courber v. a. (kour-bé)
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1Rendre courbe. Courber un bâton.
La vieillesse viendra courber ton corps
Fénelon, Tél. XIX.- Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse La Fontaine, Fabl. VII, 18
- Puis l'infirme vieillesse, arrivant tristement,Presse d'un malheureux la tête chancelante,Courbe sur un bâton sa démarche tremblante.... André Chénier, Élég. 33
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2Fléchir, baisser.
Peut-être Assuérus, frémissant de courroux, Si nous ne courbons les genoux Devant une muette idole, Commandera qu'on nous immole
Racine, Esth. II, 9Vous avez jusqu'ici.... Résisté sans courber le dos ; Mais attendons la fin
La Fontaine, Fabl. I, 22On courbe l'homme, et il reste plié ; il prend cette attitude pour celle que lui donne la nature, il s'endort dans sa misère
ST-LAMBERT, Saisons, IV, note 4On courbait la tête sous les bénédictions des évêques
Chateaubriand, Génie, IV, III, 2
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Fig.
- Ce Dieu, tyran cruel, monarque imaginaire,Sous le sceptre odieux du pouvoir arbitraire,Devait courber nos fronts.... Delille, Parad. perdu, VI
- Las de courber mon front sous un injuste empire Casimir Delavigne, Vêp. sicil. I, 2
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3V. n. Courber sous le faix, plier, fléchir.
- Quatre monstres marins courbent sous ce fardeau Corneille, Toison d'or, II, 3
- L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sût faire ;Il courbait sous les fruits La Fontaine, Fabl. X, 2
- Ils courbent sous le poids des offrandes sans nombre La Fontaine, Phil. et Bauc.
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4Se courber, v. réfl. Devenir courbe. La poutre se courbant sous le poids qu'elle supportait.
Ce trône était ombragé de lilas qui se courbaient en voûte
MARMONT., Contes mor. Mari sylphe.Jusqu'aux fonds azurés où la voûte des airs S'unit, en se courbant, au vaste sein des mers
ST-LAMBERT, Saisons, II
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Avec suppression du pronom réfléchi.
On fit courber par force des arbres l'un vers l'autre, et l'on attacha à chacun de ces arbres un des membres du corps de ce parricide
Rollin, Hist. anc. Œuvres, t. VI, p. 450, dans POUGENS
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5Plier le corps. Se courber pour ramasser quelque chose.
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6S'incliner.
- L'insolent devant moi ne se courba jamais Racine, Esth. II, 1
Cette tête élevée vers les cieux n'est pas faite à l'image du Créateur pour se courber devant un homme
Raynal, Hist. phil. XIX, 10Séraphins, prophètes, archanges, Courbez-vous, c'est un roi ; chantez, c'est un martyr !
Victor Hugo, Odes, I, 5
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Fig.
[La véritable grandeur] se courbe par bonté vers ses inférieurs et revient sans effort dans son naturel
La Bruyère, II
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7S'humilier sous la volonté d'un supérieur. Tout se courbe devant cet homme.
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Se dit aussi, dans le langage élevé, des objets inanimés.
Ô voyage bien différent de celui qu'elle avait fait sur la même mer, lorsque, venant prendre possession du sceptre de la Grande-Bretagne, elle voyait, pour ainsi dire, les ondes se courber sous elle et soumettre toutes leurs vagues à la dominatrice des mers !
Bossuet, Reine d'Anglet.- Et la mer se courbant sous vos flottes puissantes Delille, Énéide, IV
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Étymologie
Berry, corber, corbir ; provenç. corbar, curvar ; anc. espagn. corvar ; ital. curvare ; du latin curvare (voy. COURBE).