Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

crédit dans le Littré

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crédit s. m. (kré-di ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : les cré-di-z ouverts)

  1. 1Confiance en la solvabilité. Le crédit est l'âme du commerce.

    • Faculté d'obtenir des prêts ; disposition des détenteurs de capitaux à en faire l'avance à ceux qui les demandent. Le crédit règne dans un pays lorsque les prêts y sont abondants et faciles. Un particulier a du crédit lorsqu'il emprunte facilement les fonds dont il a besoin.

    • Crédit personnel, celui qui dépend du caractère personnel et des facultés de l'emprunteur. Crédit réel, celui qui repose sur des sûretés spéciales. Crédit hypothécaire.

    • Crédit agricole, industriel, commercial, celui qui procure des avances à l'agriculture, à l'industrie, au commerce. Crédit foncier, territorial, celui qui prête à la propriété foncière.

    • Société générale du crédit mobilier, société destinée à faire des prêts sur dépôts de valeurs mobilières, actions, coupons de rentes, etc.

    • Crédit public, confiance dont jouit un gouvernement pour le payement des intérêts de sa dette, pour les emprunts à faire, etc.

      • La France et l'Espagne ont leurs trésors ; l'Angleterre, un grand crédit national Raynal, Hist. phil. XVIII, 50
      • L'usage du crédit public, quoique ruineux pour tous les États, ne l'est pas pour tous au même point Raynal, ib. XIX, 11
      • Le crédit public, comme le crédit personnel, consiste dans la persuasion où est le public, que le débiteur, qui est l'État, s'acquittera fidèlement des engagements qu'il a contractés envers ses créanciers J. B. SAY, Cours, t. II, p. 443, 1840
    • Prêter son crédit à quelqu'un, engager sa signature, s'obliger pour faire emprunter à quelqu'un une somme.

    • Crédit est mort, on ne prête plus, c'est-à-dire on ne vend que contre argent.

    • Fig.

      • Notre siècle vit sur le crédit du siècle de Louis XIV Voltaire, Lett. à Mme Dubocage, 3 sept. 1758
  2. 2Terme que le créancier accorde à son débiteur. Accorder un long crédit. Acheter, vendre des marchandises à crédit, c'est-à-dire sans payement immédiat.

  3. 3Somme mise à la disposition de quelqu'un dans une banque, chez un commerçant.

    • Ouvrir un crédit à quelqu'un, et aussi faire un crédit à quelqu'un, l'autoriser à toucher à une caisse, jusqu'à concurrence d'une somme déterminée, et aussi s'obliger à prêter sur demande à la personne désignée une somme à des conditions déterminées. Avoir un crédit chez un banquier, être autorisé à toucher chez lui une certaine somme.

    • Lettre de crédit, lettre dont le porteur peut toucher de l'argent chez ceux à qui elle est adressée.

    • Terme d'administration. Somme allouée, pour tel usage déterminé, par voie de budget. Crédit ordinaire, supplémentaire, extraordinaire, etc.

  4. 4La page droite d'un livre de compte qui s'intitule avoir, et où l'on écrit ce qui est dû à quelqu'un, ce qu'on a reçu de quelqu'un par opposition à débit, partie d'un compte où l'on porte ce qui a été fourni à quelqu'un ou payé à quelqu'un. Tout compte courant est tenu par crédit et par débit. Portez cet article à mon crédit.

    • Avoir crédit en banque, être inscrit comme créancier sur les livres de la banque.

    • Crédit se dit aussi pour signifier la note de ce qu'un marchand doit faire entrer à son profit dans le tableau d'un compte, et encore la note de tous les articles qui doivent être portés en recette sur un compte.

  5. 5Terme de commerce et de banque. Confiance dont jouissent certains effets sur la place. Les billets de cette compagnie prennent crédit.

  6. 6Considération, influence dont jouit une personne.

  7. 7Autorité dont jouit une chose. Mettre une nouvelle, une opinion en crédit, la répandre, lui donner de l'autorité ; lui donner du crédit, la confirmer.

  8. 8Créance, confiance.

Synonymes

CRÉDIT, FAVEUR. Le crédit est, proprement et étymologiquement, la confiance qu'inspire notre solvabilité, et qui fait qu'on nous prêtera de l'argent et, figurément, qu'on aura pour nos avis ou nos demandes une déférence méritée par notre caractère, par notre position, par notre talent, etc. Au contraire la faveur est toute gratuite ; c'est un sentiment favorable qu'on a pour nous. On dit la faveur du prince, le crédit d'un ministre. Le crédit de Sully triompha souvent de la faveur des maîtresses.

Étymologie

Ital. credito, du latin credere, croire (voy. CROIRE).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander