. Passage difficile à comprendre.
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Faire comprendre, montrer, prouver, faire que l'on comprenne.
Je n'ai point dit ceci pour diminuer rien de la distance infinie qu'il y a entre les vices et les vertus : à Dieu ne plaise ! j'ai seulement voulu faire comprendre que tous les vices politiques ne sont pas des vices moraux, et que tous les vices moraux ne sont pas des vices politiques
Montesquieu, Esp. XIX, 10
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4Se rendre raison d'une chose, se l'expliquer. Je ne comprends pas sa conduite. Comprenez-vous un tel langage ? Vous comprenez que cela doit m'inquiéter.
- Témoin de mes erreurs, vous n'avez pu comprendreComment j'abandonnai l'amante la plus tendre Gresset, Sidnei, II, 6
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Comprendre à. Je ne comprends rien à sa conduite. À cela que comprenez-vous ? je n'y comprends pas grand'chose.
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Absolument. Tu comprends ? J'ai compris.
Oh ! je commence à comprendre : le comte s'en va, le notaire reste, et vous vous mariez
Marivaux, Seconde surprise de l'amour, III, sc. dern.
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5Comprendre quelqu'un, comprendre ce qu'il dit, ce qu'il veut, ce qu'il ordonne. Vous ne m'avez pas compris. Cet étranger ne se fait guère comprendre. Parlez plus clairement, nous ne vous comprenons pas.
Quoi ! l'art qui nourrit les hommes est méprisé en Europe ! je ne vous comprends pas
BERN. DE ST-PIERRE, Paul et Virg.
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Comprendre quelqu'un, pénétrer dans les idées, dans les vues de quelqu'un. Je ne le comprends plus. On ne le comprend pas avec ses prétentions exorbitantes.
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6Se comprendre, avoir la connaissance l'un de l'autre. Les hommes ne se comprennent pas les uns les autres. Des cœurs faits pour se comprendre.
Bien que les goûts d'Oswald fussent, à quelques égards, différents de ceux de Corinne, ils se comprenaient mutuellement d'une façon merveilleuse
Mme de Staël, Corinne, IV, 1
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Être compris. Cela se comprend.
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Avoir la connaissance de soi-même. Cet homme ne se comprend pas lui-même.
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7Comprendre quelqu'un, entrer dans ses pensées et dans ses sentiments.
Au nom de Dieu, monsieur, aidez-moi de vos lumières, vous l'avez connu [M. de Lamoignon qui venait de mourir] et vous l'avez compris
BUSSY-RABUTIN, Lettre au P. Rapin, 12 déc. 1677, citée par M. Regnier, SÉV., t. V, p. 405
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8Se comprendre, avoir l'intelligence de soi-même.
- Vaincue, elle ne peut se rendre,Et ne saurait ni se comprendre,Ni consentir à s'ignorer LAMOTTE, Odes, l'Homme.
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9Se comprendre, comprendre exactement ce que l'on veut dire et ce que l'on dit.
Étymologie
Picard, copendre ; bourguig. comprare ; provenç. comprendre, compenre, comprener ; catal. compendrer ; espagn. comprender ; portug. comprehender ; ital. comprendere ; du latin comprendere, syncopé lui-même de comprehendere, de cum, avec, et prehendere, prendre (voy. PRENDRE). Le provençal, le français et l'italien sont les seuls qui aient été fidèles à la conjugaison latine.